‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 77 sur 141 · Ni par · texte numérisé non relu

Ni par

il faudrait t du fond Dieu et se és véniels inte, mais le la damdes peines e les, plus sent Dieu.

glige, con qui néglige

et de ses !

voir de ce | ter! Non,

…” 183 — les petites fautes, dit le Saint-Esprit, tombera peu à peu

dans les grandes et enfin il se perdra infailliblement.” Ne

| commettons donc jamais un seul péché de propos délibéré

et avec réflexion ; mais plutôt évitons, selon 1ç précepte de l'apôtre, jusqu’à l'apparence du mal.

Hisrorres.—Sages réponses «le personnes à qui on proposait de pécher. ‘* En péchant, je désobéirai à Dieu pour obéir au démon. Quelle injustice ! quelle ingratitude ! quelle folie ? ”— ‘ Comment pourrais-je commettre un si grand crime et pécher contre mon Dieu !” Joseph à la femme de Putiphar.—‘*T1 m'est bien plus avantageux de mourir que de pécher en la présence du Seigneur.” (Suzanne.)—‘ Nous devons obéir à la loi de Dieu plutôt qu’au roi.” (Les Machabées.)-—‘* En me proposant d'offenser Dieu et de perdre mon âme par le péché, que me donnerez-vous si je me révolte contre lui ct si je perds mon âme ?”’—‘‘J'ai en Dieu un maître si grand, si bon, si libéral, qui ne m'a jamais fait que du bien, de qui j'attends une vie, une gloire, une félicité éternelles ; et vous voulez que je lui désobéisse, que je l’offense, que je l’abandonne, que jes'outrage, que je me déclare son ennemi, que je HR à encourir son indignation, sa colère, ses vengeances ? ”’-—‘‘ Avant que de pécher, cherchez un lieu où Dieu ne soit pas, où il ne vous voit pas, où il ne puisse pas vous ôter à l'instant même la vie et vous précipiter dans l’enfer.”-—‘* Retirez-vous ! Ne serais-je pas bien insensé de m’empoisonner pour goûter quelques instants la douceur d’un poison qui me ferait aussitôt beaucoup souffrir, me rendrait digne de la mort éternelle et me la donnerait infailliblement, si je ne versais pas ensuite des larmes très amères | ”?

LASAUPSE,

ExrRoiogs. -—- 1. Qu'est-ce que le péché ? 2. Faites ressortir la malice du péché ? 8. Combien y at-il de sortes de péchés ? 4. En combien de manières peut-on jnsrz Quelle différence y a-t-il entre le péché inortel ct le péché véniel ? , 6,

péché mortel est-il un yrand mal ? Quelles en sont les suite + ? Quels sentiments doit-il nous inspirer ? 7. Devons-nous éviter soigneusement le péché véniel ?

CHAPITRE XIV DES PÉCHÉS CAPITAUX On réduit ordinairement tous les péchés que l’homme

peut commettre à sept péchés principaux, qu'on nomme capitaux parce qu'ils sont comme la source et le principe

de £ous les autres péchés. Les péchés capitaux sont Por. gueil, l’avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise, la colère et la paresse,

HistorRE.—Un jeune homme traversant une forêt, n'y eut pas plutôt marché quelque temps, qu’il fut assailli par un monstre épouvantable qui sur son corps de lion portait sept grosses têtes de serpent. L'animal, au sortir de sa caverne, vit droit à lui avec des yeux étincelants, élevant ses sept ‘tes, dardant ses sept langues et faisant retentir l’uir do ses horribles siffements. Le jeune homme, qui étuit fort courageux, ne se déconcerta point à cette vue : ill'attendit de pied ferme. Iln’avait d’autres armes qu’une hache suspendue à sa ceinture, selon l'usage du paÿs ; il la saisit, et du premier coup qu’il porte à ‘la bêto, il lui abat quatre têtes, d'un second coup 4l lui en abat deux autres. Le dragon affaibli par cette perte resta queique temps étendu sur la place. Notre voyageur, le croyant mort, remit sa hache à son côté et continua sa route sans abattre la septième tête A peine avait-il fait quelques pas, que le mons- . te 8e ranimant, so jeta sur lui avec furie, Je saisit avec ses dents meurtrières et l’emporta dans sa caverne, où il Ie dévora.

