CHAPITRE III DE LA CONFIRMATION ARTICLE PREMIER
Nature et effet de la confirmation
La confirmation qui est le second des sacrements, aug mente en nous la grâce du baptême et nous rend parfaits chrétiens en nous donnant le Saint-Esprit avec l’abondance de ses grâces. Ce sacrement achève ce que le baptême a commencé ; il en est la perfection. La grâce du baptéme est une grâce de régénération qui nous rend enfants de Dieu ; celle de la confirmation est une grâce de force et de courage qui nous élève à l’état de l’homme parfait et nous rend capables de combattre et de vaincre en rendant té: moignage à Jésus-Christ, aux dépens même de notre vie. C’est ce que nous voyons dans la personne des apôtres. Avant la descente du Saint-Esprit, ils étaient faibles et timides ; mais aussitôt qu'ils eussent été remplis de ses grâces, ils devinrent d’autres hommes et annoncèrent Jésus- Christ avec un courage intrépide. Le Saint-Esprit des. cend encore sur ceux qui reçoiveut la confirmation et il produit en eux les mêmes effets, mais d’une manière invisible, parce que ce miracle n’est plus nécessaire.
Quoique le Saint-Esprit ne descende pas visiblement sur ceux qui reçoivent la confirmation, comme il arrivait souvent dans la primitive Eglise, il répand toujours en eux l'abondance des dons et des fruits dont il est le principe. On attribue sept dons principaux au Saint-Esprit : celui de sagesse, qui nous fait goûter les choses de Dieu ; celui d'intelligence, qui ouvre notre entendement et nous communique les lumières nécessaires pour bien connaître les vérités de la religion ; celui de conseil, qui nous dirige et nous fait prendre en toutes choses le meilleur parti relativement au salut ; celui de science qui nous fait discerner le bien d'avec le mal ; celui de force, qui nous fait repousser les obstacles qui s’opposent à notre salut ; celui de piété, qui nous fait remplir avec constance nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers ROYAMÉMEN eb en-
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fin celui de crainte, qui imprime en notre âme un respect mêlé d'amour pour la majesté divine présente en tous lieux et une crainte filiale de lui déplaire en quoi que ce soit, Les fruits du Saint-Esprit sont : la charité, qui nous unit à Dieu par amour ; la joie, qui nous remplit d’une sainte consolation ; la paix, qui produit Ja traquillité au milieu des contradictions du monde ; la patience, qui nous fait supporter en vue de Dieu ce qui nous déplaît ; la bénignité, qui nous porte à soulager le prochain ; la bonté qui nous rend bienfaisants envers tous ; la longanimité, qui nous empêche de nous rebuter dans les épreuves ; la, douceur, qui nous porte à supporter en paix ce que le ‘prochain a d’incommode ; la foi, qui nous fait croire avec certitude ;
, la modestie, qui “règle notre extérieur selon les maximes de
de l'Evangile ; la continence et la chasteté, qui. conservent nos corps dans la sainteté qui convient à des temples du Saint-Esprit.
Les évêques, en qualité de successeurs des apôtres, sont les ministres ordinaires de la confirmation. Les cérémonies avec lesquelles on administre ce sacrement sont autant de signes des effets admirables qu’il produit dans les âmes.
L'évêque étant tourné du côté de ceux qui vont être confirmés, appelle sur eux le Saint-Esprit ; puis, élevant les mains, ii icit une prière par laquelle il conjure le Tout-puissant d'envoyer l’Esprit-Saint pour les remplir de ses dons. JI1 prend ensuite du saint chrême et fait à chacun d'eux une onction sur le front, en disant : Je {e marque au signe de la Croix et je te confirme par le chrême du salut, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Cette prière et celle qui accompagne l'imposition des mains nous apprennent quels sont les précieux effets que ce sacrement produit dans ceux qui le reçoivent dignement.
Le saint chrême, composé d'huile d'olive et de baume, est bien propre à nous faire connaître l'abondance, la douceur et la force de la grâce qui remplit alors notre âme, qui la pénètre et la fortifie, comme l'huile pénètre et fortifie le corps ; le baume est aussi un symbole de la bonne odeur de Jésus-Christ, que le confirmé doit répandre par la pratique de toutes les vertus.
