NATIONS
par
par an
par an
d'ordre.
kilomètre carré.
et par 1000.
et par kilomètre.
Belgique (1871) .
Save-Hovale (1861-1870)
1 ,yo
Wurtemberg .
Italie (1871)
u,oo
Empire allemand.. .
Prusse
13 environ
Bavière ( 1 871-75)
Suisse
A uslro-Hon °rie ...
Agriculture 18,968,605 ou 5-30,5 pour 1,000
Industrie 9,274,537 259,15 —
Commerce et transports 3,837,223 107,35 —
Professions libérales et armée.. . ^. . 1,531,405 42,8 —
Rentiers 2,151,888 60,2 —
Total "35,763,658
La population urbaine (villes de 2,000 habitants et au-dessus) est d'environ 305 p. 1,000, en voie d'accroissement; celle de la campagne, 695 p. 1,000.
Le nombre des conscrits ne sachant ni lire ni écrire était de 16 p. 100 en 1876; en 1879, 14,89 p. 100. Il est probable que les filles illettrées sont plus nombreuses.
Nuptialité. — La nuptialité française est assez élevée, surtout si l'on considère que le groupe d'âge au-dessous de 15 ans, qui fournira bientôt les mariables les plus ordinaires, est plus faible en France que chez les voisins :
Mariages Mariages pour 1,000 de tout âge. pour 1,000 mariables.
France 8 48,5
Angleterre 8,46 56,9
Belgique 7,37 37,7
Prusse 8,11 53,3
Autriche 8,35 53,5
Italie 7,63 50,0
Espagne , 7,76 54,2
On regarde comme mariables les hommes au-dessus de 18 ans et les femmes de 15 à 45 ans. Le mariage désirable est entre "20 et 50 ans pour les premiers, et entre 15 et 40 ans pour les secondes. Nous avons :
LES GROUPES ETHNIQUES
[Hygiène
Hommes au-dessus de 18 ans
| garçons, / veufs . .
325 pour 1000
Femmes au-dessus de 15 ans
( filles...
( veuves
326 pour 1000
Au point de vue du mariage désirable, 220 hommes et 281 femmes.
L'âge moyen des célibataires qui se marient est, en France : garçons, 28 ans 1/2 ; filles, 25 ; Paris, 30 et 26 ; Angleterre, 25 1/2 et 24 ; Belgique, 30 et 27 , Hollande, 29 et 27 ; Italie, 29 et 24 ; Suède, 30 et 27 1/2 (Jacques Bertillon). D'où Ton peut conclure que le service militaire, dans les conditions actuelles, n'a pas sur les mariages une influence aussi fâcheuse que l'ont soutenu Chauffard, Broca, G. Lagneau, bien que la restriction soit incontestable. Le célibat religieux (plus de 200,000 célibataires de ce titre en France), que l'on a moins accusé en public, est assurément une condition plus radicale d'atténuation de la matrimonialité.
Oscillations de la nuptialité. — Si l'on étudie la nuptialité par longues périodes (Quételet) ou seulement par périodes décennales (Bertillon), on s'aperçoit qu'elle varie peu dans un même pays ; mais les oscillations d'une année à l'autre peuvent être considérables. En 1813, il y eut 13,28 mariages p. 1,000 habitants (en vue d'échapper aux réquisitions impériales); la nuptialité baisse dans les années de guerre et remonte énergiquement aussitôt après.
Les riches se marient davantage en temps de cherté; les pauvres, moins. Cependant, Hermann (Bavière) a constaté que l'abaissement du chiffre des mariages coïncide aussi avec l'avilissement du prix des céréales. En Bavière, depuis 1861, la nuptialité a beaucoup augmenté par suite de l'abolition du « banus », qui interdisait le mariage aux gens sans avoir. En France, où il n'y a pas de banus, les départements qui ont le plus de propriétaires se marient moins (25,3 mariés de chaque sexe p. 1,000 mariables) que les moins propriétaires (25,87 mariés).
Nos déparlements montagneux, bretons, normands, picards, flamands, alsaciens, ont une faible proportion nuptiale ; ceux du centre l'ont plus élevée. En général, les départements frontières ont un chiffre considérable de mariables, par l'affluence des étrangers qui viennent chercher du travail et, toutefois, ne se marient pas dans le pays. Les départements pyrénéens, les Savoies n'ont que 17 à 18 mariés de chaque sexe p. 1,000 mariables; la Haute-Yienne, l'Allier, la Nièvre, Seine-et-Oise en ont de 32 à 34.
Dans les départements à faible matrimonialité, il y a excès de mariables et surtout de femmes ; 134 à 137 femmes célibataires contre 100 hommes dans le même cas.
influence sanitaire du mariage. — 1° Sur la mortalité. — Le mariage au-dessous de 20 ans comporte une haute mortalité pour les deux sexes; au-dessus, il coïncide avec une mortalité beaucoup plus faible que celle des célibataires et surtout que celle des veufs ; la règle supporte une exception
spéciale.]
LÀ DÉMOGRAPHIE
pour les femmes mariées de 20 à 25 ans (dangers des premières couches) qui meurent plus que les filles (10 contre 8) et pour les femmes de 45 à 50 ans, âge auquel les filles meurent plus que les veuves.
Décès annuels su?' 1,000 vivaiits de chaque âge (hommes).