Voici l'explication de cette parabole : 1° Ce dragun -représente les sept péchés capitaux, quil faut combattre courugeusement avec les armes de la fui. 2° Il ne suflit pas d'ubattre

six têtes à ce monstre : si Vous lui en laissez une, vous êtes !

perdu. Que sert:il d'être exempt de plusieurs passions, si vous en avez une qui soit maîtresse de vous? Le plus souvent ce n’est qu’un simple vice qui damne les honnnes. Æxaminez si en combattant le lion infernal, vous ne lui avez point laissé une tête qui suffit pour vous dév'rer : voyez si en combattant vos passions, vous n'en épargnez pas ure favorite, qui seule suffit pour causer votre danination ; votre victoire est vaine si elle n’est pas entière. 3° Il faut pers ‘vérer jusqu'à la fin, combattre jusqu'à la mort ; n'allez pas vous lasser-dans le combat ; ne vous donnez aucun repos que vous n'ayez défait tous vos ennemis, autrement ils se saisiront de vous lorsque vous vous croirez en sûreté et vous entraîneront avec eux dans l’abîme de l'enfer.—Le P. B. GIRAUDEAU.

EXxERCœICES.—1 À quels chef: principaux se rédnisent tous les péchés que l'hom:me peut commettre ? 2. Sutfit-il d'en évitcr quelques-uns ?

ARTICLE PREMIER De l’orgueil / L'orgueil est une estime ct un amour déréglé de soi-

même dont l'effet est de se. préférer aux autres et de rapportout à soi et rien à Dieu.

sont l'or.

e, la colère

êt, n'y eut \r UN MOnsept grosses

vit droit ss, dardant ibles siffle- ,nese dé-

1] n'avait ture, selon d'il porte à

lui en abat À

ta quoique yant mort, abattre la te le monst avec ses l 1e dévora.

gon repré-

. courugeu- 3 d’abattre vous êtes DNS, Si VOUS souvent ce Xamincz si vint laissé combattant qui seule st vaine si a fin, comle combat ; ; tous vos vous vous l’abime de

és que l’hom.

i de soile rappor-

de là le mépris du j'rochain.

; 5 L'orgueïl offense Dieu en ce que nous nous

de ses dons, au lieu de lui en renvoyer la gloire: de là

viennent la vanité et le désir déréglé de l'estime et des

louanges. L'orgueilleux veut être admiré et applaudi dans tout ce qu'il fait ; dès qu’il & obtenu l’approbation des hommes, il est content, Il reçoit avec avidité la flatterie ; il la recherche même avec empressement. L'orgueilleux cache avec soin les défauts qu'il a et il affecte des vertus qu'il n’a pas ; il a une attention continuelle à s’attirer les regards publics et à paraître meïlleur qu'il n’est en effet: La haute opinion que lorgueilleux a de lui-même et de son mérite fait qu’il méprise ls autres ; comme il se croit fort au-dessus d'eux, il tient à leur égard une conduite pleine de fierté ; il leur parle avec hauteur, il prend avec eux un air dédaigneux: de là la désobéissance. L’orgueilleux ne veut päs sescumettre aux ordres de ses supérieurs, reçoit mal leurs avis; toute auautorité le blesse et le révolte ; il ne se croit pas fait pour obéir : de là enfin cet. oubli de ses vrais intérêts. L’orgueilleux néglige totalement le soin de son âme: son étude, son application continuelle est de parer son corps de tous les ornements de la mondanité et de promener ainsi cette idole de chair dans tous les cercles, afin de lui attirer des adorateurs'; la décence, le respect des bonnes mœurs sont même quelquefois sacrifiés, si les modes et les coutumes l'exigent, quel qu’en soit d'ailleurs le ridicule. Que ce vice est détestable ! et avec quel soin ne devons-nous pas l’éviter, Souvenez-vous que l’orgueil est odieux à Dieu et aux hommes et que Dieu se plaît à confondre les orgueilleux, au lieu qu'il accorde sa grâce aux humbles.