Quoique ce sacrement ne soit pas absolument Ȏressaire
om 9316 — au salut, on se rendrait cependant coupable d'une faute considérable si on négliseait de le recevoir ; on se priverait des grû es abondantes qu’il communique et l’on désobéirait
à Jésus-Christ, qui l’a institué pour notre avancement dans la vie de la grâce.
Hisrorre.—Julien l’Apostat résolut de professer solenneliement l'impiété. Ce fut à cette fin qu'il fit faire de grands préparatifs pour un sacrifice qu'il devait offrir aux idoles dans un temple dédié au démon. Il s’y rendit suivi de toute sa cour,
, avec pompe, pour donner à cette action impie beaucoup d'éclat,
Tout étant prêt, l’empereur fit signe qu’on commençât. Mais quel fut l’étonnement des prêtres des idoles lorsqu'ils se trouvérent interdits, hors d'état, malgré tous leurs efforts, de procéder à l’abominable cérémonie ! De lus, ils virent que leurs couteaux, qu’ils avaient eu soin de bien préparer, ne pouvaient rien sur la chair des victimes et le feu qu’on avait allumé sur l'autel s’éteignit tout à coup. Le sacrificateur s’écria : ‘‘ Il y a certainement ici une grande puissance inconnue qui s'oppose à nos cérémonies ! ”” Il pria donc l’empereur de permettre qu’on s'assurât s'il ne se trouvait pas parmi les assistants quelque Ga. liléen qui eût été nouvellement lavé d’eau ou oint de baume ; il voulait dire ou baptisé ou confirmé. Il y avait en effet dans le temple un jeune page qui était chrétien et qui depuis peu de jours avait reçu la confirmation et la grâce de ce sacrement. L'empereur ayant dit tout haut : ‘‘ Qu'on fasse cette recherche, ” le page n'hésita pas de se présenter et de dire : ‘‘ Appre- ‘° nez que je suis chrétien : j'ai été baptisé et il n’y a pas long- ‘6 temps qu’on m'a oint pour m'animer au combat. Je suis dis- ‘6 ciple de Jésus-Christ, qui m’a racheté par la croix, je le re- ‘“ connais pour mon Dieu et je me glorifie de lui appartenir. ‘* C'est moi ou plutôt c’est le Dieu que je sers qui a mis obsta- ‘ cle à l’impiété qu’on allait exercer. J'ai invoqué dans mon ‘ cœur le nom sacré de Jésus-Christ et les démons n'ont pu ‘< être reconnus pour dieux. Au nom de Jésus-Christ qui est ‘6 le vrai Dieu, i!s ont été contraints de prendre la fuite.” L'empercur, qui avait été chrétien et qui était bien instruit du pouvoir de Jésus-Christ, fut saisi de frayeur. Il appréhenda les effets de sa vengeance et sortit du temple couvert de confusion, sans dire un seul mot. Le courageux soldat de Jésus-Christ alla rapporter aux chrétiens ce qui venait d'arriver : ils en rendirent gloire à Dieu et reconnurent combien ceux en qui habite la vertu de Jésus-Christ par le sacrement de confirmation quand on le reçoit dans les dispositions saintes, sont redoutables au démon.—Hist. Ecclés.
Exsscices.—1. Quels sont les effets du sacrement de confirmation ? 2. Queils
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différence y a-t-i] sntre se sacrement et celui du baptême ? w Quelle personne dr ja très sainte Trinité recevons-nous dans la confir:uation et que répand-elle dans ceux qui la reçoivent ? 4. Nommez les dons du Saint-Esprit et dites quel est leur effet ? 6. Quels sont les fruits du Saint-Esprit et quel est leur effet ? 6. Quel est le ministre du sacrement de confirmation ? 7. Comment et avec quelle matière l’administre-t-on ? 8. Quelle faute y aurait-il à négliger de recevoir ce sacrement ?
ARTICLE II Des dispositions à la confirmation
Comme on ne peut recevoir la confirmation qu’une seule fois, il est d’une grande importance d’y apporter les dispositions nécessaires, afin de n'être pas privé des grâces qui sont particulières à ce sacrement.
