DE LA PRIÈRE
CHAPITRE PREMIER DE LA PRIÈRE EN GÉNÉRAL ARTICLE PREMIER Nécessité de la prière
Nous avons parlé des sacrements comme d'un premier moyen pour obtenir la grâce ; la prière en est un second. C’est une élévation de notre esprit et de notre cœur vers Dieu pour lui rendre nos devoirs et pour lui demander les choses qui nous sont nécessaires,
La prière est un devoir indispensable que l'on ne peut omettre sans péché : Jésus-Christ nous en a fait un commandement exprès et ce précepte est souvent répété dans l'Évangile. Veullez, nous dit-il, ef priez; et toujours priez et ne point se lasser de le faire. De là ce reproche qu’il fait à sesdisciples : “Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez, et vous recevrez.” 1l a pratiqué lui-même ce RE nous commande ; il passaitsouvent les nuits à prier
, pour mieux dire, toute sa vie a été une prière contiinelle. Jésus-Christ n'avait certainement pas besoin de prier pour lui-même ; mais il voulait nous donner l’exemple et nous engager par là à nous livrer à ce saint exercice : nous avions besoin qu’il priât pour nous et qu’il nous montrât l'obligation où nous sommes de prier.
Ce saint exercice est d’une nécessité indispensable et quand inême l'Évangile ne nous ferait pas une loi positive
de prier et de prier sans cesse, le sentiment de notre misère
suffirait seul pour prouver cette nécessité. Les besoins toujours renaiïssants de notre âme ct de notre corps ne nous avertissent-ils pas continuellement de recourir à Celui qui peut seul y remédier? N'est-ce pus le partage des misérables de ces et de solliciter du secours ?
Notre indigence est extrême, les biens qui nous manquent sont d’un prix infini. Dieu est prêt à nous les accorder ; non seulement il nous permet, mais il nous commande de les lui demander. Ce n’est pas qu’il ignore nos besoins ; il les connaît mieux que nous ne les connaissons nous-mêmes ; il exige cependant que nous les lui exposions, pour nous faire désirer avec plus d’ardeur les biens qu’il nous prépare et pour nous rendre par ce désir plus capables de les recevoir.
Le désir des biens spirituels s’enflamme par l'exercice de la prière, et plus ce désir est ardent, plus on reçoit de Dieu ; il remplit ceux qui sont affamés et il renvoie vides ceux qui se croient riches et qui s’imaginent n'avoir besoin de rien.
Si Dieu nous accorde ses biens sans attendre nos prières, nous serons portés à nous les attribuer ; mais quand, après avoir senti notre misère et notre impuissance, nous recourons à lui, nous ne pouvons alors nous dissimuler à nousmêmes notre dépendance ; nous sommes obligés de reconpaître que nous n& pouvons rien sans lui et que tout ce que nous en recevons est un don desa pure libéralité : cet hum- / ble aveu de notre indigence nous dispose à recevoir ses bienfaits avec abondance.
Appliquons-nous donc à ce saint exercice; ne croyons pas que pour remplir ce devoir essentiel, il suffise d'y employer quelques moments rapides et de passer le reste du temps sans penser à Dieu : il faut avoir souvent recours à la prière et y persévérer longtemps. Dieu veut être sollicité, pressé, importusé : il ne se lasse pas de nous écouter ; le trésor de ses grâces est infini et on ne peut rien faire qui lui soit plus agréable que de demander sans cesse à y puiser. Les rois de la terre ne permettent pas à
toutes sortes de personnes de leur parler ; c’est une faveur
qu’ils n’accordent qu’à leurs favoris et dans certains moments ; mais il n’en est pas ainsi de notre Dieu ; il nous permet de lui parler à toute heure, de lui présenter nos besoins et de réclamer son secours : il nous ordonne même de le faire en toute liberté et si l’on ne se présente pas devant lui, il s’en offense. Quel honneur pour une vile créature de s'approcher ainsi de son Dieu, de lui communiquer ses pensées, ses inquiétudes, ses désirs avec une sainte liberté, avec une douce confiance ! Ne “erait-ce pas mépriser 8a
Le
bonté que de ne pas profiter de la faveur qu’il nous accorde de nous écouter et de s'intéresser à tout ce que nous désirons ?
Hisrorres.— La prière est la porte par laquelle le Seïgneur nous fait passer ses grâces, disait sainte Thérèse. Si ceite orte est fermée, qu'allons-nous devenir ? Hélas ! ajoutait-elle, jen ai fait l'expérience. J’eus le malheur d'abandonner la rière mentale et je devenais tous les .jours moins chrétienne. i je n’eusse repris ce saint exercice, j'étais perdue.—Vie de sainte Thérèse.
— David, quoique placé sur le trône et occupé des affaires de son royaume, avait coutume de prier sept fois le jour, ainsi u’il le dit lui-même ; il se levait la nuit pour prier. Inspiré e l'esprit de Dieu, il compose ces cantiques sublimes, que l’on appelle les psaumes, qui sont encore chantés dans l'Eglise.
—Plusieurs grands princes, tels que Charlemagne, saint
Louis et saint Henri, empereur, observaient religieusement la ratique de réciter chaque jour l'office de l’Egliseetse Jevaient
A nuit pour assister aux prières des matines.
Un auteur non suspect et qui a écrit sous l'influence de la philosophie du dix huitième siècle, alors dans toute sa nouveauté comme dans toute la violence de sa haine contre le christianisme, a fait la réflexion suivante : ‘‘ Chez les Romains, ‘ en se mettant à table, le maître de la maisn prenait une ‘“ coupe de vin ct en versait quelques s'outtes à terre: ces li- ‘ bations étaient un hommage qu’ils rendaient à la providence. ‘4 De tout temps les chrétiens, avant et après le dîner et le ‘ souper, ont fait une prière à Dieu pour le remercier du repas ‘ qu’ils allaient prendre ou qu'ils avaient pris. N'est-il pas ‘* bien condamnable et en même temps bien ridicule qu'en ‘“ France, depuis cinquante ans, cet acte si naturel de recon- * naissance et de religion ait été regardé par les personnes du ‘ grand monde comme une petite cérémonie puérile, une ‘* vieille mode que le nouveau bel usage doit proscrire? Nos ‘ inférieurs, en devenant, à notre exemple, ingrats envers ‘6 Dieu, s’habituent à l'être envers nous.”
Exencices.—1. Expliquez quel est le second moyen d'obtenir lagrâce ? 2, Par quelles paroles Jésus-Christ nous a-t-il prescrit l'exercice de la prière et quels exemples nous en a-t-il donnés? 8. Qu'est-ce qui rend l'exercice de la prière si
nécessaire 1 4. Suffit-il de donner quelques moments à la prière ? 6. t-il de uotre intérêt de beaucoup prier
» nous dési.
le Seigneur se. Si ceite ajoutait-elle, bandonner la s. chrétienne, ue.— Vie de
+ affaires de à Jour, ainsi ier, Inspiré es, que l'on l'Eglise.
agne, Saint eusement la tse Jevaient
ence de la te sa noue contre le es Romains, prenait une rre: ces liprovidence.
