CHAPITRE III Des cérémonies du baptême
. Comme le baptême est le premier et le plus nécessaire des sacrements, l'Eglise, afin de micux faire connaître
. quelle en est l’excellence et ce à quoi on s'engage en Je re-
cevant, veut qu’on l’administre avec un grand nombre de cérémonies. On fait très souvent le signe de la croix en administrant le baptême pour marquer que ce sacrement tire toute sa valeur de la croix de Jésus-Christ et pour
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marquer que la vie d’un chrétien est une vie de croix et de souffrances continuelles et qu’il doit marcher sur les traces de Jésus-Christ. On ,y fait plusieurs onctions tant avec l'huile des catéchumènes qu'avec le saint chrême, pour marquer l’onction intérieure de la grâce que le Saint-Esprit répand dans l'âme de celui qu’on baptise ; car, comme l’huile pénètre le corps, le fortifie et guérit ses plaies, ainsi la grâce qu'on reçoit dans le baptèéme pénètre le cœur et le fortifie contre les passions.
Celui qui doit être baptisé reste d'abord à l'entrée de l'église, pour marquer qu'étant esclave du démon, il n’a aucun droit d'entrer plus avant dans la maison de Dieu, à cause du péché originel dont il est souillé.
Là, le prêtre marque l’enfant du signe de la croix sur le front et sur la poitrine ; il fait sur lui des exorcismes pour éloigner de lui le démon ; il lui met du sel dans la bouche pour signifier qu'il va lui communiquer l'esprit de sagesse, Puis ayant de nouveau fait le signe du salut sur le front de l'enfant, avec défense au démon de jamais oser violer ce signe auguste, il invoque et conjure instamment Dieu, auteur de toute lumière et de toute vérité, en faveur du nouveau serviteur qui est présenté à son service. Il introduit l'enfant dans l’église, et demande au parrain et à la marraine de réciter avec lui le symbole des apôtres, l’oraison dominicale et la salutation angélique.
I] fait encore des exorcismes, touche les oreilles de l’enfant avec de la salive, en demandant qu'elles soient ouvertes aux vérités du salut et repousse de nouveau le démon.
Les exorcismes ainsi terminés, le prêtre exige une renon-
elation formelle à satan, puis il fait à l'enfant l’onction
avec l’huile des catéchumènes.
Ensuite il lui faut faire une profession de foi en l’interrogeant sur les points principaux du symbole. Et enfin, sur son désir formellement exprimé, il lui administre le sacrement au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et achève sa consécration par l’onction du saint chrême au sommet de la tête, qu'il revêt ensuite d’un vêtement blanc, symbole de l'innocence de l’âme régénérée par l’eau sainte qui vient de couler sur le front,
Les parruüin et marraine interviennent dans le baptême
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solennel pour présenter à l’église celui qui doit être bapcisé, être témoins de son baptême, répondre pour lui s’il n’a pas l'usage de la raison et lui servir de caution pour la grâce reçue dans ce sacrement,
L'obligation des parrains et marraines est d’aimer leurs filleuls comme leurs enfants spirituels et de veiller à leur éducation et à leur conduite pour qu’ils remplissent fidèle. ment les engagements de leur baptême. Ils doivent y veiller par leurs prières, par leurs exemples et leurs avis dans les circonstances où ils le peuvent. Ils contractent avec l'enfant et les parents de l'enfant, une alliance spirituelle dont, l'Eglise a fait un empêchement dirimant au mariage,
HisToiRe.—On faisait des réjouissances à Rome et l’empereur Dioclétien s’y était rendu. Le comédien Genès crut ne ouvoir mieux divertir la cour impie qu'en contrefaisant par érision les cérémonies du baptême. Il parut couché sur le théâtre comme s’il eût été malade et demanda à être baptisé pour mourir tranquille. On fit paraître deux autres comédiens travestis, l’un en prêtre et l’autre en exorciste. Ils s'approche rent du lit et dirent à Genès : ‘‘ Mon enfant, pourquoi nous faites-vous venir ? ”” A l'instant le cœur de Genès fut changé etil répondit très sérieusement : ‘‘Parce que je veux recevoir la grâce de Jésus-Christ et par la sainte régénération obteair la délivrance de mes péchés. ” On crut qu'il n’en jouait que mieux son rôle. On accomplit les cérémonies du sacrement et quand on lui eut mis les habits blancs, des soldats le prirent en continuant la farce et le présentèrent à l’empereur pour être interrogé comme les martyrs. Genès, profitant de la facilité naturelle qu’il avait pour la parole, d’un air et d’un ton inspirés, fit ce discours du lieu élevé où il était : ‘‘ Ecoutez, empereur et courtisans, sénateurs, plébéiens ; tous les ordres de la superbe Rome, écoutez-moi. Ci-devant, lorsque j’entendais seulement proférer le nom de Jésus-Christ, j'en frissonnais d’horreur et j'outrageais autant qu'il était en moi ceux qui professaient cet te croyance. J'ai pris en haine plusieurs même de mes pro: ches et de mes alliés à cause du nom chrétien et j'ai détesté cette religion au point de m'instruire exactement de ses mystères, comme vous avez pu le voir, afin d’en faire le jeu public ; mais au moment que l’eau du baptême a touché ma chair, mon cœur s'est changé et, à l'interrogation que l’on m'a faite, j'ai répondu sincèrement que je croyuis. Je voyais une main s'étendre du haut des cieux et des anges étincelanta de lumière
péchés que j'ai commis dès mon enfance, les ont effacés aus
pe au-dessus de moi. Ils ont lu dans un livre terrible tous |
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sitôt après, puis m'ont remontré le livre plus blanc que la nelge. Vous donc, maintenant, grand empereur, et vous, spectateurs de toute condition que nos jeux sacrilèges ont fait rire de ces divins mystères, croyez avec moi, qui suis plus coupable que vous, croyez que Jésus-Christ est le Seigneur digne de nos adorations et tâchez d’en obtenir aussi miséricorde.” L'empereur Dioclétien, également irrité et surpris, fit d’abord frapper Genès à coups de bâton, puis il le remit au préfet Plautien, afin de le contraindre à sacritier aux idoles. Le préfet employa toutes les tortures en pure perte : Genès répondit constamment : ‘‘ Il n’est point de maître comparable à celui qui vient de m'apparaître ; je l'adore et le chéris de toute mon âme ; quand j'aurais mille vies à perdre, rien ne me séparera de lui : jamais les tourments ne m'ôteront Jésus-Christ de la
bouche et du cœur ; je sens le plus vif regret de tous mes éga-
rements passés et de ce que j’ai commencé si tard à le servir. ” On s’aperçut que son éloquence faisait impression et on s’empressa de lui trancher la tête.
