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Les blessures des membres sont doncbeaucoup plus communes que celles du tronc. Il est remarquable que les blessures de la lête soient' aussi fréquentes que ces dernières ; ou en trouverait peut-être l'explication dans la foi me parabolique de la trajecloire des balles. Une des conséquences des blessures dont la perspective préoccupe toujours beaucoup les militaires de tout grade avant la bataille, c'est Y hémorrhagie immédiate ou primitive. Il ne paraît pas, cependant, que cette complication soit aussi redoutable qu'on l'a cru, ni même qu'elle soit très redoutable. Les gros pic jecliles, tels que les éclats d'obus sectionnent assez nettement les tissus et les vaisseaux pour entraîner l hémorrhagie ; mais les balles rompent les artères plutôt qu'elles ne les coupent, c'est comme une plaie par arrachement ; le bout supérieur du vaisseau est comme frange, il se rétracte et s'obture de lui-même ; il faut que le calibre du vaisseau approche de celui de 1 humé raie ou même de la fémorale pour que cette obturation spontanée soit insuflisante. Les grosses veines, qui ne se rétractent pas, peuvent donner lieu à des hémorrhagies aussi funestes que celles des artères (Legouest). Somme toute, si l'on défalque les blessures avec hémorrhagie, mais à la suite desquelles la mort fût survenue même sans rhémorrhagie, Beaunis ne croit pas que le nombre des blessés succombant à 1 hémorrhagie, et qui eussent pu être sauvés si rhémorrhagie eût été arrêtée, dépasse notablement 6 p. loOî).

Assistance aux blessés de guerre. — L'organisation des secours aux blessés, des ambulances de tout degré, matériel et personnel ; bran ards, voitures, trains sanitaires brancardiers, infirmiers, médecins ; l'orme tout un vaste chapitre que la chirurgie d'arm e fait rentrer dans ses éludes, non à tort, mais qui relève certainement a plus juste titre, de l'hygiène militaire. Car c'est bien celle-ci qui doit prévoir, prescrire, réunir et agencer les diverses pièces du mécanisme que l'autre mettra en œuvre. Rien n empêche, du reste, en pratique, que le même homme soit à la fois hygiéniste et chirurgien militaire; c'est même la réalisation de ce double attribut qui est désirable. A la vérité, pour être ce chirurgien d'armée idéal, ce n'est pas trop de s'y êlre consacré tout enlier et de n'avoir pas lait autre cho-e toute sa vie. On ne se figurera pas que la bo ne volonté tienne lieu ae préparation et d'expérience aux ambulances volontaires et aux Sociétés de secours aux

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blessés, et les États commettraient une lourde faute en comptant sur cette organisation latérale de la médecine de guerre. Les Sociétés de secours ont été autrefois une leçon énergique donnée aux gouvernements, en présence de l'insuffisance flagrante du service sanitaire militaire qui avait caractérisé nos guerres de Crimée et d'Italie ; elles n'ont jamais pu devenir une suppléance, parce que le déplacement d'attributions ne produit rien de bon. L'Etat a le devoir strict de pourvoir aux soins des soldats malades et blessés par le fait même qu'il a le droit d'en déposer pour faire la guerre. Gonséquemment, les particuliers n'ont pas d'initiative à prendre à cet égard, leur rôle se borne à satisfaire aux réquisitions, quand il y a lieu.

Igïhlios-papitie. — Jacquot (Félix) : Du typhus de l'armée d'Orient. Paris, 1858. — Chenu (J. G.) : Rapport sur les résultats du service médico-chirurgical pendant la campagne d'Orient. Paris, 1865. — Earnes (S. K.) : The médical and surgical History of the War of the Rébellion 1861-1865. Washington, 1S70. — Le Fort (Léon) : La chirurgie militaire et les Sociétés de secours. Paris, 1872. — Lego'uest : Traité de chirurgie d'armée. Paris, LS72. — Engel : Die Verluste der deutschen Armée in Offizieren und \ annschaften im Kriege gegen Frankreich. Berlin, 1872. — Morache (G.) : Traité d'hygiène militaire. Pai-is, iS74, 1 vol. in-8. — Laveran (A.) : Traité des maladie* et des épidémies des armées. Paris,