Ages.
Garçons.
Époux.
Veufs
De 15
ans.
Plus de
GO
On conçoit aisément que la vie régulière, quoique plus pénible, du mariage diminue les chances de mort dans les deux sexes ; cependant, il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de célibataires ont été écartés du mariage précisément par des infirmités ou des maladies qui, dans tous les cas, devaient abréger leur existence. La haute mortalité des veufs jeunes et des veufs hommes au-dessus de -45 ans s'explique par le trouble profond survenu dans leur mode de vivre*
2° Sur la criminalité. — La criminalité des célibataires étant 100, celle des mariés est :
Attentats contre les personnes 49,25
— — la propriété 45,50
3° Sur l'aliénation mentale. — La folie est deux fois plus fréquente chez les célibataires que chez les mariés.
4° Sur le suicide. — Quand les mariés comptent 100 suicides, les célibataires en offrent 111,4 ; les veufs, 256. Sur 1,000 époux qui se suicident, 650 ont des enfants.
Il est remarquable que les veufs, surtout les veufs hommes, se marient dans une proportion trois ou quatre fois plus forte que les simples célibataires. Il en est à peu près de même des divorcés (dans les pays où le divorce se pratique). La nuptialité des veuves, en France, est assez faible ; la loi la contrarie le plus possible.
Natalité. — On peut rapporter les naissances à la population totale (natalité générale), ou à la population mariable (natalité spéciale), ce qui est évidemment plus exact. Il faut encore distinguer les naissances vivantes des mort-nés, vrais ou faux (il est souvent déclaré à l'état civil, comme mortnés, des enfants qui ont respiré et vécu plus ou moins après l'accouchement).
Natalité générale (mort-nés non compris). — Sur 1,000 habitants de tout âge et de tout sexe, il y a :
LES GROUPES ETHNIQUES
[Hygiène
France...... 27 naissances.
Angleterre 35 —
Bavière 40 —
Belgique 31,6 —
Écosse 35 —
Russie 50,7 —
Espagne .. 38,4 naissances.
Irlande 27 —
Italie 37 —
Prusse 38,5 —
Suède 32 —
Suisse 30 —
(Le chiffre 27 pour la France, emprunté à Jacques Bertillon, est probablement un peu fort ; Bertillon père calcule sur 26, 4.)
Natalité spéciale. — Pour 1,000 femmes de 15 à 50 ans, on compte les nombres suivants de naissances vivantes :
France 102 naissances. Espagne 141 naissances.
Angleterre 130 — Pays-Bas 137 —
Bavière 15G — Irlande 114 —
Belgique 127 — Prusse... Î50 —
Dans son ensemble, la natalité française est d'environ 3,23 par mariage. Elle a suivi une marche décroissante depuis 1800; dans la période 1800- 1810, elle était de 33 naissances pour 1,000 vivants. La natalité générale a baissé de 100 à 79 ; la natalité spéciale, de 100 à 71 (Bertillon).
On voit qu'aujourd'hui les nations voisines l'emportent de 1/3 ou de 1/2 sur nous, à cet égard.
Influences qui règlent la natalité. — La mortalité et X émigration sollicitent la natalité, en laissant du travail et du pain disponibles. « Dans un pays salubre, dit Bertillon, pour un même groupe ethnique et pour un même état mental, la population et, par suite, sa multiplication ou sa natalité tend à se proportionner à la quantité de travail productif et disponible, pour le type humain étudié et pour un même degré de culture. » Ou encore : « là où naît un pain naît un homme. » Seulement, nous verrons que « le pain », sous le rapport de la quantité ou de la qualité, n'est pas entendu partout de la même manière.
L'appel à la natalité par l'émigration est très énergique en Angleterre et en Allemagne, presque nul en France. L'appel par la mortalité est aussi moins intense chez nous qu'à l'étranger. On le voit néanmoins se révéler après les grandes épidémies, les guerres meurtrières.
Les peuples agriculteurs ont plus de naissances que les peuples pasteurs ou chasseurs, à qui il faut beaucoup d'espace.
\J immigration ralentit la natalité, par la même raison que l'émigration l'excite, mais appliquée en sens inverse. L'immigration des ruraux dans les villes dispense les-citadins de réparer eux-mêmes leurs pertes.
Certains climats -sont une cause de dépopulation (Martinique, Islande). D'autres fois, c'est l'état politique (Irlande).
La faible natalité française est d'autant plus frappante qu'elle ne dépend évidemment pas de la faiblesse de la nuptialité. Il y a même des départements, comme le Gers, où la natalité continue à décroître en même temps que la proportion des mariages s'élève. Elle est un peu au-dessus de la moyenne dans le Nord (135 naissances), en Bretagne (110 à 115;, en Alsace (126); mais fort au-dessous en Normandie (75 à 90) et dans le bassin de la
spéciale.]
LA DÉMOGRAPHIE
Garonne (73 à 80). Il y a une quinzaine de départements où les naissances ne couvrent pas les décès :
2,23 enfants par mariage, dans le Lot-et-Garonne.
2,5 — — — Orne, Gironde, Eure, Sarthe, Charente.
3,90 — ■ — — Pas-de-Calais, Morbihan, Finistère, Bouches-dn-Rhône.
4 — — — Gard.