L’humilité chrétienne est la vertu opposée à l’orgueil : elle est le fondement de toutes les vertus ; l’homme humbie connaît le fond de misère qui est en lui, il se méprise luimême et consent à être méprisé des autres. En effet, si nous réfléchissons sur ce que nous sommes véritablement, quels sujets ne trouverons-nous pas de nous humilier! Sans parler des infirmités du corps, de ce corps sorti de la poussière et destiné à y retourner bientôt, considérons quel est l’état de notre âme : qu’y verrons-nous? Ignorance dans l'esprit, corruption dans le cœur; quel penchant pour le

Ê sx Ex et DT REP

mal ! quelle instance pour le bien ! Nous n'avons de nous mêmes que le néant et le péché ; s’il y à en nous quelque chose de bon et d’estimable, nous le tenons do Dieu: les avantages de l'esprit et du corps, les dons de ja nature et de la grâce, tout vient de Dieu Un homme pénétré de cette vérité est bien éloigné de s'enorgueillir, de rechércher de; louanges ou d'ambitionner de väins honneurs ; s’il trouve en lui quelques bonnes qualités, il cn rapporte à Dieu toute Ja g'oire ; mais il fait beaucoup plus d’attention à ses défaute et s’en humilie devant Dieu. -

Heureux ceux qui sont humbles de eœur, parce qu'ils seront comblés des bénédictions du Seigneur ! malheur aux âmes humaines et présomptueuses, parce que Dieu‘les couvrira de confusion |

Hisrotre.—Ficr d’un nom qu'il déshonorait par sos vices, un noble voulut humilier un homme sans naissance, mais d’un grand mérite, en lui reprochant de manquer d’ancêtres. Le sage, loin de s'irriter, lui dit en souriant : ‘‘ Si mon origine me déshonore, toi, tu déshonores la tienne.” Apprenons de 1h à respecter la vertu partout où elle se trouve, et n'oublions jamais que le vrai mérite dépend de nos œuvres, et non de nos emplois, ni de notre sang.

EXxERCICES. — 1. Qu'est-ce que l’orgueil? Tracez le portrait de l’orgueilleux ! 8. Quels sont les principaux effet: de ce vio’ et à qui est-il odieux? 4. Faites

connaître la vertu Css à l'orgucil? 6. Sur quoi devons-nous réfléchir pour combattre l'orgueil

ARTICLEII De l’avarice

L’avarice est un attachement déréglé aux biens de la terre,

Ce n’est pas un péché d’avoir des richesses, maïs c’en est un d'y attacher son cœur, de les rechercher avec empressement, de mettre son bonheur à les posséder, d'employer des voies injustes pour lcs procurer. L’avarice produit l’oubli de Dieu en engageant l’homme à faire de son trésor l'objet de son culte ; c’est pour cela que saint Paul appelle l’avariee une idolâtrie. On n’a que de l'indifférence pour son salut quand. on ‘pense avec trop d'inquiétude à sa fortune;

on est pou touché du désir et de l'espérance des biens

s de now.

4 quolque Dieu : we nature et énétré de rechércher s’il trouve Dieu toute à ses dé-

arce qu'ils alheur aux u‘les cou-

ps vices, ‘un mais d'un êtres. Le origine me s de là à iblions jaon de nos

'orgneilenx !

Faites énéohir pour

ns de la

s c'en est empresemployer it l'oubli r l’objet le l’ava- Jour son fortune ; es biens

éternels quand on est si fort oceupé du soin d'amnsser des biens tewporels ; il est à craindre que l’on ne cesse d’être chrétien quan:} on a la passion de devenir riche,

L'avarice produit }a dureté pour les pauvres. Un homme attaché à ses richesses est insensible à l4 misère du pauvre; il ne connaît point le sentiment de ja pitié Bien plus, l’avare s’oublie lui-même ; il devient insensible à ses propres besoins, préfère son arg: nt à sa santé, à la vie même, ct se refuse Je nécessaire de peur de diminuer son trésor; il accumule ses richesses sans en faire usage, il est indisent au milieu de ses biens et il manque de tout au milieu de l'abondance. Quelle folie !

