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LES ZOONOSES TRANSMISSIBLES A L'HOMME

bnrg. medic. Wochenschrift, II, p. 43C, 1877). — Lewis (F. R.) and Cunningham (D. D.) : Choiera in relation to certain physical phenomena (XIIlth annual Report of the sanitary Commissionner with the Government oflndia. Anal. parFried. Renk in D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., X, p. 656, 1878). — Rochard (Jules) : Rapport sur un travail de M. le docteur Spiridion Lavitzianos, intitulé: Note surlapeste de Bagdad (Bull. Acad. deméd., p. 1117, 1878). — FiNKELNBur.G : Zur Frage der Pestgefahr und ihrer Abwehr (D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., XI, p. 219, 1879). — Arnould (Jules) : Sur la peste de Russie et sur la peste en général (Gazette médic. de Paris, février 1879J. — Colin (Léon) : La peste en Russie (Annales d'hygiène, 3e série, I, p. 139, 1879). — Fauvkl (A.) : Les institutions de police sanitaire internationale et les maladies pestilentielles exotiques (Revue d'hygiène, l, p. 8, 1879). — Du même : V épidémie pestilentielle en Russie. Jusqu'à quel point l'Europe est-elle menacéepar cette épidémie? (Revue d'hygiène, I, p. 89, 1879). — Félix (J.) : L'épidémie pestilentielle en Russie (Revue d'hygiène, I, p. 198, 1879).— Tholozan (J.-D.). Les trois dernières épidémies de peste du Caucase, étudiées au point de vue de fépidémiologie et de la prophylaxie (Gazette méd. de Paris, p. 423, 1879). — Zubkr : Le rapport de M. Hirsch sur la peste de WelUanka (Revue d'hygiène, I, p. 937, 1879). — Du même : La peste du gouvernement d'Astrakan (Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène publique de France. Paris, 1880). — Tholozan (J.-D.) : La peste en Turquie dans les temps modernes ;sa prophylaxie défectueuse, s» limitation spontanée . Paris, 1880. — Hirsch (August) und Sommerbrodt (M.): Mittheilungen ùber die Pestepidemie im Winter \ 878-1879 in russischen Gouvernement Astrakan. Berlin, 1880. — Hirsch (Aug.) : Ueber Scfiutzmaasregeln gegen die von Auslande drohenden Volksseuchen, mit besonderer Berùcksichtigung von Grenzsperre und Quarantàne (7te Versammlung des deutschen Vereins f. ôff. Gesundheitspflegf! zu Stuttgart; in D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., XII, p. 7, 1880J. — Rochard (Jules) : Rapport sur les recherches qu'il reste encore à- faire pour élucider les points obscurs que présente l'étude de la peste (Bull. Acad. de méd., avril, 1880). — Vignard (Valentin) : Du service sanitaire en Orient. La peste en Turquie; sa prophylaxie défectueuse, sa limitation spontanée (Gazette hebdomad. de méd. et de chir., n° 17, 1880). — Legouest : Les épidémies du choléra au Japon (Ann. d'hyg. 1881, tome V, p. 5). — Desnos : Choléra (Nouv. Diction, de méd. et de chir. pratiq., 1867). — Colin (Léon) : Quarantaines (Diction, encyclopéd. des scienc. méd., 1873) et Traité des maladies épidémiques; origine, évolution, prophylaxie. Paris, 1879, 1 vol. in-8. — Laveran (L.) : Choléra (Diction, encyclopéd. des scienc. méd., 1874).

K. Les Zoonoses transmissibles a l'homme. — 1° Larage. — Le virus de la rage est absolument fixe et ne peut être transmis que par inoculation ou par morsure ou lèchement, ce qui est une sorte d'inoculation. La transmission a lieu par les animaux des genres canis et felis ; au point de vue qui nous occupe, le chien, le loup, le renard, le chat, sont les seuls porteurs de la rage contre lesquels les groupes humains aient à se mettre en défense. Plus pratiquement encore, les mesures de police sanitaire n'ont prise que sur le chien et le chat. Elles n'atteignent pourtant jamais celui-ci; à vrai dire, il est beaucoup plus rarement coupable que l'autre.

Peut-être n'est-il point impossible que la morsure, ou plutôt la salive de l'homme enragé soit capable de transmettre la maladie à un autre homme. Nous n'en connaissons pas d'exemples ; mais ils seraient à prévoir si les expériences de Galtier, de Raynaud etLannelongue, prouvaient réellement que la salive de l'homme enragé reproduit la rage chez le lapin et chez le chien. Le contrôle de Pasteur (1881) a notablement réduit la portée de ces expériences ; non seulement la maladie provoquée chez le lapin par Maurice Raynaud etLannelongue, à l'aide de l'inoculation de la salive de l'homme mort de la rage, n'est pas la rage, mais la salive d'enfants, ou d'adultes, morts de maladies banales, reproduit cette maladie « nouvelle ». Bien plus, le microbe de cette nouvelle espèce se retrouve dans la salive des enfants vivants et même des adultes en pleine santé !

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Il y a un exemple, cité par Tardieu, de rage transmise à l'homme par un bœuf, bien que cet animal, lorsqu'il est enragé, cherche à donner des coups de cornes plutôt qu'à mordre. Les expériences précédentes inspireront peut-être quelques doutes sur l'exactitude du diagnostic porté dans cette occasion.

La salive des animaux malades est jusqu'ici la seule humeur reconnue virulente. Pasteur vient de démontrer (mai 1881) la virulence dans la matière cérébrale ; mais l'on ne voit pas encore l'application de cette découverte à l'hygiène. La morsure par l'animal enragé ne détermine pas, à chaque fois, une inoculation réussie ; parce que les vêtements de la personne mordue peuvent retenir cette salive et protéger contre elle la plaie de morsure; il se peut aussi que les dents de la bête, essuyées, l'instant d'avant de cette façon ou d'une autre, ne gardent pas assez de virus pour faire consécutivement plusieurs morsures virulentes. En France, les statistiques accusent à très peu près un cas de rage sur deux morsures ; Faber, en Wurtemberg, ne donne même qu'un mort sur six personnes mordues; la statistique de l'hôpital général de Vienne, un mort pour cinq ; celle de Leblanc, un sur sept (Proust).

Une enquête officielle est ouverte en France, depuis 1850, sur la fréquence, la provenance des cas de rage, leurs suites, etc. Elle est assez mal conduite. Cependant, on en a pu tirer quelques renseignements curieux.

Les décès signalés, de 1850 à 1876 (représentant à peu près la moitié des cas de morsures) s'élèvent à 740; soit, en moyenne, 28 par an. La rage n'est donc qu'un très petit fléau, au point de vue du préjudice positif qu'elle porte à la population ; la terreur qu'elle inspire n'est légitimée que par le caractère étrange de ses manifestations, l'horreur d'une situation dans laquelle le patient, en proie à des souffrances indicibles, garde cependant la conscience de lui-même et, le plus souvent, sait la nature de son mal et l'issue qui l'attend.

