MALADIES SCOLAIRES
présentent selon les établissements chez 20 à 40 p. 100 des élèves (Finkelnfourg). Michel Lévy note 104 fois la céphalalgie chez les élèves de l'École polytechnique, sur 360 cas de maladie ou indispositions. Becker (Darmstadt) la rencontre chez 80,8 p. 100 élèves de la Prima du gymnase. Ces accidents, d'ailleurs, sont souvent liés au fonctionnement incomplet de la respiration. Beaucoup moins de station assise, beaucoup moins de contention d'esprit; et, en revanche, beaucoup plus de latitude et do mobilité de l'esprit et du corps chez les écoliers de tout degré : telle est évidemment la prophylaxie de ces troubles.
Le goitre scolaire a surtout été signalé en Suisse (Guillaume) et en Auvergne (Nivet). Peut-être ne se manifeste-t-il que quand il existe au préalable des causes plus générales et propres à la contrée. Guillaume, à Neufchâtel, l'a rencontré 48 fois p. 100 chez les garçons et 64 fois chez les filles.
Les écoliers des classes supérieures révèlent déjà la dyspepsie, proverbiale chez les hommes de cabinet. A l'École polytechnique, 290 élèves sur 586 (3 années) ont souffert de troubles digestifs.
Nous avons indiqué les déviations vertébrales et leurs causes. Ajoutons Yensellure disgracieuse (fig. 231) que fait contracter aux jeunes filles la répétition incessante du sot précepte : « Tenez-vous droites, Mesdemoiselles : creusez les reinsl » (Daily). A vrai dire, les tables défectueuses, pour écrire ou travailler à l'aiguille, les vêtements carcéraires produisent chez les filles d'autres déviations et même des déplacements de viscèi*es abdominaux, extrêmement graves à celles dont la destination est d'être les mères de la génération à venir. Rien que la position assise prolongée congestionne les organes contenus dans le bassin.
On accuse encore l'école de pousser au développement de la phlhisie pulmonaire, tant par l'influence de milieu (air animalisé) que par ce fait spécial que l'enfant assis, lisant ou écrivant, penché sur son pupitre, ne respire que d'une façon superficielle, ne développe pas son thorax ni ses muscles pectoraux. C'est dans ces conditions qu'il y a précisément inertie des sommets pulmonaires, le siège de prédilection du tubercule. A Berlin (Finkelnburg), sur 100 enfants qui succombent à chaque âge il en meurt de phthisie pulmonaire : 4, 81 de 5 à 10 ans ; 12, 96 de 10 à 15 ans ; 31, 88 de 15 à 20 ans. Malgré cette gradation en rapport avec le développement de la scolarité, on ne pourrait affirmer que le lien étiologique est réel qu'en apportant une statistique différente, empruntée à des individus qui ne fréquentent point les écoles. En réalité, on présume l'influence de l'école sur le développement de la phthisie par ce que l'on sait de l'influence meurtrière de la vie en commun (casernes, couvents, ateliers). Le remède et la prophylaxie consistent à rendre absolument salubre le milieu atmosphérique scolaire. Une école spacieuse, facile à ventiler et à ensoleiller par de grandes fenêtres et de vastes baies; des évacuations fréquentes et prolongées du local par les élèves ; du mouvement de ceux-ci à l'air libre; la propreté intérieure et personnelle; voilà de sûres garanties contre l'action des causes générales de la phthisie.
1120 LE GROUPE SCOLAIRE. [Hygiène
Du même coup, ce sont encore les préservatifs de la scrofule et de Vanémie scolaire.
Les mauvaises pratiques pédagogiques ne sont pas étrangères au déve-
Fig. 231. — Déviation de la colonne vertébrale (Daily, Société de médecine publique) (*)•
loppement des maladies nerveuses, y compris les perversions mentales. Les côtés par lesquels l'instruction de la jeunesse peut être rendue responsable sont: l'instruction prématurée; l'uniformité des doses du travail imposées
(*) A A'. Attitudes \icieuses (reins creux). — B B'. Attitudes normales.
spéciale.]