MANIE RAISONNANTE
SYNONYMIE. — Manie tranquille, monte sans délire (Pinel). Mononiame roi<iovnnnl e (Esqnirol). Folie morale, moral insanitij (Pritcliard). Insania malilia (Kieser). Manie sans délire, occulte, latente, impulsive. Monomanie instinctive (Marc, etc.).
Sous ces différents noms on a désigné une forme de manie forl remarquable, dans laquelle l'individu semble moins privé de sa raison et de son jugement que de la possibilité de diriger ses actes. Bien plus, les malades de celle catégorie ne savent que commettre des actes nuisibles, ils apportent à leur exécution toute la ruse imaginable ; on les voit ensuite se disculper avec plus ou moins de vraisemblance, et ils trouvent toujours des prétextes plausibles pour se justifier.
De semblables malades vivent quelquefois dans la société et paraissent céder seulement à un caractère irascible. Pinel cite l'exemple d'un jeune homme d'une nature perverse, et qui, avec les progrès de l'âge, était arrivé au point de ne plus pouvoir maîtriser l'impétuosité de son humeur violente et irritable. Il vivait continuellement dans les querelles et les rixes, il se livrait aux attaques les plus audacieuses, en mêlant d'ailleurs, à une vie aussi agitée, quelques habitudes d'ordre et même des actes de bienfaisance. S'étant un jour emporté contre une femme qui osa lui résister, il la jeta dans un puits. Ce délit donna lieu à un procès criminel, et sur la déposition d'une foule de témoins qui rappelèrent les écarts et les emportements de ce maniaque, il fut condamné à la réclusion dans l'hospice des aliénés de Bicêtre.
En dehors de ces faits, ces malades, ceux surtout dont l'intelligence a été cultivée, savent raisonner sur n'importe quel sujet, avec une telle adresse, qu'il est difficile à l'homme le plus versé dans la dialectique de les réfuter. Ils montrent cette aptitude, particulièrement dans les cas surtout où leur intérêt est enjeu.
En môme temps tout témoigne chez eux d'une grande faiblesse de volonté.
Livrés à eux-mêmes, ils obéissent aux entraînements les plus contraires. La première impression subie, une idée venue au hasard, un fait accidentel, devient le mobile et le point de départ de leur conduite. Il y a chez eux, non-seulement un fonds d'irritabilité considérable, et pour ainsi dire un foyer prêt à faire ébullition, mais encore ils sont habituellement dominés par des impulsions de diverse nature. Us suivent aveuglément "les mouvements passionnés que les moindres circonstances viennent provoquer. Les désirs sexuels, la jalousie, l'ambition, la vengeance les entraînent à tout moment, et malgré eux, à des actes regrettables. Avec la meilleure volonté, l'individu ne peut se maîtriser, et s'arrêter sur la pente fatale qui le conduit au désordre.
Dans les établissements où ils se trouvent ils excitent les malades les uns contre les autres, les poussent à l'insubordination. Ils prennent plaisir à fatiguer de leurs réclamations incessantes les employés de la maison. Ils critiquent sans cesse les observations et les conseils qu'on leur donne; les sentiments haineux, le soupçon, la malveillance, la calomnie sont les éléments dans lesquels ils vivent, et sans lesquels ils semblent ne pouvoir exister.
Une observation attentive et prolongée ne tarde pas à faire reconnaître que les maniaques de cette catégorie possèdent un état intellectuel plus solide en apparence qu'en réalité. En effet, ils raisonnent logiquement dans le cercle étroit de certaines données; mais qu'on prolonge la conversation, qu'on l'étende à quelques sujets étrangers à leurs préoccupations habituelles, et l'on ne tardera pas à voir apparaître tout un ordre de phénomènes caractéristiques : idées fixes, illusions étranges, erreurs nombreuses de perception, fausses appréciations, amour-propre exagéré, telles sont les anomalies qui permettent de reconnaître l'état mental de ces malades.