dîner et le ler du repas N'est-il pas icule qu'en de reconrsonnes du érile, une rire? Nos ats envers
râce ? 92, Par ière et quels > la prière si 6. t-il de
nous accorde
ARTICLE II Eficacité de la prière
Tout est promis & la prière ; elle obtient tout quand e!le est oien faite. C’est une vérité répétée presque à chaque page de l’Ecriture ; l4 promesse de Jésus-Christ y est formelle : ‘ Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous “ trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Tout ce que “ vous demanderez dans la prière, si vous le demandez avec “foi, vous l’obtiendrez. ” Il ne s’est pas même contenté de nous déclarer qu’une prière bien faite est toujours exaucée ; il nous l’a assuré avec serment : ‘ En vérité, en vé.- “ rité je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon “ père en mon nom, il vous le donnera. ” Enfin, pour dissiper tous nos doutes, il ajoute cette preuve qui est bien capable de ranimer les esprits les plus découragés : ‘ Y a. “t-il parmi vous un père qui donne une pierre à son fils “ quand il lui demande du pain ? et s’il lui demande un “ poisson, lui donnera-t-il un serpent 4... Si donc, tous ‘“ méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes ‘ choses à vos enfants, combien plus votre père céleste don- “ nera-t-il les vrais biens à ceux qui les demandent ? ” Après une promesse si formelle il faudrait bien avoir perdu la foi pour douter de l'efficacité de læ prière. Si l'on compte sur les promesses d’un homme de bien, combien plus doit-on compter sur la promesse et le serment de Jésus-Christ, qui est la vérité même ! Donner entrée dans son cœur à la défiance, ce serait lui faire injure. Eh ! d'où pourrait donc lui venir cette défiance 1 Serait-ce de notre indignité ? Mais la bonté de Dieu pour nous n'est-elle pas toute gratuite ? Mais l’aveu même de notre indignité n’estil pas un titre pour avoir accès auprès d’une miséricorde que les plus grands crimes ne peuvent épuiser et qui invite les plus grands pécheurs à s'approcher d'elle avec confiance ? Mais n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que nous prions ? et notre indignité n'est-elle pas couverte par ses mérites infiuis ? Non, jamais la prière du pécheur qui s’humilie n’a été rejetée ; «L:e s'élève jusqu’au trône de Dieu et elle attire infaiiliblement un regard de miséricorde sur celui qui la fait, |
# Est-il quelqu'un, dit le prophète, qui ait été méprisé 1 ‘“ Nos pères ont crié vers le Seigneur et ils ont été délivrés ; ‘118 ont espéré dans le Seigneur et ils n’ont point'été con- ‘“ fondus ; quiconque invoquera le nom du Seigneur sera ‘“ sauvé, ” Cette confiance pleine, entière et sans bornes, honore Dieu ; c'est un hommag® rendu à sa puissance, à sa bonté, à sa fidélité dans ses promesses : elle obtient tout, Dieu ne lui refuse rien. Moïse prie sur la montagne et les ennemis du peuple de Dieu sont vaincus; J'udith prie et sa patrie est délivrée ; le pieux roi Ezéchias prie, et Dieu révoque l'arrêt de mort qu'il avait prononcé contre jui ; le Publicain prie dans le temple, et il en sort justifié ; la femme pécheresse prie, et les péchés lui sont remis ; le bon larron prie sur la croix, et quoiqu'il fût chargé des crimes les plus énormes, il en obtint ‘le pardon. Voilà pourquoi saint Jean disait : ‘ Ce qui fait notre confiance en Dieu, “ c’est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons ‘ qui est conforme à sa volonté : car nous savons qu'il nous ‘ exaucera en tout ce que nous lui demanderons et nous le ‘ savons parce que nous avons reçu l'effet des demandes ‘ que nous lui avons faites. ” N’alléguons donc plus notre faiblesse quand on nous exhorte à pratiquer la vertu ; ne disons plus que notre penchant pour le mal nous entraîne, que nous ne pouvons résister à la violence de nos passions. Nous pouvons prier et la prière soutiendra notre faiblesse ; nous pouvons prier et la prière nous fortifiera contre nos mauvais penchants ; nous pouvons prier et la prière modérera la violence de nos passions, Nous avons besoin de grâces pour pratiquer la sagesse ; demandons-les et Dieu nous les accordera. “ Si quelqu'un de vous manque de sa- ‘ gesse, dit l’apôtre saint Jacques, qu’il la demande à Dieu ‘ qui donne à tous libéralement, et la sagesse lui sara donnée, ” On ne manque donc jamais d'obtenir de Dieu les secours qu’on lui demande comme il faut ; et si nous ne les obtenons pas, c’est toujours notre faute, c'est que nous ne recourons pas à Dieu avec les dispositions suflisantes et surtout avec cette confiance qui obtient tout.
HisTOrRE.—Saint Jean Chrysostôme ne craint pas d'avancer que la prière est, en quelque sorte, plus puissante que Dieu même, puisqu'elle vient à bout de le fléchir, de lui faire rétracter les sentences qu'il a portées contre nous. En voici un
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exemple. Les Israélites ayant transgressé les lois du Seigneur et ré dans le désert un veau d’or pour l'adorer, Dir ls
ours clément, semble craindre la puissance de l’intercession de Moïse. ‘ Laisse agir m& colère, dit-il à son serviteur; ne t'oppose pas à ce que j’extermine ce peuple infidèle.” Mais, vaincu par les prière de Moïse, il n’exécuta pas, dit l’Ecriture, le mal qu'il avait prononcé contre son peuple. |
EXERCICKS.—1, Quel est le pouvoir de la prière et où en trouvons-nous la preuve ? 2. Donnez quelques exemples de ce pouvoir ?
ARTICLE III Qualités de la prière
Les grands avantages de la prière sont attachés à la manière dont on s’acquitte de ce devoir. Pour bien prier, il faut d’abord que ce soit au nomet par les mérites de Jé. sus-Christ ; il n’a promis de nous accorder que ce que nous demanderions en son nom : c’est pour cela que l'Eglise termine toutes ses prières par ces paroles : Mous vous en prions par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Secondement, il faut prier avec attention, c’est-à-dire penser à Dieu et à ce qu'on lui demande. Dieu écoute bien plus les paroles du cœur que celles de la bouche. La prière est une élévation de notre âme vers Dieu ; ce n’est donc pas prier que de penser à toute autre chose qu’à Dieu quand on lui parle. Il est vrai que les distractions, quand elles sont involontaires, ne rendent pas la prière mauvaise ; mais Dieu est offensé par celles auxquelles on a donné occasion par sa faute ou qu’on ne rejette point après qu'on s’en est aperçu. On mérite alors ce reproche que Dieu faisait autrefois aux Juifs : “Ce peuple m'honore des lèvres, “ mais son cœur est loin de moi.”
Troisièmement, il faut prier avec confiance. Notre Seigneur, en nous promettant d’exaucer nos prières, y met toujours cette condition : pourvu qu’elles soient faites avec foi. Il disait ordinairement à ceux qui s’adressaient à lui pour obtenir leur guérison : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Notre confiance ne saurait être trop ferme, puisqu'elle est appuyée sur la puissance de Dieu qui peut faire infini ment plus que nous ne lui demandons ; sur sa miséricordy, qui u’a point de bornes, et zur les mérites infinis de J'ésus-
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Christ, au nom duquel nous prions. Eh quoi! nous nous adresserions avec confiance, dans nos besoins temporels, à un ami riche, puissant et éprouvé, et nous en manquerions en nous adressant à Dieu pour les besoins même spirituels, quoiqu'il nous commande et qu'il nous invite lui-même à recourir à lui comme à un bon père! Une telle défiance ne serait-elle pas injurieuse à sa tendresse ? Qu'est-ce donc que la bonté des hommes comparée à celle de Dieu ?
Enfin, il faut prier avec persévérance. Dieu, par une conduite pleine de sagesse et de bonté, diffère quelquefois de nous accorder ce que nous lui demandons ; ce délai n’est pas un refus, mais une épreuve. Il veut par là nous faire connaître le prix de ses dons, augmenter l’ardeur de nos
désirs et nous disposer à les recevoir avec plus d’abondance.
