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sinon mauvaise. Il est facile de comprendre le lien de cet état intellectuel avec la nullité des précautions d'hygiène générale ou particulière que Ton rencontre si fréquemment chez eux. Cette lacune grave est plus sensible encore au dehors qu'à l'atelier, où quelques mesures réglementaires obligent le personnel. Rendu à lui-même, l'ouvrier est malpropre sur sa personne et dans son logement; il ne sait ni s'alimenter convenablement, ni réaliser quelques économies ; un grand nombre se livrent à des excès alcooliques, intermittents mais réguliers (le dimanche et le lundi) ; une haute et précoce dépravation se développe dans les ateliers de femmes. Nous n'avons pas à prendre ici le rôle de moraliste ; sans excuser l'inconduite des travailleurs de l'un ou de l'autre sexe, nous pourrions trouver à l'expliquer. Mais, en restant sur le terrain de l'hygiène, il est par trop clair que les habitudes de débauche désarment l'homme et la femme vis-à-vis des influences physiques redoutables qui les attendent, plus ou moins intenses, dans l'atelier.

La durée du travail. — L'homme ne peut rester actif que pendant un temps limité, surtout si son activité ne change pas d'objet. La limite se rapproche, quand il s'agit de jeunes gens. Indépendamment du sommeil nécessaire, des pauses sont indispensables pour les repas et, d'ailleurs, pour rompre la continuité du labeur. A cet égard, d'étranges habitudes se sont implantées dans les populations industrielles; sous prétexte que l'entrée d'un ouvrier dans une usine est un « contrat » librement accepté entre le travailleur et le patron, celui-ci est arrivé peu à peu à demander à l'ouvrier, en échange d'un salaire convenu, un nombre d'heures de travail journalier qui dépasse la tolérance du sens commun. L'ouvrier est, dit-on, toujours libre d'accepter ou de refuser ; les vérités théoriques sont fort complaisantes. L'ouvrier accepte donc, et il en résulte une situation qui n'est guère bonne pour personne, mais qui est particulièrement meurtrière pour la population laborieuse. On voit, en effet, ces malheureux, excédés, circuler encore automatiquement, après 12 heures de travail, autour du mécanisme implacable, dont ils continuent à surveiller tant bien que mal le fonctionnement ; mais s'il fallait un effort d'attention ou de vigueur, on peut être certain qu'ils en seraient incapables. Enfin, ils rentrent chez eux; mais, à ce point, on n'a plus de chez soi, on ne voit plus ni femme ni enfants; il n'y a qu'un endroit où l'individu exténué et affamé vient prendre sa pâture et un grabat sur lequel il s'étend, n'ayant plus la force de penser ni de sentir. Le lendemain, c'est à recommencer, et si, comme c'est inévitable, le repas et le sommeil n'ont pas équilibré la dépense de la veille, l'homme est de moins en moins capable de fournir un travail actif, une attention suffisante; il se traîne. La journée dure longtemps; mais quel ouvrier et quelle besogne! Quelle famille aussi et quel foyer!

Cependant, les forces et la vitalité sont débordé'es de plus en plus ; c'est comme une dégradation méthodique des individus. On peut en augurer de la valeur des reproducteurs dans cette classe, et des tristes attributs de la génération qui va en sortir. Le malheur veut que les séductions du tra-

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vail assuré, et du salaire en apparence rémunérateur, précipitent vers les centres industriels les ouvriers de la campagne qui se dépeuple au profit des villes ; les reproducteurs tarés se multiplient et l'emporteront peutêtre quelque jour; on cherche déjà, dans les villes industrielles, parmi la génération qui s'élève, les jeunes gens sur qui le pays puisse compter; d'irréprochables, on n'en trouverait guère. L'inaptitude au service militaire dans le département du Nord, selon les divers cantons, se répartit en raison directe de l'extension des grandes industries, comme il résulte des études du Dr Costa. Le « libre contrat », dans ces conditions, perd beaucoup de ses droits à notre respect, et nous ne voyons pas pourquoi l'État, <|ui est responsable de la sécurité de tous et de l'intégrité de la race, ne fixerait pas les termes dans lesquels ce contrat devra se conclure, de la même manière qu'il impose aux citoyens l'instruction et le service militaire obligatoires (Pierre Legrand) .