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1876. — Ghenu (J. G.) : Aperçu sur les expéditions de Chine, Cochinc'dne et du Mexique. Paris, 1877. — Ministère de la guerre (France) : liecueil de mémoites de médecine, de

( chirurgie et de pharmacie militaires. — Statistique médicale de l'aimée (depuis I86v). — Roth (Wilhelm) : Jahresbericht ùber die Leistungen und Fortschritte auf dem Gebiete des Militair- Sanitâtswesen. Berlin (depuis 1874).

lia marine. — Les navires de commerce, au nombre d'environ 61,0G0 pour les 14 nations maritimes de l'Europe et pour les États-Unis, promènent sur les mers près d'un million d'hommes. La marine de guerre, en France, comprend 20,0U0 marins en service actif et 80,000 de réserve ; en Angleterre, 18.000 matelots actifs et 52,000 de réserve. Si nous ajoutons à ces chiffres le nombre considérable d'individus, troupes, passagers voyageurs, colons, commerçants, émigrants, qui se trouvent temporairement associés aux conditions de l'existence nautique, on comprendra que l'hygiène navale, étant donnée d'ailleurs la spécialisation objective évidente, ait paru assez importante pour légitimer, comme l'hygiène militaire, des études directes et des ouvrages dont les développements se sont renfermés dans ce cadre exclusif, mais suffisamment large.

Ne pouvant ici entreprendre une analyse complète de la situation de ce groupe, nous nous bornerons à signaler les trois points essentiels par lesquels le problème sanitaire se caractérise en ce qui concerne la marine, à savoir : 1° le séjour du navire ; 2° la séparation d'avec la terre ferme et surtout d'avec les ressources alimentaires ; 3° la mobilité du groupe.

1° Le navire devient à la fois le support et l'habitation des gens de mer. Quoique entouré d'air pur, lorsqu'il vogue au large, le navire présente cette contradiction de constituer presque toujours un milieu respiratoire des plus médiocres, sinon des plus menaçants. La raison en est dans ses proportions restreintes relativement au nombre d'individus qu'il supporte. De telle façon qu'il est régulièrement menacé d'encombrement, par le fait de

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l'agglomération des hommes, et de méphitisme par suite de la parcimonie avec laquelle le cube de place est mesuré à chacun. Il va sans dire que le matériel rétrécit encore l'espace.

La marine de l'État ne fait plus de ces vaisseaux à trois ponts que montaient 1,000 à 4,200 hommes ; les grands cuirassés (Magenta, Marengo) ne portent plus que de COO à 650 hommes ; les petits vaisseaux de guerre, 300. Mais, dans un moment donné, des troupes de terre embarquées doublent le personnel. Quant aux navires de commerce, ils restreignent le plus possible le chiffre de leur équipage ; malheureusement, ceux qui transportent des colons en Amérique n'ont aucune mesure dans l'admission des passagers.

Selon Bourel-Roncière, le cube moyen des cuirassés serait de 10mc,272 par homme. En réalité, grâce à la place prise par l'artillerie et le matériel, la frégate cuirassée le Richelieu, la plus parfaite de nos constructions navales, ne ménage à son monde que 7mc,944 de vide intérieur par individu. Les anciens bâtiments sont beaucoup plus mal partagés ; quelques-uns ne laissaient pas L2 mètres cubes à chaque homme.

Néanmoins, le navire est exposé aux souillures intérieures, comme toute autre habitation et môme plus. En outre, il est particulièrement voué à Y-humidité t qui lui vient : de la mer, de l'air marin, des chaudières et des appareils distillatoires, de la respiration des hommes, des lavages, du chargement, des accidents (Fonssagrives). Son atmosphère intérieure, surtout quand il s'agit de steamers, est presque toujours à une température élevée, celle de la cale par-dessus tout ; en raison de la température extérieure, si l'on voyage sous les basses latitudes ; en raison, dans tous les cas, de la présence de l'équipage, des feux de cuisine et des machines, de la fermentation de matières embarquées (le dépôt de houille s'enflamme quelquefois spontanément).

Il est donc urgent d'assurer à tout navire une ventilation généreuse et constanle.

