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spéciale.] MATÉRIEL D'INSTRUCTION. HH
amphithéâtres, où d'habitude les places sont disposées en demi-cercles étagés. Néanmoins, il n'est pas que Ton ne puisse rompre avec la vieille tradition en vertu de laquelle les élèves des facultés gagnent leur place en escaladant les bancs qu'ils souillent de boue, appuient leurs pieds contre le dos de leurs camarades, se couchent contre le gradin postérieur, quand ils en ont assez de la perpendiculaire, et écrivent sur leurs genoux, en se courbant horriblement, s'ils veulent prendre des notes. Le travail et l'attention gagneraient à ce qu'on leur rendît la position moins incommode, et l'on épargnerait à l'économie une fatigue inutile en ménageant au moins des dossiers et une table aux bancs de l'amphithéâtre. Quelques élèves en profiteraient peut-être pour dormir au cours; mais est-il préférable qu'ils s'abstiennent d'y venir par antipathie pour les bancs? Les bons élèves ne dormiront dans aucun cas, et c'est à ceux-là qu'on doit quelque bien-être dans l'accomplissement du devoir.
G. Matériel d'instruction. — Ce matériel comprend les livres, le papier, les ardoises et tableaux, les plumes, crayons, etc. L'hygiène n'a guère qu'une seule préoccupation vis-à-vis de tous ces objets et toujours la même; mais elle est des plus sérieuses. C'est leur influence sur la fonction visuelle et la santé de l'œil.
Les livres classiques, produits en quantité énorme par des maisons qui se soucient plus de leur propre gain que de tout autre intérêt, sont fort défectueux, en France, en Allemagne et ailleurs. Ils sont, en totalité ou en partie, imprimés en caractères trop petits. Toute impression, dit H. Gohn, dont les caractères ont moins de I millimètre et demi de hauteur, est nuisible aux yeux. Les pleins des lettres doivent avoir au moins 0,25 de millimètres d'épaisseur; les interlignages, au moins 2mm,5; la plus grande longueur des lignes ne doit pas dépasser 100 millimètres. Javal, remarquant qu'on lit très bien une ligne dont on ne voit que la moitié supérieure, propose un nouvel alphabet assez bizarre, qui supprime la partie basse des lettres longues p et q et diminue les queues du J, du g, de Yy ; ce serait un moyen de diminuer aussi les interlignages qui, selon l'auteur, sont du luxe. Nous ne partageons son avis à aucun de ces égards. Mais nous croyons avec lui et avec Maurice Perrin que les livres de classe ne doivent pas avoir plus de 6 à 7 lettres au centimètre courant (8 points typographiques) et, avec ces savants encore, nous sommes porté à restreindre la longueur de 10 centimètres, que Gohn tolère pour la ligne.
D'autres défectuosités encore sont à signaler : la minceur du papier, qui fait apercevoir sur le recto les lignes imprimées au verso; les lettres mal venues, par suile de la vétusté des caractères d'imprimerie ou la négligence des typographes, etc. Nous ne serions pas étonné que l'emploi de leurs horribles caractères gothiques ne fût une des raisons pour lesquelles la myopie est plus commune chez les écoliers allemands qu'en France. Beaucoup de livres scientifiques allemands ont le bon esprit de se faire imprimer en caractères modernes, très commodes à lire pour nous et, sans doute, pour les Anglais, les Américains, les Italiens; quelques autres ont
LE GROUPE SCOLAIRE
[Hygiène
cru faire acte de patriotisme en se rattachant au gothique plus énergiquement que jamais.
La couleur du papier n'est pas indifférente. Des caractères noirs sur un fond d'un blanc éclatant fatiguent la vue ; si l'on faisait le contraire, la visibilité des lettres serait diminuée et ce serait, d'ailleurs, lugubre. Javalafait prévaloir en France le principe de donner au papier des livres classiques une teinte jaunâtre, douce à l'œil, qui, pour la physique, est le résultat de l'absorption, c'est-à-dire de la suppression, des rayons d'une extrémité du spectre : violet, indigo, bleu. Il n'y a pas de raisons pour que Ton n'impose pas la même teinte au papier des cahiers d'écriture.
La plupart de ces règles se trouvent intentionnellement observées dans l'exécution du présent livre. Il a le papier teinté, solide; les lignes y sont de 113 millimètres, c'est-à-dire un peu longues, mais ce défaut est racheté par le « point », qui ne comporte pas plus de 67 lettres par ligne dans le texte ordinaire et 72 dans le petit texte, c'est-à-dire environ 6 lettres au centimètre. La hauteur des lettres (grand texte) dépasse lmm,5 ; l'interlignage a les 2mm,5 réglementaires. Nous avons soigneusement évité les notes que l'on trouve trop souvent, tenant une grande place, au bas des pages, en caractères microscopiques et fatigant doublement les yeux, par leur finesse et par les voyages incessants du regard d'un bout de la page à l'autre.
Des expériences nombreuses, accomplies sous la direction de Horner (Zurich), ont démontré pratiquement : que, toutes choses égales d'ailleurs, des lettres blanches sur fond noir semblent plus grandes que les lettres noires sur fond blanc, mais ne peuvent être lues qu'à une distance moindre, surtout quand il s'agit de lettres un peu compliquées, comme EB ; que des lettres noires sur fond jaunâtre sont lues avec la même facilité que si elles étaient sur fond blanc ; qu'enfin les lettres grises sur fond noir, comme les caractères tracés à la craie sur le tableau, sont moins aisément lues que celles des deux cas précédents. Les rapports de visibilité sont les suivants :
En comparant les caractères à l'encre sur le papier blanc avec les caractères tracés sur l'ardoise au crayon d'ardoise et ceux du crayon de plomb sur le papier ordinaire, l'auteur (1877) a constaté que les mêmes lettres étaient lues aux distances et dans les rapports ci-dessous :
1° Lettres noires sur fond blanc 2° — blanches — noir .
3° — grises — noir .
496 de visibilité.
Crayon d'ardoise.
159 centimètres.
Crayon de plomb.
183 centimètres.
Encre.
211 centimètres.
Des résultats différents relativement aux distances absolues ont été obtenus ultérieurement dans des conditions de luminosité moindre; mais
spéciale.]