‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 160 sur 267 · MOI · texte numérisé non relu

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habituellement formulé de peindre les murs à l'huile et en vert, de revêtir le plancher en bois et non en carreaux et d'étendre sur les planches une couche d'huile de lin bouillante plutôt que de les vernir ou de les cirer. Ce mode rend les lavages faciles.

Enfin, il faudra avoir ménagé, dans les maisons d'école où les élèves ne passent pas la nuit, à une petite distance mais séparés de la classe, des latrines et des urinoirs distincts. Il sera bon de pouvoir y atteindre par un passage couvert. Les latrines proprement dites seront de petits cabinets (1 pour 25 à 30 élèves) absolument séparés et munis d'une porte ; à Lille, dans plusieurs écoles, la porte ne descend pas, en bas, jusqu'au sol, et ne va pas, en haut, jusqu'au plafond ; de telle sorte que le maître puisse toujours voir la tête et les pieds de l'enfant. Ces cabinets seront l'objet des mesures d'assainissement indiquées dans la Irc Partie. Une question qui peut être discutée ici est celle de savoir s'il vaut mieux adopter le système à la turque ou disposer des cabinets « sièges sur lesquels les visiteurs ne montent pas, mais s'asseyent. Kuby, en étudiant les modèles exposés à Paris en 1878, remarque que la coutume la plus générale, en France, paraît être le cabinet sans siège, avec un trou dans la dalle, correspondant a la fosse ;ce lui paraîtrait un système arriéré, vis-à-vis de ce qui se passe en Allemagne, s'il ne devait reconnaître que la propreté est facile à entretenir, à l'aide de lavages, lorsqu'il n'y a autre chose que ce trou, dans un dallage en pente, et que les parois du cabinet sont revêtues de carreaux vernissés. Cette réflexion est juste; mais il est avéré que, dans ces conditions, les enfants comptent beaucoup trop sur les lavages en question et que les matières s'étalent un peu sur toute la surface des dalles en attendant ce lavage, qui ne se fait pas toujours à temps. On a pensé, en France également, qu'il vaudrait mieux inspirer de bonne heure aux enfants le sentiment de la propreté, dans l'accomplissement de cette fonction, qui menace tant la salubrité des habitations collectives. E. R. Perrin réclame pour les latrines scolaires le siège propre, ciré, sur lequel on s'assied. Nous partageons cet avis d'autant plus complètement que nous avons pu nous assurer que ce mode est pratiqué dans les écoles primaires de Lille, sans difficulté sérieuse et au grand avantage de tout le monde. A l'École Monge, le siège n'est que le bord supérieur d'un tuyau à coupe elliptique, que le visiteur surmonte d'une couronne en bois, de 4 à 5 centimètres de large ; l'élève est donc dans l'impossibilité d'y mettre les pieds et est forcé de s'asseoir à califourchon.

Les urinoirs doivent être en marbre, en ardoise, en fonte émaillée, et être irrigués d'un filet d'eau en permanence.

B. L<e mobilier scolaire. — C'est le mobilier scolaire, quand il est mauvais, comme était l'ancien, qui est surtout coupable desdéformationsrachidiennes et de la myopie. Un banc trop bas avec une table trop haute pour la taille de l'enfant l'oblige à s'incurver avec torsion du tronc sur son axe, par exemple dans l'attitude de la fig. 221 (Frey). Une table trop basse le force à incliner la face sur le papier et l'habitue à regarder de près. Un écartement exagéré entre la table et le banc agit dans le même sens. L'absence de

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dossier favorise le flexion du tronc en avant et l'affaissement en masse. Si les pieds de l'élève ne reposent pas sur un marche-pied approprié à la longueur de ses jambes, il se fatigue et s'habitue encore à des attitudes défectueuses.

Les études de Fahrner, Frey, Kunze, Guillaume, Varrentrapp, Cohn, Liebreich, etc., ont fait adopter les règles suivantes :

1° Tables et bancs mobiles ou tables-bancs inséparables, à un petit nombre de places (2 à Â, 3 à 5), assurant 60 centimètres à chaque élève, dans le sensbilatéral. La table elle-même ou pupitre doit avoir une partie an» térieure horizontale, de 10 à 11 centimètres de largeur, et une inclinée, du côté de l'élève, large de 36 à 31 centimèt. L'inclinaison est de 15 (Daily) à 20 degrés (Liebreich). Le banc doit être assez large pour que la plus grande partie de la longueur des cuisses y repose, 23 à 28 centimètres.