La première disposition est d’avoir une conscience purgée de tout péché mortel ; l’état de grâce, c’est-à-dire l’innocence du baptême conservée ou réparée par la pénitence, est absolument nécessaire pour le recevoir dignement : le Saint-Esprit nous assure lui-même dans l’Ecriture ‘ que “ la sagesse n’entrera point dans une âme mal disposée et “ qu’elle n’habitera point dans un corps assujetti au péché.” . Le sacrement de confirmation est un sacrement des vivants, il suppose donc le vie spirituelle dans celui qui le reçoit ; son effet est d'augmenter cette vie spirituelle et il est impos:ible de fortifier dans la vie de la grâce celui qui l’aurit perdue.
Le sacrement de confirmation a été souvent administré immédiatement après le baptême, dont il est en quelque sorte le complément ; aujourd’hui encore on peut, dans des cas exceptionnels, l’administrer à des jeunes enfants. Mais dans les cas ordinaires, ce sacrement n’est administré qu’à ceux qui ont atteint l’âge de raison, avec une discrétion et une instruction suffisantes. Il faut alors étre instru't des principaux myctères de la foi et bien connaître en particulier tout ce qui à rapport à cet auguste sacrement. |
Mais, outre cela, pour {e recevoir avec plus de fruits, il est très important de s’y préparer par la prière et la pratique des vertus chrétiennes, à l’imitation des apôtres, qui se renferm rent dans le cénacle pour se préparer à la venue du Saint-Esvrit, |
Hisvorse .— Les disciples s'étant dispersés lors de la persécu )
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tion qui s'éleva à Jérusalem après le martyre de saint Etienne, saint Philippe, un des sept diacres, alla à Samarie, et ayant converti et baptisé un grand nombre de personnes, il en fit part aux apôtres qui envoyèrent Saint Pierre et saint Jean pour leur imposer les mains et le Saint-Esprit descendit sur eux d’une manière sensible.— Acé., vin.
ExFRC\CES,—1, Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir le sacres ment de confirmation ? 2. A quel âge reçoit-on ordinairement ce sacrement eÿ quelle préparation faut-il y apporter ?
ARTICLE TITI Obligations qu'impose la confirmation
La confirmation nous impose deux obligations principales : la première, de confesser la foi de Jésus-Christ même au péril de notre vie et la deuxième, de ne jamais rougir de l'Evangile et de braver le respect humain. Un chrétien confirmé doit rendre témoignage à Jésus-Christ, c’est-à-dire défendre courageusement la foi qu’il nous à enseignée, s’élever hardiment contre tous ceux qui l’attaquent et ne craindre ni les railleries ni les menaces des hommes ni la mort même. Le châtiment terrible dont Jésus-Christ menace dans l’Evangile ceux qui manqueront à ce devoir nous fait connaître combien il est indispensable. ‘* Quiconque, ‘“ dit Notre-Neigneur, me confessera et me reconnaîtra de-
‘ vant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même de-
vant mon Père, qui est dans les cieux ; et quiconque me ‘ renoncera devant les hommes, je le renoncerai aussi moimême devant mon Père.” Opposons donc un courage digne d’un soldat àe Jésus-Christ aux discours dangereux des hommes corrompus qui voudraient ébranler notre foi. Soutenons les intérêts de notre maître avec tout le zèle dont mous sommes capables. Souffririons-nous qu’on déchirât en notre présence la réputation d’un père, d’un ami ? Comment donc pourrious-nous souffrir qu’on outrageât devant nous le Dieu qui nous a donné la vie, qui est notre premier père. et qui doit être notre récompense éternelle ? C’est surtout par la pureté de nos mœurs et par la régularité de notre conduite que nous devons confesser J'ésus- Christ et lui gagner, s’il est possible, ceux qui attaquent sa doctrtrine. L'exemple est fort et plus persuasif que les pa-
roles et rien n’honore et ne confirme plus notre sainte reli. gion qu’une vie chrétienne ct vertueuse.