La rage est probablement plus commune en Algérie qu'en France. Léon Colin relève, de 1862 à 1879, sur 26 cas de rage dans l'armée, 18 cas pour l'armée d'Afrique et 8 seulement sur les troupes en France (six fois plus nombreuses).

Bien que les documents soient insuffisants, il semble cependant que la fréquence des cas de rage varie singulièrement selon les années et selon les divers points d'un même pays ; il y aurait, çà et là, ainsi qu'on le voit pour des maladies épidémiques bien connues, des poussées aiguës et des recrudescences épizootiques que rien ne peut expliquer : des « règnes de rage », selon l'expression de Vital (A.). La rage se serait montrée fréquente simultanément sur des points aussi éloignés les uns des autres que Paris, Alger, Constantine et New-York.

Au point de vue de la provenance, les documents français, de 1850 à 1876, ont permis de fixer les chiffres ci-dessus.

spéciale.] LES ZOONOSES TRANSMISSIBLES A L'HOMME. 1269

Espèce de l'animal qui a fait la morsure (1850-1876).

Chiens 707

Loups 38

Chats 23

Renards . 1

Vache 1

Total 770 1

Il n'y a pas lieu de catégoriser l'espèce ni le sexe des animaux qui ont fait les morsures. Mais il est utile de répartir le chiffre total de celles-ci sur les différentes saisons de l'année.

Morsures par trimestre (1850-1876).

Juin, juillet, août 220

Mars, avril, mai 182

Décembre, janvier, février 156

Septembre, octobre, novembre 166

L'opinion vulgaire, que la rage est plus commune dans la saison chaude, n'est donc pas absolument fausse, mais il ne s'en faut de guère.

Sous le rapport du siège, les morsures sont surtout aux mains (dans les deux tiers des cas) et au visage.

La catégorie d'âge, chez l'homme, qui fournit le plus de victimes, est l'enfance, ce que l'on explique par l'étourderie naturelle et les dispositions à la taquinerie envers les animaux.

Décès rabiques suivant Vâge (1850-1876).

Au-dessous de 5 ans 26 décès.

De 5 à 15 ans 95 —

Il y a même ce fait remarquable que, dans l'âge de 5 à 15 ans, les décès ne représentent que le quart des morsures.

La durée de l'incubation de la rage, chez l'homme, varie dans des limites extrêmes. Le minimum paraît être de dix à douze jours (H. Bouley et P. Brouardel) ; la moyenne, « de quelques mois » (H. Bouley) ; mais quelques auteurs citent des exemples d'incubation de plus d'un an. Ces allégations paraissaient discutables, lorsque Léon Colin (1880) est venu confier à l'Académie de médecine l'histoire du maréchal des logis du 12° d'artillerie Lechenet, mort au Val-de-Grâce d'un accès de rage, le 31 août 1879, après avoir été mordu par un chien enragé le 2 novembre 1874 (dans la province d'Oran). La netteté de l'enquête et, d'ailleurs, la précision des circonstances de l'observation dans la vie militaire, sont ici sans réplique. L'incubation de la rage peut durer cinq ans !

Le danger étant essentiellement de la part du chien, c'est de ce côté que regardent aussi les mesures prophylactiques. Les chiens sont communs

1270 LES MALADES ET LES MALADIES. [Hygiène

partout : chiens de chasse, chiens de garde, chiens de berger, chiens d'appartement. 11 en existe en France près de 2 millions. On a pensé d'abord qu'en réduisant le nombre des chiens, on réduirait du même coup les cas de rage et l'on a institué en 1856, en France, l'impôt sur les chiens, qui devait, ce semble, faire disparaître d'abord les chiens des pauvres gens, c'est-à-dire les plus mal soignés, les plus exposés au vagabondage et aux chances de contracter la rage dans leurs accointances avec les autres individus de l'espèce. Or, l'impôt sur les chiens ne diminue point les cas de rage; ce serait plutôt le contraire, puisque le nombre des victimes humaines, par an, n'était que de 27, de 1850 à 1856. On le conserve, cependant, puisqu'il rapporte. Nos voisins l'ont même adopté ; en Bavière, il est de 3 à 115 marcs (3 fr. 75 à 18 fr. 75), selon la population des villes ; à Bade, de 8 à 16 marcs (10 à 20 fr.). Si l'opinion spontanéiste, d'après laquelle les appétits génitaux non satisfaits chez les mâles (aujourd'hui plus nombreux que les femelles) favoriseraient le développement delà rage, était suffisamment établie, il conviendrait de taxer les mâles plus haut que les femelles.

Ces moyens ne paraissent pas pouvoir donner jamais de résultats sérieux. Il n'y a pas plus d'avenir dans les mesures vexatoires ou violentes, que les municipalités prennent parfois sous l'empire d'une panique, et qui ne durent que le temps d'un accès. La muselière obligatoire, si l'on en trouvait une qui empêchât les animaux de mordre, est odieuse au chien et à son propriétaire ; elle n'a d'efficacité que sur les inoffensifs ; on peut y renoncer. La boulette empoisonnée est immorale. Le port obligatoire du collier, avec le nom et l'adresse du propriétaire, n'est pas une protection directe ; mais il facilite l'application des articles 1382, 1383 et 1385 du Gode civil, relatifs à la responsabilité des propriétaires d'animaux; on ne paraît pas s'être servi beaucoup de ces prévisions légales.

La réelle protection, parce qu'elle est aisément applicable et qu'elle tombe sur les animaux essentiellement dangereux, c'est la poursuite vigilante et continue des chiens errants par la police municipale. Une razzia complète, opérée tous les quinze jours, ou même une fois par mois, sur tous les chiens sans maître et sans collier; l'abatage, après trois ou quatre jours, des animaux capturés et non réclamés, obtiendraient des résultats considérables, sans trop mécontenter personne.

H. Bouley relève, d'après G. Leblanc, 511 cas de rage canine ou féline dans le département de la Seine en 1878 :

440 cas sur les chiens.

G8 — sur les chiennes.

3 — sur les chats.

U y a eu 103 morsures rabiques infligées à des humains, savoir : 07 adultes et 36 enfants; la mortalité connue par ce fait serait de 30, un peu moins de 1 sur 3. Mais ce qui est fort à considérer, c'est la répartition des cas de rage selon les trimestres :

lre trimestre 141

spéciale.]

LES ZOONOSES TRANSMISS1BLES À L'HOMME.

3e trimestre 4e —

Quelle est la raison de cette chute brusque des chiffres, au quatrième trimestre? Un jeune homme, dont la famille avait une certaine notoriété dans le monde des arts, ayant succombé aux suites d'une morsure rabique, due à un chien familier, une vive émotion s'était emparée du public et la Préfecture de police s'était vue forcée de remettre en vigueur les ordonnances relatives à la rage, qu'on laissait un peu sommeiller jusque-là. En juillet et août, la police avait capturé, sur la voie publique, 4717 chiens, dont 4500 avaient été abattus.

