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STRUCTURE DE LA MOELLE

Si l'on coupe transversalement la moelle dans divers points de sa hauteur, on voit qu'elle est, dans toute son étendue, composée de deux substances, l'une centrale, la substance grise, l'autre corticale, la substance blanche.

Substance grise (tig. 154). — La substance grise de la moelle épinière varie quant à sa forme, suivant les différentes régions où on l'examine, aussi ne peut-on dire quelle est la figure exacte de cette substance ; car ce qui sera vrai pour la partie inférieure de la moelle ne le sera plus pour la partie moyenne ou la partie supérieure, et réciproquement. Cependant on peut comparer la substance grise à la lettre X dont les deux moitiés seraient séparées par le signe. — Les extrémités de l'X seraient d'inégale longueur. Les cornes postérieures beaucoup plus longues que les antérieures, pénètrent entre les cordons postérieur et antéro-latéral : c'est sur cette partie que les racines postérieures des nerfs spinaux tirent leur origine. Les cornes antérieures sont beaucoup plus courtes, plus volumineuses, denticulées, et recouvertes par une assez grande épaisseur de substance blanche. La barre transversale qui réunit les deux branches est la commissure grise qui double la face postérieure de la commissure blanche.

Si l'on fait arriver un filet d'eau sur la substance grise, celle-ci est détruite, il n'en reste qu'unccouche mince adhérente à la substance blanche, et l'on constate qu'elle est de nature pultacée, comme grenue, et qu'il est impossible d'y admettre une texture linéaire fibreuse.

Substance blanche. — Elle se présente sous l'apparence de deux cylindres aplatis à leur face interne et réunis par une lamelle, qui est la commissure blanch^. Cette commissure s'aperçoit très bien au fond du sillon antérieur de la moelle ; elle est formée par des fibres transverses qui s'écartent pour laisser passer les vaisseaux : cette disposition a pu en imposer à quelques anatomistes et faire croire à un entrecroisement de fibres dans toute la longueur de la moelle. La commissure blanche est doublée sur sa face postérieure par la commissure grise.

Si l'on déchire parla traction les deux commissures, ou si on les coupe longitudinalement, on voit que la moelle est formée de deux portions exactement semblables qui peuvent être étalées en une sorte de bande ou de lame, blanche à l'extérieur, grise, floconneuse en dedans, où elle est recouverte par la substance grise. Si l'on étudie la substance blanche après l'avoir fait macérer dans l'alcool, on voit qu'elle est composée de lamelles longitudinales, cunéiformes, à base tournée en dehors et à bord mince en contact avec la substance grise.

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De cette manière on peut diviser la moelle en un très grand nombre de lamelles indépendantes et qui existent sur toute la longueur de l'organe. Enfin chacune des lamelles qui constituent la moelle peuvent être divisées en un très grand nombre de fibres longitudinales indépendantes les unes des autres.

Plusieurs anatomistes ont admis que chaque moitié de la moelle était creusée d'un canal central.

Il est certain, dit M. Cruveilhier, que jusqu'au quatrième mois de la vie inlra-utérine chaque moitié de la moelle est pourvue d'un canal tout à fait semblable à celui des poissons. Mais après cette époque le liquide gélatiniforme qui remplissait le canal est remplacé par la substance grise. Cependant j'ai vu dans un cas ce canal persister api'ès la naissance,

M. Foville admet comme constant un ventricule central médian creusé aux dépens de la commissure de la moelle, et particulièrement de la commissure grise. Ce canal, très difficile à démontrer chez l'adulte, peut être plus facilement aperçu chez les nouveau-nés.

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