BELGES-NORMANDS
Infirmités générales...
1054 LES GROUPES ETHNIQUES. [Hygiène
2° Aptitudes pathologiques en général; des Français en particulier. — Nous avons évité antérieurement de reproduire aucune carte de la distribution géographique des maladies à la surface du globe, en adaptant aux climats cette distribution artificielle. Il ne semble pas qu'il y ait beaucoup plus de relations spécifiques sur le terrain de l'ethnologie. Si l'on élimine les conditions de sol et d'atmosphère, les habitudes alimentaires, sociales ou autres pareilles, il sera toujours très difficile de rencontrer une maladie dont la raison d'être primordiale soit la spécificité ethnique. Deux espèces morbides font exception jusqu'à un certain point ; c'est la fièvre jaune et le béribéri.
Les nègres sont réfractaires à la fièvre jaune et, selon la formule de Hirsch, les peuples (à condition d'être dans les foyers)- y sont d'autant plus aptes que leur pays s'éloigne plus de l'équateur en latitude. Les Français sont plus frappés que les Espagnols, les Anglais et les Allemands plus maltraités que les Français, quand les uns ou les autres fréquentent les parages où le vomito est endémique. Telle est la loi. Et pourtant, elle souffre encore des exceptions, si l'on s'en rapporte au témoignage de A. Gorre et d'O. Saint-Vel; les nègres seraient moins communément atteints que les blancs, mais rien au delà.
Le béribéri sévit le long des côtes et principalement dans les villes maritimes : en Afrique, le long de la côte occidentale de la mer Rouge; en Amérique, depuis Bahia jusqu'à l'embouchure de la Plata; en Asie, sur la côte orientale de la presqu'île de l'Inde, à Geylan, à Malacca; dans les grandes îles asiatico-océaniennes, Sumatra, Java, Bornéo ; au Japon, où il porte le nom de « Kakké » ; dans la Nouvelle-Guinée. Les individus sédentaires en sont plus fréquemment atteints que ceux qui agissent, les citadins plus que les ruraux, les gens bien nourris plus que ceux qui vivent de privations, selon Duane Simmons, bien que l'on dise habituellement le contraire.
Les Européens n'en présentent jamais un seul cas et les Américains en Asie ou au Japon jouissent de la même immunité. C'est, au moins, la formule de la plupart des observateurs. Cependant, celle-là encore est contestée.
Remarquons, toutefois, que la répartition géographique, ci-dessus indiquée, prouve sulfisamment que cette affection n'est pas exclusive à une race d'hommes et, en même temps, qu'elle n'est pas spéciale à un climat; le climat du Japon est aussi doux et tempéré que celui de l'Inde est torride.
Cette rareté de la spécificité d'aptitudes ethniques vis-à-vis des maladies se trouve confirmée pour ce qui concerne la France.
La lèpre, autrefois très répandue, a disparu du sol français ; les points où elle est restée le plus longtemps sont Belle-Isle-en-Mer (Rochard, Cabrol), les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône (Fodéré). Dans ces derniers parages, elle a pu se rattacher à l'arrivée des Lombards (du Danemark) ou plutôt aux visites des Sarrasins.
On a beaucoup discuté sur l'immunité des Français à l'égard de la svette dite anglaise, à propos de l'observation de cette maladie par Jean Kaye, à