CHAPITRE II
LA SALUTATION ANGÉLIQUE Dévotion © la très sainte Vierge
Après Dieu, le plus digne objet de notre culte et de nos hommages, c’est lu très sainte Vierge, mère de Dieu. Ele a été choisie avant tous les siècles pour être le temple vivant de la sagesse éternelle et l'instrument glorieux Cu salut des hommes. Prévenue dès sa conception, qui « été immaculée, des dons les plus excellents et les plus «ivins, elle a été un parfait modèle de toutes les vertus ct la plus sainte des créatures : par un prévilège spécial, elle a été exempte de tout péché. Par son auguste qualité de mère de Dieu, elle est élevée au-dessus de tous les saints et de tous les anges, dont elle est la reine. Aussi le culte que l'Eglise lui rend est-il un culte particulier, qui ne convient à aucun autre saint.
Pleine de bonté, elle a pour nous une tendresse de mère : nous sommes en effet devenus ses enfants lorsque Jésus- Christ mourant sur la croix l’a donnée pour mère à saint Jean et dans sa personne à tous les chrétiens. Elle est donc notre mère. Quel nom plus tendre, plus touchant, plus propre à nous inspirer pour elle les sentiments d’une entière confiance et à nous faire espérer de sa port tous les
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secours dont nous avons besoin! Elle es5 sense À nos misères, son cœur s’attendrit sur nos besoins quand nous lc: exposons avec confiance. Jamais personne, dit saint Bernard, ne l'a invoquée sans ressentir les effets de sa protection.
Elle s'intéresse singulièrement au salut des jeunes gens dont elle connaît la faiblesse ; elle sait à combien de dangers ils sont exposés ; elle voit les combats que leur livre le démon, les piéges qu’il leur tend, les efforts qu'il fait pour leur enlever leur innocence ; elle les protége d’une manière particulière quand ils ont recours à elle, Il.ÿ à milleexemples de personnes qu’elle a préservées des écueils de cet âge. Pour n’en citer qu’un seul, ce fut par l'assistance de cette reine des vierges que saint François de Salles, dans sa jeunesse, fut délivré en un instant d'une tentation dangereuse qui le to urmentait depuis longtemps.
Nous concevrons combien son intercession est puissante auprès de Dieu, si nous faisons attention qu’elle a sur lui tout le crédit d’une mère chérie : sa puissance n’a point de bon.es, parce que l’amour de Jésus-Christ pour sa sainte mère est infini. Son fils, qui est tout. puissant, ne refuse rien à la meilleure, à la plus tendre des mères ; il partage pour ainsi dire son autorité avec elle ; il n’est point auprès de Jésus-Christ de médiation ni de recommandation égale à celle de son auguste mère ; il l’a établie l'arbitre de ses trésors et la dispensatrice des grâces qu’il répand sur les hommes ; il veut que nous nous adressions à elle pour obtenir tout de lui.
Nous devons donc recourir à la très sainte Vierge avec la confiance d’un enfant qui se jette entre les bras de sa mère : ayons pour elle une tendre dévotion et nous éprouverons que l’on ne réclame jamais en vain son secours ; invoquons-là dans les tentations et les dangers ; s’il s'élève quelque nuage dans notre esprit, si quelque passion agite notre cœur, dans nos perplexités, dans nos troubles, pensons à elle, ayons son nom dans Ja bouche et plus encore dans notre cœur; elle nous consolera, elle dissipera nos doutes, elle calmera nos agitations, elle soutiendra notre faiblesse, Si nous avons eu le malheur de tomber dans quelque péché, recourons promptement à cette mère de
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conciliera svec son fils Prions-la d'obtenir pour nous la grâce d’une sincère conversion, Elle demandra et obtiendra des secours puissants qui nous feront sortir de l'esclavage du démon et rentrer dans la douce liberté des enfants de Dieu.
