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L'ÉLÈVE

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une leçon pendant plus de 15 à 20 minutes consécutives ; de 7 à 10 ans, 20 minutes sont le maximum de ses efforts; à 10-12 ans, 25 minutes; de 12 à 16, 30 minutes (Edwin Chadwick). En acceptant la pause nécessaire après chaque leçon, le retour de l'attention a lieu pour la leçon suivante, mais d'autant moins sûrement que l'élève est plus jeune. D'où la règle pour la durée totale du travail intellectuel par jour :

Au-dessous de 7 ans 2 heures lj2 à 3 heures.

— de 10 — 3 — à 3 heures Va-

— de 12 — 4 —

En Angleterre et pour les enfants des classes laborieuses, on a voulu* satisfaire à la fois au besoin qu'éprouvent les familles de se décharger du soin de leurs enfants et à la nécessité de ne point surmener le cerveae des jeunes écoliers; on tient ceux-ci à l'école proprement dite pendant trois heures chaque jour et on les occupe, le reste du temps, dans des magasins, des fermes, à. des travaux manuels à leur portée (half- time-syste?n). Cette méthode est en essai aux États-Unis (Lincoln).

Au-dessus de 15 ans, le nombre d'heures de travail par jour peut s'élever à huit ou neuf heures. Les élèves de l'École militaire de West-Poinl ont dix heures par jour de leçons ou d'études, ne sortent pas et, cependant, grâce à un ensemble parfait de conditions hygiéniques, jouissent d'une très bonne santé. A l'École d'agriculture de Massachusetts, on travaille dix heures par jour, sans compter les exercices militaires ou travaux agricoles. A Saint-Gyr, la moyenne journalière des travaux purement intellectuels est de huit heures.

Il ne faut pas oublier qu'en dehors des heures d'écoles, les enfants remportent des devoirs à faire à la maison et que leurs parents, soucieux de les munir autant que possible, réservent encore sur ce temps les heures nécessaires à des leçons de musique, de danse, d'escrime, de natation, etc. On enseigne trop de choses à la fois et l'on ne proportionne pas la nature des objets enseignés à la puissance d'élaboration des jeunes cerveaux, L'enfant est enclin à ne pas fixer son esprit, mais c'est à la condition que sa pensée sera libre dans le champ de la fantaisie ; si son attention ne fait que changer de terrain tout en restant commandée et tendue, son esprit ne se repose en aucune façon ; il se fatigue plutôt et se relâche ; ou si l'attention persiste, par un effort de volonté, ce n'est pas sans de graves dangers pour l'intégrité de la nutrition cérébrale et, par conséquent, pour le fonctionnement ultérieur des facultés intellectuelles. D'autre part, il est clair que les objets réels et leurs formes, que les phénomènes physiques et naturels, que les rapports à termes concrets, sont ce qu'il y a de plus facile à saisir pour les cerveaux à développement naissant. Au lieu, cependant, de leur offrir ce champ abordable, on commence par les bourrer d'abstractions ; la grammaire et le catéchisme, la quintessence des subtilités théologiques et la dernière expression de la philosophie du langage, voilà par où l'on introduit dans le monde de la science de jeunes têtes à peine sevrées. Puis viennent sans désemparer les langues anciennes, le

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LE GROUPE SCOLAIRE

[Hygiène

latin et le grec, qu'il faut bien apprendre dans les philosophes, les moralistes, les historiens de l'antiquité. — Constatons, heureusement, qu'une salutaire réaction a lieu, en France, dans ce moment même contre ces errements aussi antipathiques à la logique qu'à l'hygiène; depuis plusieurs années, l'École Monge avait reporté à l'âge de 12 ans l'étude du latin et du grec et mis les sciences physiques et naturelles au début de l'enseignement; c'est ce que les nouveaux programmes (1880) de l'instruction publique viennent à peu près de faire entrer dans l'enseignement officiel.

Au Congrès de Nuremberg (1877), les hygiénistes allemands avaient déjà émis le vœu que les heures de classe, dans les écoles de tous degrés, fussent réduites et qu'une plus grande part fût laissée à l'activité physique des jeunes gens (Finkelnburg). L'année suivante, à Dresde, Alexi et Chalybàus présentèrent au Congrès des propositions, qui ne furent pas votées, afin de laisser la discussion ouverte et aussi à cause des difficultés de réalisation qu'aurait pu susciter la différence d'organisation scolaire des nombreux États allemands, mais qui, du moins, réunirent l'assentiment général. Nous les reproduisons en abrégé parce qu'elles paraissent résumer les points essentiels de la question actuelle :

I. L'âge de la scolarité obligatoire commence à six ans accomplis et dure jusqu'à l'âge de quatorze ans révolus.

On ne sera pas admis avant l'âge de neuf ans accomplis dans les écoles du second degré (Gymnases, Realschulen, écoles supérieures de filles).

II. Le nombre d'heures accordées à l'instruction dans les écoles primaires (y compris le chant, la gymnastique, les travaux féminins) ne doit pas dépasser 22 heures par semaine, dans la classe inférieure (7 à 8 ans) ; 30 heures dans les classes moyenne (9 à 10 ans) et supérieure (il à 14 ans).

De ce temps, la matinée prendra 1 6 à 1 8 heures dans la classe inférieure, 18 dans la moyenne, 20 à 22 dans la classe supérieure.

L'instruction sera suspendue dans l'après-midi du mercredi et du samedi.

Le temps à consacrer au travail à la maison ne doit pas dépasser 1 heure et demie par jour pour la classe supérieure; I heure pour la moyenne ; une demi-heure pour la classe inférieure, qu'il vaudrait mieux en dispenser tout à fait. On ne doit pas tenir compte du dimanche pour le travail à la maison.

III. Dans les établissements d'enseignement secondaire (Gymnases, écoles réaies, etc.), et dans les écoles moyennes où l'on enseigne une langue étrangère, les heures consacrées aux branches obligatoires scientifiques doivent être prises sur la matinée exclusivement et ne pas dépasser 24 par semaine. On affectera l'après-midi aux branches obligatoires techniques (écriture, dessin, chant, gymnaslique, travaux de femmes) ; celles-ci ne devront pas prendre plus de 8 heures par semaine.

Le temps consacré aux devoirs à faire à la maison sera de 1 demi-heure à I heure et demie pour les élèves des classes inférieures (10 à 12 ans) ; de 1 heure à 2 poulies classes moyennes (13 à lo ans) ; de 2 à 3 pour les classes les plus élevées (16 à 19). On ne comptera pas, pour ces devoirs, sur le dimanche.

IV. L'instruction ne commencera pas avant 8 heures le matin ni avant 2 heures après-midi, pour les enfants au-dessous de 12 ans. Entre deux heures consécutives de classe du matin, il y aura une pause d'au moins 5 minutes ; entre la deuxième

spéciale.]

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