On doit cependant remarquer qu’une cérémonie aussi impie dans son principe ne pât être pour saint Genès un baptême de saint que par une grâce toute miraculeuse, + par laquelle Dieu excita dans le cœur de ce saint une vraie et sincère douleur de ses fautes. NE
EXERCICES.—1. Rapportez en peu de mots les principales cérémonies du baptême ? 2. Pourquoi donne-t-on un parrain et une marraine à ceux qui reçoivent
le baptême ? 3. Quelle est l'obligation des parrains et marraines envers les baptisés et envers l'Eglise ?
ARTICLE IV
Promesse de baptême
Présentés à l'église pour recevoir le saint baptème, on nous a demandé si nous croyions en Dieu, si nous voulions vivre selon les maximes de l'Evangile et si nous renoncions de cœur et d'affection au démon et à ses pompes, au monde
et à ses maximes, et ce n’est qu'après une réponse formelle
et affirmative qu’on nous a admis au nombre des enfants de Dieu.
C'est donc à la face du ciel et de la terre, en présence de Dieu et des anges, que nous avons promis de nous soumettre à la loi de Jésus-Christ et de l’observer dans toute son étendue. Nous n'avions pas, il est vrai, l'usage de la raison quand nous avons reçu le baptème ; mais c’est pour nous et en nntre nom que ces promesses ont été faites ;
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nous les avons ratifiées depuis, toutes les fois que nous avons fait profession publique du Christianisme ; nous les ratifions encore tous les jours par le signe de la croix, la récitation de l’oraison dominicale, l’assistance au saint 5acrifice de la messe, la participation aux sacrements. Nous ne sommes donc plus à nous, nous appartenons à Dieu, notre âme, notre corps, tout est à lui. Suivre les maximes du monde, rechercher ses vanités, aimer les pompes du démon, rougir de l'Evangile, ce serait renoncer à la qualité de chrétien, violer ses engagements, devenir prévaricateur, fouler aux pieds le sang de Jésus-Christ, outrager l'Esprit saint et le chasser honteusement de son cœur. N'oublions donc jamais que ces promesses sont écrites dans le livre de vie, que Dieu les garde dans le ciel et qu’elles deviendront le sujet du jugement que nous aurons à subir à l’heure de notre mort. Notre salut, notre éternelle destinée dépend de notre fidélité à les remplir. Pour ne pas les oublier, nous devons les renouveler souvent et remercier sans cesse le Seigneur de nous avoir arrachés à la puissance des ténèbres pour nous appeler au royaume de son Fils.
Hisrorre.— Nous lisons dans l'histoire de l'Eglise qu’un saint diacre nommé Murrita, ayant tenu sur les fonds sacrés un jeune homme nommé Elpidophore, eut la douleur de le voir devenir apostat et persécuteur des chrétiens. Un jour qu'il exerçait publiquement la persécution au milicu d’une foule immense, le saint diacre parut tout à coup, il avait conservé les vêtements blancs dont Elpidophore avait été révêtu lorsqu'il fut baptisé, et les lui montrant, il lui adressa ces foudroyantes paroles : “* Voilà les témoins de ton apostasie ; ces témoins t'ac cuseront au tribunal du souverain juge. La voilà cette robe blanche dont je t'ai revêtu sur les fonts sacrés : elle demandera vengeance contre toi ; elle se changera en un vêtement de feu, de flammes qui te dévoreront pendant l'éternité tout entière.” Ceux qui entendirent ces paroles fondirent en larmes et Elpidophore se retira couvert de confusion.
Histoire de l'Église.
Exercices .—1. Quelles sont les promesses Au baptême, quelle est leur impor tance pour le salut ? 2. Les promesses du baptême obligent-elles, quoiqu'on les ait faites par l'organe des parrains et marraines avant d'avoir l’usage de la raison ? 3. Quand et comment rusifie-t-on les promesses du baptême ? 4. Pourquoi faut il renouveler souvent les promesses du baptôme ?
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l'Église.
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