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ORGANE DU GOUT

des papilles; les muscles de la langue, les artères, les veines ont trouvé place dans VAngéiologie ; nous avons mentionné les nerfs qui s'y rendent, ces filets nerveux seront complètement décrits avec la Neurologie: nous ne nous arrêterons pas sur ces différents points; nous renvoyons donc à la splanchnologic, à l'angéiologic et à la névrologic. Cependant, bien que cette question appartienne plutôt à la physiologie qu'à l'anatomie , nous croyons devoir dire quelques mots sur les fonctions des nerfs qui se distribuent à la langue. Les nerfs de la langue viennent de quatre sources différentes :

1° Le nerf grand hypoglosse se rend tout entier à la langue : patcette raison il a été regardé comme destiné au sens du goût ; mais sa disposition anatomique (car il se perd exclusivement dans les fibres musculaires), les expériences faites sur les animaux, l'anatomie pathologique, ont démontré que le nerf grand hypoglosse est un nerf essentiellement moteur.

2° Le nerf lingual, branche de la cinquième paire, se distribue à la muqueuse de la langue ; il a été aussi regardé comme le nerf essentiel de l'organe du goût : à la vérité il ne se distribue pas exclusivement à la base de la langue, mais son influence sur l'organe du goût ne saurait être mise en doute.

3° La corde du tympan, filet nerveux qui part du nerf facial, s'accole au nerf lingual et se distribue à la muqueuse de la langue, a été regardée, par quelques physiologistes , et entre autres par Beliingcri, comme transmettant au cerveau les sensations gustatives ; mais cette proposition n'est pas exacte. M. Cl. Bernard a démontré que la corde du tympan ne perçoit pas les saveurs, puisque son absence ne fait que modifier la fonction sans l'abolir; toutefois elle joue un grand rôle dans l'acte de la gustation. « La perception des saveurs, pour être régulière et normale, demande, de la part des papilles, une modification active qui leur permette de s'emparer complètement des molécules sapides et de rendre leur appréciation instantanée. Or, cette réaction particulière des papilles sur les corps sapides, que ce soit par simple contact ou autrement, semblerait dépendre de l'influence motrice de la corde du tympan, puisque la gustation est pour ainsi dire passive et perd son instantanéité lorsque le nerf lingual agit seul (1). » Quoi qu'il en soit, la véritable action de ce nerf est encore obscure.

4° Le nerf glosso-pharyngien, qui envoie de nouveaux filets à la muqueuse de la langue, paraît être, par son rameau lingual, le nerf qui agit le plus puissamment dans l'acte de la perception des saveurs.

La langue reçoit encore un filet du laryngé supérieur, branche du pneumogastrique qui se distribue à la muqueuse de la base de la langue et des filets qui viennent du nerf grand sympathique,

(4) Cl. Bernard, Recherches sur la corde du tympan, extrait des Annales médico-psyclioloçiiques, mai 1843,

ORGANES DES SENS

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