En quelque état que nous soyons, considérons les vertus qui ont éclaté en elle, surtout son humilité profonde et son inviolable pureté, et appliquons-nous à les pratiquer à son exemple. En vivant ainsi, nous serons du nombre de ses véritables enfants ; elle sera notre mère et tant que nous serons sous sa saüvegarde nous ne périrons point,
La plus excellente prière que nous puissions adresser à la très sainte Vierge, c’est celle dont l'Eglise fait un usage si fréquent et qu’elle joint presque toujours à l’oraison dominicale. Cette prière, si auguste dans su simplicité, nous rappelle le souvenir du mystère de l'Tncarnation ; elle renferme en peu de mots le plus parfait éloge de la très sainte Vierge; elle est propre à exciter notre confiance en nous faisant souver:ir de ce qu’elle peut auprès de Dieu et de ce que nous pouvons espérer de sa bonté pour nous. On appelle cette prière la Salutatiow Angélique, parce qu’elle commence par les paroles que l’ange Gabriel adressa à la très sainte Vierge en lui annonçant le mystère de l’incarnation : “Je vous salue, Ô Vierge pleineda grâces, “ le Seigneur est avec vous, vous êtes bhénie entre toutes “ les femmes.” Ces derniers mots furent répétés peu de temys après par sainte Elizabeth, dans la visite qu’elle recat de la mère de Dieu ; elle y ajouta ceux-ci: ‘“ Et le 4 fruit de vos entrailles ess béni” L'Eglise y à joint les »aroles qui suivent : “ Sainte Marie, Mère de Dieu, priez “ pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de # notre mort. Ainsi soit-il” En récitant cette prière, nous devons avoir l'intention de remercier Dieu du bienfait de l’Incarnation, d’honorer la très sainte Vierge, qui a eu une si grande part à ce mystère, et de lui témoigner la confiance que nous avons dans sa puissante intercession.
Je vous salue, 6 Vierge sainte! vous avez porté dans votre chaste sein l’auteur même de la grâce et vous avez reçu de la plénitude qui est en lui une surabondance de grâces qui vous « rendue la plus parfaite des créatures,
Le Seigneur est avec vous par la présenes la plus intime: c'est de vous, c’est de votre substance qu’il s’est formé un corps Vous avez été comblée des bénédictions divines ; la terre s’accorde avec le ciel pour vaus bénir. Le fruit de vos entruilles ést la source de cette bénédiction qui s’est répandue sur tout l’univers, qui s’est communiquée à toutes les nations. Sainte Marie, mère de Dieu, vous voyez nos misères, vous êtes sensible à nos besoins ; priez pour nous maintenant ; nous sommes pécheurs, obtenez-nous la grâce de la pénitence et le pardon de nos péchés ; obtenez-nous les vertus dont vous nous avez donné l'exemple et surtout l'humilité et la pureté. Priez pour nous à l'heure de notre mort, Nous sommes vos enfants, redoublez les efforts de votre tendresse pour nous dans ce terrible passage du temps à l’éternité, soutenez-nous dans ce dernier combat ; fortifiez-nous contre les frayeurs de la mort, faites que nous expirions en prononçant les noms sacrés de Jésus et de Marie, présentez-nous vous-même au trône de votre Fils, qui sera alors notre juge, et obtenez-nous une sentence favorable.
Hisrorres.—Un soldat nommé Beau-Séjour récitait tous Îles jours sept Pater et sept Ave Maria en l'honneur des sept allégresses eb des sept douleurs de la sainte Vierge, Il était si attaché à cette pratique, qu'il n'y avait jamais manqué ; et s’il arrivait qu'après s'être couché il se ressouvint de n'avoir pas rempli ce devoir, il se levait sur-le-champ, aueîque temps qu’il fit, et récitait cette prière à genoux. .
