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RÉGIME ALIMENTAIRE DANS LES HOPITAUX

A Turin, ce sont les écoles de rachitiques, fondées en 1871, sous l'impulsion et grâce à la générosité du comte Riccardi de Netro; à Milan, c'est Y Institut des rachitiques, que nous avons vu fonctionner sous la direction de son créateur, Gaetano Pini. Les uns et les autres vivent des ressources fournies par des particuliers riches et charitables et de quelque aide des municipalités.

En France, Gibert (du Havre) a eu l'idée d'étendre à toutes les maladies de l'enfance ce procédé d'assistance. L'institution qu'il a fondée, en 1875, absolument nouvelle et originale (A. Foville), et qui fait le plus grand honneur à sa philanthropie intelligente, suffît au traitement de près de 1,700 affections médicales ou chirurgicales, chaque année, avec un prix de journée de 22 centimes par tête et de 5 fr. 51 par enfant soigné. L'établissement a marché jusqu'aujourd'hui par la générosité de quelques clients riches du Dr Gibert; mais il est évident que les municipalités et l'assistance publique ont tout intérêt à s'emparer de l'idée et à monter des créations analogues dans les grandes villes. Le ministre de l'intérieur vient d'envoyer aux préfets une circulaire dans ce sens (31 janvier 1881). Nous pensons que l'on fera bien de ne pas annexer ces dispensaires aux hôpitaux déjà existants, à moins d'un emplacement de ceux-ci particulièrement favorable.

Régime alimentaire dans les hôpitaux. — Les principes sont les mêmes que pour le malade à domicile. Seulement, l'hôpital renfermant des malades à toutes périodes et d'une grande variété d'aptitudes digestives, on doit pouvoir y disposer simultanément de toute la gradation des régimes alimentaires qui, chez un malade isolé, ne viendraient que l'un après l'autre.

Les tarifs, sous ce rapport, n'ont aucune homogénéité, à l'étranger pas plus qu'en France. Gomme ils sont réellement trop faibles dans quelques hôpitaux, plus désireux de secourir beaucoup de malades que de les secourir convenablement, il est permis de désirer que des mesures administratives générales apportent quelque uniformité à la classification des régimes et fixent le minimum de la valeur de chacun. A moins qu'on ne préfère laisser le médecin prescrire lui-même, chaque jour, pour chaque malade, la nature et la quantité des substances alimentaires, comme il dicte la formule de la partie pharmaceutique de leur traitement.

Selon le Dr Gnehm, il suffirait, à la rigueur, de deux sortes de régimes alimentaires : celui des malades ou blessés graves et celui des convalescents ou des individus légèrement blessés. Il en admet néanmoins quatre pour les hôpitaux ordinaires :

a. Ilégime des blessés ou malades graves, avec fièvre. — L'appétit fait défaut, la digestion est impuissante, l'acide chlorhydrique manque à l'estomac. Il n'y a pas lieu d'alimenter ces malades d'une façon sérieuse; il leur suffit de bouillons de viande, de gelée acidulée; rarement, ils acceptent les œufs, la viande crue hachée et passée à une fine passoire. Cependant, d'après Renk, ce degré du régime, à l'hôpital de Munich, comporte :

Albumine. Graisse. Hydrocarbonés.

LES MALADES ET LES MALADIES

[Hygiène-

Mais, d'ordinaire, les malades ne consomment pas ce que le règlement leur alloue et qui est, évidemment, excessif.

b. Régime des malades atteints d'anomalies de nutrition : scrofule, chlorose, scorbut, etc. — Nécessairement variable, ce régime doit pouvoir admettre certains aliments particulièrement propres à restituer au sang quelqu'un de ses principes; par exemple, les légumes verts, le cresson, les fruits acides, dans le scorbut.

c. Régime des affections de V estomac. — Celui-ci doit prévoir l'usage des peptones, des infusions de viande, le jus de viande et surtout la viande crue, hachée, et les œufs.

d. Régime des malades à blessures ou à maladies légères et des convalescents. — Ce régime se rapproche infiniment de celui des individus sains au repos. Il peut représenter :

Albumine. Graisse. Hydrocarbonés.

On voit que les hydrocarbonés reprennent ici leur prédominance habituelle. On doit faire remarquer, néanmoins, que c'est une tendance fâcheuse que de faire consister surtout dans le poids du pain l'élévation du taux alimentaire des convalescents. Cette tendance se trouve malheureux sèment consacrée par les errements des administrations militaires de tout pays et de France spécialement.

Il est indispensable de multiplier les repas des malades, surtout quand le nombre des repas est déjà dans les habitudes normales des clients. En Allemagne et en Suisse, on fait quatre repas par jour dans les hôpitaux, Wiel conseille de les distribuer et d'y pourvoir de la façon suivante (pour les malades qui tolèrent l'alimentation intégrale) :

Déjeuner à 8 heures; lait, 500 grammes, avec 50 grammes de pain et de \ à 3 œufs, poivre et sel.

Dîner h midi; soupe, 250 grammes; viande (bœuf, mouton, veau, porc, volaille, plutôt rôtis que bouillis) et légumes ; — - vin, 20 centilitres.

Goûter; 50 grammes de viande fumée; pain; bière, 50 centilitres.

Souper: 250 grammes de soupe ou 120 grammes de viande rôtie; 20 centilitres de vin.

Dans nos hôpitaux militaires français, il y a jusqu'à sept régimes : 4 portions, 3 p., 2 p., 1 p., j/2 p., diète au bouillon, diète absolue, dont la consommation de viande, soit bouillie, soit rôtie, fait la base. Le soldat malade fait deux repas, dont le plus considérable, avec soupe, est à 5 heures du soir. Cependant, le règlement admet un troisième repas, le matin avant la visite, avec du chocolat au lait et au pain, du café au lait, un potage, qui ne diminue pas la quotité ni la quantité des autres. Toutefois, ce repas du matin n'est plus accordé aux malades à 3 portions ou au-dessus. Une circonstance très heureuse, c'est l'autorisation donnée au médecin de prescrire de la volaille aux malades à une portion et au-dessous et du poisson aux malades jusqu'à 2 portions inclusivement. L'introduction de cette variation s'est régularisée ; deux fois la semaine, le jeudi et le dimanche, il y

spéciale.] RÉGIME ALIMENTAIRE DANS LES HOPITAUX. 1241

a un approvisionnement de volailles, dont bénéficient tous ceux qui remplissent les conditions du règlement; le vendredi, il y a du poisson. 11 peut être également prescrit des côtelettes, tous les jours, mais seulement à raison d'une par iO malades (soldats).

Composition du régime alimentaire des malades (hôpitaux militaires).

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