EVOLUTION DE L OEUF
a entraînées dans sa chuie, se dissolvent ;*lles sont remplacées par un enduit albumineux fourni par la trompe et souvent disposé en couches concentriques, entre lesquelles on a fréquemment rencontré des spermatozoïdes emprisonnés (fig. 192. 5, 4, 4); rudimentaire chez les mammifères, ce dépôt albumineux forme, dans l'œuf de l'oiseau, la masse épaisse connue sous le nom de blanc de l'œuf. Cet enduit a du reste une durée éphémère, car il a presque complètement disparu au voisinage de l'orifice utérin de la trompe.
2° La tache de Wagner, la vésicule germinative de Purkinje et Coste ne sont plus apparentes; ces éléments, auxquels on a fait jouer un si grand rôle, et qu'on a considérés comme la partie essentielle de l'ovule, n'ont donc qu'une existence temporaire: il semble prouvé que leur disparition est spontanée et peut s'effectuer sans l'acte de la fécondation. M. Coste adopte cette opinion : suivant lui, lorsque l'ovule est à maturité, tache et vésicule germinatives s'effacent comme des organes dont le rôle est terminé.
3" Alors se manifeste le curieux phénomène de la segmentation du vitellus : voici en quoi il consiste. La masse du vitellus qui remplissait complètement la cavité del'œuf se racornit, diminue de volume, et flotte librement dans cette cavité, des parois de laquelle elle est séparée par une couche mince du liquide ; un espace ovoïde clair et transparent apparaît au centre du vitellus; bientôt aux deux extrémités d'un des diamètres de celui-ci se dessine une échancrure qui, marchant progessivement vers le centre, le divise en deux masses ovoïdes juxtaposées. Par un mécanisme en tout sembklde, ces deux premières moitiés, ramenées d'abord à la forme sphérique , se divisent ellesmêmes en deux, et la division dichotomique continuant, le vitellus est
Fig. 192. — Œuf dans la trompe et segmentation duvitelhts.
1. Corps mùriforme flottant. — 2. Espace rempli de liquide entre le corps mûriforme et la membrane vitelline. — 3. Membrane vitelline. — 4. Spermatozoïdes rampant sur la face externe et maintenus appliqués contre elle par, 5, une couche albumineuse sécrétée par la trompe.
successivement fractionné^en 4, 8, 16, 32, etc., sphères de plus en plus petites; chaque sphère porte à son centre une large tache ou noyau dans lequel commence, d'après xM. Coste, le travail de la segmentation.
Il est difficile, dans les premiers moments, de comparer les sphères vitellines à un élément anatomique connu ; mais bientôt elles prennent la forme de cellules granuleuses bien dessinées : à la segmentation succède la formalion du blastoderme.
4° Le blastoderme, au sein duquel paraîtra bientôt le rudiment de l'embryon, et d'oiî procéderont de plus ses annexes, est constitué par les sphères vitellines. Nous avons vu qu'après la segmentation, toutes ces sphères constituaient, parleur réunion, une masse mûriforme. Le liquide albumineux qui occupe le centre de cette masse, et dont la quantité augmente incessamment, refoule les sphères du centre à la circonférence et les applique contre la paroi interne de l'œuf sous forme de couche. Elles deviennent alors polygonales, puis se soudent entre elles, et ne tardent pas à constituer, par leur fusion, une membrane mince, sphérique, dont la cavité est pleine de liquide : c'est le blastoderme. Il présente, en un point déterminé de sa surface, un amas plus épais de cellules formant une tache obscure circulaire ou ovale, c'est la tache embryonnaire de Coste, Varea germinaiiva de?}[&choïï. L'apparition de ce point, qui marque la place de l'embryon, correspond assez exactement au huitième ou au neuvième jour de la conception.
5'' La rapidité de l'évolution permet bientôt de constater que le blastoderme se compose de deux feuillets ou couches de cellules accolées et qu'il est possible de séparer avec la pointe d'une tine aiguille. Cette disposition est surtout manifeste au voisinage et au niveau de la tache embryonnaire qui, vue de profil, se présente sous l'aspect d'un épaississement, d'une plaque saillante du côté de la cavité. Ces deux feuillets ont été désignés sous le nom de feuillet interne, muqueux ou végétatif, et feuillet externe, séreux ou animal ; entre eux deux apparaît presque aussitôt et s'étale un réseau vasculaire très délié qui prend le nom de feuillet intermédiaire ou vasculaire.
La tache embryonnaire s'accroît rapidement en tous sens. D'abord ronde, elle devient elliptique. D'abord uniformément obscure, elle s'éclaircit à son centre (area lucida), la zone périphérique {area obscura) restant opaque. D'abord plane, elle se soulève vers son centre, proémine légèrement comme un bouclier du côté de la cavité du blastoderme ; c'est la portion claire qui représente désormais le corps de l'embryon. Dès lors sa circonférence s'épaissit, ses deux extrémités se renflent, de sorte qu'elle a été comparée au corps d'une guitare, à une semelle, etc. Le renflement le plus considérable est dit céphalique, l'autre plus grêle, caudal, parce qu'ils correspondent aux deux extrémités du nouvel être.
Au centre de l'ellipse et suivant son grand axe, apparaît une goût-