VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN GÉNÉRAL
Les vaisseaux lymphatiques peuvent être injectés par deux moyens : la ponction directe du vaisseau, la ponction des réseaux. La ponction du vaisseau n'est plus employée que comme moyen complémentaire, c'est-à-dire pour introduire une nouvelle quantité de mercure dans un vaisseau qui en aura déjà reçu, mais dans lequel ce liquide serait arrêté. C'est par la ponction du réseau que les lymphatiques doivent être injectés.
Il est des points dans lesquels 1 injection réussit beaucoup mieux : ils sont désignés par M. Sappey sous le nom de lieu d'élection. Ils se rencontrent principalement : sur la ligne médiane, à la tête, depuis la suture lambdoïde jusqu'à la suture fronto-pariétale ; à la face, sur le nez, la commissure des lèvres, l'os de la pommetle ; sur les membres, sur les parties latérales des doigts et des orteils, à la paume des mains et à la plante du pied : ces parties doivent avoir été préalablement dépouillées de leur épiderme.
Pour faire l'injection « l'opérateur saisit le robinet avec la main droite, en plaçant le pouce sur le côté gauche et le médius sur le côté droit ; l'index repose par sa pulpe sur l'extrémité antérieure du levier destiné à ouvrir le robinet; les deux derniers doigts restent libres pour prendre un point d'appui sur les parties voisines. La main gauche fixe la partie sur laquelle la ponction doit être faite. La pointe du tube est alors dirigée vers le lieu d'élection, presque parallèlement à la peau. Elle est enfoncée jusque dans l'épaisseur de la couche superficielle du derme, qu'elle doit labourer en quelque sorte dans l'épaisseur de sa couche réticulaire, sur une étendue de 2 à 3 millimètres. Lorsque la ponction a été exécutée, on imprime au levier du robinet un mouvement de rotation, de droite à gauche, à l'aide de la pulpe du doigt indicateur, et, si l'opération a été bien exécutée, on voit le mercure courir dans tous les sens, reni|ilii' le système capillaire, et revêtir le derme d'im réseau argenté. Le tube est maintenu dans cette position pendant une demi-minute, une minute au plus ; on le retire ensuite, car dès lors la ponction a produit tout ce qu'elle pouvait produire (1). »
Cependant, à l'aide de cette injection, le mercure n'a pénétré dans les vaisseaux qu'au voisinage de leur origine : c.'est alors qu'on fait la ponction du vaisseau afin de faire pénétrer le métal jusqu'à la terminaison des vaisseaux dans les ganglions.
Il est encore une méthode qui consiste à injecter les vaisseaux lymphatiques par les ganglions : ce moyen ne donne que des résultats fort imparfaits.
Dissection. — Les vaisseaux lymphatiques doivent être disséqués de leur origine vers leur terminaison. Il est bon d'enlever la peau parallèlement à leur trajet ; il faut, dans cette dissection, prendre soin de ne pas léser le vaisseau, sans quoi le mercure s'écoulerait au dehors ; aussi conseillons-nous de ne pas chercher à enlever le tissu cellulaire qui l'entoure.