£<e voisinage. — Bien que les influences de l'industrie sur les humains <jui se trouvent dans son rayon, cessent d'intéresser précisément le « groupe industriel », il est impossible de ne pas rappeler ici qu'un certain nombre d'opérations et d'établissements compromettent plus ou moins largement .pour tout le monde :

l? atmosphère : fumée de charbon, vapeurs, odeurs, poussières incommodes ou toxiques (hauts- fourneaux, briqueteries, fabriques de produits chimiques, céruseries, fabriques de bleu d'outre-mer, etc.).

Le sol et Veau : substances organiques putrescibles ou putrides {usines à laine, routoirs, distilleries) , substances chimiques (teintureries, etc.).

D'autres incommodent le voisinage par le bruit, ou menacent les habitations incendie. Toutes tendent à l'exagération de la densité des groupes humains et forcent la population des villes à prendre part aux contagions matérielles ou morales que les rassemblements d'ouvriers entretiennent.

Assain issemeii t industriel. — En reprenant le même ordre que tout à l'heure, nous pouvons rapporter les mesures générales d'assainissement •industriel :

1° Au milieu. — Quand il s'agit des fabriques, des filatures et de toute -autre industrie comportant des ateliers sous abris clos, il est de rigueur •d'observer, dans la constitution de ces ateliers, les règles communes aux habitations collectives. Il faut les placer à la périphérie des villes ou même à la campagne, dans l'intérêt des ouvriers et lors même que l'industrie particulière n'aurait rien d'incommode pour les voisins. Dans quelques usines, on a adopté le toit en scie, très avantageux pour l'éclairage, mais qui supprime l'insolation intérieure. C'est peut-être regrettable; au moins fauMl ménager, concurremment, de larges baies d'aération et même d'introduction de la lumière solaire par intervalles, si la nature de l'industrie .ne s'y oppose pas.

La ventilation générale, c'est-à-dire le renouvellement de l'air, doit y être

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assurée. C'est encore le soin qu'il faut avoir par-dessus tout vis-à-vis des ouvriers des mines ou des tunnels ; on l'a, d'ailleurs, compris partout, et c'est aux magnifiques appareils de propulsion ou d'extraction d'air, appliqués aujourd'hui aux puits de mines, que l'on doit la disparition à peu près complète de Yanémie des houilleurs, comme c'est sur eux que l'on pourra le plus compter à titre de protection contre le grisou. Il nous a paru que, sauf des circonstances spéciales, les ventilateurs par extraction doivent être préférés aux autres dans ce cas particulier. Pagliani a, non sans raison, attribué une part du méphitisme dans lequel les ouvriers des tunnels contractent l'anémie, soit à ce que l'on avait commencé les galeries d'avancement par la partie inférieure ou cunette, comme au mont Cenis, soit à ce que l'on avait poussé ces galeries à plusieurs kilomètres, comme au Saint-Gothard, sans enlever au fur à mesure, pour les agrandir, les parties latérales et inférieures. Les gaz irrespirables s'accumulant à la partie supérieure de la voûte, il faut s'empresser de laisser un espace libre au-dessus de la tête des ouvriers. En outre, lorsque l'accumulation des gaz irrespirables est menaçante sur un point particulier, il faut y faire passer le courant d'air, soit à l'aide de tuyaux ou de galeries de ventilation, soit par le jeu d'un système de portes. Au besoin, on fait agir simultanément des appareils aspirateurs pour extraire l'air vicié et des propulseurs d'air comprimé, qui ont un effet plus local (Pagliani).