Un jour de bataille, Beau-Séjour se trouva à la première ligne en présence de l'ennemi, #.*endant le signal de l'attaque, S'étant souvenu alors qu'il n'avait point dit sa prière accoutumée, il se mit à la dire, commençant par faire le signe de la croix. Ses camarades, qui étaient à ses côtés, s'étant aperçus de ce signe de croix et voyant que Beau-Séjour récitait des 1: rières, se mirent à le railler, à se moquer de lui et à l'appeler lâche, timide, poltroü. Ces railleries et ces insultes passaient de bouche en bouche : ‘‘ Beau-Séjour a peur, Beau-Séjour est un dévot.” Il entendait autour de lui tous ces propos sans s'en inquiéter et continuait toujours sa prière. A peine futelle finie que les ennemis firent leur préinière décharge, et Beau-Séjour, sans avoir reçu aucun coup, resta scul de tout son rang. Il vit étendu à ses pieds tous ceux qui peu auparavant se moquaient de lui et se raillaient dé sa dévotion. Tone la guerre fut terminée, il reçut son congé et s’en reviné sel ot
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sauf dans ses foyers. Depuis cette époque il ne cessa de re-
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que ses PARIS lui avaient inspirés dès sa jeunesse.— Nouveau mois de Marie.
— La journée de Lépante sera un monument éternel du pouvoir de la mère de Dieu, puisque c’est à elle que l'Eglise est redevable de cette fameuse victoire que les chrétiens remportèrent sur les Turcs l’an 1571. Sélim, fils de Soliman, s'étant rendu maître de l’île de Chypre, venait avec une pnissante armée fondre sur les Vénitiens et ne se promettait pas moins que l'empire de l'univers. Le saint pape Pie V, Philippe IT, oi d’Espagne, et les Vénitiens s'étaient joints ensemlile pour repousser les efforts de cet ennemi commun. Quoique la partie ne fût pas égale, les chrétiens, qui s’appuyaient sur l4 protection de la sainte Vierge, ne doutèrent pas du succès de leur entreprise. Toute l’Europe était en prière. Les fidèles couraient en foule à Notre-Dame de Loôrette pour y implorer l'issistance du Ciel par l’intercession de ]1 mère de Dieu. Don Juan d'Autriche, général de l’armée, fit vœu d'’ailer en personne visiter ce sanctuaire. Les chrétiens obtinrent ce qu'ils demandaient car les deux flottes en étant venues aux mains Île 7 octobre, les ennemis perdirent dans ce combat, qui dura depuis six heures du matin jusqu'au soir, quarante mille hommes, cent seize pièces de gros canon et cent cinquante coulevrines; cent quatre-vingts galères et soixante-dix barques furent coulées à fond. Pour ce qui est de Don Juan d’Autriche, dès que les affaires dont il était chargé le lui permirent, il se mit en chemin au plus fort de l'hiver pour accomplir son vœu, sans que Ja rigueur de la saison pâût l'en empêcher.
C'est à l’occasion de cette journée que fut établie par le pape saint Pie V la fête solennelle du Rosaire, transférée par Grégoire XIII au premier dimanche d'octobre. —Hist. Ecil.
