SOINS GÉNÉRAUX CHEZ LES NOUVEAU-NÉS
Rues ouvrières
rue des Robleds . ,
— de la Vignette,
— des Étaques. . .
— do Juliers. . . .
Les manifestations aiguës, immédiates, de toute espèce d'alimentation insuffisante, constituent, chez les enfants, cet état un peu complexe que Parrot a qualifié du nom expressif ftathrepsie. Avant de succomber à la diarrhée et à l'entérite, le nouveau-né révèle déjà extérieurement la nullité de sa nutrition par le muguet, Yérylhème des fesses, le pemphigus. S'il végète, il a le ventre aussi gros que ses membres sont grêles, et, s'il survit, il a des chances de fournir un type de rachitisme (Jules Guérin).
Habitat, Soins généraux chez les nouveau-nés. — Les statisticiens
(Bailly, Day, Hogdson, Stockton-Hough, Chadwick, Devilliers, Bertillon, Ducpétiaux, Kuborn) ont constamment trouvé que la mortalité des enfants chez les classes ouvrières dépasse de beaucoup celle des enfants des classes aisées ; le rapport le plus généralement indiqué est comme 8 : 3. En outre des lacunes d'alimentation, des soins maladroits inspirés par l'ignorance, il est certain que le méphitisme des logements pauvres est une cause puissante de cette différence. Ces logements sont dans des quartiers difformes, dans des maisons envahies par la putridité ; de plus, ils sont étroits, et, dans la même pièce où repose l'enfant, on mange, on fume, la mère fait la cuisine, lessive et sèche le linge de la famille. Ceci explique comment il se fait qu'en général la mortalité infantile soit moindre à la campagne qu'à la ville, quoique les mauvais procédés d'éducation y soient probablement plus communs. En effet, cette mortalité, en France, jusqu'au troisième mois, est plus grande au village qu'à la ville : 74.2 contre 67,1. Mais, dès lors, la campagne reprend sa supériorité. En Belgique, sur 2,000 naissances, le chiffre de ceux qui atteignent l'âge de cinq ans est de 1,215 à la ville et 1,272 à la campagne ; en France, la mortalité de 3 à 6 mois (sans distinction de sexe ni d'état civil) est de 19,2 p. 100 à la campagne, de 19,27 à la ville ; de 6 à 12 mois, 7,75 à la campagne, et 22,87 à la ville.
Les promenades à l'extérieur sont fort utiles aux enfants, surtout à ceux des grandes cités. Il convient, cependant, d'y mettre quelque discrétion et de se souvenir que l'enfant est à peu près désarmé par lui-même visà-vis des influences atmosphériques. Quand on portait dehors les nourrissons sur les bras de leur mère ou d'une bonne, ils étaient nécessairement l'objet de soins continus et se réchauffaient sur le sein d'une femme. Aujourd'hui, on les promène dans des petites voitures à bras, où leur tête ballotte pendant qu'une sangle leur comprime le thorax ; on les y laisse volontiers, une fois arrivés au but de la promenade, abandonnés à leur calorification propre. C'est une innovation bien plus agréable aux bonnes qu'avantageuse aux nourrissons.
La plupart des langes, des vêtements, de la literie, la propreté corporelle, ont une influence décisive, sur la santé des petits enfants. Il y a, à cet égard, beaucoup de préjugés absurdes que la paresse des nourrices entretient et contre lesquels les médecins doivent réagir.
HYGIÈNE DE L'ENFANCE
[Hygiène
i^es crèches. — Le nom de crèches, emprunté à une légende pieuse, est donné à des établissements charitables dans lesquels on reçoit, pendant le jour, des enfants dont la mère ne peut s'occuper pendant ce temps, en raison de la nécessité pour elle de se rendre au travail, généralement dans un atelier.
Les crèches se sont considérablement développées à Paris et dans toute la France, depuis 1844, grâce aux efforts de Marbeau, adjoint du premier arrondissement. Elles sont restées dans le domaine de la charité privée et n'ont jamais eu d'autre marque officielle que le patronage de l'impératrice Eugénie. Ce n'est pas le seul fâcheux caractère qui leur fût réservé. Sur divers points, comme à Lille où il y en a trois, les crèches appartiennent à une société de grandes dames, très charitables, très pieuses, mais dont la largeur d'idées ne va pas jusqu'à admettre à la crèche les filles-mères et leurs enfants, c'est-à-dire la catégorie qui a le plus grand besoin d'être secourue. Ces dames ont, à coup sûr, parfaitement le droit de trouver que leur contact avec des filles-mères aurait de « graves inconvénients» ;mais l'hygiène a celui de trouver étroit cet esprit et médiocre l'institution. Ajoutons qu'en raison du même esprit, la crèche est ordinairement dirigée par une religieuse.
Les crèches rendent, cependant, des services. Bien que la plupart ne reçoivent pas d'enfants au-dessous de deux mois (ou même de trois dans certaines villes), il est évident qu'elles offrent une ressource positive aux mères, si, d'ailleurs, le fonctionnement de la maison est bien établi et surveillé médicalement. L'Académie de médecine a été d'avis que ces établissements ne pussent favoriser que l'allaitement maternel et ne reçussent pas d'enfants sevrés avant l'âge de neuf mois. Cet avis, parfaitement justifié, comporte donc la réalisation de tout ce qui rend aux mères l'accès près de leur enfant facile et agréable.
On conçoit aisément que les crèches sont d'autant plus utiles qu'elles sont plus près des ateliers où les femmes travaillent. Les grands industriels qui en ont établi au centre même de leur usine ont faitune œuvre intelligente et humanitaire [crèches ouvrières).
Les crèches ne doivent pas être très peuplées; 15 à 25 enfants sont une moyenne convenable. L'hygiène générale doit y être rigoureusement assurée et maintenue ; en soi, la promiscuité est dangereuse aux enfants. D'ailleurs, à cet âge, les souillures fécales et urinaires sont partout et de tous les instants. La nourriture, dans l'intervalle des tétées, se compose de lait coupé, de panades au pain blanc ou biscottes au-dessous de 7 à 8 mois ; de soupes au bouillon gras, d'œufs, au delà.
Toutes les crèches ne sont pas absolument gratuites; quelques-unes perçoivent une rétribution de 15 à 20 centimes par jour et par enfant. D'autres sont partiellement alimentées par une subvention municipale.
Il n'existe guères de statistiques bien faites sur la mortalité dans les crèches, et elles sont difficiles à faire parce que certaines crèches reçoivent les enfants à partir de l'âge de 15 jours, d'autres à un âge plus avancé, et qu'il faudrait établir les rapports mortuaires par catégories d'âge. En Bel-
spéciale.]