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CINQUIÈME OBSERVATION

Participe ayant l' pour complément direct.

99. Le participe passé est invariable lorsqu'il a pour complément direct le pronom V représentant un membre de phrase :

Cette dame n'est pas aussi spirituelle que je me Tétais persuadé.

L'affaire fut plus sérieuse que je ne Tavais cru. Cette personne est moins habile que je ne Savais pensé. La famine arriva, ainsi que Joseph l'ay ait prédit. Cette perlidie eut lieu comme je Savais supposé.

C'est-à-dire :

Cette dame n'est pas aussi spirituelle que je m'étais persuadé qu'elle était spirituelle.

L'affaire fut plus sérieuse que je n'avais cru qu'elle serait sérieuse.

Celle personne est moins habile que je n'avais pensé qu'elle était habile.

La famine arriva, ainsi que Joseph avait prédit çw'ci/e arriverait.

Celle perlidie eut lieu comme j'avais supposé qu'elle aurait lieu.

Décomposition qui démontre que le pronom l' représente un membre de phrase: dans le premier exemple , il est pour quelle était spirituelle; dans le second , il représente quelle serait sérieuse; et dans le troisième , quelle était habile, etc.

100. Un membre de phrase n'ayant ni genre ni nombre, ne saurait communiquer le genre féminin ni le nombre pluriel au pronom qui le représente; le pronom l' est donc du masculin et du singulier, c'est-à-dire est pour le, et conséquemment ne saurait faire varier le participe passé qu'il précède en qualité de complément direct.

101. La preuve que dans les exemples ci-dessus le pronom l' ne se rapporte pas aux subst-mlifs dame, araire, personne, famine, 'perfidie, c'est qu'on dirait, en mettant ces substantifs au pluriel : ces dames ne sont pas aussi spirituelles que je me le persuadais, et non pas qiie je me les persuadais ; ces ajfaires furent pins sérieuses que je ne lk croyais, et non pas qtie je ne les croyais; ces personnes sont plus habiles que je ne LE pensais , et non pas que je ne LES pensais, etc.

102. D'où il suit qu'on doit écrire avec le participe invariable :

La paix se fit comme nous l'avions annoncé. La nouvelle s'est trouvée vraie comme nous l'avions jugé.

C'est une imposture, ainsi qiio je l'ai rccoimu.

La bataille n'a pas été telle que vous l'aviez annoncé.

Sa joie fut aussi vive que nous l'avions 5Mj9/)05e.

L'affaire paraissait plus sérieuse qu'on ne l'avait pense d'abord. (Vektot.)

L'assemblée fut moins indulgente que je ne l'avais espéré. 'J.-3. Rouss.)

Triomphez , hommes lâches et cruels , votre victoire t st plus grande que vous ne l'avez cru.

(L\ Hahpe.)

Lorsqu'ils nous eurent fait comprendre que la chose était plus sérieuse que nous ne l'avions pensé...

(Lesage.)

L'armée russe combattit mieux que le Czar ne l'avait espéré. (Volt.)

103, Mais dira-t-on d'après cela : il épouse une femme riche, comme il l'a DÉSIRÉ, ou : il épouse une femme riche comme il l'a désirée. On dira l'un et l'autre. Il épouse une femme riche, comme il l'a désiré, signifie : il épouse une femme riche comme il a désiré en épouser une , phrase dans laquelle le pronom V représente le membre de phrase en épouser une. — Il épouse une femme riche, comme il l'a désirée, peut se lourner ainsi au pluriel : ils épousent <\ei femmes riches, comme ils les ont désirées; et la substitution du pronom les au pronom l' fait connaître que ce dernier représente le substantif /"emme.

10'*^. De ce qui précède résulte la règle suivante, qui nous a paru propre à aplanir les difficultés qu'offre le participe précédé de /' ; quoiqu'elle ne s'applique pas à tous les cas, elle s'applique au plus grand nombre de ceux où le participe précédé de /' ne doit point changer de terminaison.

105. V représente un membre de phrase, et veut conséquemment le participe invariable, lorsque V est précédé d'un des adverbes de comparaison aussi, autant, plus , mieux, moins : La Russie n'est pas AUSSI peuplée que je Savais cru; la France est plus riche que je ne Tavais pense; l'Espagne est moins industrieuse qu'on ne me Tavait assuré.

SIXIÈME OBSERYATIOX.

Participe passé précédé d'un complément direct, et suivi immédiatement d'un infinitif.

106. Le participe passé précédé d'un complément direct, et suivi immédiatement d'un infinitif, s'accorde si le complément direct appartient au participe, et il reste invariable si ce complément direct dépend de l'infinitif :

CeUe femme chante bien, je l'ai entendue chanter.

J'ai entendu qui? elle, la; la est le complément direct du participe, et comme il le précède , accord, d'après la troisième règle.

Celle romance est charmante, je l'ai entendu chanter.

J'ai entendu chanter quoi? elle, la ; la est le complément direct de l'infinitif, et le participe reste invariable , conformément à la troisième règle , n'étant pas précédé de ce complément.

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