Nous avons dit (Hygiène générale) que, dans ces cas, les appareils mécaniques sont de beaucoup les plus sûrs.

Mais la ventilation est encore un des moyens de se débarrasser des poussières et des vapeurs dangereuses. Tantôt la ventilation générale par extraction y suffit ; tantôt il est nécessaire d'y adjoindre des dispositifs d'une action locale et immédiate. Ainsi, les hottes et tambours d'aspiration, placés immédiatement au-dessus des chaudières où les cérusiers fondent leur plomb, la cage de verre de Deschamps autour du bain de sulfure de carbone dans lequel se dissout le caoutchouc vulcanisé. — Les meules des aiguiseurs peuvent être enveloppées dans la plus grande partie de leurs dimensions d'un revêtement en bois, dans lequel s'ouvre un tuyau spécial d'aspiration; une disposition analogue s'adapte aux machines qui font le plus de poussière, dans les filatures de laine et de coton, aux moulins à céruse, etc. Toutes les fois que c'est possible, l'aspiration doit se faire de haut en bas, et les poussières être conduites assez loin dans des chambres à poussière où elles arrivent avec une vitesse faible. Si, en effet, on les projette dans l'atmosphère, il peut en rentrer une partie dans l'atelier, et l'autre partie être nuisible au voisinage. C'est ainsi que Bell (J. H.) a pu observer, à Bradfort, sur des ruminants qui paissaient autour des usines où l'on travaille la laine et le crin, des accidents charbonneux, semblables, d'ailleurs, aux accidents éprouvés par les ouvriers eux-mêmes (Woolsorttrs diseuse).

Il est indiqué d'opérer en vases clos, quand il s'accomplit des phénomènes chimiques dangereux; à' envelopper tous les mécanismes qui provoquent des poussières toxiques. Les chambres où tombe la céruse en poudre, au sortir du moulin, doivent être hermétiquement closes ; lesdécapeurs

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mécaniques, être rigoureusement enfermés. On n'ouvre ces chambres que 24 ou 36 heures après que le mécanisme a cessé de fonctionner, afin que les plus fines poussières aient pu se déposer.

Yî Iwmectation du sol, de l'atmosphère, de l'objet même du travail, soit avec de l'eau, soit avec la vapeur, ou encore avec une solution chimique spéciale, rend les plus grands services. Meyer fait arroser avec de l'eau renfermant un demi-litre d'ammoniaque le sol des ateliers Rétameurs de glace ; A. Manouvriez conseille l'eau en pluie fine pour abattre les poussières et vapeurs qui se développent dans la fabrication des agglomérés du hrai; les cérusiers projettent de la vapeur dans les chambres de décapage avant d'y laisser pénétrer les ouvriers ; l'usine Théodore Lefebvre, à Lille, fabrique les six septièmes de sa céruse à l'état constamment mouillé, soit d'eau, soit d'huile, de telle sorte que la poussière ne se forme même pas. Les injections de vapeur ou d'eau en pluie sont encore un puissant moyen de sécurité dans les mines de houille où la présence des poussières est si redoutable dans les galeries à grisou.

Les arrosages et le rafraîchissement de l'air entrant par de l'eau en pluie sont, du reste, une ressource qu'il ne faut pas négliger, dans tous les ateliers où la température s'exagère. Il est indiqué de rafraîchir l'air, même en le faisant passer sur un mélange réfrigérant, lorsque la chaleur du milieu devient un élément de son insalubrité.

On dégage des vapeurs de térébenthine dans les ateliers où est manipulé le phosphore (Letheby).

Une très grande variété de respirateurs ont été inventés pour permettre aux ouvriers de n'inspirer que de l'air pur, dans un milieu pénétré de poussières, mélangé de vapeurs ou de gaz toxiques, ou même tout à fait dépourvu d'air respirable.

