DU SACREMENT DE PÉNITENCE
ARTICLE PREMIER
Nature, forme et nécessite de la Pénitence
La pénitence est un sacrement qui remet les péchés commis aprèsle baptême, quelque grands et en quelque nombreux qu’ils soient, pourvu que le pécheur s'en accuse avec les dispositions nécessaires. Ce sacrement a été institué par Jésus-Christ, lorsque, après sa résurrection, il souffla sur ses apôtres et qu’il leur dit : ‘“ Recevez le Saint-Esprit ; “ les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et “# ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.”
La forme de ce sacrement consiste dans ces paroles du prêtre qui l’administre : Je t’absous,...., au nom du Père,
etc. Les trois actes du pénitent, savoir : la contrition, la
confession et la satisfaction, doivent accompagner l’absolu-
|. tion, sans quoi le sacrement est nul pour la rémission des péchés et l’on commet un sacrilège.
Celui donc qui est coupable de péchés mortels ne peut en obtenir la rémission que par ce sacrement ou, dans le cas d’impossibilité de le recevoir, par un acte de contrition parfaite, qui renferme le désir ardent de le recevoir, Que personne ne dise : je fais nénitence en mon particulier, je fais pénitence devant Dieu. Cela ne suffit pas, dit saint Augustin, il faut recourir au sacrement. Comme les péchés commis avant le baptême ne peuvent être remis que par ce premier sacrement, de même les péchés commis après le baptême ne peuvent être effacés que par le sacre-
ment de pénitence.
Nous parlons des péchés mortels, car pour ce qui regarde les péchés véniels, on peut en obtenir la rémission par des prières et d’autres bonnes œuvres. Il est cependant utile de les soumettre au sacrement et d’en recevoir l’absolution, parce que c’est toujours le moyen le plus efficace d’en obte-
| nir le pardon et parce que l’absolution que l’on en reçeit
augmente la grôêce en nous. Il n’est d’ailleurs pas toujours
facile de distinguer ce qui est péché véniel de ce qui est péché mortel.
Le sacrement de pénitenee est done comme un second baptême offert aux pécheurs qui auraient perdu la grâce du premier ; mais ce second baptême est un baptême pénible et laborieux, qui demande des larmes, des gémissements, des travaux. Au lieu que dans le premier Dieu, voulant signaler sa pure miséricorde, tient le pécheur quitte de tout ans se rien réserver ; dans le second, par une conduite mé: lée de miséricorde et de justice, il ne se recon ilie avec lui qu’à des conditions dures et humiliantes. D'ailleurs, les saintes rigueurs de ]4 pénitence sont non seulement un remède salutaire pour l’expiation des péchés passés, mais encore une espèce de frein qui en arrûte le cours, qui réprime les passions de l’homme et qui l’oblige d’être à l'avenir plus vigilant et plus ferme à résister aux attraits séduisants de la chair et du monde, Trois choses sont nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de pénitence, savoir : la contrition, la confession ét la satisfaction.
HisTorres.-—Mgr. de la Mothe d'Orléans, évêque d'Amiens, se confessait tous les huit jours ; dans la préparation qu'il faisait pour se bien confesser, il saisait trois stations : la première dans l'Enfer, la seconde dans le Ciel, la troisième sur le Calvaire. Il entrait d’abord par la pensée dans le lieu des tour- | ments et y voyait la place qu'il croyait avoir méritée au milieu | du feu dévorant et éternel, dans la société des démons et des | réprouvés. Il remerciait le Scigneur de ne pas l'y avoir préci- | pité et le priait de lui faire miséricorde ; il lui demandait les
grâces dont il avait besoin pour l’en préserver.—Il montait en-
| suite dans le séjour de la gloire et du bonheur ; il gémissait de
ce que par le péché il s’en élait fermé les portes ; il suppliait: le Seigneur de les lui ouvrir et invoquait les saints.—Il allait ensuite par la pensée au Calvaire : 1à, fixant attentivement et avec amour son Sauveur crucifié, il se disait à lui-même : ‘‘Voilà mon ouvrage ! je suis la cause des douleurs que Jésus-Christ a endurées ; j'ai coopéré par mes péchés avec les autres pécheurs à couvrir de plaies fe corps de l’'Homme-Dieu, à le crucifier, à lui donner la mort. O Jésus, quel mal m'avez-vous fait, ? Comment ai-je pu vous traiter ainsi, vous qui m'avez aimé jusqu’à l'excès, vous que je devrais aimer d’un amour infini si je pouvais vous aimer infiniment ? C’est parce que vous êtes
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infiniment aimable quo je vous aime et que je me repens de vous avoir offensé.”
Quel fruit ne retirerions-nous pas de nos confessions, quel progrès ne ferions-nous pas dans 4 voies de Dieu, si nous suivions la méthode de ce vertueux prélat !—W, de M. dela Mothe.
