DU SACREMENT DE MARIAGE
Le mariage a été institué dès le commencement du monde, lorsque Dieu donna à l’homme pour compagne la femme qu’il avait formée d’une de ses côtes et que par une bénédiction particulière il lui accorda la fécondité. Pour ndre cette institution plus sainte encore, Jésus-Christ l'a
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levée à la dignité de sacrement, y attachant nne grâce spéciale pour affermir cette union indissoluble et pour sanctifier ceux qui la contractent ; il l’a rendue l'image et le signe d'un grand mystère, de son union intime et éternelle avec l’Église ; par là le mariage est devenu une source de bénédictions spirituelles pour ceux qui le reçoivent avec les dispositions chrétiennes.
Le mariage est donc un sacremer.c qui sanctifie et rend légitime l’union de l’homme et de la femme. C’est une vérité certaine que ceux qui se marient après avoir consulté Dieu et avec des vues chrétiennes, reçoivent par la vertu de ce sacrement des grâces pour se sanctifier en remplissant fidèlement les obligations de leur état. Avant de se décider à embrasser cet état, il faut donc adresser à Dieu des prières ferventes pour connaître s’il nous y appelle ; sans cela on contracterait témérairement et peut-être contre l’ordre de Dieu. un engagement irrévocable qu’il ne bénirait pas et où le salut serait exposé à un grand üanger. Dieu ne manque jamais de faire connaître sa volonté à ceux qui l’invoquent de tout leur cœur. On doit aussi prendre conseil de ses parents : ilu désirent l'avantage de leurs enfants et ils savent mieux qu'eux ce qui peut le leur procurer ; on doit suivre leur avis plutôt qu’une inclination aveugle dans une affaire si importante et d’où dépend le bonheur pour le temps et pour l'éternité. |
Il y a trois principales dispositions pour recevoir le sacrement de mariage : le premier est de le recevoir avec une conscience purifiée de tout péché mortel, parce que le mariage est un sacrement des vivants, qui suppose la vie spirituelle de la grâce dans ceux qui le reçoivent. Le concile de Trente exhorte les personnes qui veulent entrer dans cet état de s'approcher de la sainte Eucharistie, pour attirer sur elles les bénédictions du ciel. La seconde disposition est de le recevoir dans l'intention de faire la volonté de Dieu et de le servir dans cet état. (C’est un principe que nous devons nous proposer de plaire à Dieu dans toutes nos actions, même les plus communes, à plus forte raison dans un engagement qui dure toute la vie. ‘“ Nous ‘ sommes les enfants des saints, disait le jeune Tobie à ‘ Sara son épouse, et nous ne devons pas nous marier ‘“ comme les païens qui ne connaissent point Dieu,” Que
celui qui se croit appelé à l’état du mariage »’y entre donc si © que dans la vue de se sanctifier et d’en remplir toutes les ré ‘obligations. La troisième disposition pour le sacrement épou: de mariage est de le recevoir avec la modestie, la pudeur jusqu et les autres vertus convenables à la sainteté de ce sacre. à d'une ment, en évitant avec soin tout ce qui pourrait s’écarter des méde règles de la plus exacte bienfaisance. Recevoir }a bénédic. die tion nuptiale avec un extérieur contraire à la modestie, ce duite serait offenser Dieu au pied même des autels et profanerun tains sacrement dont on ne doit s'approcher qu'avec beaucoup de mais piété et de religion. suivr Les personnes mariées ont quatre obligations à remplir: plus elle doivent vivent ensemble dans une sainte société et une Le A parfaite union, se garder réciproquement la foi conjugale BR 2 à qu’elles se sont promise à la face des autels, s’assister mu- parti tuellemènt dans leurs besoins et enfin donner à leurs en- tion : fants une éducation chrétienne, en les accoutimant de À bonne heure à prier Dieu et à faire avec piété les autres D dans exercices de religion, e1 leur apprenant et leur répétant conti . , . ensel
souvent les maximes de l’évangile, en leur donnant bon sta exemple en toutes choses et en v"!ant sur leur conduite MA pour les éloigner de tout ce qui pourrait les porter au mal. Le HistotRe.—Un jeune médecin habitant la capitale, y reçut saint au mois d'octobre 1829 le sacrement de mariage avec des cir- danc
constances bien édifiantes.
Un de ses amis l’introduit dans une maison recommandable par ses vertus, en lui faisant espérer la main d’une fille unique, aussi pieuse que le reste de la famille. La jeune personne est bientôt promise au docteur, dont l'aimable modestie égale la science.
Bientôt la cérémonie nur’iale allait avoir lieu, lorsque celuici vient seul trouver la mère de sa future épouse et lui demande à parler en particulier à mademoiselle Emilie.—Ce n'est pas 4 | possible, monsieur, répondit-elle d’une manière obligeante;
|| ma fille n’est pas bien depuis deux jours et elle a besoin de HU tranquillité. —Mais, madame, il m'est bien pénible de ne pou- Lt voir m’entretenir un instant avec votre demoiselle ; à peine
(fi ai-je eu la satisfaction de la voir trois ou quatre fois dans ls société ; jusqu'ici je n’ai point trouvé l'occasion de lui exprimer à mon aise mes sentiments et de connaître les siens.—Vos instances me font peine, monsieur, mais ma fille n’est pas visible, J'aurais cependant quelque chose de très important à
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A ces mots la mère ne put retenir ses larmes! elle se jette dans les bras du vertueux médecin et lui dit en le tenant serré contre son cœur : ‘‘ Eh bien, mon fils, nous communierons tous ensemble ; allez voir votre épouse et dites-lui bien que je vous ai appelé mon fils. Allez, pieux jeune homme, vos sentiments me répondent de votre bonheur et de celui de ma fille.”
Le pieux docteur ne se borna pas là, Pendant huit jours le saint sacrifice de la messe fut célébré pour attirer toute l’abondance des bénédictions célestes. Mais ce qu’il y eut de plus beau, de plus attendrissant, ce fut de voir, le jour même du mariage, Li deux époux à la table sainte, environnés l’un de son respectable père et de sa mère en pleurs; l'autre de sa mère et de sa grand’mère, qui reçurent tous ensemble la sainte communion des mains du prêtre qui leur donnait la bénédiction nuptiale, |
Quel bel exemple pour les jeunes gens ! quelle leçon pour tant de parents indifférents ou impies ! Ah ! si toutes les unions ressemblaient à celle-ci, que la société serait heureuse et tranquille !
Exercicas—1. Par qui et quand a été institué le mariage? 2. A quelle dignité Jésus-Christ a-t-il élevé le mariage? 3. Que faut-il faire avant d'embrasser l'état du mariage ? 4. Combien de dispositions doit-on apporter à la réception de ce
sacrement et en quoi oconsistent-elles ? 6. Quelles sont les obligations des personnes mariées ?
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TITRE SECOND