Contre les poussières, mentionnons : le respirateur de ouate, de Garrick, les respirateurs au charbon glycériné de Steenhouse, Tyndall, Shaw ; les masques Durwel (de Guebwiller), Poirel (de la Ferté-sous-Jouarre), Eulenberg ; le respirateur de Roberts, dans lequel l'air traverse une eau de chaux ou de potasse pour se dépouiller de GO'2 avant d'arriver aux poumons de l'ouvrier (mauvais procédé), les appareils de Fayol, Layet, Bell, etc.

Yis-à-vis des mélanges irrespirables, nous rappellerons les appareils Gabirol., Rouquayrol-Denayrouze, décrits précédemment (pages 335-337), auxquels il faut joindre le système Galibert, le respirai de Léard (fig. 232) et quelques autres analogues.

Dans le respirol de Léard, la conduite d'air G est assez longue pour que l'extrémité E puisse rester dans l'air pur lorsque l'ouvrier est entré dans un milieu irrespirable; mais si le lieu insalubre était trop éloigné d'un milieu respirable, il faut injecter de l'air dans la conduite, à l'aide d'une pompe foulante.

Tous ces appareils ont l'inconvénient d'être gênants pour un travail soutenu et de travestir les ouvriers d'une façon grotesque. La figure cijointe fait saisir cette dernière particularité à première vue. Pour ces raisons, et à moins qu'il n'y ait urgence flagrante, les respirateurs et masques,

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même les plus légers, fussent-ils une simple gaze, sont mal reçus des ouvriers et principalement des femmes, chez qui la coquetterie ne perd iamais ses droits. Force est donc de s'adresser surtout aux mécanismes qui

Fig.232. — Respirol de Léard (*).

assainissent le lieu sans que l'ouvrier ait à prendre des précautions personnelles.

(*) A. Cylindre respiratoire communiquant avec l'intérieur du masque par une tubulure et quatre soupapes (deux inspiratrices, deux expiratrices). — B. Tuyau communiquant avec la conduite d'air. — C. Masque. — D. OEillère. — E. Crépine à trous garnis de coton pour tamiser l'air. —F. Anneau fixant la conduite d'air G. — H. Ceinture. — I. Bretelles. — 1, 2. Enveloppes métalliques perforées, protégeant les soupapes. — 3, i. Con dtiite d'air bifurquée.

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Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit (Hygiène générale) des mesures à prendre dans le travail sous des pressions augmentées ou diminuées. Quant à Y humidité du milieu, elle peut être prévenue dans la plupart des ateliers non souterrains ; diminuée par des modifications des procédés manufacturiers, par des appareils protecteurs, dans la filature de lin, la teinturerie, etc.; combattue partout en facilitant aux ouvriers les moyens de quitter les vêtements humides, au sortir du travail ; en leur en imposant même l'obligation.

2° Aux instruments et à l'objet du travail. — Les arbres de transmission, les volants, doivent être mis hors de la portée des ouvriers; les mécanismes dangereux être enveloppés ou tout au moins défendus par des gardes, des grilles, des tabliers; les courroies de transmission ne seront jamais mises en place ou déplacées qu'au moyen d'un long crochet et quelques ouvriers sûrs seront seuls chargés de cette besogne. On éloignera les femmes et surtout les enfants des pièces où une imprudence peut coûter la vie ou un membre ; de larges passages seront ménagés entre les machines et les métiers ; on recommandera aux ouvriers et surtout aux ouvrières d'éviter les vêlements amples et flottanls, les cheveux dénoués, etc.

On cherche encore le moyen d'interrompre brusquement la transmission du mouvement pour les cas d'accidents d'engrenage ou autres pareils. Jusqu'à présent, on fait « stopper » la machine à vapeur. Habituellement, il est trop tard.