On arrive donc, avec un peu d'habitude, à distinguer cette forme de manie, surtout si l'on tient compte des circonstances commémoratives. Ainsi l'affection s'est déclarée à la suite de causes spéciales, de chagrins profonds. On aura pu constater un changement complet dans la manière d'être, dans les actes, les habitudes, le caractère de l'individu. L'état pathologique présente lui-même des phases, des périodes de recrudescence pendant lesquelles les troubles physiques sont plus prononcés, tels que : l'insomnie, l'altération des fonctions digestives, etc. Dans quelques cas la manie raisonnante n'a été que la période prodromique d'une autre forme d'aliénation plus nettement accusée, et dans laquelle elle n'a pas tardé à se transformer.
Ajoutons enlin que cette affection mentale se présente souvent par accès. Les malades ont quelquefois la conscience de la disposition morbide dans laquelle ils se trouvent, et ils savent parfaitement la dissimuler aux yeux des personnes étrangères. Des individus atteints de manie raisonnante ont quelquefois dû subir des condamnations, pour des actes commis sous l'influence de cette fâcheiîse situation.
Observation. — Paul H. . . est âgé de 57 ans ; sa taille est élevée, sa constitution bonne, son tempérament sanguin-bilieux. Il avait quitté l'asile, il y a neuf ans, après un premier séjour de cinq mois. Pendant cet espace de temps, il ne s'est livré à aucune occupation et vivait à la charge de sa belle-sœur, ce qu'il nie avec énergie. Les causes occasionnelles sont des revers de (orlune, à la suite de fausses spéculations. Vers les derniers temps, il est devenu excessivement progressif, il ne songeait qu'à spéculer et ne vivait, pour ainsi dire, que pour acheter, vendre et troquer. Il était devenu Irès-irritable ; des voies de fait envers sa belle-sœur et un israélile qui, dft-il, lui devait 4 à 5 francs, ont motivé sa séquestration. Depuis seize mois il nous est revenu. C'est un
homme t\ physionomie inlelligenle, paraissant avoir reçu une assez bonne éducation, jouissant de toutes ses facultés inlellectuelles, mais ne s'en servant que dans un but hostile à son entourage. Les idées prédominantes sont de nature ambitieuse, mais elles ne sont pas le fait d'une conviction intime. M. H... sait fort bien à quoi s'en tenir sur sa position ; seulement, à force de s'être créé des illusions, il en est venu à prendre par moments pour des réalités les choses que lui-mûme sait n'ûtre que fictives. Il formule avec le sangfroid le plus imperturbable les accusations les plus mensongères contre les personnes de sa famille et de son enlourage actuel; jamais mensonges n'ont été débités avec de pareils semblants de vérilé et de conviction. Il est à supposer que le malade est sujet à des hallucinations. On ne sait dans quel quartier le placer ; partout où il se trouve, il détruit ce qui lui tombe sous la main; mais, ;\ l'entendre, ce n'est jamais lui qui a fait telle ou telle chose, c'est l'un ou l'autre de ses compagnons; si même on le prend en flagrant délit, il nie avec effronterie, se met à crier et à jurer; les veines du front se gonflent, la face se congeslionne, il nous accable de sottises en proférant des menaces de mort et d'incendie, et finit par demander soit du tabac, soit des pruneaux, soit un chapeau, etc. On ne peut jamais passer dans le service où il est sans qu'il n'ait des réclamations à faire, c'est chez lui un véritable besoin ; ainsi, s'il a demandé des pruneaux et qu'on lui réponde qu'il n'y en a pas, il vous dira : Alors, donnez-moi du tabac ou un bain. Au moyen du manche d'une cuiller, d'un clou, d'un instrument quelconque, il ouvre toutes nos serrures, dévisse les lits, troue le plancher où il établit des cachettes pour cacher les objets qu'il vole; car rien n'est en sûreté, il prend tout ce qu'il trouve. Par ses perfides conseils, il entretient les autres malades dans leurs mauvaises dispositions, souffle l'esprit de révolte aux uns, suscite la colère des autres et attise la mésintelligence entre tous; puis, quand il est parvenu à faire éclater la révolte, il vient s'offrir à nous comme médiateur ; on peut lui donner carie blanche, car il mettra autant d'activité à faire rentrer tout dans l'ordre qu'il en a mis à tout désorienter ; mais celte bonne disposition n'est que passagère : au bout de peu de jours nous trouvons, soit le feu dans un coin, soit les arbres lacérés ou les serrures disloquées; s'il n'est pas toujours l'auteur des méfaits, il en est constamment l'instigateur.