Enfin ce vice produit la duplicité : l'avare, pour avoir le bien d'autrui qu’il dé-ire, emploie le mensonge, la fraude et l'injustice, “]Rien r'est plus injuste, dt le Saint-Esprit “ dans l’Ecriture, que celui qui aime l'argent : un tel hom- “ me vendrait son âine.” Quand cn est “duminé par -ette passion, on ne connaît plus ni bonne foi, ni honneur, ni conscience ; on devient injuste, fourbe, violent: tous ls moyens, même les plus criminels, sont employés pour grossir le trésor où l’on a attaché son cœur. "

Et ce qu’il y a do plus déplorable, c’est que cette passion se fortifie avec l’âge, La réflexion, les années affaiblissent les autres passions ; mais l’avarice semble.se ranimer et prendre de -::ouvelles forces dans la vieillesse. Plus un avare avance vers ce moment fatal où il faut tout abandonner, plus il s'attache à son misérab'e trésor ; plus la mort approche, plus il tient à son argent ct plus il le garde comme une précaution nécessaire pour un avenir chimérique. “ Insensé, lui dit Notre-Seigneur dans l'Evangile, cette “ nuit mêmo on va te demander ton âme: pour qui seront

‘ les richesses que tu as amas: sées ?” I] laissera ses richesses à d’autres et il ne lui restera qu'un linceuil usé et un sépulcre pour y être enseveli.

Gardons-nous bien d'une passion si ‘déraisonninblé et: si dangereuse . Instruits à l’école de Jésus-Christ, ‘“ ne cher-

‘ chons point à amasser des trésors sur la terre, ‘où les vérs

“et la rouille les mangent et où les voleurs Îles déterrent et .

“ les dérobent ; mais travaillons à amasser des trésors dans “ le ciel, où il n’y a ni vers ni rouille qui les consument, à

* voleurs qui les dérobent.” Efforçons-nous d'acquérir la vertu opposée à l'avarice : cctte vertu est un détachement chrétien des biens de ce monde, soit dans la pauvreté, soit dans l’opulence. Si nous sommes pauvres, ne portons point envie à ceux qui sont riches, ne désirons pas de le devenir nous-mêmes ; ces biens fragiles et périssables ne font qu'irriter nos désirs, loin de les satisfaire. Le juste est plus heureux avec le peu qu’il possède, que les méchants avec de grandes richesses. ‘“ Ne craignez point, disait le ‘ saint homme Tobie à son fils : il est vrai que nous som- ‘ mes pauvres, mais nous aurons beaucoup de biens si nous ‘“ faisons de bonnes actions.” Ayant de quoi nous nourrir et de nous vêtir, nous devons être contents. Ainsi, que ceux qui ont des richesses pensent bien qu’ils n'emporteront rien avec eux dans l’autre monde; qu’ils les répandent donc dans le sein des pauvres, afin de se faire par ce moyen un trésor qui ne périra jamais.

HisToiRE.—On raconte au sujet d’un avare un trait bien singulier et une fin bien tragique. Cet homme possé@é du démon de l'avarice ne pensait qu'à accumuler biens sur biens et richesses sur richesses; Comme il craignaït qu’on lui enlevât ses trésors, il avait pratiqué dans le fond de sa cave un endroit souterrain avec une porte de fer, masquée de manière à n'être point aperçue : là, dès qu’il avait reçu quelque somme,

il l’allait cacher et contempler à loisir son or et son argent, dont il faisait son dieu. Un jour qu’il porta une somme considérable dans ce sombre réduit il oublia de tirer sa clef et de la prendre avec lui ; il ferma la porte sur lui et compta les trésors entassés. Quand il les eut comptés à loisir, il voulut se retirer,

: renfermé sans pouvoir sortir. On peut juger de la situation horrible où il se trouva dans ce funeste moment. Il y a apparence qu'il cria, qu’il frappa longtemps ; mais qui aurait pu FC A og et qui se serait avisé de le chercher dans un tel en-

roit Cependant cet homme ne paraissant plus, sa famille fut, commo on pe le juger, dans la plus grande peine. On chercha, on fit chercher de tous côtés sans pouvair en apprendre aucune nouvelle : on pensa, ou qu'il s'était noyé, ou qu'il avait été xssassiné ; .en un mot, que, par quelque accident funeste, il :. avaitpéri. Dans cet intervalle de temps, un serrurier qui en tendit parler de cet événement se fappela quo cet avare lui avait autrefois ordonné de faire secrètement une porte de fer,

mais la porte ne pouvait s'ouvrir en dedans, do sorte qu'il se vit :