L'an 1683 les Tures, fiers des succès qu'ils venaient de remporter sur les impériaux, résolurent de pousser leurs conquêtes au-delà di Danube et même au-delà du Rhin. Déjà leurs innombrables bataillons se dirigeaient sur Vienne pour en former le siége. Tous fuyait à leur approche et l'Empereur lui-même, Léopold ler, ne se sentant pas en état d'arrêter co torrent impétueux, avait quitté sa capitale avec précipitation. Il sortait par une des portes quand les barbares approchatent de la porte opposée, Bientôt leur plan est formé, leur camp est assis, leurs batteries sont dressées et ia tranchée, ouverte la veille même de l'Assomption, est poussée avec une effrayante rapidité. . Pour comble d’infortune, le feu prend à une église et menace de gagner l'arsenal; c'en était fait do toutes les munitions et une explosion terrible allait annoncer des maux
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affreux et préluder à d'autres plus grands encore. Maïs Marie, D anvoquée sans cesse et avec la plus grande confiance, n'aban- m donnera point ceux qui se jettent dans ses bras; lo jour de l’Assomption le feu s'arrête tout à coup et le courage renaît ne avec l'espérance dans les cœurs abattus. av
Les Turcs, cependant, poursuivaient leur entreprise avec F une incroyable activité : leur formidable artillerie faisait pleu- po voir jour et nuit sur la ville une grêle de bombes et de boulets; ral leurs travaux, dès le 31 août, se trouvaient si avancés, que les aur soldats de deux partis se battaient dans le fossé avec les pieux des palissades. Vienne, ce boulevard de la chrétienté, déjà presque réduit en cendres, allait tomber sous le joug de l’impiété ottomane. Mais que n'obtient pas une confiance véritable en la mère de Dieu ! Le jour de la Nativité, les habitants et les soldats redoublèrent leurs prières et le même jour un | avis extraordinaire d'un secours prompt et certain leur est de donné. En effet, bientôt on voit sur les montagnes voisines tri: flotter des étendards : c'était lo grand Sobieski avec ses Po- n'e lonais ; leur troupe est petite, il est vrai, mais la faveur du et |
.… Ciel, attirée par la piété des soldats et du chef, va les rendre tir
| le fléau des barbares, les sauveurs de Vienne et de la chré- ,
tianté. Je 12 au matin, Sobieski assiste à la messe et la sert ne lui-même à genoux, les bras étendus en forme de croix, il com-
munie, il se met lui et ses soldats sous la protection de la sainte tie
Vierge, reçoit avec eux, au nom du souverain Pontife, une drc
bénédiction solennelle, et plein d’une ardeur et d’une confiance ser
nouvelles, il s’écrie : ‘* marchons maintenant sous la protection pai
toute puissante de la Mère de Dieu.” Lot
Bientôt la petite armée voit se déployer à ses. yeux le vaste camp des infidèles, leurs nombrenx escadrons, leur artillerie foudroyante. Saisis des premiers mouyements d’une crainte involontaire, les Polonais comprennent et avouent que Dieu Dis seul peut leur donner la victoire ; mais ils l'ont prié avec foi Jus par l'intercession de Marie, déjà ils sont exaucés. Le kan des Tartares, effrayé de la vigueur du premier choc, recule et s’enfuit avec précipitation ; il entraîne après lui le grand vizir, qui est forcé de le suivre et frémit de rage; le Danube engloutit dans ses flots des milliers de fuyards. Toutes les munitions, l'artillerie, l'étendard même de Mahomet, sont la proie du vainqueur.
Sobieski, cependant, fait son entrée dans Vienne avec l’empereur, et plein de reconnaissance pour la grâce qu'il vient de recevoir, ilentonne lui-même le Te Deum. Depuis ce temps, ce religieux monarque fit toujours porter avec lui une image de Notre-Dame de Lorette, trouvée miraculeusement ; on v voyait deux anges soutenant une couronne au-dessus de la Mère de
Marie, L'abanbur de renaît
avec
pleuoulets; jue les y pieux s, déjà e l’imp véribitants ur un eur est roisines ses Poeur du rendre a chréla sert il comla sainte fe, une onfiance otection
le vaste rtillerie ‘crainte ue Dieu avec foi kan des et s’enizir, qui ngloutit anitions, roie du
ec l’emvient de > temps, image de v voyait Mère de
Dieu ; ils portaient un rouleau où étaient écrits en latin ces mots : Par cette image de Marie, Jean sera vainqueur.
Et nous aussi, n’en doutons pas, malgré la fureur des ennemis de notre salut, nous serons toujours vainqueurs, si nous avons recours à la reino des cieux.—11ist, éccl,
Exercices. —1. Quel est, après Dicu, 1: plus digne objet de notre cul'e et pourquoi? 2. L'intercession de la très sainte Vierge est-elle bien puissante auprès de Dieu, a r quels motifs? 3. Comment devons-nous recourir À la très sainte Vierge? 4, Q'ielle est la plus rarfaite prière que nous puissions adresser à Marie et de quoi se compose-t-21le ?