On ne doit pas se décourager ni se lasser de prier : J'ésus- Christ nous l’ordonne et pour nous faire sentir la nccessité de la persévérance, ‘| se sert de deux comparaisons : la première est celle d'u euve qui, par ses importunités, touche enfin le cœur d’un …uvais juge et le force à lui rendre justice ; la seconde est celle d’un homme qui, au milieu de la nuit, va demander à son ami trois pains à emprunter. Ce dernier refuse de se lever ; l’autre ne se rebute point, il continue à frapper à Ja porte et il redouble ses prières : sa persévérance est récompensée ct il obtient ce qu'il deman:dait. Notre Seigneur termine cette parabole par une exhortation vive et pressante de prier sans relâche et par une promesse formelle de nous accorder tout ce que nous demanderons avec persévérance. Le moment où nous cesserons de prier est peut-être celui que Dieu avait destiné pour nous exaucer, Retenez bien ceci: c’est la prière qui demande, mais c’est la persévérance qui obtient.
Historre.—C'’était, dit un pieux auteur, la pratique d’un jeune enfant de qualité d'offrir son cœur à Dieu tous les matins, avec beaucoup de ferveur, ce qui était comme l'âme de toutes les actions qu’il faisait pendant le jour. ‘‘ Si je manque, ‘4 disait-il, à ce devoir comme il m’est arrivé duélauetois, je ‘ suis dissipé tout le reste de la journee.” Ce saint enfant, n'ayant pas encore l’âge de douze ans, mourut avec les sentiments d'une rare piété. ‘‘ Mon Dieu, s'écriait-il de temps en *{ temps, étant pres d'expirer, je vous ai fait presque tous les ‘€ jours le sacrifice de mon cœur, je vous en fais un maintenant ‘< de ma propre vie.”
B nous orels, à uerions rituels, même à ance ne onc que
par une Iquefois ai n’est us faire de nos dance,
J'ésusccessité
er. Ce Joint, il res : Sa demanune ex- Jar une demanrons de r nous mande,
e d’un matins, toutes anque, ois, je enfant, y sentinps en Jus les tenant
Imitons ce pieux enfant et soyons exacts comme lui à offrir tous les matins notre cœur à Dieu, afin de mourir, comme lui, dans les sentiments d’une vraie piété.—ARNISENET, le bon Ange de l'enfant.
Exzrcices.— I. A quelles conditions est attaché le succès de la prière et en quoi consistent-elles ?
CHAPITRE II DE L'ORAISON DOMINICALE ARTICLE PREMIER De ce qu'il fuut demander à Dieu
C’est Notre Seigneur lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander à Dieu et l’ordre dans lequel il faut le demander. Il a bien voulu lui-même dresser la requête que nous devons présenter en son nom au Père éternel et nous laisser une excellente formule de prière, que l’on appelle pour cette raison la prière du Seigneur, ou l’'Oraison Dominicale. “ Jésus-Christ, dit Saint Cyprien, ‘entre autres avis et préceptes salutaires qu'il a donnés à ‘ son peuple pour le conduire au salut, lui a prescrit une “ formule de prière, afin que nous fussions plus facilement ‘ exaucés par le Père, lorsque nous lui adresserions la priè- ‘“ re même que son propre Fils nous a apprise. Prions ‘ donc, ajoute ce saint docteur, comme notre maître et no- “ tre Dieu nous l’a enseigné ; c’est une prière bien agréà- “ ble à Dieu que celle qui vient de lui-même, que celle qui “ frappe ses oreilles par les paroles de Jésus-Christ : que “ le Père reconnaisse les paroles de son Fils quand nous le “ prions. Puisque c’est Jésus-Christ qui est notre avocat ‘“ avprès du Père, servons-nous des propres paroles de notre ‘ intercesseur ; il nous assure que le Père nous accordera ‘ tout ce que nous lui demanderons en son nom ; combien ‘“ plus nous accordera-t-il, si nous demandons non seulement en son nom, mais par ses paroles !” Aussi l'Eglise fait-elle un usage continuel de cette divine prière ; c’est par elle qu’elle commence et qu’elle finit tous ses offices ; elle la rappelle en particulier au saint sacrifice de la messe. Les, vrais fidèles ne manquent jamais de la réciter tous les jours, au moins le matin et le soir,
L'oraison dominicale est composée d’une courte préface et de sept demandes, dont les trois premières se rapportent à Dieu et les quutre autres nous regardent nous-mêmes : elle renferme tout ce que nous pouvons désirer et demander à Dieu ; elle est la règle snr laquelle nous devons former nos sentiments et nos désirs. Nous pouvons bien nous servir d’autres paroles dans nos prières, mais nous ne pouvons demander autre chose que ce qui y est enfermé ; toute demande qu'on ne peut y rapporter est indigne d'un chrétien et ne saurait être agréable à Dieu. La préface consiste dans ces mots : Votre l’ère qui êtes dans les cieux. Jésus-Christ a réuni dans ce peu de mots tout ce qu’il y a de plus capable d'engager Dieu à nous exaucer et de nous inspirer à nous-mêmes des sentiments de respect, d'amour et de confiance
Nous appelons Dieu notre père, c’est Jésus-Christ qui nous l’ordonne, Dieu est en effet notre père par la créa tion, puisqu'il nous a donné la vie et qu’il nous a formés à son image ; il l’est encore plus par la grâce de la régénération puisque dans le baptème il nous a adoptés en Jésus- Christ pour ses enfants. “ Considérez, dit l’apôtre saint ‘ Jean, quel amour le père a eu pour nous, de vouloir que ‘“ nous soyons appelés et que nous soyons en effet les en- ‘ fants de Dieu ! ” “ Parce que vous êtes enfants, ajoute ‘ saint Paul, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'esprit de son ‘ Fils, qui crie : Mon père, mon père |” O nom plein de douceur et de charmes ! quel amour, quelle reconnaissance, quelle confiance ne doit-il pas exciter dans notre cœur ! S'il est vrai que Dieu est votre père, pouvez-vous craindre que votre prière soit rejetée lorsque vous lui rappelez un nom qu’il prend à notr à égard avec tant de complaisance! Que n’accorde-t-il pas à un enfant qui le prie, après qu'il l'a reçu au nombre de ses enfants par une grâce qui a prévenu ses prières et ses désirs ! Ne craignez que de vous rendre indigne par votre désobéissance d’être appelé l’enfant de Dieu ; rien autre chose ne peut arrêter le cours de ses grâces et l'effet de vos prières.
Chacun de nous, en parlant à Dieu, dit: Notre Père et non pas Mon Père, parce qu'ayant tous le même père et espérant de lui le même héritage, nous ne devons pas seu-
urte préface 6 rapportent nous-mêmes :
‘et demander *vons former 8 bien nous ous ne poufermé ; toundigne d’un
La préface ans les cieux, ce qu’il y a ret de nous ect, d'amour
us-Christ qui par la créa 1s a formés à > la régénéraés en Jésus- ‘apôtre saint vouloir que effet les enfants, ajoute esprit de son om plein de connaissance, notre cœur | nus craindre rappelez un omplaisance | , après qu'il ce qui & préque de vous appelé l’enr le cours de
otre Père et ême père et ons pas seu-
lent prier pour nous, mais encore pour tous les fidèles, qui sont nos frères. Par là nous comprenons que ce n’est
en notre propre nom que nous prions, mais au nom de Jésus-Christ et en union avec tout le corps de son Eglise, dont nous sommes les membres. Nous ajoutons : Qui êtes dans les cieux, car quoique Dieu soit en tous lieux par son immensité, nous considérons néanrnoins le ciel comme le trône de sa gloire : c’est dans le ciel qu'il fait éclater sa magnificence et qu’il se montre à ses élus à découvert et sans nuage. C’est au ciel que nous sommes appelés nousmèmes ; le ciel est notre patrie et l'héritage que notre père nous destine. Lors donc que nous nous mettons en prière, élevons nos pensées et nos désirs vers le ciel; unissonsnous à la société des esprits bienheureux, excitons dans nos cœurs le désir et l'espérance de posséder Dieu.