Les navires ont leur aération naturelle par les panneaux, écoutilles, sabords, hublots et autres ouvertures de construction. Ils se ventilent artificiellement par Yappel d'un foyer (ventilateur d'Edmund), par des manches à vent, fort analogues aux capes à vents, décrites dans la première partie (page 433), par des poutres creuses, par propulsion d'air, ou enfin par des appareils de ventilation mixte, dont il existe divers types et qui font simultanément le double effet d'injecter et d'aspirer. Ceux-ci peuvent être mûs à bras d'hommes ou par la vapeur. Fonssagrives donne la préférence à l'aspiration sur la pulsion; mais la ventilation mixte lui paraît supérieure à l'une et à l'autre. Il n'est pas besoin d'ajouter que la cale est le compartiment qui exige la ventilation la plus large.

Tous les médecins de marine prêchent la lutte contre l'humidité du navire ; tous voudraient voir remplacer par un vernis sec les lavages journaliers du pont, qui augmentent l'insalubrité du bâtiment plus qu'ils n'assainissent.

2° La séparation du navire d'avec la terre et les longues traversée*

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entraînent pour les marins un régime alimentaire très exceptionnel et très anormal, qui crée incessamment chez eux l'imminence du scorbut et des affections voisines, telles que Yhéméralopie.

La ration de campagne du marin français comporte 7o0 grammes de pain, mais qui peuvent être remplacés par 550 grammes de bi>cnit. La viande est rarement de la viande fraîche (300 gr.), plus souvent de la conserve de bœuf (200 gr.) ou du lard salé (225 gr.). Les léyumes verts ne figurent que pour mémoire, dans le règlement; ils sont régulièrement représentés par les pois, les fayoh, le riz, les légumes desséchés. Le fromage entre avantageusement dans les prévisions réglementaires, et aussi le café, le vin (46 centilitres), l'eau-de-vie (6 centilitres). Mieux encore, le lime-juke est depuis quelques années réglementaire dans la Hotte française, comme il l'est depuis longtemps en Angleterre. Nos médecins de marine apprennent à s'en servir avant plutôt que contre le scorbut. L'embarquement de choucroûte et de pommes de terre est à recommander d'une façon pressante.

Pour ce qui est de la marine de commerce, il existe, en Angleterre, des dispositions législatives qui protègent la santé des équipages, à tous les points de vue, particulièrement sous le rapport des vivres ; c'est le « MerthanCs Shipping Act 1854 et 1867. » En France, il y a l'ordonnance du 14 août 1819, portant que: « Une Commission composée d'armateurs ou de capitaines au long cours est chargée de contrôler la quantité et la qualité des vivres emportés. » On pense bien, comme l'assure d'ailleurs Mathelin, que cette visite est toute confraternelle. Une législation sanitaire précise, avec un contrôle sérieux, est à désirer. On argue en vain de la liberté du commerce et de la nécessité de ménager les frais à notre marine marchande, déjà en souffrance. La marine marchande française ne vivra pas s'il faut qu'elle réalise des économies au prix de la vie des matelots. La vérité est que les intérêts du commerce maritime sont précisément tout d'abord de ne pas prendre la physionomie d'une industrie meurlrière.

Les mêmes circonstances font que la question de Veau de boisson est encore un des graves embarras de la navigation. Les navires à vapeur l'ont pour la plupart résolue par l'installation des machines distillatoires. Les bâtiments à voiles continuent à embarquer de l'eau et à s'en ravitailler par la pluie, par le renouvellement de la provision dans les ports, aux aigtiades, etc. Dans tous les cas. il reste à se pourvoir de récipients où l'eau se conserve et où elle ne contracte, en présence d'un métal dangereux, aucune propriété nuisible. On a presque abandonné les tonneaux de bois, charbonnés ou non, en faveur des caisses en tôle ordinaire ou galvanisée.

3° L immensité dans laquelle se meut le navire, la rapidité avec laquelle il franchit les latitudes s'il est à vapeur, les limites reculées auxquelles il atteint parfois dans l'un et l'autre hémisphère, imposent aux marins, de la façon la plus aiguë, tous les périls des influences climatiques, dans un sens ou dans l'autre. Puis, ils abordent à des côtes infestées (ï impaludisme, de fièvre jaune, de ch'déra, de peste. Représentants essentiels des relations entre les Mondes et des échanges internationaux, ils affrontent toutes les

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