Nous ne devons pas négliger d'ajouter que la diffusion populaire des principales notions relatives aux caractères de la rage, à sa prophylaxie et aux soins à donner en cas de morsure, constitue la base de tous les règlements et la garantie de leur application.

L' Instruction sur la rage, rédigée par le Comité consultatif d'hygiène, comprend trois paragraphes :

1° Soins à donner à une personne qui vient de subir la morsure d'un chien enragé ou suspect : cautérisation au fer rouge; en attendant, compression, lavage, succion ;

2° Conduite à tenir lorsqu'un animal vient d'être mordu par un chien enragé ou suspect : l'animal doit être abattu immédiatement, sans aucun sursis, en hiver aussi bien qu'en été ;

3° Caractères distinct/ fs de la rage du chien à ses différentes périodes : au début, l'animal est triste, il recherche la solitude, il est inquiet, agité, gratte la terre avec ses pattes; ses gestes indiquent des hallucinations, le délire; cependant, il est encore soumis, docile, il obéit à son maître, il lui fait môme souvent des caresses exagérées et très dangereuses, car sa bave est déjà virulente. Le chien enragé n'a pas horreur de Veau; au contraire, il en est avide; il n'est donc pas hydrophobe, et V hydrophobie n'est pas un signe de la rage du chien. Le besoin de mordre est un des caractères essentiels de la rage; le chien se mord lui-môme, déchire les objets inertes et en accumule les débris dans son estomac, où leur présence est, lors de l'autopsie, un bon signe de la maladie. Dans la rage-mue, la mâchoire inférieure est paralysée, tombante, la gueule est béante, rouge et sèche. D'ordinaire, l'aboiement est rauque, voilé, se transforme en un hurlement saccadé qui suffit pour révéler, même à une grande distance, l'existence d'un chien enragé. A la vue d'un animal de son espèce, le chien enragé entre dans une irritation furieuse et s'élance pour le déchirer. A la fin de la maladie, épuisé par ses fureurs et ses efforts, il marche devant lui, d'une allure vacillante, la queue pendante, la tête inclinée vers le sol, la gueule béante, d'où s'échappe une langue bleuâtre et souillée de poussière.

Il eût peut-être été prudent d'avertir que l'on ait à s'attacher à l'ensemble de ces signes plutôt qu'à l'un ou l'autre en particulier; car un chien fort bien portant « gratte la terre avec ses pattes » et la plupart des jeunes chiens mettent en pièces les objets déchirables qui leur tombent sous la dent. Dans tous les cas, il est désirable que cette instruction soit placardée en permanence dans les rues des villes et des villages; ce qu'on néglige régulièrement, en attendant les catastrophes.

LES MALADES ET LES MALADIES

[Hygiène

Bibliographie. — Vital (A.) : Lettres sur la rage. Paris, 1876. — Proust (A.) : Rapport sur les cas de rage observés en France pendant les années 1869 à 1876 (Recueil des travaux du Gomité consultatif d'hygiène, et Annales d'hygiène, 2e série, L, p. 543, 1878). — Bouley (H.) : Statistique de la rage dans le département de la Seine pendant l'année 1878 (Bull. Soc. méd. publ., II, p. 144, 1879). — Colin (Léon) : Incubation et prophylaxie de la rage (Bull. Acad. de méd., n°» 44 et 45, novemb. 1880). — Raynaud (Maurice) et Lannelongue : Recherches expérimentale? sur la transmission du virus rabique de l'homme au lapin (Bull. Acad. de méd., n° 3, janvier, 1881). — Pasteur : Maladie nouvelle provoquée par la salive d'un enfant mort de la rage (Bull. Acad. de méd., n° 4, 25 janvier 1881). — Parrot : Microbe de la rage (Ibid., n° 12, mars 18S1). — Bouley (H.) et Brouardel (P.) : Rage. Rage chez l'homme (Diction, encyclopéd. des scienc. médic). Doleris et Signol, Rage (INouv. Dict. de méd. et de chir. pratiq., 1881, tome XXX.)

2° La morve. — La morve et le farcin, aigus ou chroniques, qui ne sont qu'une même maladie, viennent du cheval à l'homme le plus souvent par inoculation, à la suite de contacts répétés et par absorption de la peau, saine ou fissurée; mais aussi, vraisemblablement, par infection, comme dans le cas de Kelsch, où le malade n'avait pas eu de rapports avec des chevaux morveux, mais avait couché dans une écurie ayant servi autrefois à des animaux atteints de cette maladie. C'est donc un virus à la fois fixe et difïusible. La morve est ensuite transmissible de l'homme à l'homme et, même, peut être retournée expérimentalement au cheval.

Les personnes spécialement menacées sont toutes celles qui ont des rapports immédiats et habituels avec les chevaux, ou couchent dans les écuries, palefreniers, cochers, soldats de cavalerie, les équarrisseurs, les vétérinaires, les élèves des écoles vétérinaires, et enfin les médecins et les étudiants en médecine, intéressés par les malades hommes.

Un tableau de Bollinger, dressé sur l'analyse de 106 observations, répartit les cas par profession de la façon suivante :

Garçons d'écurie 41

Cochers, charretiers, cavaliers 11

Propriétaires de chevaux, cultivateurs 14

Vétérinaires, étudiants vétérinaires 10

Équarrisseurs, bouchers de chevaux 12

Soldats 5

Médecins et chirurgiens 4

Jardiniers 3

Maquignons 2

Les contaminés par la matière du jetage, par le pus, même desséché, des pustules, peuvent être des intermédiaires de l'inoculation ou de l'infection morvo-farcineuse.

La prophylaxie de la morve est fort simple; l'arrêt du Conseil d'État, du 16 juillet 1784, la contient tout entière : déclaration obligatoire par les propriétaires des cas de morve éclos ou soupçonnés dans leur écurie; visite d'experts-, abatage sans délai des chevaux attaqués de la morve. En effet, la morve confirmée est jusqu'aujourd'hui incurable; il n'y a donc rien à attendre, et les intérêts matériels eux-mêmes des propriétaires exigent la disparition la plus prompte d'un animal qui, outre ceux qui le soignent, peut contaminer d'autres animaux et infecter profondément l'écurie. — L'ordonnance de police (Léon Renault) de 1875 n'a fait que reproduire cet ancien arrêt du Conseil d'État.

spéciale.]

ASSAINISSEMENT DE LA MORT

Dans la période d'observations, néanmoins, il faudra isoler le cheval malade; éclairer sur le danger possible les hommes chargés de le soigner et qu'il faudra choisir intelligents et robustes ; les dispenser de l'étrillage, faire le lavage des narines à grande eau, hors de l'écurie, avec la brosse à long manche ; ne pas laisser coucher des hommes dans l'écurie, écarter les palefreniers ou infirmiers qui auraient des blessures aux mains.