HistoirEes.—C'est maintenant, disait saint François d'Assise, après avoir éte déshérité par son père à cause de, ses grandes libéralités envers les pauvres, c'est maintenant que je pourrai dire: Notre père qui êtes aux cieux.
Oh ! quelle est la noblesse d’un chrétien ! Dieu est son Père.
—(Un jeune berger avait pris l'habitude de prier en puissant son troupeau. Interrogé s'il n'éprouvait pas souvent de l’ennui à rester si souvent seul dans la campagne, il répondit que son Pater lui suffisait pour abréger ses journées et les rendre agrébles, parce qu'il y trouvait une source toujours nouvelle de pensées consolantes et de bons sentiments, en sorto qu'il lui fallait quelquefois toute une semaine pour le méditer en entier. — Le bon cathechiste, par M. de LA PALME.
Saint Hugues, évêque de Grenoble, étant toujours malade. ne fit presque autre chose pendant toute une nuit que de réciter l'oraison dominicale, Le domestique qui le gardait lui représenta que la récitation de cette prière, si souvent répétée, serait certainement nuisible à sa santé. Illuirépondit : ‘‘ Détrompez- ‘vous : la récitation de cette prière si belle ne peut me faire ‘aucun mal, je sens même qu’elle:me fait un grand bien.”
— LASAUSSE.
ExERCICFS, —1, Quelle est la plus velle de toutes les prières et qui nous l’a ensignée ? 2, De comhien de partie: se compose l'oraison dominicale et qua tenferme-t-elle ? 8. Expliquez là préface de cette prière ?
ARTICLE II Que votre nom soit sanctifié
T1 est bien juste que notre premier désir et notre première demande aient la gloire de Dieu pour objet. Si nous som-
mes ses enfants, rien no doit nous être plus cher que l’hon. neur et la gloire de notre père. Nous commençons donc par demander que son nom soit sanctifié, c’est-à-dire honoré et glorifié. Le nom de Dieu est saint par lui-même et il ne peut acquérir aucun nouveau degré de sainteté ; maïs il est souvent déshonoré par le discours et par la conduite des hommes. Ce que nous demandons par ces paroles, c’est que le saint nom de Dieu soit connu, loué et adoré par toutes les créatures ; que toute langue le bénisse ; que tout l'univers lui rende l'hommage qui est dû à la souveraine Majesté ; que sa gloire s’étende dans toutes les contrées du monde.
Il y a encore des nations infidèles, des peuples qui ne connaissent point Dieu : nous le prions de les faire sortir des ténèbres où ils sont ensevelis et de les appeler à la lumièré admirable de l'Evangile. Il y a des hérétiques qui le connaissent mais qui ne lui rendent pas un culte pur: nous demandons qu'ils renoncent à l'erreur, qu'ils reconnaissent la vérité et qu'ils rentrent dans le sein de la véritable Eglise, hors de laquelle il n’y a point de salut. Enfin il y a de mauvais chrétiens qui ne servent pas Dieu, qui l'outragent même par leurs péchés, qui profanent et blasphèment son nom redoutable : nous demandons qu'ils se convertissent à Dieu par une sincère pénitence et qu'ils commencent à le glorifier par une conduite édifiante.
Nous prions même pour les justes, qui honorent déjà le nom de Dieu par leurs vertus, afin qu’ils croissent et qu'ils persévèrent jusqu’à la fin dans la justice ; mais ce que nous devons surtout désirer, c’est de sanctifier nous-mêmes le nom de Dieu, de consacrer toute notre vie à le glorifier et à le faire glorifier par les autres.
On sanctifie le nom de Dieu par ses pensées, en s'humiliant profondément devant la Majesté divine, en ne pensant jamais à Dieu ni aux choses de Dieu qu'avec un pro fond respect et une vénération religieuse, On sanctifie je nom de Dieu par ses paroles, en ne parlant jamais de Dicu qu'avec un sentiment d’adoration intérieure eb un saint tremblement. On le sanctifie par ses actions, en menant une, vie exemplaire, qui porte les autres à louer Dieu et à le servir. Nous devons donc, en prononçant sette deman-
de :, Que votre «om sott sanctifié, avoir un déair aipaère da
Lt ba de Dit ee À
br que l’hon. ons donc par re honoré et ême et il ne ; mais il est onduite des aroles, c’est t adoré par pénisse ; que à la souvetes les con-
ples qui ne faire sortir eler à la lurétiques qui culte pur:
qu'ils recoude la vérisalut. Enfin 1 Dieu, qui ent et blasons qu'ils se nce et qu'ils ifiante,.
rent déjà le sent et qu'ils mais ce que nous-mêmes , le glorifier
, en s’humien ne penvec un pro- , sanctifie je nais de Dieu eb un saint , en menant r Dieu et à sette derman-
ir ainaère da
procurer la gloire de Dieu autant qu'il nous est ossible ; de porter les autres à l’honorer, de leur inspirer par nos discours et par notre exemple l'amour de la vertu ét le goût de la piété. Sans ce désir, notre cœur démentirait notre bouche et nos paroles Aéposeraient contre nous-mémt s, puisque nous ne désirerions pas co que nous parais- «ons demandons, Que serait-ce si, en demandant à Dieu que son nom soit sanctifié, nous étions du nombre de ceux qui porteut les autres à l'offenser 1
Hisrotme.—Un enfant bien né ne peut s'empêcher de bénir ie nom de son père ; tout son plaisir est de l'entendre louer, son malheur serait de le voir mépriser, C’est ainsi qu'un chrétien en agit envers Dieu : son cœur est animé du zèle de la gloire de son maître : l'indolence du lâche l'afflige, le blusphème de limpie le glace d’effroi.
ExERCICFS, —1. Quel est l'objet de la rremière demande de l’oraison dominicale ? 2. Que demandez-vous par ces paroles pour le, infidèles, pour les méchants et pour les justes ? 35. Comment faut-il sanctifier le nom de Dieu ?
ARTICLE III Que votre règne arrive
Par ces paroles : Que votre règne arrive, nous ne demandons pas que Dieu possède un pouvoir souverain sur toutes les créatures ; cette souveraineté lui appartient souveraiment et essentiellement ; nul ne peut se soustraire à son empire. Mais il y a un autre règne, un règne de grâce auquel nous devons coopérer et que Dieu fait dépendre de notre consentement ; un règne tout spirituel,. où l'âme, prévenue ec aidée par la grâce, obéit volontairement et librement à toutes les inspirations de Dieu, se conforme en toutes choses et sans réserve à son bon plaisir, exécute avec une pleine fidélité tous ses ordres et n'a point d’autre règle de conduite que sa loi et ses divins commandements ; un règne où le cœur se donne lui-même à Dieu, afin qu’il le possède tout entier, afin qu’il le gouverne selon son gré, pour qu’il le dégage de toute affection terrestre, de toute attache humaine. Voilà le règne que nous désirons que Dieu établisse en nous dès le présent.