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quérir Ja hement eté, soit ans point devenir ne font Juste est échants disait le ous SsOm- 8 Si nous S nourrir insi, que borteront épandent e moyen

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avec une serrure À ressort, et qu’il aurait bien pr arriver que, par méprise, il se fût malheureusement enfermé. Il déclare la chose ; il conduisit dans l’endroit caché où il avait placé en secret cette porte; on l'enfonça et quels furent l'étonement, l'effroi et l'horreur, quand on aperçut le cadavre de cet homme entièrement pourri et rongé de vers! On comprit alors ce qui en était, on fouilla, on trouva des sommes immenses accumulées, vrais trésors de colère et de malédiction devant Dieu. —BauDpranp, Hist. édif.

EXEROICES.—1. Qu'est-ce que l’avarice ? quels effets produit-elle ? 2. Montrez

q''e l’avarice détruit tous les nob'es sentiments. 3. Cette passion s’affaiblit-elle

avec l’âge ? 4. Par quelles paroles Jésus-Christ a-t-il voulu nous éloigner de l'amour des richesses ? 6. Les richesses assurcnt-elles le bonheur ?

ARTICLE III De la luxure

La luxure est une affection criminelle pour les plaisirs contraires à la chasteté chrétienne,

Rien n’est plus indigne de l’homme que ce vice honteux, rien n’est plus opposé à la sainteté de vo‘re vocation: des chrétiens ne devraient pas même je connaître. Pour concevoir de ce vice l'ivrreur qu’il mérite, il n’y a qu'à considérer les malheureux effets dont il est la cause. Il produit la haine de D'eu, l'éloignement des devoirs de la religion, l'endurcissement du cœur, la ruine de la société : ses excès mènent bien vite au tombeau ceux qui s’y livrent. Un homme attaché à ce vice ne peut ignorer que Dieu l’a en forreur ; aussi, il ne l’envisage que comme un vengeur sévère des excès que ce vice fait commettre et il conçoit dans son. cœur des senti:nents d’aversion pour celui qui doit un jour le punir avec rigueur. Les exercices de la religion ne peuvent s’allier avec ce vice quand on s’y est uné fois adonné. La prière ennuie, on la néglige ; la parole de Dieu condamne, on ne l'écoute plus; pour s'approcher des sacrements; il faudrait renoncer à ce vice, on les abandonne. En étouffant ainsi le cri de la conscience, on tombe dans l’engourdissement, c’est-à-dire dans un état d’insensibilité où l’on n’est plus touché de rien: on s’aveugle sur ses devoirs, sur sa réputation, sur sa santé ; on oublie tous ses intérêts, on n’écoute ni avis ni remontrances ; on

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pe songe qu’à se satisfaire à quelque prix que ce soit ; on ne craint que ce qui peut troubler la jouissance de ces plaisirs criminels. De là l'horreur de la mort, qui tourmente le voluptueux, parce qu’elle doit Je séparer de ce qu’il aime et le faire paraître au redoutable jugement de Dieu.

Détestons donc un vice si funeste; affermissons-nous,

ävec la grâce de Dieu, dans la vertu contraire, dans la chasteté chrétienne, qui nous règle par rapport à la pureté selon l’état où la Providence nous a placés.

__ Cette belle vertu nous rend semblsbles aux anges mêmes: elle est infiniment agréable à Dieu et il la récompense d’une manière magnifique, souvent dès cette vie. Notre-Seigneur promet le ciel à ceux qui la pratiqueront : ‘“ Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce “ qu'ils verront Dieu.” Pour conserver cette vertu qui est exposée à bien des dangers, il y a deux moyens que J'ésus- Christ lui-même nous a enseignés dans l'Evangile : la vigi- -ance et la prière. ‘“ Veillez, nous dit-il, et priez, afin que vous n’entriez point en tentation.”