Bibliographie. — Reylval : Traité de la police sanitaire des animaux domestiques. Paris, 1873. — Kelsch (A.) : Note sur la morve farcineuse aiguë chez l'homme (Archives de physiologie normale et pathologique, V, p. 734, 1873). — Bouley (H.) : Morve; — et Brouardel (P.) : Morve et farcin chez l'homme (Diction, encyclop. des scienc. méd., 1876). — Tardïed (Ambr.) et Martineau (L.) : Morve et farcin (Nouv. Diction, de méd. et de chir. pratiq., XXIII, 1877).

ARTICLE X Assainissement de la mort.

Le souci de l'hygiène, vis-à-vis des cadavres humains, semblerait devoir être uniquement dirigé vers les moyens de prgtéger les vivants contre ces organismes désormais livrés à la putréfaction, et qui, toutefois, lorsqu'il s'agit de décès par maladies contagieuses, peuvent prolonger les dangers de contamination par contact ou par infection, sans qu'aucun espoir ait pu légitimer la présence autour d'eux des individus susceptibles d'être contagionnés. Cependant, les morts eux-mêmes ont encore quelques droits à nos soins; d'abord, parce que ces restes sont la dépouille d'un homme et qu'un sentiment supérieur et universel a fait surgir dans nos habitudes le culte des morts; puis, parce qu'il n'est peut-être pas impossible que la physionomie de cadavre ne soit qu'une illusion et que, de temps à autre, l'on n'ait affaire qu'a une mort apparente.

A. Soins immédiats. — Le mort doit être traité comme un malade jusqu'au moment de l'inhumation; cette formule résume toutes les dispositions à prendre vis-à-vis des décédés ordinaires. Quant à l'entourage, il est nécessaire de tenir à distance toutes les personnes qui ne sont pas utiles aux derniers soins; la mesure est de rigueur, surtout vis-à-vis des enfants, en cas de décès par maladie contagieuse, spécialement par suite d'affection éruptive. La chambre mortuaire doit être activement aérée, soumise à des aspersions antiseptiques, pendant le séjour du mort; énergiquement désinfectée après. La désinfection sera, de même, appliquée aux effets et à la literie.

Ces conditions sont difficilement remplies dans l'immense majorité des familles et des logements urbains. C'est pour combler cette lacune et régulariser l'assainissement immédiat de la mort que sont créées les « maisons mortuaires », dont il va être parlé.

Au point de vue légal, la constatation du décès est faite par les médecins (vérificateurs) de l'État civil, aussitôt après la déclaration. Comme il n'y a jusqu'à présent d'autre signe certain de la mort que la putréfaction, le per-

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mis d'inhumer ne devrait, logiquement, être donné qu'après la constatation de ce signe, c'est-à-dire moyennement quarante-huit heures après la mort; cependant, la loi française (Gode civil, livre Ier, chap. iv) n'exige que le délai de 24 heures, lequel peut même être abrégé dans des circonstances urgentes. L'usage des maisons mortuaires permet d'attendre, sans inconvénient pour personne, l'apparition du signe indéniable de la mort.

Une protection positive de la police, sinon de la législation française, c'est la règle qui ne permet pas de surseoir à la levée du corps, lorsqu'il peut ea résulter des atteintes à la salubrité publique.

liaisons mortuaires. — Avant que Hufeland, à Weimar, en 1791, fil établir le fameux obitoire dont il a été tant parlé, un Français, Thierry, ea 1785, avait exprimé l'idée des dépôts mortuaires et précisément avec le caractère de protection sociale, plutôt qu'individuelle, qui prédomine aujourd'hui : « J'ai imaginé, dit-il, des lieux de dépôt ; on en sent la nécessité pour nombre de familles pauvres, nombreuses, resserrées dans d'étroits logements. » C'est d'abord une préoccupation tout autre, qui l'a emporté parmi nos voisins du nord- est et qui se révèle suffisamment dans l'inscription qu'on lit au fronton de l'obitoire de Hufeland : « Dubise vitœ asylum. »

Cette idée, née en France, il y a cent ans, n'a germé jusqu'aujourd'hui qu'à l'étranger, et nous avons l'air, en ce moment, de la reprendre aux voisins. Il y a bien quelques raisons de cet état de choses ; les maisons mortuaires ont pu paraître moins nécessaires chez nous, où la vérification des décès se fait bien, et où les règlements ne permettent pas de surseoir à la levée des corps, qu'en Angleterre, par exemple, où se passent des faits analogues à celui que citait Henry-G. Burdett, au récent Congrès d'hygiène d'Exeter (1880) : Un inspecteur sanitaire trouvait une femme morte, que son mari n'avait pu faire enterrer que six jours après la mort, tout en continuant à coucher dans le lit où se trouvait le cadavre.

A vrai dire, la propagation de la pratique des obitoires a été rapide et s'est faite largement. Le tableau ci-après renferme un aperçu, probablement encore incomplet, de cette généralisation au dehors.

Alleîïiagne. — Berlin. — Une première maison mortuaire en 1797 ; aujourd'hui, obitoires dans presque tous les cimetières. L'n, avec le système des cellules, bâti en 1867 par l'architecte Erdmann, dans le cimetière de Saint-Georges (Zenelti).

Mayence. — Maison mortuaire en 1803.

Munich. — Salle de dépôt dans une chapelle du cimetière en 1792. — Première maison mortuaire en 1819. — Une très belle, bâtie dans le cimetière du Nord? par l'architecte Zenetti : système des salles communes (fig. 233).

Francfort. — Maison mortuaire en 1823. Cellules.

Brème. — Dépôt mortuaire; salle commune avec annexion d'une salle de dissection, d'un laboratoire, d'un cabinet d'anatomie.

Breslau. — Chambres mortuaires dans la plupart des cimetières et projet d'ee: faire dans les autres.

Spire. — Maison mortuaire depuis 1840. Cellules.

spéciale.]

MAISONS MORTUAIRES

Durkheim. — Id. — Ces deux dernières, dues à l'architecte von Voit. Chemnitz. — Maison mortuaire à 24 cellules, dans le cimetière (en exécution de la loi saxonne du 20 juillet 1850). Annexion d'une salle d'autopsie.

Ulm. — Maison avec salle commune dans le sous-sol et cellules au rez-de-chaussée. Salle de dissection.

Stuttgart. — Maison mortuaire dans le cimetière central. Salle de dissection.

Garlsruhe. — Maison mortuaire dans le nouveau cimetière. Salles communes et cellules. Institut anatomique.

ASSAINISSEMENT DE LA MORT

[Hygiène

Dusseldorf. — Sous-sol et rez-de-chaussée. — Salle d'autopsie. — Édifiée en 4875.

Hambourg. — Deux salles mortuaires.

Cologne, Wurzbourg, Augsbourg (Bauer), Nuremberg.

Hollande. — Amsterdam. — Deux chambres mortuaires, en 1870, pour déposer les cadavres de contagieux.

