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LES RUBÉOLEUX ET LES SCARLATINE UX

Période de 1858 à 1875 (non compris les années 1870-71). -

Varioleux 2,51 pour 1000 hommes d'effectif.

Morts 7,02 — 100 varioleux.

En 1875, des prescriptions nouvelles furent suggérées au ministre par le Conseil de santé, et des facilités plus grandes furent ouvertes aux médecins militaires. Les dispositions actuelles paraissent des plus louables ; elles ne manifestent pourtant pas encore des résultats supérieurs à ce qui se passait dans les années immédiatement antérieures.

Périodes de quatre ans.

Antérieure aux nouvelles prescriptions.

Varioleux 0,651 p. 1000 hommes.

Morts 12,47 p. 100 varioleux.

Postérieure aux nouvelles prescriptions.

Varioleux 1,94 p. 1000 hommes.

Morts 8,5 p. 100 varioleux.

En effet, le nombre des varioleux est 3 fois plus grand dans la seconde période, tandis que la léthalité ne diminue que d'un tiers. Mais il est bon de se rappeler qu'en 1872, après la grande épidémie de 1869-71, la réceptivité variolique était comme épuisée en France, tandis qu'elle reprenait en 1876. D'ailleurs, la proportion de 1,94 varioleux sur 100 ) hommes est matériellement inférieure à celle de la période 1857-1875. Si même nous prenons les quatre années 1866-1869, nous trouvons la morbidité variolique militaire égale à 3,32 p. 1000 hom. d'effectif. Il semble donc que l'amélioration soit positive, autant qu'on puisse en conclure du petit nombre d'années du nouveau fonctionnement. Gomment se fait-il, cependant, que l'on n'éteigne pas totalement la variole dans l'armée? C'est que, nécessairement, bon nombre des soldats revaccinés, chez qui le virus ne prend pas (2 sur 3), récupèrent la réceptivité ultérieurement; c'est que, parfois, l'opération d'insertion du vaccin a été mal exécutée ; c'est qu'enfin, malgré le zèle des chefs de corps et des médecins, un certain nombre d'hommes trouvent moyen d'échapper à la mesure préservatrice ; le plus souvent, ceux que la variole amène à l'hôpital sont dans ce cas.

B. Les kubéoleux et les scarlatineux. — La rougeole se distingue, comme la variole, par une ubiquité assez complète et une extrême puissance de diffusion. Bien que l'on n'en connaisse pas l'agent infectieux, il est probable qu'il est porté à distance par les farines épidermiques, détachées de la peau des convalescents et, sans doute, par les molécules de l'exhalation pulmonaire. Elle inspire moins de terreur que la variole et, dans tous les cas, ne défigure pas comme elle ; pourtant, elle ne laisse pas que d'être très meutrière. Elle l'est à peu près autant que la variole, dans l'armée ; à Paris, pour les cinq années 1865-1869, Ely relève 3,019 décès varioîiques et 3,021 par rougeole. Sa gravité dépend surtout du terrain, et elle fait d'effroyables ravages sur les enfants pauvres, en état de vitalité médiocre. Il y aurait donc des mesures d'isolement à prendre pour préserver ces groupes, la rougeole n'ayant pas son vaccin. Mais les Arnould. — Hygiène. 79

LES MALADES ET LES MALADIES

[Hygiène

rubéoleux viennent peu aux hôpitaux ; partout, on s'en préoccupe bien moins que de toute autre affection contagieuse ; celle-ci est, d'ailleurs, peu commune et peu grave chez la plupart des adultes. Néanmoins, il est évident que l'on fait très bien, dans les hôpitaux, de ne pas mêler les rubéoleux aux autres malades et de leur appliquer les mesures d'isolement dont on dispose. Il n'est pas rationnel de les mélanger aux varioleux ou aux scarlatineux ; les fièvres éruptives ne s'excluent pas chez le même individu : à Londres, les rougeoles ne sont pas reçues dans les Small-pox-hospitals ni dans les Fever-hospitals. A Saint-Pétersbourg, le Nouvel Hôpital des enfants « possède dans ses dépendances un bâtiment d'isolement divisé en quatre sections, chacune ayant son escalier, son entrée, son jardin, son personnel, sa literie, sa lingerie, etc. Ces sections sont destinées, l'une à la diphthérie, la deuxième à la variole, la troisième à la scarlatine, la quatrième à la rougeole. L'hôpital contient en outre des salles isolées pour les syphilitiques, pour les ophthalmies purulentes, pour les teignes, pour les opérés du croup, pour la coqueluche et pour le typhus. » (Em. Vidal, cité par Vallin).

