HOSPICES MARINS
• énorme, en pleine cité, qui serait déjà détestable pour un établissement hospitalier quelconque.
Maisons de santé. — Cottage-hospital. — Un certain nombre de patients, en raison de leur fortune ou simplement de leur position sociale, ne sauraient se présenter aux hôpitaux communs, et, cependant, n'ont pas la possibilité d'avoir autour d'eux, à domicile, les médecins, le personnel assistant, les soins variés et continus, qui sont le privilège des hospitalisés. Même avec de l'aisance, d'ailleurs, quelques autres ont à subir une opération qui ne réussirait pas en ville; il leur faut, à la campagne, point trop loin de leur famille et de leur médecin, un abri temporaire qu'ils ne possèdent pas et qu'ils ne trouveraient pas, même avec de l'argent, dans les conditions convenables de service, d'outillage, d'accessoires. Et, d'ailleurs, il peut se trouver que la situation soit pressante.
Il est satisfait à ces besoins spéciaux par les maisons de santé, quelquefois en ville, plus souvent à la périphérie ou à la campagne voisine (ce sont les meilleures), que des particuliers, des médecins quelquefois, des associations religieuses ou charitables, rarement les administrations publiques, mettent à la disposition d'une clientèle à qui l'hôpital répugne pour une raison quelconque. L'assistance n'y est point gratuite, comme on pense; néanmoins, le malade bénéficie, même au point de vue pécuniaire, de ce que l'installation a été faite pour une collectivité et de ce que l'adminis trateur de la maison réduit ses frais en raison du nombre de ses hôtes. Il y avait, à Strasbourg, des établissements de ce genre, fort bien tenus; nous croyons savoir que c'est là que Kœberlé a obtenu ses premiers succès en ovariotomie. C'est dans des conditions analogues que Péan opère à Paris.
En Angleterre, les établissements de ce genre paraissent être entretenus par les municipalités; les clients, néanmoins, payent les médecins. Brown (de Boston), qui les recommande en son pays, évalue à plus de soixante leur nombre dans les Iles-Britanniques. A en juger par les détails que nous trouvons dans cet auteur, le cottage-hospital ne fournirait pas une chambre à chaque malade; il aurait seulement des salles pour trois ou six hommes, trois ou six femmes avec un ou deux enfants. Les locaux accessoires, le cube de place, le régime seraient dans des conditions particulièrement confortables, bien que la maison ait un reste du caractère d'assistance publique.
Asiles de convalescents. — Hospices marins, etc. — Nous devons, à regret, nous borner à une simple indication de ces formes spéciales d'assistance collective, qui rendent d'incontestables services. En France, les asiles de Vincennes et du Vésinet et, pour les enfants, Berck-sur-Mer, Forges-les- Bains; en Angleterre, l'hospice maritime pour les scrofuleux, à Margate, les asiles de convalescents de Highgate et de Groydon; en Hollande, l'hospice de Scheveningen ; en Italie, les vingt hospices maritimes de Viareggio, Livourne, Porto-d'Anzio, Venise, Palerme, Gagliari, etc. ; en Allemagne, de nombreux établissements maritimes ou déterre ferme, auprès d'une source
LES MALADES ET LES MALADIES
[Hygiène
thermale ou sur un point agréable et salubre, sous les noms divers de Seehospize, Soolbàder, Sanatorien, Reconvalescentenhàusery Feriencolonieen; aux États-Unis d'Amérique, les hospices maritimes de Cape May (Pennsylvanie), de Beverly Farms (Massachusetts), d'Atlantic City (Philadelphie), le bain Rockaway (New-York); les hôpitaux flottants de New- York et de Chicago (sur le lac Michigan). On ne saurait trop louer ces tentatives si rationnelles, en vue de relever les jeunes générations, dégradées par l'air des villes et portant la peine de la diminution de vitalité que l'industrie a infligée à leurs ascendants. Le département du Nord a fait étudier, récemment, l'opportunité de la fondation d'une maison maritime d'enfants malades, qui s'élèvera probablement aux environs de Dunkerque.
Dispensaires. — Les inconvénients de l'agglomération hospitalière (j'entends pour les malades), même dans les meilleures conditions, sont énormes quoi qu'on fasse, et quelques hygiénistes n'ont pas craint d'envisager la perspective, si lointaine qu'elle puisse être, de la substitution complète de l'assistance à domicile au secours hospitalier. En attendant une solution dans ce sens, on peut toujours encourager le développement des institutions qui s'efforcent, non de supprimer l'hôpital, mais d'en réduire la fréquentation et de combiner la permanence plus ou moins complète des malades à leur foyer avec un traitement médical ou chirurgical, régulier néanmoins et suffisant. Les dispensaires sont des tentatives de ce genre.
Nous ne parlons point des locaux privés ou dépendant d'un hôpital, dans lesquels des médecins délivrent gratuitement, à de certaines heures, des consultations gratuites et des ordonnances; où les chirurgiens donnent, à la rigueur, un coup de bistouri pour un abcès ou un furoncle ; ni même de ceux où il est remis gratuitement certains médicaments prescrits aux malades, qui les emportent avec eux et s'en servent plus ou moins intelligemment. Le véritable dispensaire reçoit des externes et des demi-pensionnaires; on n'y passe pas la nuit et le séjour n'y est pas continu, mais on y trouve les mêmes soins que dans un hôpital bien outillé; les malades y prennent leurs médicaments sous une surveillance et une direction compétente ; ils y reçoivent des bains, des douches; sont l'objet de manœuvres chirurgicales; pour que les choses soient complètes, on leur donne même, au dispensaire, un repas, surtout quand la nature ou simplement l'abondance des aliments, comme c'est fort commun, doivent constituer la meilleure base d'un traitement rationnel et complet.
Hors de là, les malades ne cessent pas d'appartenir à leur famille, ni celle-ci d'être chargée des devoirs ordinaires envers celui de leurs membres que la souffrance a atteint. Ainsi est sauvegardée la solidarité nécessaire entre les membres de chaque famille, en même temps qu'un certain nombre de malades sont efficacement secourus sans courir les gros risques de la vie>n commun dans l'atmosphère nosocomiale.
Des dispensaires de ce caractère existent, croyons-nous, à Londres. En Italie et en France, on les a particulièrement appliqués au traitement des maladies de l'enfance, qui, en fait, se présente avec toutes les conditions qui réclament le plus clairement ce genre de secours.
spéciale.]