Belgique. — Bruxelles. — Essais de dépôts mortuaires dans les cimetières de Schserbeek et Molenbeck-Saint-Jean. Aujourd'hui, dépôt mortuaire dans la sacristie de l'ancienne église Sainte-Catherine, dans l'intérieur de la ville (Lacassagne).

Norwège. — Christiania. — Trois maisons mortuaires. Autriche. — Lemberg. — Depositorium reconstruit en 1872. Gratz. — Chambre d'attente dans chaque cimetière.

Prague. — Chambre mortuaire dans presque toutes les églises et dans tous les hôpitaux.

En Autriche, Kraus et Pichler ont tracé les règles à suivre pour le dépôt des cadavres dans les chambres mortuaires des cimetières : on peut donc en conclure que ce dépôt est un usage répandu.

Suisse. — Genève. — Le Conseil municipal a voté la création de maisons mortuaires (séances du 1er février 1876 et du 9 octobre 1879). Lacassagne, qui a vu le depositorium de cette ville, le prend pour modèle de celui qu'il demande à Lyon.

Italie. — Rome. — Chambres mortuaires dans chaque paroisse.

Milan. — Chambres mortuaires dans le nouveau cimetière.

Naples. — Deux chambres mortuaires : l'une, de dépôt ; l'autre, d'autopsie, si cela est nécessaire.

Venise. — Un dépôt mortuaire en construction (0. Du Mesnil).

Lucques. — Un dépôt pour les morts douteux ou contagieux.

Russie. — Saint-Pétersbourg. — Une chambre mortuaire doit être installée dans l'ancien cimetière.

Moscou. — L'architecte Chokhine a exposé, à Bruxelles, en 1876, un modèle de chapelle mortuaire de sa construction.

Angleterre et Irlande. — Dublin. — Cette ville paraît être la première qui ait inauguré l'institution de l'autre côté de la Manche, en 187!.

Bristol. — Chambre mortuaire dans le seul cimetière de Greenbank.

Manchester. — Une chambre mortuaire dans l'intérieur de la ville pour le cas de maladies infectieuses.

Londres. — Selon Lacassagne, 24 mortuaires dans les districts de la métropole.

Birmingham, Darlington, Derby, Liverpool, Sunderland, Wigan, complètent cette liste (Lacassagne).

Si nous mettons notre pays en regard de ces nations diverses, il faut reconnaître tout d'abord que rien n'a été fait ni même essayé, et que l'on a songé un peu tard à faire quelque chose. Du moins, semble-t-il que la question ait été parfaitement posée, mûrement approfondie, et il n'y aura rien à regretter, en arrivant tard, si nous profitons de l'exemple des autres et faisons mieux que personne.

Dans la séance du 22 octobre 1879, delà Société de médecine publique, 0. Du Mesnil lisait un remarquable travail sur : « La création de maisons ou

spéciale.]

MAISONS MORTUAIRES

dépôts mortuaires à Paris. » En rappelant ce qui se passe à l'étranger et le vœu favorable émis par les Congrès d'hygiène de Bruxelles de 4852 et de 1876, l'auteur montrait la possibilité de semblables installations dans les divers quartiers de la capitale et en demandait l'établissement à l'intérieur même de Paris, sous les conditions que réclament l'hygiène et le culte des morts.

La Commission nommée pour examiner ce projet (H. Bouley, 0. Du Mesnil, Gaston Trélat, Vidal, Brouardel, président; Lafollye et Napias, rapporteurs), déposa son rapport le 2-4 décembre en proposant l'adoption des conclusions de Du Mesnil. Après une discussion intéressante, ces conclusions furent acceptées par la Société, en séance du 25 février 1880. Elles contiennent les vœux suivants :

1° Que le dépôt mortuaire soit établi sur un point aussi rapproché que possible du quartier qu'il doit desservir ;

2° Que le dépôt mortuaire soit un depositorium, simplement et décemment aménagé, distribué en cellules complètement isolées, où chaque famille puisse venir veiller jusqu'au dernier moment sur ceux qu'elle a perdus ;

3° Que les corps y soient transportés aussitôt la visite du médecin de l'état civil et sur son indication, par les soins de l'Administration municipale;

4° Dans chaque dépôt mortuaire, on aménagera un local spécialement réservé pour recevoir les individus ayant succombé à des maladies épidémiques ou contagieuses, sous la condition formelle que l'on s'entoure de toutes garanties d'isolement pour empêcher la création de foyers épidémiques ;

5° Le transport au dépôt mortuaire sera facultatif, excepté pour le cas de décès par suite d'affections épidémiques et contagieuses, où il pourra devenir obligatoire ;

6° A chaque dépôt mortuaire sera annexé un appareil de désinfection à air chaud où seront apportés les vêtements et les objets de literie des décédés. Ils y seront immédiatement assainis.

Ces conclusions furent présentées par Lamouroux, au Conseil municipal de Paris, qui, sur la proposition de M. Georges Martin, les adopta en principe et en demanda l'application :

M. le Préfet est invité :

1° A faire étudier immédiatement la création de maisons mortuaires, à titre d'essai, dans deux ou trois quartiers de Paris ;

2° Ces maisons seront installées de préférence dans un bâtiment municipal approprié à cet effet ;

3° On se conformera autant que possible aux conditions consignées dans le présent rapport et déterminées ainsi qu'il suit par la Société de médecine publique de Paris.

(Suivent les conclusions énoncées précédemment.)

But des maisons mortuaires. — La pensée qui a présidé à la création des maisons mortuaires n'a pas été la même partout, et, avec le temps, la destination première de celles-ci s'est sensiblement modifiée.

ASSAINISSEMENT DE LA MORT

[Hygiène

On peut se proposer, dans une institution de ce genre, l'un des buts suivants, ou plusieurs d'entre eux à la fois.

j0 Prévenir les inhumations précipitées. — Comme nous l'avons dit, ç'a été l'idée qui fit créer la première de toutes les maisons mortuaires, celle de Weimar. La crainte d'être enterré vivant paraît avoir longtemps hanté les cerveaux germaniques et, aujourd'hui encore, sur bien des points, l'une des prescriptions relatives au dépôt des morts est toujours celle du cordon de sonnette à portée de la main du cadavre, ou la mise en rapport de cette main avec un mécanisme très délicat, qui met en branle une sonnerie au moindre mouvement d'un doigt... Mais déjà, cette préoccupation a bien perdu de son acuité. A Francfort, où l'intention de Hufeland a aussi présidé à la naissance de la maison mortuaire, on a tellement peu l'air d'attendre les résurrections que cette maison, dit Varrentrapp, est parfaitement faite pour tuer les gens qu'on pourrait y déposer étant encore en vie. Le docteur Flinzer, au Congrès de Stuttgard, a pris fort légèrement ce côté delà question. Le Conseil d'hygiène de la Gironde, en 1876, ne songeant pas qu'il y a d'autres raisons que celle-là à l'établissement des maisons mortuaires, jugea que le danger d'inhumation prématurée n'était pas assez sérieux pour légitimer les obitoires et en repoussa le principe. Après tout, il y a des médecins vérificateurs des décès, en Allemagne et en France.