Un contrôle sévère doit être exercé sur la fabrication des chaudières des générateurs et une surveillance attentive des patrons se pratiquer à l'égard des chauffeurs. Il ne faut pas demander à une machine plus qu'elle ne peut donner ; Cornut (de Lille) a constaté que des propriétaires chargent h dessein la soupape de sûreté de la chaudière des locomobiles employées en agriculture, afin d'obtenir une pression supérieure à la pression prévue pour l'épaisseur des parois de la chaudière. Il n'est pas étonnant que l'on obtienne ainsi des explosions.

Malgré les dangers d'ailleurs évitables, il est à désirer que l'on remplace le plus possible la main de l'homme par la machine, puisqu'il y a un grand nombre d'industries dont la matière est dangereuse à manier ou même à approcher. Par bonheur, l'industrie a une tendance naturelle à élever ainsi la puissance de l'outillage mécanique et ne demande pas autre chose aux ingénieurs; moins l'industriel aura de bras à payer, plus il pourra produire en réduisant ses frais ; tout le secret de la concurrence industrielle est là.

Indépendamment des précautions indiquées tout à l'heure vis-à-vis des substances toxiques sûr lesquelles opèrent certaines industries, un grand moyen d'assainissement et tout à fait radical serait la substitution de matières inoffensives aux minéraux et agents toxiques, partout où l'on emploie ces derniers. Cette question a occupé l'une des séances du congrès d'hygiène de 1878, auïrocadéro.

Hillairet a essayé, avec un succès encourageant, de remplacer le mercure par la mélasse dans le secretage des poils de lapin (chapellerie) ; Brossette,. de substituer \ argenture à rétamage mercuriel des glaces (miroitiers) ; la

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dorure galvanique diminue naturellement l'extension de la dorure au mercure.

Les émaux plombifères peuvent faire place à des émaux inofîensifs (Constantin, Delloye-Masson). Voici une formule de vernis, donnée par Constantin, pharmacien à Brest :

Vernis incolore.

Silicate de soude alcalin à 50° 100

Quartz en poudre lô

Craie de Meudon 15

Vernis brun.

Silicate de soude alcalin à 50° 100

Qaartz en poudre 15

Peroxyde de manganèse cristallisé. 15

Pour la peinture en bâtiment, Leclaire obtient avec le blanc de zinc des résultats aussi beaux au moins que ceux qu'on obtient avec le blanc deplomb (Gubler et Napias). Au témoignage d'Alfred Lutschaunig (de Liverpool), on emploie très largement, en Angleterre, une peinture au sulfure dezinc, plus belle que la peinture à la céruse ; c'est le blanc de Griffiths (Gn'ffithss Patent White).

La substitution du phosphore rouge au phosphore blanc se fait courammenl dans les pays du Nord, pour la fabrication des allumettes. Elle se répand peu en France.

Les chimistes ont trouvé, pour remplacer les verts arsenicaux et cuivriques(vertde Scheele, vert de Schweinfurt), des couleurs dont l'usage serait inoffensif pour les ouvriers qui les emploient, à cause des vapeurs irritantes ou toxiques qui se dégagent dans les procédés actuels de préparation. On peut faire la même réflexion pour les coulews d'aniline, peu dangereuses h l'usage, mais redoutables pour les ouvriers de la préparation, en raison de l'intervention, dans celle-ci, du bichromate de potasse et de l'acide arsénique.

Nous avons dit précédemment (Vêtement) que Collineau et Savigny présentent une substance végétale (la cantine, du Brassica caulis), avec laquelle on pourrait obtenir toutes les couleurs sans arsenic. Un inventeur^ du nom de ïurpin, assure avoir obtenu, pour la coloration des jouets d'enfants, des couleurs inoffensives et solides, à l'aide de l'éosine, de la fluorescéine, de certaines combinaisons avec le chromate de zinc, de l'acide borique et du bichromate de potasse, des outremers et des différents dérivés de la houille ; la préparation en serait également sans danger.

Nous indiquerons tout à l'heure quelques-unes des dispositions matérielles plus spécialement appliquées à sauvegarder l'existence des mineurs.