2° Les dimensions totales et les dimensions de chaque partie des tablesbancs doivent varier selon la taille des enfants. Nous donnerons tout à l'heure un aperçu d'ensemble des rapports le plus généralement adoptés pour chacune des neuf grandeurs que l'on admet. Des mesures très nombreuses (Fahrner, Cohn, Zwez) ont établi que le siège doit être au-dessus du sol d'une hauteur égale aux 2/7 de la taille de l'élève.

3° Un point très important consiste à observer exactement la différence de hauteur entre la table et le siège. Cette différence est indiquée par 1 intervalle entre le banc et les coudes, lorsque l'élève est assis, les bras le long du corps. On augmente le chiffre obtenu de quelques centimètres parce que l'élève porte les coudes en avant et les relève dans l'acte d'écrire. Par rapport à la taille, cette différence doit être de 17,59 à 18,3 pour les

Fig. 221. — Attitude vicieuse en écrivant sur une table trop haute.

spéciale.]

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garçons et de 16,6 à 17,7 pour les filles, que leurs jupons épais élèvent quelque peu au-dessus du siège (Fahrner) .

4° Entre la table et le banc, il faut, ainsi que Fahrner l'a montré le premier, que la distance horizontale soit nulle, c'est-à-dire que la perpendiculaire abaissée du bord de la table rencontrera le bord du banc. La fig. 222 représente précisément le modèle dans lequel Fahrner a réalisé cette exigence. Depuis, Cohn, Falk, ont môme voulu que la distance fût négative, c'est-à-dire que le bord du banc s'avançât sous la table; de 2 centimètres et demi, suivant eux, de 5, 6 et même 7 centimètres, selon Buchner, Hermann, Parow. Dans ces dernières conditions, surtout si les tables sont à plus de deux places, l'élève peut être gêné pour se lever, pour entrer à sa

Fig. 222. — Table-banc de Fahrner (*).

place et en sortir. C'est en prévision de cette difficulté que Cohn a imaginé, pour les écoles primaires de Breslau, une table dont la moitié antérieure peut se replier sur l'autre (fig. 223). Ailleurs, la tablette du pupitre est à coulisse (mobilier Kunze,très répandu en Allemagne); la partie antérieure glisse sur l'autre d'avant en arrière, et, quand elle est passée, couvre l'encrier en laissant 12 centimètres d'espace (Voy. aussi fig. 228 et 229).

5° Lorsque la table-banc est construite pour des grands, la hauteur du siège n'est pas telle que leurs pieds n'arrivent à reposer sur le sol, l'élève étant assis. Il n'en est plus toujours de même des petits, d'autant que pour éviter au maître la peine de se baisser trop en examinant par exemple leurs cahiers, on a l'habitude de tenir leur banc à une hauteur disproportionnée à leur taille. Pour obvier à ce que les pieds de l'enfant se balancent dans le vide, on munit la table-banc d'un marche-pied, placé à la distance du siège à laquelle devrait se trouver le sol, ou même à une distance un peu moindre. Ce marche-pied ne doit pas être une simple traverse, mais une plan-

[*)ck, Différence entre la table et le banc. - h k', Hauteur du banc. - k V, Éloignement do marchepied, — l'j, Hauteur du dossier. — c n, Éloignement du dossier par rapport à la table.

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che large de 25 à îiO centimètres ; il est avantageux de l'incliner du côté de l'enfant sous un angle de 20 à 30°. 11 sera écarté de la ligne verticale pas-

Fig. 223. — Table- banc du docteur Cohn.

sant par le bord antérieur du banc de 12 à 20 centimètres. On voit cette disposition dans la figure 224, qui reproduit un modèle, d'ailleurs perfec-

Fig. 22-4. — Table- banc des écoles wurtembergeoises (*).

tionné, adopté en 1868 par le ministère de l'Instruction publique et des cultes de Wurtemberg, mais dans lequel on n'a pas observé la règle de la

distance nulle ou négative.

(*) c, Largeur du banc = 1/5 de la taille. — f, Hauteur du banc. — g, Largeur de la partie inclinée de la table. — k, Différence — 1/6 de la taille. — 1, Distance. — o, Largeur du marche-pied — 1/9 do la !ai!K — A et B, Dossiers.

spéciale.]