Il est probable que la perspective des inhumations précipitées, à elle seule, ne suffirait pas à entraîner l'assentiment des hygiénistes en faveur des maisons mortuaires. Pourtant ce danger n'est peut-être pas absolument illusoire et, dans tous les cas, le public en a une peur étrange ; la loi l'admet, puisqu'elle ne permet les enterrements que vingt-quatre heures après le décès et non aussitôt après le passage du médecin-vérificateur; enfin, des hygiénistes, comme Belval, Lacassagne, von Karajan (de Vienne), ne dédaignent pas de le faire entrer en ligne de compte. Pourquoi ne prendrait-on pas aussi ce motif avec d'autres, du moment que ce n'est pas une erreur absolue et qu'il peut avoir un poids moral considérable, tout au bénéfice d'une hygiène positive?

2° Réunir la Morgue et VObitoire. — Nous avons vu que, dans beaucoup de villes d'Allemagne, qui d'ailleurs n'ont pas de Morgue, les maisons mortuaires ont pour annexe une salle d'autopsies ou même de dissection et un véritable Institut anatomique. Ailleurs, on a voulu que les maisons mortuaires fussent ouvertes aux cadavres d'individus morts sur la voie publique, par accident ou autrement, à un certain nombre de suicidés, à des voyageurs morts dans un hôtel et que le propriétaire de l'établissement s'empresse en général d'éloigner. Mais alors il faut que la maison s'ouvre aussi au public et, dans tous les cas, à la Justice qui, parfois, exigera l'autopsie médico-légale de quelqu'un des corps déposés. Faudra- t-il que le cadavre soit transporté' ailleurs pour l'autopsie, ou convient-il que l'on ménage, dans un compartiment de la maison ou dans une dépendance, une salle propre aux expertises de ce genre, en d'autres termes, une Morgue véritable ?

spéciale.]

MAISONS MORTUAIRES

Dans cette dernière alternative, il est clair que cette annexe de l'obitoire deviendrait bientôt la seule morgue et qu'il y aurait un réel intérêt pour la justice et pour la science, c'est-à-dire pour la société, à régulariser cette situation, à adopter cette morgue unique et à lui donner tout le développement qu'elle comporte. C'est ce que demande Lacassagne pour Lyon, m réservant que l'obitoire et la morgue restent parfaitement distincts, ehacun avec son entrée spéciale et ne communiquant que par un couloir. A vrai dire, les conditions se présentent là un peu spéciales; il se trouve que l'on a un terrain libre derrière la Faculté de médecine, que celle-ci possède un laboratoire de médecine légale parfaitement outillé, et qu'il y a avantage positif à rapprocher ces divers établissements.

Malgré cet exemple et les considérations sérieuses qui l'appuient, nous me croyons pas et l'on n'a pas cru, à Paris, qu'il soit prudent de réunir la Morgue et le depositorium, quand même, ce qui est de rigueur, on ferait absolument distincts les compartiments de chaque destination. A tort ou à ïaison, nos mœurs répugnent aux opérations anatomiques; nous serions blessés et inquiets de savoir ou seulement de penser, pendant que nous veillons nos morts, que l'on en dissèque un autre dans la pièce voisine. La Morgue, semble-t-il, ferait déserter l'obitoire, et le tout deviendrait Morgue, c'est-à-dire que l'on n'y verrait plus que les cadavres provenant de mort non naturelle.

3° Fuite?' la propagation des contagions par les cadavres. — Voilà un office des maisons mortuaires que personne ne conteste et qui frappe le vulgaire aussi bien que les savants. C'est au nom de ce danger de la contagion que Belval, Lecadre, Du Mesnil, et tant d'autres, ont réclamé tout d'abord la séparation des morts d'avec les vivants. C'est en face d'une pareille éventualité que le très libéral Conseil municipal de Paris consent à rendre obligatoire le transport des décédés à la maison mortuaire. Il n'y a pas d'arguties qui tienne devant ce sentiment général et très juste. En vain, les théoriciens objecteront-ils que les cadavres de cholériques ou de typhoïsants ne peuvent être dangereux, puisque le poison spécifique est dans les selles des malades ; que les cadavres de varioleux ne peuvent semer les germes varioliques qu'en se desséchant et qu'il suffit de les envelopper d'un drap humide pour prévenir la dissémination dans l'air des molécules contagionnantes, émanées de la peau. Le sentiment public et les faits, d'ailleurs, protestent contre ces formules. Peut-être pourra-t-on se garer, dans les demeures riches, spacieuses, à pièces multiples, où les habitants sont intelligents et soigneux. Mais il n'en sera pas et il ne saurait en être ainsi dans les logements des pauvres, et l'on verra longtemps encore, si les administrations n'y portent remède, le tableau tracé par M. Kœchlin- Schwartz : « Dans une pièce exiguë, habitée par un ménage d'ouvriers, le père, atteint de variole noire, râlait sur le lit unique, et, autour de lui, sa femme et ses cinq enfants, sans feu ni pain, attendaient, désespérés, que leur tour fût venu d'être frappés par la maladie... »

Sans doute, les contagieux vivants sont dangereux autant et plus que les morts. Mais l'isolement obligatoire n'existe pas en France et n'existera pro-

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[Hygiène

bablement jamais. Tant qu'il y aura des varioleux accomplissant leur évolution morbide à domicile, il est évident qu'il y a tout intérêt à diminuer leur influence dangereuse des dernières vingt-quatre ou quarante-huit heures de leur séjour dans le logement commun ; d'autant plus qu'il n'y a plus de services à rendre à leur cadavre et que c'est à ce moment-là que des parents et des amis affluent dans la maison du défunt pour apporter quelque aide et des consolations à la famille.

Remarquons, avecLafollye et Napias, que le cas supposé est précisément celui où la loi des 16-24 août 1790, titre XI, art. 3, confère aux corps municipaux « le soin de prévenir par des précautions convenables et celui de faire cesser... les accidents et fléaux calamiteux, tels que les incendies, les épidémies... »

4° Eviter en général la promiscuité des vivants et des morts. — L'hygiène moderne a cela de caractéristique qu'elle s'élève bien au-dessus des terreurs vulgaires et des accidents retentissants; qu'elle sait discerner les influences délétères frappant à petits coups et sans bruit, peu redoutées parce qu'elles sont partout, continues, que nous vivons en quelque sorte avec elles ; mais, en réalité, aussi meurtrières que les fléaux qui procèdent par bouffées épidémiques. Elle ne se borne pas à détourner les menaces positives ; elle tient à élever le bien-être et la santé de tous.