Il y à un règne de gloire où Dieu a préparé à ses élus une couronne immortelle, où il se donne à e\ - pour qu'ils
le possèdent à jamais, où il répand sur eux tous ses tréso et ses richesses, où il les enivre de l’abondance des biens de sa maison et d’un torrent de délices, où il les fait régner avec lui dans tous les siècles des siècles. Voilà le règne que nous désirons voir arriver.
Ce que nous demandons, c’est donc que Dieu règne dèsi présent dans nos cœurs par la grâce et qu’ii nous fasse ré. gner un jour avec lui dans sa gloire. En faisant cette de. mande, nous devons désirer sincèrement que le règne du péché, que le règne des passions soit détruit en nous et que notre esprit, notre cœur et notre corps soient soumis à. Dieu, qu’il en soit le maître et l’unique souverain. Si nous sommes dominés par des mauvaises habitudes et assujétis à des vices, il faut que nous gémissions de cette malheureuse servitude, que nous souhaitions de briser nos chaînes et de rentrer dans la liberté des enfants de Dieu;
il faut ensuite que nous élevions nos pensées et nos désirs au-dessus de la terra, qui n’est pour nous qu’un lieu d’exil; que nous soupirions après notre patrie, où plongés dans les délices éternelles, nous régnerons avec Jésus-Christ. Ce
- doit être là l’objet de nos désirs et de nos espérances, la consolation de nos travaux et de nos peines.
La vie de l’homme, si courte dans sa durée, cet remplie de beaucoup de misères. Comment pouvons-nou: être attachés à cette vie misérable, nous qui sommes :lostinés à une vie éternelle ? Comment pouvons-nous appréh.nde: la séparation de ce corps mortel et corruptible qui ous empêche de voir Dieu, de nous réunir à lé société des esprits bienheureux ? Que peut-il nous arriver de plus avantageux que de sortir de cette prison, que de quitter ce monde visible, où nous sommes exposés à tant de dangers, où tout | est piége pour nous, où nous courrons risque de périr à chaque instant ? Un bon chrétien a sans cesse devant les yeux la récompense qu’il attend ;,il se regarde sur la terre comme un voyageur ; il est déjà citoyen du ciel par la vivacité de sa foi et de son espérance ; assis sur les rivages des fleuves de Babylone, il pleure amèremenv au souvenir de la Jérusalem céleste, qui est sa véritable patrie ; il lève souvent les yeux vers la montagne sainte, où est le séjour de la paix, où son héritage l’attend, où Jésus-Christ doit le courônner et le rendre éternellement heureux.
tous ses trésor lance des biens il les fait régner Voilà le règne
Jieu règne dès À nous fasse ré.
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18 le règne du it en nous et soient soumis à souverain, Si bitudes et as.
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Hisrormn.— Per impuÿte la perte de mes biens, disait un martyr de la foi : le ciel me reste, c’est là le véritable héritage
de mon Père, personne ne pourra me le ravir ; dans un moment
je vais en prendre possession,
Exercices. —1. Par res paroles : Que votr: régne arrive, que demande-t-on pour Dieu ? 2. Outre le règne de Dieu sur naus par sa grâce, n’y en a&-t-il bas un autre que nous devons demander ?
ARTICLE \V
Que votre volonté soit faite en la terrs romme au ciel
Pour obtenir du père céleste l'héritage qu’il nous rèserve et le royaume qu’il nous destine, il faut faire sa volonté. Notre Seigneur nous en avertit lui-même dans l'Evangi'e : ‘ Tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! 1ntre- ‘“ ron$ pas pour cela dans le ruyaume des cieux, mais ceux “ qui font la volonté de mon père. ” il y a un Dieu, un» volonté qui est la règle de nos devoirs, par laquelle il nous commande le bien et nous défend le mal ; c'est crtte volonté que le prophète désirait exécuter quand il disait : ‘ Apprenez-moi à faire votre volonté, faités-moi marcher ‘ da 8 là voie de vos commandements, donnez à mon cœur “ du goût pour vos saintes ordonnances. ” Cette volonté divine noùûs est manifestée dans les commandements de Dieu et de l'Eglise, dans les avertissements de nos supérieurs. Aïnsi, en disant à Dieu : Que votre volonté soit farte en la ierre comme au ciel, nous lui demandons l1 grâce d'observer sa loi, d’obéir à l'Eglise et à tous ceux qu'elle a chargés de nous conduire : nous désirons que notre obëissance sois aussi parfaite que l’est dans le ciel celle des anges et des bienheureux. Dans le ciel tout obéit à Dieu avec promptitude, avec ponctualité, avec ardeur. E t-ce ainsi que nous lui obéissons ? Sommes-nous fidèles à vbserver ses commandements ? Sommes-nous soumis À ceux qui tiennent sa place à notre égard ? Cependant on ne fait sérieusement cette prière que lursque le cœur est d'accord avec la langue : ce serait mentir à Dieu que de lui demandes des lèvres ce que le cœur ne désire pas.
Il y & une volonté de Dieu qui est la cause des événements de la vie : tont ce qui arrive dans le monde est réglé par la volonté de Dieu ; il ne dépend pas de nous d'en arrêter ou returdur l'effet ; notre devoir à l'égard de cette
2e et non pas la sienne.
volonté divine est de l’adorer, de nous y soumettre, d’accepter avec résignation les maux qu'il lui plait de nous envoyer, de recevoir, comme de la main d’un père, les coups dont il nous frappe. Dieu permet que ces maux nous arrivent, parce qu'il a sur nous des vues de miséricorde. S'il nous envoie des afflictions, c’est parce qu'il veut nous sauver ; il veut qu’elles servent à expier nos péchés. Aiusi c'est plutôt par bonté que par justice que Dieu nous punit en.cette vie ; ce qui fait dire à l’apôtre que le Seigneur châtie celui qu’il aime et qu’il frappe celui qu’il reçoit au
‘nombre de ses enfants et qu’en cela niême il le traite comme son enfant ; car, ajoute-t-il, (çuel est l'enfant qui n’est pas châtié par son père ? Ce que nous demandons à Dieu par ces paroles : Que votre volonté soit faite, c'est donc de
supporter avec une entière soumission toutes les peines
qu'il lui plaira de nous envoyer ; c’est que, quelque chose
qui nous arrive, il nous trouve toujours patients, résignés et dans une parfaite conformité de cœur et d'esprit aux
desseins de sa providence.
On ne fait dunc cette prière comme il faut qu’en renonçant à sa propre volonté ou en s’efforçant d'y renoncer. Rien n’est, en effet, plus avantageux pour nous que de l’assujétir à la volonté de Dieu. L'homme ne s'est perdu que
pour avoir préféré sa propre volonté à celle de Dieu et 1.
ne se sauve qu'en préférant la volonté divine à la sienne. Otez la propre volonté, dit saint Bernard, il n'y aura plus
‘d'enfer.
Notre Seigneur a donné l'exemple de cette profonde conformité à la ‘volonté de Dieu. ‘‘ Je suis venu sur la terre, ‘* nous dit-il luimême, non pour faire ma volonté, mais “ pour faire celle de mon Père, ” et ailleurs : ‘“ Ma nour-
“ riture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé. ”
En effet, toute la vie de Notre Seigneur n’a été que l’accomplissement exact des ordres de son père : s’il naît dans une étable, s’il passe sa jeunesse dans une humiliante obscurité et ses dernières années dans les fonction, d’un pénible ministère, c’est parce que son père l’a envoyé et qu'il règle toutes ses démarches sur les ordres qu'il a reçus de lui Eaña, s’il meurt par le plus ignominieux des supplices, c'est qu'il faut que la volonté de sou pee s’accomplis-
ttre, d’ace-nous enles coups nous arorde. S'il
nous sau- S. Ainsi ous punit Seluneur recoit au aite comqui n’est s à Dieu donc de es peines que chose , résignés sprit aux
nn renonrenoncer.
ue de l’as- ’erdu que ieu et 1 à sienne.
aura pluë
onde conla terre, nté, mais Ma nour.
envoyé. ?
que l’acnaît dans inte obsd'un péé et qu’il reçus de s suppli- :cowplis-
Historre.—Obéissez aux volontés des maîtres du monde, disaient les juges aux martyrs ; obéissez, ou nous vous livrerons aux flammes, aux bêtes, etc. Nous avons aussi une loi, répondaient ces généreux athlètes, et cette loi est l4-volonté de Dieu ; elle nous défend d'adurer les idoies et veut que nous demeurions fermes dans la foi et la fidélité de nos devoirs. Vosu nous promottez les richesses de ce monde si nous obéissons ; mais nous les méprisons ; celles du ciel sont les seules que nous désirions.