Veiller sur soi-même, c’est se précautionner contre tout ce qui pourrait donner la plus légère atteinte à cette précieuse vertu. Il faut veiller sur ses yeux, afin de ne jamais les arrêter sur aucun objet dangereux ; il faut veiller sur son esprit, pou” en chasser toutes les pensées, toutes les idées contraires à la pureté; il faut veiller sur son cœur, pour y étouffer tous les mauvais désirs dès les premiers instants qu'ils s’y font sentir. ‘‘ Aussitôt qu'une ‘ mauvaise pensée s’élèvera dans votre esprit, dit saint “ Bernard, rejetez-la avec force et elle s’éloignera de vous ; ‘ mais si vous vous y arrêtez, cette image produira dans votre “ cœur un plaisir funeste à votre innocence : ce plaisir vous “ conduira au consentement, le consentement à l’actidn, 4 l’action à l'habitude, l'habitude à la nécessité, la néces- $# sité à la mort éternelle.” En rejetant aussitôt avec force toutes les pensées dangereuses, on évite cet affreux cenchaî-

‘nement de malheurs.

Secondement, il faut avoir recours à la prière dès que l'on sent les premiers mouvements de cette passion et dire avec confiance comme les apôtres: ‘ Sauvez-moi, Seigneur

sans vous je périrais.” N'attendons pas même que nous soyons tentés pour recourir à Dieu. ions-le souvent et avec ferveur, ou de nous préserver de ces tentations, ou de nous donner la forcs de les surmonter. Demandons aussi le secours de ja très sainte Vierge, de notre saint ange et de nos sairts patrons. Si nous sommes fidèles à cette pratique, soyons sûrs que nous remporterons la victoire et que nous tirerons même avantage de la tentation pour nous affermir dans la vertu.

HisrotrEes.=1Il y avait dans une certaine ville un écolier qui passait avec raison pour un modé'> de vertu et fréquentait les sacrements de la manière la plus édifiante. Aliant un dimanche à l’église pour y faire ses dévotions, comme à l’ordinaire, il rencontra deux de ses camarades qui n'étaient pas à beaucoup près aussi pieux que lui. On l'invite à déjeuner dans un cabaret voisin; il résiste longtemps; on insiste, on le presse, on l’entraîne par force: on se met à table. Il but d’abord par violence, puis par plaisir; sa raison s’altéra insensiblement : dans cet état affreux on le fit tomber dans un crime horrible et ce fut à cet instant même qu'il fut frappé à mort !

Que vos jugements sont terribles, Ô mon Dieu ! que vos voies sont impénétrables ! Les malheureux compagnons de cet infortuné, saisis de terreur, allèrent expier par une pénitence austère le mal à peine réparable d'avoir précipité une âme dans l’enfer!

| CoLLET

Ex8roICrs.—1. Montrez que rien n'est pis dégradant pour l’homme que la luxure ? 2. Quels sont les funestes effets de ce vice ? 3. Queis sentiments doit:il nous inspirer ? 4. Quels sont les charmes et les récompenses de la chasteté ? 56,

Quel est le premier moyen de la conserver ? 6. La vigilance suffit-elle pour per: sévérer.dans la pratique de cette vertu ?

ARTICLE IV De l'envie

L’envie est une tristesse criminelle du bien de notre prochain.

L’envieux est blessé du mérite des autres; il ne peut souffrir d’en être surpassé ou même égalé ; il est fâché de voir en eux des talents ou des vertus quil n’a pas lui-même ou qu’il voudrait posséder lui seul. Si la vue de ces avantages qu'il remarque dans les autres ne lui inspirait que le désir de les imiter, ce ne serait plus envie, ce serait une

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noble émulation ; mais ce n'est point là le sentiment qu'éprouve l'envieux : il désire moins d'acquérir lui-même ces qualités estimables que d’en voir les autres privés: il regarde le bien qui leur arrive comme un mal, leur succès comme une perte qu’il fait, leur réputation comme: ache qui le flétrit. Cette malheureuse dispositicn de :va cœur est un ver qui le ronge ; c’est un poison qui le consume en seeret : il est à lui-même son bourreau. Que ce vice est bas et haïssable ! que les effets en sont funestes |

Le premier effet de l'envie, c'est la joie que cause le malheur d'autrui. Ceux à qui il porte envie tombent-ils en disgrâce, l’envieux s’en réjouit, il triomphe de leur chute, il trouve un plaisir malin, à les voir humiliés, quoique ceux qu'il traite si indignecment ne lui aient fait aucun mal. Un vindicatif n attaque que ses ennemis, ceux dont il a reçu ou dont il croit avoir reçu de mauvais services ; mais l’envieux haït ceux à quiil n'a rien à reprocher que leurs vertus ; to’ut leur crime est d’avoir trop de mérite et de talent. Quel monstre! le cœur de l’homme est-il donc capable dune telle noirceur !