Or, il est difficile d'imaginer un objet plus insalubre qu'un cadavre au milieu des vivants, quand le groupe est confiné dans les locaux étroits et que ce contact se prolonge. N'était le culte des morts, sentiment humain et supérieur, nous nous éloignerions instinctivement du cadavre, lors même qu'il n'y aurait à craindre de contagion d'aucune sorte. En fait, tout organisme que la vie a abandonné est immédiatement envahi par les phénomènes redoutables de la putréfaction, plus actifs pendant que la putréfaction se fait que quand elle est terminée. Des milliers d'expériences ont aujourd'hui mis hors de doute la meurtrière énergie du « poison septique ». Sans doute, l'inspiration d'un air imprégné des émanations cadavériques n'équivaut pas, pour le danger, à une inoculation expérimentale ; mais, sauf la dose du poison, l'on ne saurait nier que ce ne soit une influence du même genre. On n'en meurt pas, d'ordinaire; mais il est fait une brèche plus ou moins profonde à l'intégrité vitale des individus. Nous n'avons que trop d'occasions de subir des brèches du même genre ; supprimons celle-là, si c'est possible.

Pour résumer cette discussion : « Le but capital des maisons mortuaires est de faire cesser la promiscuité des morts et des vivants, surtout en cas de décès par maladies contagieuses. »

Dépôt facultatif ou obligatoire. — Le dépôt des morts est obligatoire dans plusieurs villes d'Allemagne, notamment à Munich (environ 180,000 habitants), où personne ne s'en plaint et ne cherche à s'y soustraire, bien que le depositorium de Zenetti ait adopté le système des salles communes. De temps en temps seulement, la famille de quelque haut personnage demande l'autorisation, qui n'est jamais refusée, de garder un mort à domicile. A Ghemnitz, en Saxe (Flinzer), le dépôt est facultatif, et, cependant, il

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MAISONS MORTUAIRES

n'y a pas plus de 5 à 6 pour 100 des décédés qui ne passent pas par la maison des morts, bien qu'elle soit située dans le cimetière ; quelques grands personnages constituent l'exception, avec un certain nombre de tout petits enfants, décédés presque en naissant, et que les parents portent au cimetière dans une boîte.

En France, les essais que l'on est sur le point de faire seront évidemment une nouveauté et pourront tout d'abord paraître quelque peu étranges à un grand nombre d'individus. Les hygiénistes de Stuttgart ont voté la généralisation du dépôt obligatoire ; mais il ne semble pas que l'on puisse, en France, commencer par là. Les membres de la Société de médecine publique de Paris, le Conseil municipal, ne l'ont point pensé, et le Conseil d'hygiène du département du Nord est également d'avis qu'il convient d'introduire ce progrès selon des façons conformes aux habitudes nationales. Rien n'empêche que les hommes éclairés, d'ailleurs, et les médecins vérificateurs des décès en particulier, n'agissent par persuasion, dans leurs rapports avec les familles.

Pourtant, môme en France, on prévoit un cas dans lequel l'autorité pourra prendre cette mesure exceptionnelle : l'obligation du dépôt. C'est celui des épidémies. Empressons-nous de saisir ce moyen de faire entrer le dépôt des morts dans les habitudes urbaines, parce qu'il est légal, parce que l'occasion de le mettre en œuvre ne se présentera que trop fréquemment et, par-dessus tout, parce que nous serons utiles.

Peut-être viendra- t-il* un moment où l'on pourra, au nom des mêmes principes, étendre l'obligation aux morts quelconques dont la famille tout entière tient dans une seule pièce, dans un logement exigu, au sein d'une maison encombrée.

Forme de Vobitoire. — Deux systèmes sont en présence, celui des cellules séparées et celui des salles communes.

Le système des cellules est plus flatteur pour les familles, exprime mieux le respect que l'on porte à la dépouille mortelle de l'individu ; c'est celui que l'on essaie à Paris. Les grandes salles communes, en revanche, sont plus faciles à aérer, plus salubres pour l'ensemble de l'établissement; on pratique ce système à Munich. Bruxelles l'a pris avec une légère modification : des cloisons incomplètes séparent chaque cadavre, mais n'atteignent pas le plafond.

Certes, quand il s'agit de salubrité, on peut bien faire valoir l'idée philosophique de l'égalité dans la mort. Les salles communes, en principe, ont nos préférences. Mais, en restant sur le terrain de la pratique, nous pourrions peut-être faire une concession à la nécessité d'assurer d'abord une sorte d'attrait, si l'on peut employer ce mot en cette matière lugubre, à nos maisons mortuaires. La plupart des plans présentés comportent deux ailes; serait-il impossible de faire dans l'une de ces ailes des salles communes et, dans l'autre, des cellules? Serait-il même d'un mauvais calcul, au point de vue de l'hygiène, de ménager, parmi celles-ci, un certain nombre de cellules payantes!

Par ailleurs, il est de règle que ces installations soient simples, très

Arnould. — Hygiène. 81

ASSAINISSEMENT DE LA MORT

décentes, presque confortables; que la place nécessaire aux familles, aux gardiens, soit généreusement mesurée; que des compartiments appropriés se prêtent aux soins matériels des cadavres et à l'exercice des cultes ; qu'une ventilation parfaite assure incessamment la salubrité intérieure.

Il va de soi qu'une section suffisamment isolée, ayant son entrée à part, recevra les cadavres des contagieux, et que les portes de la salle des morts ou des cellules, encadrant une glace sans tain, fermeront hermétiquemen

On demande, à Paris, l'annexion à chaque dépôt d'un appareil de désinfection à air chaud, dans lequel passeront les vêtements et la literie des décédés. C'est un complément indispensable en cas de maladie contagieuse.

A Paris et partout, le transport des cadavres se fait par les soins de l'administration municipale et sur l'avis des médecins vérificateurs des décès.

Le reste est affaire d'architecte. Disons, cependant, que les devis faits pour une maison mortuaire de quartier, à Paris, s'élèvent à 25,000 ou 30,000 francs.

Emplacement. — Le choix de l'emplacement des obitoires est entre le cimetière ou l'intérieur de la ville. Si l'hygiène avait a se prononcer seule, elle n'hésiterait pas à désigner le cimetière et d'autant plus nettement qu'il serait plus éloigné des habitations. On ne saurait se dissimuler, en effet, que les obitoires sont, au fond, des foyers de putréfaction, où la salubrité intérieure ne sera maintenue qu'au prix de précautions minutieuses et d'une surveillance incessante. Ils seront admirablement ventilés, nous en avons la confiance, et les molécules putrides seront diffusées dans la masse atmosphérique. Mais il y a déjà une infinité d'autres émanations urbaines pour lesquelles on compte aussi sur la dilution dans l'atmosphère. On y compte trop, car il est positif que l'air des villes est riche d'ammoniaque; que l'atmosphère de Paris, vue de quelque distance, ressemble à une brume rougeâtre ; et qu'enfin, de temps à autre, les odeurs d'une grande cité deviennent un fléau public. Sans doute, la présence des morts dans la salle mortuaire n'augmente pas en fait le nombre des cadavres; elle ne fait que les concentrer. Les émanations cadavériques ne sont pas, en somme, plus abondantes que quand les cadavres étaient chacun chez eux; mais, en définitive, il y a toujours un quartier, une zone de la ville où l'imprégnation putride atmosphérique s'exaspère. Outre l'effet moral du voisinage de l'obitoire, ce quartier deviendra peut-être matériellement disgracié et aura quelque droit de se plaindre.

