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Si le collectif occupe le premier rang dans la

pensée de l'écrivain , c'est-à-dire s'il exprime l'objet sur lequel l'attention se porte particulièrement;

172. Ou si, au contraire, l'attention s'arrête sur le substantif complément du collectif, comme représentant l'objet principal de la pensée.

173. Dans le premier cas l'accord est déterminé par le collectif, le substantif qui le suit n'étant alors qu'un complément accessoire.

174. Dans le second cas l'accord est déterminé parle substantif complément du collectif, ce dernier n'exprimant alors qu'une idée accessoire de nombre ou de quantité ajoutée au mot dominant de la phrase.

175. Le pronom complément direct du participe représente toujours le mot qui détermine l'accord.

De ce qui précède il résulte qu'on doit écrire en faisant l'accord avec le collectif :

Les ennemis trouvèrent la moitié des faubourgs brûlée.

Attendu que le collectif est le mot dominant : c'est la, moitié qui a été brûlée, et non les faubourgs.

Avec le substantif complément du collectif: Je vous paierai une partie du vin bu.

Parce que ce substantif fixe principalement l'attention : c'est le vin qui a été bu, et non pas une partie.

Avec le collectif:

Une masse épaisse de verdure et de fleurs formée d'arbres de différentes espèces.

( 1^3 ) Attendu que le collectif est l'expression dominante : c'est la masse qui est formée et non la verdure et les fleurs.

Avec le substantif complément du collectif :

Une masse de maisons construites en briques.

Par la raison que ce substantif représente le principal objet de la pensée : ce sont les maisons qui sont construites en briques, et non la masse.

Avec le colleciif :

Il commandait une troupe de soldats formée h ses frais.

Attendu que le collectif est l'expression dominante : c'est la troupe qui a été formée à ses frais, et non les soldats.

Avec le substantif complément du collectif :

Il commandait une troupe de soldats formés à la guerre.

Parce que ce substantif est le mot qui fixe principalement l'attention : ce sont les soldats qui ont été formés à la guerre plutôt qu'une troupe.

Avec le collectif :

Cette douzaine d'enfants que vous attendiez s'est-elle trouvée complète ?

Attendu que le collectif est le mot qui fixe principalement l'attention , c'est cette doukaine qu'on re-

( io4 )

présente comme s'étant trouvée complète, et non les enfants.

Avec le substantif complément du collectif :

Une douzaine d'enfants furent tués le même jour.

Par la raison que ce substantif est le mot qui attire le plus l'attention ; ce sont les enfants qui furent tués, et non la douzaine.

Avec le collectif :

Comment pourrai-je arrêter ce torrent de larmes que le temps n'a pas épuisé, que tant de justes sujets de joie n'ont pas tari? (Boss.)

Attendu que l'idée exprimée par le collectif forrenf est ce qui frappe principalement l'esprit : c'est le torrent qui a été épuisé, qui a été tari. Le pronom que, complément direct du participe, représente ce collectif.

Avec le substantif complément du collectif : Ce torrent de larmes qu'il a essuyées.

Par la raison que ce substantif est l'expression dominante : ce sont les larmes qui ont été essuyées et non pas le torrent. Le pronom complément direct du participe est en rapport avec le substantif /arme*.

Avec le collectif :

Il a vu disparaître une foule de flatteurs que sa fortune avait /"orwée autour de lui.

Attendu que le collectif frappe principalement l'attention ; c'est la foule qu'on repiésente comme formée autour de lui, et non les flatteurs. Le pronom que, complément direct du participe, représente le collectif foM?e.

Avec le substantif complément du collectif : Il a vu disparaître une foule de flalleurs que sa fortune avait attirés autour de lui.

Parce que ce substantif exprime l'idée principale: ce sont les flatteurs qui sont attirés. Le pronom que, complément direct du participe, est en rapport avec ce substantif.

176. Ce qui précède étant bien compris , on concevra facilement que lorsqu'il y a deux participes dans la phrase, l'un de ces participes puisse être en rapport avec le collectif, et l'autre avec le substantif qui suit, ce collectif et ce substantif pouvant être chacun l'objet d'une qualification particulière. C'est ce qui a lieu dans les exemples suivants :

La totalité des marchandises que vous m'avez expédiées est arrivée à bon port.

La moitié des livres qui ont été publiés n'a pas été vendue.

Le plus grand nombre des soldats qu'on avait laissés dans cette île fut égorgé.

Les trois quarts des denrées récoltées cette année ne se sont pas conservés.

La plus grande partie du bois que vous avez acheté a été bridée.

Particii'es. 5*

( -oS) 177. Il faut remarquer que , quand le collectif est exprimé par un adverbe de quantité , ou par un substantif employé sans déterminatif, l'accord est toujours déterminé par le substantif qui vient après : c'est ainsi que le veut l'usage , et le motif de cet accord est que le collectif étant alors une expression vague, peu propre à appeler l'attention , l'esprit s'arrête naturellement sur le substantif qui est le complément du collectif.

Combien de précautions il a prises I

(Bescher.)

Que d'eaux différentes il a mêlées ensemble.

(Id.)

Jamais tant de beauté fut-elle couronnée?

(Rac.)

Tant de témérité serait hienlôt punie.

(Volt.)

Jamais tant de savants ne furent immolés.

(Id.)

Autant de combats il a livrés, autant de victoires il a remportées.

Plus de prudence il a montrée, moins de dangers il a courus.

Beaucoup d'erreurs se sont glissées dans cette histoire.

Peu d'orateurs se sont montrés plus habiles que Cicéron. (La Hakpe.)

Nombre d'écrivains se sont attachés à imiter servilement les anciens. (Marmont.)

Quantité de personnes sont persuadées de son mérite.

(AcadJ

178. Lorsque la qualification exprimée par le participe peut se dire également du collectif et du substantif complément de ce dernier , ce qui a lieu très fréquemment, l'accord du participe est déterminé par le collectif, quand il est général, et par le substantif complément du collectif, si ce dernier est partitif.

179. La raison de cette règle est que le collectif général , exprimant un nombre précis, une quantité déterminée, fixe particulièrement l'attention ; tandis qu'au contraire le collectif partitif , marquant un nombre vague, une quantité indéterminée, frappe beaucoup moins l'esprit. Le collectif général est alors l'expression dominante, et son complément l'expression accessoire ; le collectif partitif, au contraire, est l'expression accessoire , et son complément l'expression dominante. D'où il suit que dans les exemples suivants l'accord du participe se fait avec le collectif général, c'est-à-dire, avec le pronom complément direct qui est en rapport avec le collectif général :

Cette foule de nobles se crut assurée d'un appui.

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