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CHAPITRE VIII DU SACREMENT DE L'ORDRE

Les cinq premiers sacrements sont communs à tous les chrétiens et tous doivent ies recevoir dans le temps et dans les circonstance: où ces secours leur sont nécessaires : les deux suivants sont particuliers à deux états qui, par leur importance et les grandes obligations qu'ils imposent, ont besoin de grâces toutes particulières.

Le sacrement de l’ordre donne à l'Eglise des pasteurs qui la governent ; c’est par l’imposition des mains et par la prière dont elle est accomragnée qu'ils sont séparés du reste des fidèles etqu'iis reçoivent le pouvoir d'annoncer l'Evangile, d’administrer les sacrements, d'offrir le saint sacrifice, en un mot d'exercer le saint ministère. Jésus-Christ institua ce sacrement lorsqu'il appela les apôtres et qu’ils leur dit: “Je vous envoie somme mon Père m'a envoyé ; ‘ allez; instruisez les nations ; baptises-les. Recevez le 6 Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux qui vous les “ remettrez, etc. ; ” et lorsque après avoir établi le sacrifice de 50. corps et de son sang, il ajouta : ‘ Faites ceci en mémoire de moi.”

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L'ordre est donc un sacrement qui donne le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques et la grâce pour les exercer saintement. Les apôtres n’ont pas reçu ce pouvoir pour eux seuls, mais pour le communiquer à d’autres. Nous voyons dans l’Écriture qu'ils ont ordonné des évêques, des prêtres et des diacres par l'imposition des mains et nous Jisons dans l’histoire ecclésiastique que les premiers évêques établis par les apôtres, en ont ordonné d’autres pour leur succéder : et cette succession qui n’a jamais été interrompue, continuera dans l’Église jusqu’à la fin des siècles.

On parvient au sacerdoce par plusieurs dégrés ou ordres différents. Il y a quatre ordres qu’on appelle mineurs, savoir : celui de portier, de lecteur, d’exorciste et d’acolyte, et trois majeurs, savoir : le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce,

Un état si saint demande de grandes dispositions dans ceux qui veulent l’embrasser. La première est d’y être appelé et ce ne pas s’y ingérer soi-même. S'il n’y a aucun état où il soit permis d'entrer sans avoir consulté Dieu pour savoir s’il nous y appelle, cette précaution est bien plus nécessaire encore quand il s’agit du sacerdoce, dont les fonctions sont si saintes et si sublimes. “Ce n'est pas vous, ‘ disait Jésus-Christ à ses apôtres, ce n’est pas vous qui ‘“ m'avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai établis, afin que ‘ vous alliez et que vous portiez du fruit.” La seconde disposition pour entrer dans l’état ecclésiastique, c’est d’être animé du zèle de la gloire de Dieu et du salut du prochain.

Malheur à ceux qui n'auraient en y entrant que des vues humaines, qui ne consulteraient que l'intérêt ou l’ambition, qui ne se proposeraient que de s’y enrichir et d’y vivre plus commodément et plus honorablement ! La troisième disposition est d’être irréprochable dans ses mœurs ; il serait bien à souhaiter que l’on eût conservé la grâce de son baptême : du moins faut-il l'avoir recouvrée depuis longtemps et mener une vie édifiante et’exempte de reproche. Enfin, la quatrième disposition est d’être en état de grâce : ce serait un horrible sacrilège de recevoir un sacrement si saint avec une conscience souillée par le péché mortel.

Hisrorre.—Savez-vous ce que c’est qu'un prêtre, vous que ce seul nom irrite ou fait sourire de mépris? Un prêtre est par devoir l'ami, la providence vivante de tous les malheureux le

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consolateur des affligés, le défenseur de quiconque est privé de défense, l’appui de la veuve, le père de l’orphelin, leréparateur de tout les és a et de tous les maux qu’engendrent vos ssions et Vos funestes doctrines. Sa vie entière n’est qu'un ong et héroïque dévouement au bonheur de ses semblables, Qui de vous consentirait comme lui à échanger les domestiques, toutes les jouissances, tous les biens que les hommes recherchent si avidement, contre des travaux obscurs, des devoirs pénibles, des fonctions dont l'exercice brise le cœur et rebute les sens, pour ne recueillir d'autre fruit de tant de sacrifices que le dédaiïn, l’ingratitude et l insulte ?

Vous êtes encore plongés dans un profond sommeil et déjà l’homme uw: charité, devançant l'aurore, a recommencé le cours de ses bienfaisantes œuvres. Il a soulagé le pauvre, visité le malade, essuyé les pleurs de l’infortune ou fait couler ceux du repentir, instruit l’ignorant, fortifié le faible, affermi dans la vertu les âmes troublées par les orages des passions. Après une journée toute remplie de pareils bienfaits, le soir arrive, mais non le repos. A l'heure où le plaisir vous appelle aux +pectacles, aux fêtes, on accourt en grande hâte auprès du ministre sacré : un chrétien touche à ses derniers moments, il va mourir et peut-être d'une maladie contagieuse : n'importe, le bon pasteur ne laissera point expirer sa brebis sans adoucir ses «ngoises, sans l’environner des consolations de l'espérance et de la foi, sans prier à ses côtés le Dieu qui mourut pour elle et qui lui donne à cet instant même, dans le sacrement d'amour, un gage certain de l’immortalité.

Il est encore plus aux yeux Ge la foi; il est le ministre de Jésus-Christ sur la terre, son représentant chargé d'exercer des fonctions qui n’ont pas même été confiées aux anges.

Voilà le prêtre, non tel que l'aversion se plaît à se le figurer, mais tel que réellement il existe au milieu de vous.

Exercices.—1. Quelle différence y a-t-il entre les cinq premiers sacrements ci les deux derniers, par rapport à tous les chrétiens? 2, Qu'est-ce que le sacrement de l’ordre et quel pouvoir donne-t-il ? 3, Nommez les divers degrés L'

lesquels on parvient au sacerdoce, qui compiète ce sacrement ? 4. Quelles positions faut-il apporter à la réception de ce sacrement ?

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