ExERCICES.—1. Que faut-il faire pour aller au ciel? 2. Comment faut-il accomplir la volonté de Dieu ? 3. Comment faut-il se conduire pour accomplir cette volonté dans les événements de la vie ? 4. Quel exemple Jésus-Christ nous a-t-il donné de conformité à la volonté de Dieu ?
ARTICLE V
Donnez-nous aujourd'hui notre pa'n de chaque jour
Après les trois premières demandes qui regardent la gloire de Dieu, nous demandons au père céleste ce qui nous est nécessaire chaque jour pour la vie du corps et pour celle de l’âme.
Dieu est la source de tous les biens, c’est lui qui pourvoit à tous nos besoins dans l’ordre de la nature et dans
elui de la grâce. Nous sommes tous devant lui comme des indigents qui n’ont rien que ce qu'ils reçoivent de sa main bienfaisante. ‘ Toutes les créatures, dit le prophète “en parlant à Dicu, toutes les créatures attendent de “ vous la nourriture que vous leur donnez en son temps : “ vous ouvrez votre main et elles sont rassasiées de vos “biens.” Les riches eux-mêmes sont obligés de demander chaque jour leur pain. pour reconnaïtre que tout ce qu'ils possèdent est dans la main de Dieu, qu’ils le tiennent de sa libéralité et qu’ils peuvent le perdre en mille manières s’il ne lé conserve.
Remarquons bien que nous demandons à Dieu non pas des richesses superflues, non pas de quoi satisfaire notre sensualité ou notre orgueil, mais uniquement notre pain, c’est-à-dire ce qui nous est absolument nécessaire pour notre subsistar.s5e, selon notre état ; encore ne devons-nous le demander q 1e pour le jour présent, car Notre Seigneur nous défend de nous inquiéter du lendemain, où nous ne sommes pas sûrs d'arriver ; il veut que nous nous repo-, sions sut sa providence et que chaque jour nous recourions
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à lui, bien assurés que nous retrouverons chaque jour un bon père, toujours également disposé à accorder à ses en: fants tout ce qui leur est nécessaire. ‘“ Ne vous mettez ‘“ point en peine, nous dit il lui-même, d’où vous trouverez “ de quoi boire et de quoi manger pour le soutien de vo- “tre vie, ni d'où vous aurez des vêtements pour couvrir ‘ votro corps : votre père qui est dans le ciel sait que vous ‘ avez besoin de toutes ces choses. Ne soyez point in- ‘ quiets pour le jour qui doit suivre ; à chaque jour suflit ‘son mal.”
Cette confiance en la providence ne doit cependant prs être oisive et présomptueuse. Dieu ne veut pas favoii-er la paresso ; mais il nous ordonne de faire tout ce qui dépeud de nous et quand nous l'avons fuit, de nous canfier en lui et de compter alors sur les trésors inépuisables ce sa bonté, La manne était donnée jour par jour aux Israélites dans le désert et pendant quarante ans cl ne manqua pas une seule fois : voilà pour les besoins du corps,
Nous avons aussi une âme qui à besoin d’une nourriture spirituelle ; c’est ce pain de l’âme que rous demandons principalement dans cette prière. La nourriture de notre âme, c’est la parole de Dieu, c’est la grâce, c’est la divine eucharistie.
La parole de Dieu nourrit notre âme ; ; elle consc'vo Jos justes et les fait avancer dans la justice; elle guérit les pécheurs et les ramène à la vie de l1 grâce qu'ils ont perdus ; c'es. le moyen ordinuire dont Dieu se sert pour faire entrer et croître dans notre âme la connaissance et l'amour des vérités du salut; Nous ne devons donc jamaïs nég'i-
ger d'entendre la parole de Dieu ; nous devons l'écouter
avec respect, avec attention et avec le désir d'en profiter.
La grâce est aussi nécessaire pour la vie de l’âme que le pain matériel l'est pour la vie du corps ; c'est Lx grâce qui soutient l'âme, qui la fortitic, qui la fait agir; nous en avons un besoin continuel ; Dieu veut que nous la demandions et que nous fassions instance tous les jours pour l'obtenir,
Eufin Jésus-Christ lui-même nous assure que la sainte eucharistie est l4 nourriture de notre âme: “En vérité,
‘en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du ‘ Fils de l'homn.e et si vous ne buvez son sang, vous.
Se > ns CS DD: ét DS RS CS
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onsc! vo Îes guérit les ils ont pert pour faire e et l'amour ima's nég'ins l'écouter en profiter.
> l'âme que st l4 grâce agir ; nous nous la des jours pour
10e ]an sainte ‘En vérité, la chair du
Sany, VOUS.
“ n'aurez point la vie en vous. Je suis le pain vivant des. “ cendu du ciel; celui qui mange de ce pain vivra éter- “ nellement.”
Les chrétiens des premiers siècles retevaient tous les jours ce pain céleste ; il serait bien à souhaiter que nous puissions y participer comme eux, parce que notre âme tombe en défaillance et meurt quand elle néglige de s’en nourrir ; mais comme il faut avoir le cœur pur pour recevoir la sainte eucharistie, en priant Dieu de nous donner chaque jour ce pain de vie, nous lui demandons la pureté de cœur qui nous mette en état de le prendre avec fruit,
Hisrorrr.— Seigneur, disait le roi Salomon, ne me donnez ni la pauvreté ni la richesse ; ne me condamnez pas à une indigence absolue, de peur que la faiblesse, qui m'est naturelle, ne me porte au désespoir ; ne me donnez pas l'abondance des richesses, de peur que, m’élevant par orgueil, je ne m'’imagine follement pouvoir me passer de vous. Donnez-moi donc seulement ce qui m’est nécessaire pour vivre et apprenez-moi que c’est de votre main libérale que je tiens tout ce que je possède, afin que je vous glorifie sans cesse, vous qui êtes le Seigneur
mon Dieu,
ExrRC1ISES.—1, Pourquof demandons-nus ce qui nous est nécessaire, chaque jour, pour là vie de l'âme et celle du corps? 2. Pourquoi ne devons-nous demander que le nécessaire ? 3 Notre âme a-t-ells besoin d'une nourriture et quelle est celle qui 1 1i est propre ? 4. Comment la parole de Dieu nourrit-elle les âmes ct comment faut-il l'écouter? 5. Ia grâce est-elle nécessaire à notre âme? 6. Par quelles paroles Jésus-Christ nous assure-t-il qu'il est lui-même la üourriture de notre âme ? s
ARTICLE VI
Pardonnez-nous nos offenses comm: nous pardonnons
Un Dieu si bon, un père si tendre, ne devrait trouver dans ses enfants qu’une docilité parfaite à sa sainte loi et une fidélité constante et inviolable ; mais il s’en faut bien que les hommes aient ces sentiments et tiennent cette conduite à son égard. Ils l’offensent tous les jours; la plupart l’abandonnent, violent ses commandements dans les points les plus essentiels et l’outragent par les plus grands crimes. Les juste mêmes tombent souvent dans des fautes qui contristent le Saint-Esprit ; ils ne commettent point, à la vérité, de ces crimes qui donnent la mort à l'âme et qui la séparent de Dieu, mais ils font tous les jours des thosea qui lui déplaisent, 4“ Il n'y a print d'homme qui
” = Gone toth on eme Lane pop 4 rte
‘ne pèche et si nous disons que nous ne sommes con- &-pables d'auppn péché, nous nous trompons nous-mêmes ‘et la vérité n’est paint en nous.” Ce sont les paroles de l’apôtre saint Jean. Aussi notre divin Sauveur, qui çonnaiïssait Ja faiblesse de notre nature, nous a fait un devoir de demander tous les jours à Dieu le pardon de nos offenses, |
Il n’a mis cette demande dans la prière qu’il nous a enseignée, que parce qu'il veut nous pardonner; il ne nous l'aurait pas prescrite s’il n’avait pas eu la volonté de nous accorder l’eftet de cette demande. Muis il ne- faut pas oublier que sans la contrition, aucun péché, ni mor. tel ni véniel, ne peut être remis. Dieu ne pardonne qu’à ceux qui ont du regret de l’avoir offensé et qui sont dans la résolution de n'y plus retomber. Ilne faut cependant pas se dispenser de prier sous prétexte qu'on se croit éloigné de cette disposition ; il faut, au contraire, prier pour la demander à Dieu. tn lui disant: Pardonnez-nons nos offenses, nous lui demandons la grâce d’une sincère pénitence afin d'obtenir par ce moyen le pardon de nos péchés. Quand on est dans cette disposition, on est sûr d’être écouté favorablement et de parvenir à une entière réconciliation avec Dieu.
