APTITUDES ETHNIQUES DES FRANÇAIS
quarts sont rendus à l'armée dans les deux années qui suivent, la moitié étaient ajournés pour insuffisance de taille.
Les exemptions pour infirmités étaient d'un peu plus d'un tiers des examinés (3,459 sur 10,000 en 1868), sous le fonctionnement de la loi militaire de 1832. Il est beaucoup moindre depuis la loi de 1872, environ 1,100 sur 10,000 examinés. Notons que tous les appelés (sauf de faibles catégories) passent maintenant devant les conseils de révision, c'est-à-dire près de 300,000 jeunes gens par an. Cet abaissement si brusque du chiffre des exemptions pour infirmités ne correspond pas à une amélioration proportionnelle de la population ; il y a une atténuation nécessaire par les ajournements, qui allègent d'environ 3,000 unités le chiffre moyen des 30,000 exemptions immédiatement prononcées ; il y en a une autre par les engagements conditionnels, pour lesquels le recrutement est assez coulant ; il y en a une énorme par le cadre des services auxiliaires qui, dans les premières années de l'application de la nouvelle loi, recevait plus de 20,000 hommes, au point que le ministre de la guerre a dû recommander d'en user avec plus de discrétion ; par-dessus tout, les conseils de révision et les médecins, entrant dans l'esprit égalitaire de la loi et peut-être un peu trop préoccupés de la pensée qu'il faut trouver 150,000 soldats par an, se sont évertués à répartir le plus équitablement et sur le plus grand nombre possible les charges du service obligatoire.
Eu 1879 : Appelés 295,924; Exemptés : 33,543 (1133 p. 10,000); Classés dans les services auxiliaires, : 15,669 (529 p. 10,000) ; Ajournés : 23,955 (809 p. 10,000). Donc, le chiffre des impropres immédiatement ou provisoirement ou incomplètement est, au total, de 2471 p. 10,000.
Quant à la nature des infirmités prédominantes et à leur répartition suivant les souches ethniques, le tableau ci-après, constitué avec les entête et les moyennes des tableaux de Lagneau (France : Anthropologie), permettra de les saisir d'un seul coup d'œil. Il faudra seulement n'adopter que la signification relative des chiffres et les proportions qu'ils établissent; ce qui vient d'être dit plus haut leur ôte beaucoup de leur signification absolue. (Les éléments statistiques ont été fournis par Boudin, Sistach, Magitot, Broca.)
Exemptions pour infirmités en France (sur 100,000 examinés).