La nécessité d'épargner aux « opérés du croup » la promiscuité avec les autres enfants atteints de fièvres éruptives ressort des faits navrants signalés par Laborde : sur 22 enfants ayant subi la trachéotomie à l'Hôpital des enfants, 14 sont morts, savoir :

4 de scarlatine.

5 de rougeole.

5 de variole.

Sur 9 opérés de Bricheteau (1859), 8 sont morts de fièvre éruptive intercurrente, dont 4 de rougeole et 4 de variole. L'un d'eux avait même eu successivement la scarlatine, puis la rougeole.

Le sectionnement indiqué est donc ce qu'il y a de mieux à faire, à moins que l'on ne sépare davantage encore le bâtiment d'isolement et que l'on n'en fasse un hôpital spécial, baraqué, muni d'appareils à désinfection. — D'ailleurs, il est bon de noter que, quand on dispose de quatre sections d'isolement, on peut en réalité suffire à plus de quatre maladies; parce qu'il arrive que, pendant des mois, il n'y a pas de rougeole, ou pas de scarlatine, ou pas de variole, et que l'on peut mettre des typhiqnes ou d'autres dans l'un des compartiments vides.

La scarlatine, comme la rougeole, intéresse beaucoup plus les jeunes sujets que les adultes; c'est donc surtout vis-à-vis des hôpitaux d'enfants qu'il faut se préoccuper de l'isolement. On sait que la scarlatine est presque une maladie anglaise; les hôpitaux de Paris n'en ont reçu que 535 cas en cinq ans ; dans la seule année 1875, les hôpitaux métropolitains de Londres en' reçurent 1,191 cas. Peut-être serait-elle plus grave chez nous. Mais la scarlatine présente toujours le singulier caractère que lui avait reconnu Sydenham de varier énormément de gravité d'une période à l'autre et d'intensité de transmission. A Londres, les Fcver-

spéciale.]

LES TYPHIQUES ET LES TYPHOÏSANTS.

hospitah ont habituellement un pavillon pour le typhus, un pour la fièvre typhoïde, un pour la scarlatine et un dernier pour les autres maladies • infectieuses, sauf la rougeole. A Paris, on se borne à lui consacrer, dans les bâtiments communs, une salle un peu reculée ; Vallin conseille de lui réserver « dans un des hôpitaux d'enfants, un pavillon séparé, sans communication avec les autres parties de l'hôpital ; le personnel affecté au service coucherait dans le pavillon, mais pourrait n'être pas astreint à une réclusion aussi sévère que dans les services de varioleux. » Il faut recommander aux parents qui visitent leurs malades de ne pas amener d'enfants avec eux. Enfin, le miasme scarlatineux jouissant d'une ténacité particulière vis-à-vis des objets à l'usage ou au voisinage des malades, il importe d'insister sur la désinfection de ces objets.

G. Les dtphthéritiques. — Malgré les discussions de mots qui ont obscurci la question de nosologie, la diphthérie est une maladie générale, infectieuse, plus évidemment transmissible par l'intermédiaire du milieu (atmosphérique surtout) que par le contact direct et même l'inoculation (Péter). On voit très bien les foyers s'étendre de proche en proche sur une région, et Bertillon a pu mettre en rapport la grande mortalité diphthéritique du quartier des Quinze- Vingts avec le voisinage de l'hôpital Sainte-Eugénie, comme il l'avait fait de l'Hôtel-Dieu annexe et de la variole du quartier de la Sorbonne. La diphthérie est, cependant, moins contagieuse que la variole, la rougeole, la scarlatine.

Familière aux groupes vivant dans les conditions de misère et de malpropreté qui favorisent déjà l'expansion de la fièvre typhoïde, prospérant mieux parle froid humide, en hiver et au printemps, que dans d'autres circonstances, la diphthérie est encore plutôt une maladie de l'enfance que de l'âge adulte, bien qu'elle n'épargne pas celui-ci. D'après la statistique de Lombard (de Genève), elle 'causerait, en France, les 20 millièmes de tous les décès. Elle est très grave, dans les hôpitaux; à Paris, sa léthaîité est aux environs de 70 p. 100; en 1877, sur 935 cas, il y a eu 696 morts. Quant à la propagation, on a formulé cette loi que, sur 100 cas, 15 à 20 ont été contractés dans les salles par contagion.