Exxkrorces.—1, Quels sont les effets du sacrement de pénitence? ?, Quelle est la forme de ce sacrement et quels actes ou parties doit.il renfermer nécessairement ? 3. À quoi ce sacrement est-il nécessaire ? Comment et dans quel cas peut-il être suppléé ? 4. Peut-on se dispenser de recourir à ce sacrement pour obtenir le pardon des péchés venicls ? 5. Quelle différence y u-t-il entre ce sacrement et celui de baptême ?
ARTICLEII De la contrition
La contrition est une douleur ét une détestation du péché que l’on a commis, avec une ferme résolution de n’en plus commettre à l'avenir. Cette première disposition est si nécessaire, que sans elle aucun péché, même véniel, ne peut jamais être remis. Une maladie qui ôte l’usage de la parole dispense de la confession ; une mort prompte exempte de la satisfaction, au moins dans cette vie ; mais rien ne peut dispenser de la contrition.
Dieu ne promet le pardon qu’à ceux qui se convertissent à lui de tout leur cœur, dans les pleurs et dans les gémissements d’une douleur amère et profonde, à ceux qui déchirent leurs cœurs et non pas leur vètements. La contrition, pour être véritable, doit avoir quatre caractères : 1° Elle doit être antérieure, c'est-à-dire dans le cœur et non pas seulement sur les lèvres ; il ne suffit pas de lire ou de prononcer des actes de contrition ; c’est le cœur qui a péché, c’est dans le cœur que doit être la douleur et la détestation du péché. 2° La contrition doit être surnaturelle : il faut qu’elle soit excitée par un mouvement du Saint-Esprit et non par un mouvement de la nature, car détester le péché parce qu’il nous à causé quelque malheur temporel, comme un châtiment, une maladie, une perte de biens, ce n’est point là une contrition suffisante pour en obtenir le pardon ; il faut s’en repentir en vue de Dieu, parce que le péché l’offense et lui déplaît ; il faut donc que le repentir soit produit par la grâce et par des motifs de foi 3° Lu contrition doit être souveraine, c’est-à-dire l'emporter sur
repens de
ions, quel nous suicela Mothe,
2, Quelle est br nécessaireuns quel cas rement pour entre ce sa-
n du pé-
de n’en sition est éniel, ne age de la pmpte exe ; mais
vertissent es gémisqui déchi- & contritères : 1° r et non re ou de jui a péla détesaturelle :
Saint-Estester le emporel, Jiens, ce tenir le > que le repentir
3° Ia rter sur
. | par des prières humbles et ferventes.
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toute autre douleur, en sorte que nous soyons disposes à tout perdre plutôt que de retomber, En effet, le péche rst le plus id de tous les maux et il nous fait perdre le plns grand de tous les biens, le souverain bien : nous devüns donc en être plus affligés que de tous les maux du monde, Il n’est cependant pas nécessaire que cette douleur suit sensible ; elle peut être au fond de notre cœur, sans se ranitester au dehors autrement que par les œuvres qui en sont l'effet et la preuve. 4° Enfin la contrition doit être wni: verselle, c’est-à-dire qu’elle doit s'étendre à tous les péchés mortels que l’on a commis. On n'a point une véritable contrition s’il y à un seul péché mortel auquel le cœur de-
eure attaché, puisque var cet attachement à un péché
ortel on reste dans la haine de Dieu. Il n’y en a donc ‘aucun que nous ne devions détester si nous voulons rentrer en grâce avec Dieu.
Pour avoir cette contrition il faut la demander à Dieu Nous pouvons bien par nous-mêmes offenser Dieu, mais nous ne pouvons sans son secours nous en repentir comme il faut. Nous devons ensuite réfléchir sur les motifs qui sont propres à l’exciter dans notre cœur. Considérons quel est celui que nous avons offensé : c’est notre père, qui nous comble de biens, qui nous a rachetés au prix de son sang : quelle ingratitude | Considérons ce que nous avons perdu par le péché : un bonheur éternel nous était réservé et nous n’y avons plus aucun droit : quelle perte ! Considérons à quoi nous expose notre péché : il nous rend dignes de l’enfer, ce séjour de larmes, de rage et de désespoir, où l’on brûle éternellement Quelle horrible destinée ! Considérons surtout ce que J'ésus-Christ a souffert pour l’expiation de nos péchés et pour nous mériter la grâce du pardon. Il n’est pas possible de réfléchir sérieusement sur ces grandes vérités sans être ému et sans concevoir de la haine pour le péché.
Il y a deux sortes de contrition : la parfaite et l’imparfaite, qu’on appelle aussi attrition. La contrition parfaite est une douleur d’avoir offensé Dieu, causée parce qu'il est souverainement bon et souverainement aimable et que le péché lui déplaît ; «on motif est donc l’amour de Dieu : aussi son effet est de remettre le péché par elle, pourvu
Lennon