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6° Il est regardé aujourd'hui comme impossible que les enfants gardent la position perpendiculaire ou penchée en avant pendant des heures, sans prendre des attitudes vicieuses. Il est des instants où ils n'écrivent pas, mais lisent ou reçoivent la leçon orale du maître. La nécessité d'un dossier est admise partout ; on ne diffère que sur le mode d'exécution. Les uns le veulent transversal, d'autres vertical, ceux-ci en limitent la hauteur à la pointe de l'omoplate, ceux-là lui font suivre toute la longueur de la colonne vertébrale ; ici, il est plat ou en creux, uniformément incliné ; ailleurs, sa coupe représente, du côté de l'élève, une double courbe, concave dans la partie qui correspond à la région sacrée, convexe dans celle qui est en rapport avec la région dorsale (mobilier Kunze). La figure 225 est celle

Fig. 225. — Table et dossier du docteur Frey (*).

d'une table-banc recommandée par le Dr Frey et qui, en outre d'un dossier plus haut que large, légèrement incliné en arrière, présente quelques autres détails qu'il convient de signaler, savoir : la forme légèrement creusée de la surface du banc, plus en arrière qu'en avant (cette particularité se retrouve dans le mobilier Kunze) : et le mode de support de la table, qui permet d'en monter ou d'en descendre le pupitre, de sorte que le même modèle puisse servir à plusieurs tailles.

7° On ménage, sous la table, une case à ranger les livres et cahiers. Cette case ne doit pas descendre à plus de 12 ou 15 centimètres au-dessous de la table pour que les genoux de l'enfant ne s'y heurtent pas. Dans le même but, son bord antérieur est un peu en retrait par rapport au bord de la table. On peut se rendre compte de ce détail dans la figure 226, qui représente le mobilier scolaire de Bade, d'ailleurs défectueux à plu*

(*) Les mesures sont indiquées en pouces suisses. Le pouce suisse vaut 0n>,027. Arnould. — Hygiène.

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sieurs points de vue, particulièrement en ce que la distance est positive.

Fig. 226. — Table-banc de Bade (*).

Yarrentrapp conseille judicieusement de se préoccuper aussi, en ce qui

O 2 4 G S 10 l' 2" S'rfieill.

Fig. 227. — Table-banc proposée par G. Varrentrapp (**)

(*) a, Hauteur totale de la table, y compris le socle. — b, Hauteur du bord intérieur. — c, Largeur de la partie inclinée de la table. — d, Hauteur de la case aux livres. — e, Largeur de cette même case. — f, Hauteur du siège. — g, Largeur du même. — h, Différence. — i, Distance. — k, Longueur du socle.

(**) Hauteur du seuil ac et bd, 0m,071. - Largeur dont ce seuil déborde, ce et df, 0ra,0i9. — Largeur inl'éiieure, en, du pan latéral, 0m,22l. — Hauteur de ce pan, ec, 0m,651. — Hauteur de la case à livres, u w, 0m,18-2. — Largeur de la même, 0m,234. — Partie horizontale, tç, de la table, 0m,104. — Partie inclinée, git de la même, 0m,364. — Inclinaison, hi, «Je celte partie, 0m,052. — Largeur du marche-pied, Im, 0ra,286. — Distance (négative), op, 0^,026. — Hauteur du dossier, rs, Qm,078.

spéciale.]

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concerne les jeunes filles, non seulement des tables et bancs qui leur servent à lire et à écrire, mais encore du mobilier correspondant sur lequel elles apprennent les travaux d'aiguille de toutes sortes. Elles ont également la tendance à incliner la tête en avant, à incurver le tronc. Uu dossier assez élevé, de peu de largeur, dans le genre de celui de Frey (fig. 225), paraît très applicable à cette situation. On peut, cette fois, conserver une distance positive entre le siège et la table sur laquelle repose l'ouvrage. C'est en pareil cas que l'on peut admettre un siège mobile, pouvant être avancé ou reculé à volonté, et qui serait peu pratique dans une classe, à cause delà place qu'il exige et du bruit que font ses déplacements.

Au point de vue de l'économie à garder dans la construction des diverses grandeurs du modèle adopté, il est utile de remarquer qu'un certain nombre de dimensions peuvent être fixées une fois pour toutes et rester invariables ; ainsi, la distance est toujours nulle ou négative, la largeur et la longueur de la table, de la case aux livres, peuvent être les mêmes pour toutes les tailles ; il n'y a que la hauteur du siège et du marche-pied, la largeur du banc, la différence, les dimensions du dossier, qui sont forcées de varier.

Les règles qui viennent d'être tracées ont été l'objet d'une discussion soigneuse de la part de G. Varrentrapp, qui s'est efforcé de les mettre en pratique dans le modèle de table-banc ci-contre (fig. 227), en l'accompagnant de tableaux où sont fixées, d'une part, les dimensions proportionnelles ; de l'autre, les variations en rapport avec huit catégories de taille.

Les dimensions variables seront réglées comme il suit :

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