Anatomie pathologique . — Nous devons tout de suite le dire, dans les formes essentielles de la manie récente et susceptible de guérison, il serait impossible de découvrir aucune lésion cérébrale caractéristique. Sans doute le cerveau est bien le siège de la maliidie, et si cet organe apparaît avec sa texture et sa composition normale, on n'en doit pas conclure que la lésion n'existe pas, mais seulement qu'elle échappe à nos moyens d'investigation.
Dans les cas franchement aigus, on a constaté une injection plus ou moins étendue de la pie-mère, une exhalation séreuse plus abondante dans les cavités, enfin des taches ecchymotiques des méninges, et qui résultent de l'état fluxionnaire plus ou moins considérable. Mais ces lésions, qui peuvent être* provoquées par l'excitation cérébrale ellemôme, peuvent aussi ne pas exister.
Cette hypérémie de la pie-mère, qui se manifeste comme une conséquence de l'état maniaque, nous rend compte de quelques symptômes concomitants, tels que l'injection des conjonctives, les yeux brillants, le larmoiement, l'impressionnabililé de la pupille, la sensation de la chaleur à la tête, etc.
Lorsque l'état aigu a fait place à l'état chronique, lorsque la manie chronique s'est prolongée, il n'est pas rare alors d'observer des altérations variables, parmi lesquelles on rencontre surtout l'épaississement et l'opacité de l'arachnoïde. Cette membrane présente, dans ce cas, des taches opaques. lactescentes, et quelquefois une résistance telle qu'on peut la soulever avec une partie du cerveau, sans la rompre.
D'après M. Lélut, ces épaississements ne paraissent pas être le résultat de l'incorporation de pseudo-membranes au feuillet viscéral de l'arachnoïde ; ils siègent toujours, ainsi que le prouve la dissection attentive, en dehors de la membrane, et sont dus à une sorte de dépôt de matière albumineuse à sa surface externe ou interne (1).
On peut, enfin, rencontrer des granulations qui se développent à la surface de l'arachnoïde, dans les cas surtout oii cette méninge est épaissie et indurée.
Elles donnent à la membrane une sensation rugueuse et comme chagrinée, qu'on peut dans la plupart des cas distinguer à l'œil nu ; on les trouve plus particulièrement à la surface des ventricules cérébraux. Elles ont une signification essentiellement chronique.
Rokitansky les considère comme une forme d'épaississement de la membrane, consécutive à l'épanchement séreux, et qui serait produite par les exsudats albumino-plastiques déposés sur celte membrane.
Traitement spécial de la manie. — Sans revenir sur les considérations que nous aurons à développer dans le chapitre consacré au traitement général de l'aliénalion, nous nous bornerons à présenter sommairement les indications spéciales qui se rapportent au traitement de la manie aiguë et de quelques-unes de ses variétés.
Pour ce qui concerne la manie aiguë, le traitement doit être essentiellement calmant; il importe d'éloigner le plus tôt possible les circonstances qui peuvent accroître l'excitation.
Quelle que soit, d'ailleurs, la cause qui ait présidé au développement de la maladie, une des premières conditions à remplir, c'est de garantir le malade contre les impulsions violentes qui le dominent, et de l'enlever au milieu dans lequel son déUre a pris naissance. La présence de ses parents, de ses amis, de ses connaissances aurait pour résultat infaiUible de multiplier ses impressions, de les rendre plus vives, et d'accroître l'intensité de son agitation. L'isolement, ou du moins la séparation de son entourage habituel
(1) Lélut, Mémoire sur les fausses membranes de l'arachnoïde, p. 31.