En raison, sinon de la subtilité de son miasme, au moins de la gravité de ses coups, la diphthérie est justiciable des mesures d'isolement dont il a été question à propos des éruptives. Ici, encore, l'isolement est plus particulièrement applicable aux hôpitaux d'enfants; il est pratiqué en Danemark, en Russie, en Suède et Norwège ; à Paris, on a élevé un pavillon de diphthéritiques au milieu des jardins de l'hôpital Sainte-Eugénie.

D. Les typhiques et les typhoïsants, — Les typhiques et les typhoïsants paraissent infiniment moins dangereux par eux-mêmes que les loyers qui se sont prêtés à la repullulation du poison spécifique. Isolés du sol et de l'atmosphère infectés, les malades n'ont presque plus de pouvoir de dissémination morbide, à moins d'être transportés dans un autre milieu tout à fait apte à devenir lui-même foyer de typhus ou de dothiénentérie. Ce pou-

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voir est encore plus faible chez les typhoïsants que chez les typhiques ; alors que l'on a vu de ces derniers (retour de Grimée : Marseille, Avignon, Val-de-Grâce) créer encore, loin du foyer originel, des foyers secondaires de moins en moins vivaces, il est si rare que les typhoïsants aient manifesté une sérieuse puissance de transmission personnelle que, dans les hôpitaux civils ou militaires de France, d'Allemagne et jusqu'à un certain point d'Angleterre, on les traite au milieu des maladies banales, tout en ne niant pas la contagiosité.

Pourtant, ces propriétés négatives ne sont pas absolument nettes; quelques faits donnent à réfléchir et légitiment, au moins, une attention toujours en éveih Après tout, les principes morbides éprouvent, dans leurs propriétés, des oscillations d'activité ou de somnolence, que nous appelons spontanées, parce que nous n'en, connaissons pas le mécanisme, mais qu'il serait imprudent d'oublier.

Par ailleurs, étant connue cette subordination de la fièvre typhoïde à son foyer, il y a là une indication formelle pour les cas où il s'agit de couper court à une épidémie locale. Si la garnison d'une caserne est en proie à la dothiénentérie, on n'a qu'à quitter immédiatement et absolument cette caserne et à mettre en route la troupe pour une autre direction ; que l'on fasse camper ou que l'on cantonne cette troupe, l'épidémie cesse brusquement; le remède est à peu près infaillible, au moins nous a-t-il toujours réussi. 11 se passe même ce fait curieux, que les soldats ne transmettent pas la maladie à la population des villages qu'ils traversent. Toutefois, il est évident que le campement présente à cet égard plus de sécurité que le cantonnement.

Le typhus exanthématique étant aussi commun en Angleterre et en Irlande qu'il est rare en France, et l'enquête de Murchison (1860) ayant prouvé que le maintien d'un seul typhique dans une salle était suffisant pour propager la maladie dans le reste de l'hôpital, on ne peut qu'applaudir à l'existence des deux Fever-Hospitals de Londres et de ceux de Manchester, Glasgow, Dublin. Ces hôpitaux, à vrai dire, reçoivent aussi, en pavillons distincts, d'autres maladies infectieuses, en particulier la scarlatine et la fièvre typhoïde. On a soin d'en prendre le personnel parmi des gens qui ont eu déjà le typhus et d'appliquer les meilleurs procédés de désinfection. L'on n'a pas remarqué que la concentration des typhiques augmentât le ty phi s me.

E. Les femmes en couche et la scepticémie puerpérale. — (Voy. Maternités, page 4234.)

F. Les scepticémiques chirurgicaux. — La contagiosité des accidents septicémiques est active et rapide, soit que l'air suffise à transporter le poison des plaies, soit que les chirurgiens et leurs aides s'en chargent sans le savoir. Cette contagiosité ne s'exerce que sur d'autres blessés, ayant une lésion tégumentaire, mais les conséquences en sont si ordinairement fatales, que l'isolement complet des blessés septicémiques est une nécessité impérieuse. Seulement, l'observation constante des ambulances de guerre a démontré que la réunion de plusieurs septicémiques dans le

spéciale.]

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