3° A l'ouvrier. — Les mesures à prendre vis-à-vis des ouvriers et d'une façon générale ont été indiquées par L. Hirt dans l'ordre suivant, que nous prenons pour cadre, en y introduisant les considérations que l'état actuel des choses semble devoir susciter.

a. Donner aux ouvriers Vinstruction, qui relève le niveau moral et fait attacher du prix à la vie. Les éclairer spécialement sur les dangers de leur profession et sur les moyens de préservation. AvecL. Hirt,Paliard et Napias (Congrès d'hygiène au Trocadéro) ont formulé le vœu de voirinstituer régulièrement cet enseignement de l'hygiène industrielle aux ouvriers, en

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commençant par les enfants. Nous-même avons essayé, à Lille, des cours municipaux et publics, de ce caractère ; l'utilité en fut contestée parle conseil municipal d'alors dans des termes tels que le plus simple amourpropre professionnel dut nous obliger à les interrompre.

Il n'est pas besoin de répéter ici que l'instruction est la condition première delà moralisation.

b. Protéger les ouvriers par des règlements intérieurs et par des dispositions législatives.

1. Règlement intérieur. — En dehors des injonctions, défenses, punitions, relatives au maniement des machines, des appareils de ventilation ou de protection, au port des masques, des gants, ce règlement prescrira, dans tous les ateliers humides, à vapeurs ou poussières toxiques : de quitter, à la porte de l'atelier, le vêtement de la maison pour en prendre un autre, exclusivement de travail, et inversement ; de ne pas manger dans l'atelier : de se laveries mains et le visage avant le repas; de baigner à de courts intervalles tout le corps. Mais il fautbien se dire que les prescriptions ne seront respectées qu'autant que les chefs d'usine donneront aux ouvriers le moyen de les mettre en pratique en installant, à l'usine, un vestiaire, des lavabos avec du savon et du linge, des bains, un réfectoire. Un examen médical d'aptitude au travail particulier de chaque industrie, pratiqué sur les ouvriers qui se présentent à l'usine, compléterait l'action de ce règlement, sans préjudice des visites qui ont pour but le soin des malades et même, avant la maladie déclarée, la recherche sur tout le personnel des premiers indices d'intoxication, que souvent les ouvriers ne remarquent pas euxmêmes ou ne veulent pas avouer. Hirt voudrait que ces visites ou inspections fussent confiées, non pas au médecin de l'établissement, mais à un médecin délégué par les autorités sanitaires (en France, l'administration départementale).

2. Dispositions législatives. — La loi, jusqu'aujourd'hui, n'a cru pouvoir protéger formellement que les enfants et les femmes.

C'est l'Angleterre qui, parla loi du 22 juin 1802, donna l'exemple de l'intervention de l'État dans l'industrie particulière, au nom de la morale et de la santé des enfants ; en France, le décret de 1810 sur les « Etablissements insalubres » n'était qu'une mesure de protection publique et n'envisageait pas spécialement les jeunes sujets. La Suisse (1813), la Prusse (1827-1839) suivirent l'exemple de l'Angleterre qui, elle-même, en 1839 et successivement jusqu'en 1875, se donna une série extrêmement nombreuse de mesures administratives, destinées à protéger les populations industrielles. En 1875, une commission a été chargée de la besogne assez épineuse de résumer ces règlements divers et d'en faire une législation homogène (Alkaliact). Malgré ce souci apparent des gouvernants, le principe du respect de la liberté individuelle a fait que les dispositions anglaises sont plutôt répressives que préventives et que l'on voit encore aujourd'hui, dans le pays, des enfants de 8 à 13 ans passer la journée dans un atelier. Beyer (de Dusseldorf) en évalue le nombre à 118,000.

En Allemagne, le règlement du 21 juin 1869 (fteichsgewerbeordnung), déjà

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