L'évêque, en administrant la confirmation, fait le signe de la croix sur le front de ceux qu’il confirme et leur donne un petit soufflet, pour leur apprendre qu'ils ne doivent jamais rougir de pratiquer la loi de Jésus-Christ, mais qu’ils doivent se mettre au-dessus du respect humain, cette faiblesse indigne d’un chrétien, qui empêche de pratiquer le bien et qui | fait commettre le mal pour ne pas déplaire aux méchants. Un jeune homme, par exemple, n'ose fréquenter les sacrements, sanctifier les saints jours, aller à la messe, observer les abstinences. parce qu’il craint d'être en butte à la censure de ses condisciples qui tiennent une conduite différente ; il croit qu’en remplissant ses devoirs il deviendra l’objet de leurs railleries et c’en est assez pour le déterminer à faire comme les autres. Que cette conduite est injurieuse à Dieu ! qu’elle a de funestes suites ! qu'elle est déraisonnable ! et quel outrage ne fait-on pas à Dieu quand on craint moins de perdre son amitié que celle des hommes ! et de quels hommes ! d’hommes pervers, d’hommes qui ne méritent ni estime, ni confiance, d'hommes que souvent on méprise dans son cœur. Quoi ! d'un côté Dieu ordonne d'entretenir la piété dans notre cœur par le fréquent usage des moyens que lui-même à établis pour nous sanctifier, et parce que de jeunes libertins, des hommes sans aveu, s'en mogueront ou abandonneront le Seigneur et son culte, nous en. rougirons | Quelle lâcheté ! Craindrionsnous plus d’encourir la disgrâce des impies que celle de notre Dieu ? Quel crime de donner la préférence à la créature sur le Créateur ! Si Dieu est pour nous, qu’avons-nous à craindre de leur part ? Si Dieu est contre nous, quels secours peuvent-ils nous donner ? Quand nous périrons, nous sauveront-ils.? Quand Dieu nous condamnera, pourront-ils nous défendre ?
Quoi ! nous rougirions de notre fidélité à remplir nos dévoirs ! Mais n’est-ce pas là au contraire, ce qui fait notre gloire ? Depuis quand la vertu mérite-telle la confusion et la honte ! Quel renversement d'idée ! quelle opposition avec toutes les lumières de la raison, avec tous les princi-
ee mans ptet! Des and doit rue et
non pas la vertu ; c’est au erime qu’apparticent la honte et non pas à l'innocence,
h Quels sont donc, après tout, ces censeurs de la vertu, ces #4 hommes à qui Yon craint si fort de déplaire, dont on recherpa che le suffrage ? Ce sont des hommes pour la plupart livrés " à des passions brutales, qui gémissent sous leur joug honils teux ; un trouble secret les accompagne partout, et empoiai. sonne tous les moments de leur vie ; continuellement déle chirés par des remords cruels, tourmentés par les reproches à de leur conscience, ils voudraient étouffer cette voix importi tune ; c'est pour se rassurer sur leur nombre qu'ils s’effor- À cent de multiplier les complices de leurs désordres. Mais pu tandis qu'ils s'élèvent au dehors contre la piété, ils ne peuee vent s'empêcher de la respecter dans leur cœur et d'en reil gretter la perte ; tandis qu'ils persécutent le juste, ils enle vient son sort et s ils avaient un dépôt à confier, ils le choiis siraient de préférence pour l'en faire le gardien. Île : Histoire. —Un officier distingué par sa naissance et ar ses richesses était près d'obtenir un grade élevé qui était /acant ; Los mais on l’accusa d’être chrétien et sa religion l’ex:iuait des . charges et des honneurs. Le gouverneur lui donna quelqn 3 di heures pour considérer à loisir ce qu'il avait à faire. Pendant ré- cet intervalle l’évêque l’abordo ; il le prend par la main, le mèus ne à l’église et le fait entrer dans le sanctuaire. Là, au pied ES | des autels, il lui montre l'épée qu'il avait au côté ; il lui préet sente en même temps le livre des saints Evangiles, lui disant 1S- de choisir ce qu’il préférait. ‘‘ Attachez-vous donc à Dieu, lui 10- ‘6 dit l’évêque ; il vous fortifiera et vous accordcra ce que vous re ‘6 avez choisi : allez en paix. ” Au sortir de l’église, l'oficier à se présenta au gouverneur eb ayant confessé la foi de Jésus- Christ, il fut condamné à mort et expira dans les tourments. ile —Merauzr, Les Apolugistes.
Exercices.—1, Combien d'obligations nous impose ce sacrement et quelles OS sont-elles ? 2 Comment devons-nous surtout confesser Jésus-Christ ? 3. Que nous apprend le léger souffiet que donne l’évêque sur la joue du confirmé et le ss signe de la croix qu'il lui fait surle front? 4. Los censeurs de la vertu et des
pratiques de la religion sont-ils, pour l'ordinaire, des personnages honorables ?
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