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Le participe placé entre deux que est invariable

Les leçons que j'aurais désiré que vous apprissiez. Les difiicullés que j'avais prévu qu'il vous ferait. Les embarras que j'ai su que vous aviez.

94. La raison en est que le participe passé a alors pour complément direct la proposition qui suit : j'aurais désiré quoi? que vous apprissiez des leçons ; j'avais prévu quoi? qu'il vous ferait des difficultés ; j'ai su quoi? que vous aviez des embarras ; et comme les compléments directs que vous apprissiez des leçons, qu'il vous ferait des difficultés, que vous aviez des embarras, sont après les participes désiré, prévu, su, il en résulte que ces participes doivent rester invariables : c'est une conséquence de la troisième règle. Dans ce cas, le que relatif qui précède le participe est le complément direct des verbes actifs apprissiez, ferait , aviez. D'où il suit que le participe doit être invariable dans les exemples qui suivent :

La lettre que j'ai ^mumé que vous recevriez, est enfin arrivée. (Maiimoxtel.)

Les affaires que vous aviez prévu que vous auriez, sont-elles terminées? (Beaczé.)

Les malhcmatiques que vous n'avez pas voulu que j'étudiasse, sont cependant fort utiles. (AVailly.)

Les embarras que j'ai su que vous aviez, ont accéléré votre départ. (Bescher.)

La conduite que j'avais supposé que vous tiendriez était fort simple. (Id.)

Voilà les raisons qu'on a prétendu qu'il a alléguées,

(Id.) Quels sont les préparatifs qu'on a dit qu'il fallait faire?

(Id.)

Ces négociations, que le roi avait désiré qu'on terminât promptement, sont peu avancées. (Beaczé.)

Les eiïets désastreux qu'on a vu que cette guerre produirait, ont conlribué à consolider la paix. (Volt.)

Je me laissai enlever de l'hôtellerie au grand déplaisir de l'hôte qui se voyait par là sevré de la dépense qu'il avait compté que je ferais chez lui. (Lesage)

Je dois compter pour rien les jours que j'ai passés dans l'oisiveté, et que j'avais cru que je vous consacrerais. (M™* DE Gexlis.)

EXCEPTION

95. Le participe passé entre deux que est variable, lorsqu'il est précédé d'un complément direct sous sa dépendance :

La visite qu'il nous a prévenus qu'il nous ferait.

La lettre qu'il noies a informés que vous lui avez écrite.

Il a prévenu qui'? nous ; il a informé qui? nous. Le pronom nous, complément direct des participes prévenus, informés, est placé avant ces participes , et doit conséquemmentles soumettre à la variabilité, d'après la troisième règle.

96. Alors la proposition placée après le participe en est le complément indirect ; c'est comme s'il y avait;

il nous a prévenus de ceci quUnous ferait une visite ; il nous a informés DE CECI que vous lui avez écrit une lettre , ou plus simplement : ilnous a prévenus de ce qu'il nous ferait une visite ; il nous a informés de ce que vous lui avez écrit une lettre. En effet , on dit : prévenir quelqu'un DE quelque chose ; informer quelqu'un DE quelque chose.

97. Remarquez qu'on dirait avec le participe invariable : La visite qu'il vous a ANNONCÉ qu'il vous ferait, la lettre qu'il nous a DIT qu'il vous avait écrite. Ici les pronoms nous, vous, sont le complément indirect du participe : il a annoncé A vous , il a dit A NOOS; et le complément direct est après le participe : il nous a annoncé quoi? qu'il vous ferait une visite; il nous a dit quoi? qu'il vous avait écrit une lettre : conséquemment point d'accord.

98. La proposition qui sert de complément direct au participe peut être sous-entendue, comme dans ces phrases de Voltaire :

S'il avait demandé M. de Fontanelle pour examinateur, je lui aurais fait tous les vers qu'il aurait voulu 'que je fisse).

Certes, je me serais trouvé heureux de lui donner tous les témoignages d'amitié qu'il aurait voulu {que je lui donnasse).

Et alors le participe est invariable, attendu que dans la pensée le complément direct, la proposition sous-entendue (que je fisse, que je lui donnasse) vient après le participe-

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