Mais serait-il juste de vouloir que Dieu nous remît nos offenses, tamdis que nons ne pardonnons pas à notre prochain les fautes qu’il a commises contre nous? Serait:il raisonnäble de vouloir que Dieu usât d’indulgence à notre égard et qu’il oubliât les injures que nous lui avons faites, si nous voulions nous venger de celles que nous avons reçues ? Nous disons tous les jours à Dieu : Pardonnez nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Le pardon que nous accordons aux autres est donc la mesure de celui que nous demandons à Dieu pour nous-mêmes : si nous pardonnons à notre prochain, Dieu nous pardonnera ; si nous ne voulons pas lui pardonner, ju ne nous pardonnera pas non plus. Faire cette demande et conserver dans son cœur du ressentiment contre ceux qui nous ont offensés, ce serait donc dire à Dieu : ne me pardonnez pas, parce que je ne veux pas
rdonner à ceux qui m'ont fait de la peine; vengez-vous moi, parce que je veux me venger d'eux. Ce serait
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ous-mêmes paroles de . qui çonun devoir e nos of-
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remît nos iotre pro- Serait:-il ulyence à lui avons que nous : Pardonceux qui Ux autres à à Dieu prochain, lui pars,. Faire entiment > dire à eux pas igez-vous Je serait
mu DBZ
prononcer l'arrêt de sa condamnation, &à demandant pou: soi-même le traitement que l’on fait aux autres.
HisrotRE.—Saint Jean l’Aumônicr apprenant qu'un seigneur refusait de pardonner a un ennemm, le fit venir et l'engagea à assister à la sainte messe qu'il allait célébrer. Comme c'était a coutume que tout le monde récitât 1 oraison dominicale, le saint fit signe au servant de se taire à ces paroles: Purdonneznous nos offenses comme nous pardonnons.. et ke seigneur les récita seul. Alors le saint, se tournant vers lui, lui dit avec fermeté : ‘‘ Qu’avez-vous fait ? vous avez prononcé votre sen- ‘{ tence, vous avez dit à Dieu de ne pas vous pardonner, puis- ‘ que vous ne pardonnez pas !”" Le seigneur, frappé de ces paroles, se prosterna devant l'autel et promit tout ce que le saint voulut : la réconciliation fut parfaite.
ExeRrCICES.—1. Devrions-nous avoir besoin de demander le pardon de nos offenses? 2, Pourquoi cette demande est-elle renfermée dans l'oraison dominicale ? 3 A quelles conditions et dans quelle mesure pouvons-nous obtenir le pardon de nos offenses ?
ARTICLE VII
}’e nous abandonnez point à la tentation
Ce n’eii pas assez que la miséricorde de Dieu nous pardonne les péchés que nous avons déjà commis ; nous avons besoin que sa grâce nous préserve d’en commettre de nouveaux. Nous y sommes à tout moment exposés à cause des tentations qui nous y sollicitent ; c'est pour cela que nous implorons la protection de Dieu en Jui disant: de nous abandonnez pas à la tentation. Nous lui demandons qu'ayant égard à notre faiblesse, il détourne de nous la tentation ou qu'il nous donne la grâce de la surmonter,
Le monde, le démon, la concupiscence conspirent ensemble pour nous perdre. Le monde nous tente par ses mauvais exemples, par ses discours, par ses maxiines ; le démon nous tente en faisant sur nos sens et notre Imagination des impressions qui tendent à nous suggérer de mauvaises pensée et de mauvais désirs. Il n’y a point de ruses qu’il ne mette en œuvre pour nous faire tomber : il tourne sans cesse autour de nous, cherchant à nous dévorer. Enfin la concupiscence, c’est à dire ce penchant vicieux que nous apportons en naissant et qui nous porte au mal, nous tente : elle nous suit partout ; elle est au dedans de nous comme un ennemi fomestique et elle fournit des.
armes eu demon et au monde pour nous attnqner avec plus d'avantage. Etre tenté n’est point un péché, c'est mêine souvent une occasion de mérite par Ja rékistance qu’on y oppose ; mais c’est un péché de consentir à la tentation, Si par la crainte d’offenser Dieu nous réprimons les premiers mouvements qui s’excitent en nous ët si nous refusons constamment de consentir au mal, il n’y a point de péché ; cette résistance est même une action de vertu que Dieu récompensera un jour; mais si l’on s'y arrête avec complaisance après qu’on s’en est aperçu, alors c'est un péché et l’on devient coupable. Quoique la tentation ne soit pas un péché par elle-même, elle est toujours dangereuse. Cependant nous ne demandons pas à Dicu d’être exempts de toutes tentations ; elles sont inévitavles dans cetto vie, qui est une gucrre, un combat continuel; l:s pus grands saints ont été tentés. Notre Seigneur lJuim ême-a vou'u être tenté, pour nous apprendre la manière de vaincre les tentations et pour nous en mériter la grâce. Ce que nous demandons, c'est que nous ne soyons pas abandonnés dans la tentaticn,
Nous sommes si faibles, que la moindre tentation est capable de nous renverser: toute notre ressource est dans la grâce de Dieu ; nous recourons donc à Jui, nous lui faisons l’humble aveu de notre impuissance, nous lui denandons qu’il veuille bien nous épargner ces grandes tentations auxquelles nous succomberions et que dans toutes celles par lesquelles il lui plaira de nous éprouver, il daigne nous soutenir et nous donner la force d'en sortir victorieux. Nous n'avons rien à craindre avec le secours et la protection de Dieu ; il est assez puissant pour nous faire surmonter toutes nos tentations'et mêmes pour nous en faire tirer avantage. Il le fera si nous veillons sur nous-m êmes pour ne pas nous exposer témérairement au danger e“ si nous lui demandons le secours de sa grâce dans les tentations que nous n'avons pu éviter: alors nous ne combattons pas seuls ; Dieu combat lui-même avec nous et la victoire nous.est assurée. ‘ Dieu est fidèle, dit saint Paul, et “il ne permettra point que vous soyez tentés au-dessus de ‘ vos forces, mais il vous fera tirer avantage de la tentatiun même, afin que vous puissiez persévérer.” Dieu ne
peut manquer à sa porole: Il s’est engagé à délivrer ceux,
SR et: lt 10 0, De. CDs
er avec 16, c'est kistance la tenprimons Si nous a point e vertu arrête rs c'est ernitation rs danu d’être les dans el; ls cur Juimanière A grâce, ons pas
ion est st dans ous Jui Jui deles tentoutes | daigne torieux, protecre furn faire -m êines r eÿ si y tentaombat- Ja vic- ’aul, et ssus de tenta ieu ne
r ceux,
qui espèrent en lui et à protéger ceux qui l’invoquent, Tis seront attaqués, mais rien ne pourra leur nuire tant que Dieu sera leur asile: il les fera sortir du combat avec avantage ; la tentation servira à perfectionner, à affermir leur vertu, afin qu’ils puissent persévérer jusqu’à la fin.