PATHOLOGIE SPÉCIALE est, pour le maniaque, profitable à plusieurs égards. En changeant ses impressions, en le plaçant au milieu de personnes qui lui sont étrangères, dont l'autorité et l'ascendant peuvent lui en imposer, on a déjà exercé sur lui une inQuencedes plus favorables. II en éprouve une sorte d'intimidation qui l'oblige à se modérer, à se contenir; on lui inspire le sentiment, la conscience qu'il n'est pas libre d'agir comme il l'entend; c'est déjà un élément important de traitement moral, quia pour résultat d'ébranler jusqu'à un certain point la confiance illimitée qu'il avait en lui-même et en ses propres forces.
Le malade doit être traité avec tous les ménagementa possibles; il ne doit être ni enfermé ni attaché; le mouvement lui est nécessaire, et il ne doit en être privé que dans les cas tout à fait exceptionnels.
Si, en général, il est bon de laisser les maniaques dépenser ce surcroît d'activité qui les domine au grand air pendant l'été, et pendant l'hiver dans des salles convenablement chauffées; il y a lieu toutefois de craindre pour eux les suites d'une fatigue trop grande et d'un exercice immodéré. Avant tout il importe, dans la grande majorité des cas, d'éviter un traitement débilitant; il ne faut prescrire autant que possible ni diète ni saignées; plus les symptômes présentent un certain degré d'acuité, plus il faut craindre d'augmenter encore la débilité du système nerveux.
Au début de la manie, il existe souvent un état saburral des voies digestives, auquel il est toujours prudent de remédier; dans ce cas un purgatif, un éméto-calhartiquè seront employés avantageusement. Dans le cours de la maladie il peut se présenter une constipation, quelquefois tellement opiniâtre, qu'elle résiste aux purgatifs les plus énergiques.
En tête des moyens propres à diminuer rapidement l'excitation cérébrale et l'agitation violente du maniaque, se trouvent les bains tièdes prolongés, accompagnés d'atfusions froides sur la tête pendant la durée du bain. Ce moyen, sur lequel M. Brierre de Boismont a particulièrement appelé l'attention dans ces dernjers temps, avait déjà été préconisé par Esquirol. On emploie, dit ce dernier, les bains tièdes ; on les prolonge jusqu'à deux, trois et quatre heures, et on les répète jusqu'à deux et trois fois par jour, eu donnant un bain chaque fois que le délire et la fureur se renouvellent, surtout si le sujet est d'un tempérament sec et irritable. Tout le temps que le malade est dans le bain, on fait des lotions d'eau froide sur la tête, tantôt en versant de l'eau, tantôt en maintenant sur la tête un linge ou une éponge pénétrés d'eau froide (1). On n'a pas craint de continuer ces bains pendant deux et trois jours de suite, y compris la nuit. Une semblable prolongation nous paraît exagérée. Lorsque les malades sont affaiblis, il est prudent de les coucher
(1) Esquirol, t . II, p. 201.
immédiatement après. Si ce moyen a été employé sans résultat favorable pendant une quinzaine de jours, il y a lieu d'en restreindre l'emploi.
La douche est quelquefois suivie d'un effet satisfaisant; elle produit une réfrigération plus complète de la tète qui persiste pendant plusieurs heures; quelques malades, lorsqu'ils sont en convalescence, conviennent eux-mêmes qu'ils en ont éprouve un effet avantageux.
En tête des médicaments dirigés spécialement contre la manie, se placent naturellement les narcotiques, et particulièrement l'opium, qui a été employé en vue de ramener le sommeil et de calmer l'agitation. Une jeune personne aliénée, ditEsquirol, ayant été guérie après avoir avalé un onguent qui ne contenait pas moins de 24 grains d'opium, l'attention se dirigea particulièrement sur les effets possibles des narcotiques. Ces médicaments ne conviennent pas lorsqu'il y a pléthore.
