INTERNATS ET EXTERNATS
à tous les élèves, qui n'ont cependant pas tous le cerveau d'une égale capacité ; le caractère abstrait des études, à une époque précoce; l'excessive variété des devoirs à faire et des matières à élaborer le même jour (dans quelques écoles, c'est déjà un travail pour l'élève de se rappeler toutes ses obligations du jour); enfin et surtout, le manque flagrant d'équilibre entre la culture du physique et celle du moral (Voy. plus haut : Exercice). L'homme qui pense n'est pas « un animal dépravé », ainsi que l'a soutenu J.-J. Rousseau ; mais il faut penser à temps et dans la limite de ses forces.
Les écoles de *ous degrés peuvent encore être l'occasion de la dissémination des maladies contagieuses. Le moins que l'on puisse exiger des élèves qui s'y présentent est le certificat de vaccine. Malheureusement, les certificats de vaccine sont souvent délivrés après la vaccination et non après que le médecin a eu constaté le succès. La garantie contre la propagation scolaire des maladies contagieuses est la surveillance médicale (Riant), confiée, non au médecin de l'établissement, mais à un médecin de l'administration. Pour le reste, nous ne pouvons que nous associer aux vœux exprimés presque partout, en France et en Allemagne, relativement à l'introduction de X enseignement de F hygiène dans les établissements d'instruction secondaire et même primaire, y compris les écoles supérieures de filles. Une partie de ces vœux a été traduite,' chez nous, en prescriptions officielles {Arrêté du 6 mai 1872, annexé au plan d'études du 2 août 1880); mais c'est encore une décision qui a bien l'air de rester dans le domaine du platonique. L'hygiène n'est pas enseignée ou bien elle l'est par des gens à qui, trop souvent, la confiance en eux-mêmes tient lieu de titres à cette mission.
Internais et Externats. — La fréquentation des Écoles de n'importe quel degpé se fait suivant l'un ou l'autre ou suivant une combinaison de ces deux modes essentiels : Y internat et Yexternat, Dans le premier, les élèves passent tout leur temps à l'établissement d'éducation, y mangent, y couchent, y sont entretenus de toute manière ; dans le second, ils n'apparaissent à l'établissement que pour la classe proprement dite et rentrent dans leur famille, qui se charge de leur entretien matériel et du reste de l'éducation. Entre les deux, il y a le système de la demi-pension, dans lequel l'élève passe toute la journée à la maison scolaire et y prend un repas, mais n'y couche pas et n'y séjourne pas aux jours de congé. Il y avait autrefois, en France, et il existe encore en Angleterre et aux États-Unis une pratique, qui porte le nom de système lutorial, et d'après laquelle des élèves de la campagne ou des petites villes, pour pouvoir suivre les cours au collège du chef-lieu, se faisaient loger et entretenir en ville, dans une famille de modeste aisance, mais de bonne renommée, qui faisait métier de recevoir ainsi, moyennant une rétribution abordable, un petit nombre de jeunes gens ; ceux-ci n'étaient point les locataires d'un hôtel garni, ils devenaient les hôtes de cette famille et en étaient transitoirement les membres; par conséquent, ils y étaient l'objet de soins affectueux et d'une surveillance point trop différente de la direction paternelle.
Arnould. — Hygiène. i ■
LE GROUPE SCOLAIRE
[Hygiène
Il n'est pas difficile de se prononcer sur la valeur respective de ces divers, systèmes. L'internat est déplorable à tous égards et particulièrement antipathique au vœu de l'hygiène, plus encore pour les garçons que pour les filles, dont le régime sédentaire est un peu la vocation. Il faut le réduire au minimum et, puisqu'il reste nécessaire dans de certaines limites, pour les enfants qui n'ont dans la ville scolaire ni parents ni amis qui veuillent les recevoir et les diriger moralement, nous ne pourrons jamais assez réclamer l'installation d'internats ruraux, comme les Jésuites, Oratoriens, Dominicains, ont eu le bon esprit d'en conserver ou d'en créer, et comme l'Université en a quelques-uns (Vanves, Gluny). Les Universités anglaises sont, sous ce rapport, des modèles à étudier. Un point que nous devrons atteindre, ce sera que des professeurs soient logés à l'établissement ou dans une de ses annexes immédiates; l'internat est nul pour l'éducation et reste odieux aux pensionnaires, parce que, hors des classes, les élèves n'y revoient jamais ceux des Maîtres qu'ils aiment et qu'ils ont l'habitude de tenir en estime et respect.
Nous ne sommes pas bien sûr qu'il soit même très utile de tenir casernes les élèves de nos écoles militaires. Personne ne contestera que ce casernement ne soit une condition hygiénique inférieure, lors même que son installation matérielle réaliserait l'idéal dont nous sommes habituellement si loin.- A quoi sacrifie-t-on la supériorité de la dissémination des élèves? Au besoin de l'uniformité et de l'enrégimentement précoces; à l'idée que la discipline souffrirait grandement de la petite part de liberté et d'initiative qu'on laisserait aux jeunes gens. Cette idée n'est pas absolument fausse ; mais nous ne croyons pas que cette discipline et cette régularité de surface compensent le fâcheux retard qui est ainsi apporté à l'éelosion, chez les jeunes hommes, du sentiment de la dignité et de la responsabilité personnelles. A Woolwich, nous dit-on, les élèves sont fort libres; seulement, quiconque se grise est mis à la porte, et quiconque répond mal aux examens est fruit sec. Aussi, tout le monde travaille et personne ne s'enivre (à de très rares exceptions près).
Etant admis, pourtant, qu'il y ait des internats, ils réclament, surtout s'ils sont urbains , l'observation rigoureuse des règles précédemment tracées, au sujet des habitations collectives.
Le régime alimentaire e^ige un soin tout particulier sous le rapport de la qualité des substances, de leur préparation, de la constitution et de la variété des menus, de la distribution et de la constitution des repas. Quant aux quantités, elles sont déterminées par les règlements et les Directeurs n'ont qu'à s'assurer.qu'il n'y a pas malversation de la part des employés subalternes ou autres. Romuald Gaillard compare dans le tableau ci-contre les tarifs alimentaires de divers établissements scolaires ou hospitaliers en France.
Dans le Nord, le vin est remplacé par la bière, qui plaît aux jeunes gens du pays, mais est peu goûtée des étrangers.
Il serait peut-être bon de s'occuper de Yuni forme de nos lycées. La tunique à un rang de boutons ne se boutonne plus, parce que c'était très
spéciale.]