AMBULANCES URBAINES
L'abattoir public a tout d'abord l'avantage de supprimer les tueries particulières, naturellement moins bien tenues, préjudiciables aux voisins et à toute la ville, parce qu elles deviennent facilement des foyers de putréfaction. 11 devra être installé à quelques cent mètres de toute habitation, à la périphérie de la ville, abondamment approvisionné d'eau. Le sol des écuries et des ateliers sera dallé en pierres dures, parfaitement cimentées, présentant une inclinaison légère vers une rigole étanche. Les murs intérieurs doivent être revêtus de ciment, de carreau, ou de tout autre enduit permettant les lavages à grande eau. On n'y laissera séjourner ni fumiers ni détritus solides putrescibles. Lorsque les eaux de lavage ne peuvent, être versées immédiatement et intégralement à l'égout, il faut bien ménager, à une extrémité du bâtiment, des citernes de décantation et d'épuration, car, à aucun prix, l'on ne saurait admettre ces eaux sur la voie publique. Alors, ou bien l'on enlève ces eaux a la pompe, dans des tonneaux; ou bien, après décantation simple ou traitement par la chaux, on laisse écouler la partie clarifiée des liquides au ruisseau ou à l'égout, pour reprendre ensuite la matière alcalino-terreuse demi-solide, qui servira d'engrais. Dans les deux cas, ce sont des précau lions compliquées, dont le résultat n'est pas toujours certain. 11 serait infiniment plus simple et plus sûr d'expulser ces eaux annualisées par la flottaison souterraine.
Les marchés doivent être spacieux, à haute couverture et larges baies libres dans tous les sens. La propreté la plus minutieuse doit y régner; c'est-à-dire que le séjour de déchets organiques en tas y sera interdit, que les tables et étaux seront exactement lavés, que le dallage et les murs seront adaptés à recevoir l'eau nécessaire. Les marchés ne peuvent être ailleurs que dans le centre des quartiers qu'ils approvisionnent; pourtant, il faut laisser un espace libre tout autour de chacun d'eux, pour ne pas incommoder les voisins par le bruit et par les odeurs. A vrai dire, un marché bien tenu ne devrait pas présenter cette dernière incommodité.
Cimetières et inhumations (Voy. lre Partie, pages 91-96; et IIe Partië, art. X: Assainissement de la mort).
Accidents de rue. Ambulances urbaines. — L'activité toujours croissante de la circulation dans les grandes villes entraîne journellement un certain nombre de traumatismes plus ou moins graves, contusions, fractures, plaies, écrasements. A Paris, suivant le calcul de Bertillon, les chances d'être tué ou blessé par accident de voitures, pour la population totale, sont de 710 par million d'habitants, sept fois plus grandes chez les hommes que chez les femmes. Ajoutons les accidents de précipitation, qui peuvent se réaliser chez tous les habitants, mais se présentent particulièrement chez les maçons, peintres, couvreurs, etc. ; et les noyades volontaires ou accidentelles, qui ont lieu dans toutes les villes traversées par un cours d'eau.
La prophylaxie est le point capilal vis-à-vis de ces accidents et elle regarde la police urbaine. Défendre et punir les négligences des cochers, charretiers, laitiers, garçons bouchers, camionneurs, qui compromettent la
LE GROUPE URBAIN
[Hygiène
sécurité des piétons; rendre responsables les propriétaires des voitures et chevaux, obliger les entrepreneurs à établir des échafaudages absolument sûrs, les couvreurs à se rattacher à une corde solidement fixée ; élever des parapets le long des rivières ; surveiller et réprimer le canotage des enfants et des gens ivres ; telles sont les mesures les plus pressantes et les meilleures, puisqu'elles visent à prévenir les catastrophes.