HisTotRE.— La plaie de votre côté est bien grande, Seigneur, disait saint Philippe de Néri ; mais si vous ne me reteniez, je l'élargirais bien davantage par mes infidélités.
Ne m'abondonn2z pas un moment à moi-même, Seigneur, disait un autre saint, sans quoi je vas périr. ‘Où étiez-\'ous ? disait saiïte Catherine aprés avoir soutenu les assauts d’une violente tentation, où étiez-vous, Seigneur?” Il lui sembla entendre une voix qui lui disait : ‘J'étais au fond de ton cœur pour te soutenir : c'est moi qui te donnais une si grande horreur pour le mal que le démon te suggérait.”
ExeRCICFS.—1. Pourquoi demandons-nous de n'être pas abandonnés à la tentation ? 2. Quels sont les ennemis qui conspirent pour nous perdre et par quels moyens? 3. De q'oi a7ons-nous besoin pour leur résister? 4. Que devons-nous faire de notre côté ? .
ARTICLE VIII
Délivrez-nous du mal
Nous terminons cette prière par demander à Dieu qu'il nous délivre du mal, c’est-à-dire des misères de cette vie, des ennemis de notre salut et de la damnation éternelle, A combien de maux n’est-on pas sujet dans cette vie! de combien d'amertumes n'est-elle pas remplie! Les maladies, la douleur, assiégent rtre corps ; le trouble, l'inquiétude, le chagrin, attaquent notre âme: c’est lien avec raison que l’Eglise appelle cette terre où nous vivons une vallée de iarmes. $
Nous ne demandons pas d’être entièrement affranchis de toutes ces misères, ce privilége ne convient point à notre état présent ; ce que nous demandons, c’est d'être délivrés de celle qui seraient pour nous des occasions de péchés, qui nuiraient à notre salut. Il n’y a de véritable mal que ce qui mettrait obstacle à notre justification. Si les infirmités, l’indigence, les calamités, sont appelées des maux, ce ne peut être que parce qu’elles jettent l’âme dans le trouble, qu'elles nous exposent à l’impatience, au murmure, au désespoir, parce que nous n'avons pas assez de vertu pour les supporter sans pécher ; mais les maux que l’on souffre pa-
PER sé RO CSS
tiemment, loin de nous être préjudiciables, servent à nous purifier et contribuent à notre justification : ce sont plutôt des biens que des maux ; quelque pénibles qu’ils soient, ils sont dans l’ordre de la providence, le châtiment du pé. ché et un moyen pour ‘ver au bonheur éternel. ‘ Il # faut, dit l’apôtre, pa ..r par beaucoup de tribulations et ‘“ e souffrances pour entrer dans le royaume du ciel. ” I | nous est cependant permis de désirer et de demander d’être d'livrés de ces.maux, pourvu que nous fassions cette prière “ ec une entière résignation à la volonté de Dieu et que nous soyons disposés à les souffrir avec soumission, si Dieu les juge nécessaires ou uti.es pour notre salut, En priant ainsi et en persévérant dans la prière, nous trouverons un vräi remède à nos maux ; Dieu nous exaucera, soit en | nous en délivrant, soit en nous donnant la force de les suppurter, ce qui est bien plus avantageux pour nous.
Nous demandons d’être délivrés des ennemis de notre salut et.en particulier du démon, qui de tous est le plus cruel. Cet esprit de ténèbres, non content d’avoir séduit nos premiers parents et d’avoir attiré sur leur postérité un d‘'uge de maux, ne cesse de nous faire la guerre et de nous tendre des piéges pour nous perdre ; mais Dieu arrête sa fureur et lui prescrit des bornes qu’il ne peut franchir. "
Enfin nous demandons à Dieu qu’il nous délivre de la dimnation éternelle, qui est le comble de tous les maux, le Æ souverain mal, mal irréparable, mal éternel, Dans cet abîime de maux, dans cette fatale éternité, 1l n’y aura plus | à demander d'en être délivré ; il faudra porter à jamais tout le poids de Ja colère et de la vengeance divine. C’est là qu’il n’y a plus de rédemption à espérer, plus de bonheur à attendre, plus de salut à demander, mais un assemblage de tous les maux à souffrir et à souffrir pendant toute l’éternité. Avec quelle ardeur, avec quelle persévérance ne devons-nous pas demander d’être préservés de ce malheur affreux ! Devons-nous jamais nous lasser de faire cette prière, tandis que nous pouvons encore en obtenir l'effet |
Hisrorre.—Le grand saint Basile, archevêque de Césarée, plutôt que de pécher en faisant ce que demandait de lui l’empereur Valens, qui était aérien et qui persécutait les catholiques, résista constamment à ses volontés, L'empereur chargen
> sont pluu’ils soient, ent du pé.
rnel, ‘“]] ulations et iciel. ” TJ] nder d’être ette prière leu et que on, si Dieu En priant verons un ra, soit en
de les sup-
s de notre
est Je plus
oir séduit
>stérité un
erre et de
Dieu arré-
peut fran-
ivre de Ja.
s maux, le Dans cet aura plus à jamais 1e, C’est e bonheur ssemblage toute lJ’é.
rance ne malheur ire cette r l'eftet , Césarée, lui l’ems catholi-
r Chargea
nt À nons
Je préfet Modeste de menacer le saint de la confiscation de ses biens, de l'exil, des tuurments et de la mort, ‘s’il n’obéissait Basile dit au préfet : ‘ Je suis à couvert de la confiscation ; je n'ai que quelques livres et les haillons que je porte. Où m'exilera-t-on ? C'est le eiel qui est ma patrie, Les tourments que l'on pourrait me faire endurer ne seront pas longs, tant je suis faible, et je regarderai comme un bonheur de souffrir pour Jisus-Christ, 3i l’on eroit m'’intimider en me menaçant de lu mort, qu’on sache que la mort est à mes yeux une faveur. Toit perdre, tout souffrir et mourir plutôt que de pécher.” Le pré fet alla rendre compte à l'empereur et lui dit : ‘* Prince, nous sommes vaincus ; Basile ne craint qu'une chose, c’est le péché” —{Tist, eccl, si
} EXERCICES.—1. De quel mal entendons nous principalement être délivrés” par la dernière demande de l'oraison dominicale? 2, Les infirmités, l'indigen:…, sont-elles de véritables maux et que demandons-nous à cet égard? 3, Quel est le souverain mal dont la délivrance fait l'objet de cette demande ?