COR
Deux fois à mon oreille ils se sont fait entendre.
(Volt.)
Prodige de mes mains, charmes que j'ai fait naître. Je vous appelle en vain, vous ne m'entendez pas.
C'est à vous d'obéir, sans vouloir vous défendre, Aux ordres qu'en mon nom on vous a fait entendre
(Campistro.n.)
Ah! ma fille, elle est morte. — Non, monsieur, à force de la tourmenter je l'ai fait revenir. (Molière.)
Les bontés que vous m'avez fait sentir me donnent le droit de me servir d'un nom si tendre. (Fénel.)
124. Lorsque l'infinitif qui vient après le participe fait est accompagné d'un complément direct, ce participe ne saurait être précédé lui-même d'un complément direct, d'après le principe qui veut qu'un verbe actif n'ait point deux compléments de cette nature. On ne dira donc pas -.je les ai fait traverser la rivière; fait traverser équivalant à un verbe ac-
tif (109); la {jramniaire exige qu'on dise : je leur ai fait traverser la rivière.
125. Le participe baisse, suivi immédiatement d'un infinitif, ne doit pas être assimilé au participe fait, et l'on doit écrire avec accord :
En parlant de soldats : on les a laissés partir. En parlant de fruits : on les a laissés tomber.
126. Pour s'en convaincre , il suffit de remarquer que le participe laissé, suivi immédiatement d'un infinitif, ne forme pas, comme le participe/"aiï, un sens indivisible avec l'infinitif; et la preuve , c'est qu'on peut placer entre laissé et l'infinitif, le substantif représenté par le pronom complément : 071 a laissé ces soldats partir, on a laissé ces fruits tomber, comme on dirait : on a vu ces soldats partir, on a entendu ces fruits tomber.
127. Il y a plus ; le participe laissé et l'infinitif peuvent avoir chacun un complément direct, ce qui ne saurait avoir lieu avec le participe fait suivi d'un infinitif (124). On dit : on a laissé ces soldats livrer bataille, on a laissé ces fruits recevoir la chaleur du soleil; comme on dirait : on a vu ces soldats livrer bataille, on a vu ces fndts recevoir la chaleur du soleil.
128. Le participe laissé, suivi d'un infinitif, est parfaitement analogue au participe des autres verbes ; il doitêtre conséquemment soumis à la même règle , çl l'on doil écrire avec accord ;
On les a lwssès partir.
On les a laisses tomber.
On les a laissés s'échapper,
comme on écrirait :
On les a \m partir ^
On les a enteadls tomber.
On les a sentis s'échapper,
en faisant accorder les participes laissés avec le complément direct les qui précède. C'est ainsi qu'écrivent nos bons auteurs :
Le monde vous a laissés rire et pleurer tout seuls.
(Rac.)
0 Julie ! si le destin t'eni laissée vivre!
(J.-J. Rouss.)
Quelques chrétiens 5'we les musulmans avaient laissés vivre, conduisaient les vainqueurs dans les caves les plus reculées. (Volt.)
J'ai commencé à la hâte, et mon sujet s'éiendant sous ma plume, je l'ai laissée aller sans contrainte.
(J.-J. Rocss.)
Dieu n'a pas révélé .«es jugements aux gentils, et il les a laissés errer dans leurs voies. (Id.)
■ Il faut voir dans le vestibule les enfants que leurs parenis avaient laissés périr. (Volt.)
Ceux qui ont goûté cette mollesse heureuse l'ont laissée entrer dans leurs compositions. (La Harpe.)
Mais ils disent sans faire'accorder le participe :
Ils étaient punis pour les maux qu'ils avaient laissé faire. (Fén.J
Il reprit les villes que le consul avait laissé prendre.