M. Baillarger vante l'opium à haute dose, et il n'a jamais vu ce médicament prolonger la durée de l'affection. G-et éminent médecin ne craint même pas de l'employer dans l'excitation maniaque des paralytiques (1). Pour nous, nous pensons que l'usage en doit être extrêmement réservé en pareille circonstance, et nous le croyons nuisible dans tous les cas qui s'accompagnent de congestion cérébrale.
Nous devons faire ici une observation importante qu'il ne faut pas perdre de vue, lorsqu'on croit devoir recourir chez les aliénés à une médication active : c'est la tolérance extraordinaire pour les médicaments qui peut s'établir cbez eux.
Cette tolérance se remarque au plus haut degré dans les affections aiguës récentes, et particulièrement dans la manie aiguë. Nous avons vu des maniaques supporter des doses énormes d'opium et de morphine sans en paraître indisposés. Il n'en faut pas moins être très-réservé à cet égard, et ne pas se laisser aller à une aveugle confiance; il existe, sous ce rapport, de nombreuses exceptions, et l'on observe des maniaques qui sont loin d'être réfractaires à Faction des narcotiques.
Dans quelques cas, sans qu'il soit facile d'en bien préciser les indications, l'opium rend des services; il faut agir par tâtonnement, commencer par des doses modérées qu'on peut accroître rapidement. On cesse les doses croissantes, ou l'on supprime même entièrement le médicament pour peu qu'il en résulte un surcroît d'excitation. Il en est de même pour l'emploi de la digitale, dont on a vanté outre mesure les bons effets, et qui a été considérée autrefois comme un véritable spécifique.
Esquirol se borne à mentionner ce médicament, sans en recommander l'usage.
Le docteur John ConoUy prétend n'en avoir jamais obtenu des avantages. Tout en diminuant l'activité du cœur, dit-il, il n'enlève rien à l'excitation cérébrale; les malades s'en trouvent seulement incommodés.
(I) Baillarger, Ann. méd.-psych., 1855, p. 566.
2i03 PATHOLOGIE SPÉCIALE.
Albert, de Bonn, recommande l'infusion de digitale pourprée avec le nitre ou avec le sulfate de soude. Nous avons vu, dans ce dernier cas, les malades supporter difficilement celte médication. Nous avons employé la digitale avec des résultats variables ; nous croyons qu'elle trouve particulièrement son indication, lorsqu'il existe un surcroît d'activité de la circulation et des battements tumultueux du cœur.
Les émétiques ne doivent pas être administrés sans qu'il se présente une indication spéciale.
L'excitation des organes génitaux, lorsqu'elle se montre comme une complication de la manie, peut être combattue par l'administration de lavements froids ou préparés avec les opiacés, la jusquiame, l'assa-fœtida, Teau de laurier-cerise, etc. (1).
On peut obtenir aussi quelques avantages de l'emploi du campbre associé aux opiacés.
Les révulsifs, moxas, cautères, vésicatoires nuisent plus souvent qu'ils ne sont utiles.
Le sulfate de quinine, dans le cas d'intermittence régulière, peut produire de bons effets.
Il est rare que dans la manie aiguë, surtout chez les femmes dans le cas de suppression de la menstruation, il n'existe pas un état plus ou moins profond de chlorose ou d'anémie. Dans toutes ces circonstances, on recueille un avantage précieux des préparations ferrugineuses combinées avec l'aloès soit en pilules, soit en potion.
En général le traitement et le régime doivent tendre à modifier la constitution amaigrie, débilitée des malades ; c'est aux principes analeptiques et réparateurs, mais non excitants, que le médecin doit avoir recours.
On ne peut se dissimuler, dit Esquirol, et nous partageons entièrement l'opinion de ce grand maître, que les succès attribués aux remèdes héroïques sont bien moins nombreux que les guérisons obtenues par une bonne direction imprimée aux maniaques et à ceux qui les servent; par un régime convenable et par une sage expectation ; et qu'il est préférable de s'en rapporter au temps et aux efforts de la nature, plutôt qu'à l'emploi de médicaments souvent hasardés, rarement utiles et quelquefois dangereux (2).
(1) Esquirol, t. II, p. 212.
LYPÉMANIE