Cependant, quelques accidents déjoueront toujours les précautions les mieux entendues, et il est nécessaire que, dans une grande cité, toutes les victimes de ce mouvement énorme puissent être rapidement et efficacement secourues. Paris possède un certain nombre de « postes de secours », particulièrement échelonnés le long de la Seine et à l'intention plus expresse des noyés, — que l'on sauve assez peu. A Lille, la Société de la Croix-Rouge a fait déposer des gaffes et des « lignes humaines » en divers établissements, le long de la Deûle, qui ne serait pourtant guère dangereuse, si la police s'en donnait la peine. Bien que l'on ajoute à ces engins des boîtes à pansements et quelques autres moyens d'assistance, cela ne constitue pas un secours chirurgical, et l'on voit toujours les blessés de la rue être transportés chez le pharmacien voisin, entourés d'un groupe aussi nombreux qu'inutile et gênant. S'il y a lieu à un transport de blessé à l'hôpital ou à son domicile dans des conditions conformes aux règles chirurgicales, on ne trouve ni brancard ni médecin capable de présider à l'installation du patient, à l'immobilisation du membre fracturé.
Une institution à réclamer pour Paris et toutes les grandes villes, c'est la création des ambulances rapides, dont il existe déjà un très beau fonctionnement à New-York. A l'hôpital Bellevue et dans les principaux hôpitaux de New-York, deux médecins, logés à l'hôpital et placés sous la direction de l'Assistance publique, sont chargés de répondre à tous les appels, en cas de maladie subite ou d'accidents arrivés sur la voie publique. Ces accidents sont signalés par voie télégraphique. Une boîte spéciale, adaptée à un poteau télégraphique de couleur rouge, disposé sur les trottoirs à l'instar de nos becs de gaz, est, pour ce but, à la disposition de tout citoyen, qui peut, en cas d'urgence, faire parvenir un signal d'alarme à l'hôpital le plus voisin, où tout est constamment prêt au départ, hommes, chevaux et ma» tériel. Quarante-trois secondes après que l'alarme a été donnée, l'ambulance sort de l'hôpital. La voiture, fort semblable à nos voitures Masson de la guerre, renferme tout ce qui est nécessaire, transporte le médecin et, le long de la route, fait entendre une sonnerie qui oblige toutes les voitures à lui livrer passage (L. Lereboullet d'après le Dr Nachtel). Paris pourrait, sans doute, imiter cette pratique, mais en adjoignant aux hôpitaux, comme point de départ de l'ambulance, un certain nombre des postes de secours actuels, afin d'assurer la rapidité des secours (L. Lereboullet).
Bibliographie. — Fheycinet (Ch. de) : Principes de V assainissement des villes. Paris, 1870, — Stark (James) : Ëin Beitrag zur Lebensstatistih (Trad. de Edinburgh Med. Journal, décembre 1869 et janvier 1870 ; in D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundhe itspflege, II, p. 221, 1870). — Sander (Friedr.) : Ueber angebliche Rùckschritte und Fortschritle der offentlichen (■pstmdheit (I). Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., III, p. 259, 1871). — Semon :
spéciale.]
LE GROUPE RURAL
Referai ùber : Die Reinigung imd Entwâsscrung der Stuclt Heidc/berg, u. s. w., von Karl Mittfrmaier (D. Vierte Ijalirsschi-, f. ôtï. Gesundheitspflg., III, p. 439, 1871). — Ciievrkul : Principes de l'assainissement des villes (Journal des Savants, août, 1872). — Fonssagiuves (J.-B.) : Hygiène et assainissement des villes. Paris, 1874. — Varrfatrapp (Georg; : Bevolkerung der Stadt New-York 1877, / < erg lichen mit den elf vorhergehenden Jahren (D. Vierteljahisschrifc f. off. Gesundheitspflg., X, p. 092, 1878). — JanssVns (E.) : Annuaire de la mortalité et du mouvement de la population de la ville de Bruxelles pour 1878 (17e année). Bruxelles, 1879. — Lober : Statistique médicale de la ville de Lille. Paris, 1880. — Vaurentrapp (G.) : Das Verhaltniss der Sterbe-zur GeburUziffer in den deutschen Siudtcn (D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg,, XH, p. 157, 1880). — (Voy. aussi les Bibliographies de FHygiène générale, chap. m).