Le second effet de l'envie, c’est la médisance et la calomnie! L’envieux s'efforce d’obscurcir-la réputation de ceux dont le mérite le blesse ; il affaiblit autant qu'il peut le bien qu’on en dit; il donne des interprétations malignes à toutes leurs actions, travestit en vices les vertus les plus pures, leur piété n’est à ses yeux que dissimulation et hypocrisie, leur succès que l'effet du hasard et non pas le fruit des talents.

Le troisième effet de l'envie, c'est l'intention de nuire au prochain. Des paroles on en vient aux actions ; on traverse ses desseins, on emploie toutes sortes de moyens pour lui faire de la peine, pour l'empêcher d'obtenir ce qu’il désire, ou pour le lui ôter s’il l’a déjà obtenu. Enfin on se porte quelques fois aux plus grands excès et aux dernières violences. C’est par envie que Caïn tua son frère; c’est l'envie qui inspira aux frères de Joseph le dessein de le faire mourir et ensuite de le vendre comme esclave. C’est l'envie qui porta les Pharisiens et les docteurs de la loi à calomnier, à persécuter. à crucifier le Fils de Dieu même. N'ouvrons donc jamais notre cœur à ce vice détestable :

t qu'é- fnisons tous nos efforts poux acquérir la vertu opposée, me ces c'est-à-dire une affection chrétienne qui nous rende sensiil re- bles au bonheur et au malheur du prochain, en vue de succès Dieu et du salut de nos frères. | “ache | Cette affection n’est autre chose que la charité: celui cœur que la charité anime prend part à tout ce qui a:rive à ses me en frères ; il se réjouit avec ceux qui sont dans la joie, il ice est s'aflige avec ceux qui souffrent ; il partage avec eux le

bien et le inal qu’ils éprouvent, les ressent l’un et l’autre

L2 use le comme s’il les éprouvait lui-même.

bent-ils . . .

chék Hrsrorrr. —]I1 y avait dans une ville deux marchands voisins © ct jaloux l’un de l’autre, qui vivaient dans une inimitié scanda-

ie ceux al. Un eçu ou nvieux rertus ; talent.

apable

calome ceux eut le ynes à > plus Ion et pas le

ire au n tra- S pour qu'il on se nières c’est de le C’est loi à ne.

able :

leuse, L'un d'eux, rentrant en lui-même, écouta la voix de la religion qui condamnait ses ressentiments ; il consulta une personne de piété qui avait sa confiance et lui demanda comment

il fallait qu’il s’y prit pour se réconcilier, ‘‘ Le meilleur moyen répondit-elle, est celui que je vais vous ns a lorsque des personnes viendront à votre boutique pour acheter et que vous n'aurez pas ce qui leur convient, conseillez-leur d’aller chez votre volsin.” Il lo fit. L'autre marchand, instruit d’où lui venaient ces acheteurs, fut sensible aux bons offices ‘un homme qu il regardait comme son ennemi ; il alla chez lui pour l’en remercier, lui demanda pardon de la haine qu’illui avait portée ct le conjura de le recevoir au nombre de ses meilleurs amis. Sa prière fut exaucée ct la religion unit étroitement ceux que l'intérêt et la jalousie avaient divisés. —Lect. chrétiennes. ExERCICES. —1, Qu'est-ce qne l'envie et quelle différenoe y a-t-il entre ce vice et l’'émulation? 2. Quel est le premier effet de l'envie? 8. Quel en cest le se-

cond ? 4. Quel en est le troisième”? 65. Que faut-il faire pour déracirer ce vice détestable ?

ARTICLE V De la gourmandise

La gourmandise est un amcur déréglé pour le boire et le manger. | |

Il n’est pas défendu de sentir du plaisir en mangeant et en buvant: c’est par une sage prévoyance que Dieu & assaisonné d’un sentiment agréable l'usage des alir:ents qui sont nécessaires pour conserver notre santé et notre vie ; mais on abuse de ce bienfait quand on ne cherche que le plaisir seul : il faut manger et boire pour vivre et non pour flatter la sensualité ; on ne doit se proposer dans cette

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