Ce droit pourrait devenir singulièrement rigoureux, dans le cas où une épidémie de variole aurait multiplié les cadavres contagieux dans la maison mortuaire. Des observations exactes, dues à Bertillon, Brouardel, Yidal, Léon Colin {Société de médecine publique, mai 1880), ont mis hors de doute l'énergique virulence des poussières épidermiques échappées de la peau de ces cadavres. Ces poussières ne vont pas très loin; mais il n'en reste pas inoins indiqué d'éloigner l'obitoire des habitations, et Ton s'étonne que cette pensée n'ait pas empêché Du Mesnil de proposer l'installation

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intra-urbaine des dépositaires, comme nous allons le dire. Il y a la ressource d'envelopper d'un drap mouillé les cadavres de varioleux; mais alors le cadavre déposé n'est plus traité « comme un malade. »

A Paris, 0. Du Mesnil demande formellement Installation du dépôt mortuaire « au centre du quartier qu'il doit desservir. » En outre du désir légitime que l'on peut avoir de mettre la maison mortuaire tout à fait à la portée des familles, on conçoit que l'étendue de Paris et le grand éloignement de ses cimetières ait pu l'emporter, dans l'esprit de cet éminent hygiéniste, sur les exigences immédiates de l'hygiène. Néanmoins, il ne faudrait pas être surpris, si quelque jour on revenait sur cette décision. On pourrait y être contraint par une condamnation judiciaire, comme celle qui vient d'atteindre, à Londres, de la part de la Chambre des lords, le Hampstead small-pox hospital.

Bruxelles paraît adopter la maison mortuaire centrale ; mais Munich la maintient dans le cimetière. Pour Lille, le conseil d'hygiène acceptait un point intermédiaire, situé dans la zone excentrique de la ville, sous les fortifications. Mais, à la suite du vœu présenté au conseil municipal par l'un de ses membres, M. Charles, le principe de l'installation d'un dépositaire dans Chacun des deux cimetières de la ville a été rétabli dans le projet.

Bibliographie. — Belval (Th.) : Des maisons mortuaires (Annales d'hyg. publ., 2e série XLVIII, 1877). — Du Mesnil (0.) : De la création de maisons ou dépôts mortuaires à Paris (Bull. Soc. de méd. publ., 22 octobre 1879J. — Flinzer und Zenetti : Ueber Nothwendigkeit und Anlage von Leichenhâuser (7le Versammlung d. d. Vereins f. Off. Gesundheitspflg. zu Stuttgart, 1879, in D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., XII, p. 163, 1880). — Lafollye et Kapias (H.) : Rapport sur la création de maisons ou dépôts mortuaires à Paris (Bull. Soc. méd. publ., 24 décembre 1879 et Revuti d'hygiène, p. 38, janvier 1880). — De Hanse (Félix), Perrin (E.-R.), Le Roy de Méricourt : Discussion sur la création de dépôts mortuaires (Bull. Soc. méd. publ , et Revue d'hygiène, II, p. 229, 1880). — Lacassagne (A.) : De la nécessité de construire, à Lyon, une Morgue et de créer dans cette ville un établissement public servant d'obitoire ou maison mortuaire. Lyon, 1881. — Arnould (Jules) : Sur la création de maisons mortuaires à Lille (Rapport au Conseil central, d'hygiène et de salubrité du département du Nord. Lille, 1881).

B. Sépulture. — Les procédés employés jusqu'aujourd'hui, d'une façon vulgaire, pour faire disparaître les cadavres humains, se réduisent à deux : Y inhumât ton et la crémation. Nous ne parlons pas de Y embaumement, dont la momification est un cas particulier, parce que ce système n'a jamais été, pas plus chez les Egyptiens (Kiïchenmeister) que chez nous, une méthode appliquée ou applicable uniformément à tous les décédés ni même au plus grand nombre.

inhumation. — Le procédé de l'inhumation intéresse l'air, le sol et l'eau.

L'air est peut-être le moins compromis ; en effet, les germes atmosphériques, agents de la putréfaction, descendus sous terre avec le cadavre, peuvent désormais accomplir leur œuvre sans compromettre l'air extérieur, pourvu que la profondeur soit suffisante et qu'une couche épaisse de terre, bien tassée, les sépare de l'atmosphère libre. On peut d'ailleurs, et c'est fort utile, restreindre ou suspendre leur action, pendant que le

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cadavre est encore au dehors, à l'aide des antiseptiques. Malheureusement, de telles précautions ne sont pas toujours prises, et l'échange gazeux entre l'atmosphère et les cadavres se produit.

Le sol, au contraire, est immédiatement menacé et peut être gravement souillé, soit banalement, soit spécifiquement, si des conditions assez nombreuses, et que l'on ne peut rencontrer partout, ne sont intégralement remplies. C'est dire que l'eau va être, d'une façon fatale, la traduction et le véhicule des mêmes souillures. Répétons-le : ce n'est point le résultat final de la réduction (Verwesung) des cadavres, qui est inquiétant, mais bien le processus fermentatif (Fàulniss) qui y conduit ; or, selon que le sol est plus ou moins favorable, ce processus peut durer de cinq à trente ans. On se reportera à I'Hygiène générale (pages 91 à 97) pour l'exposé des souillures telluriques des inhumations, des conditions que doit remplir le sol, etc. Il va sans dire que la même eau qui peut charrier des alcaloïdes cadavéreux, des molécules et des germes putrides, transportera tout aussi bien des germes typhiques, cholériques, ou autres, dont la conservation au sein du sol est un fait démontré.

Les cercueils de chêne ou de métal retardent la réduction des cadavres; ceux de sapin sont préférables.

Le décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804) prescrit l'inhumation hors de l'enceinte des bourgs ou villes à une distance de 35 à 40 mètres au moins; le décret du 7 mars 1808 interdit de creuser des puits ou d'élever des habitations à moins de 100 mètres des cimetières ; les hygiénistes d'aujourd'hui demandent un éloignement de 1,000 à 1,500 mètres. La profondeur des fosses doit être de 1 mètre 50 à 2 mètres ; dans ces conditions, l'on est quelquefois bien près de la nappe souterraine. Les fosses doivent être espacées de 30 à 50 centimètres ; comme il est difficile d'accorder à chacune beaucoup moins de 2 mètres de long et 50 centimètres de large, on peut calculer que chaque cadavre prend 2 mètres carrés de surface. Même en renouvelant les fosses tous les cinq ans, comme la loi le permet (minimum bien faible), les cimetières s'étendent fatalement en surface et finissent par envahir les grandes villes, ou se multiplient autour d'elles d'une façon alarmante.

C'est pour cela que les modernes s'efforcent de revenir à l'incinération des cadavres.

Crémation. — L'inhumation, qui est actuellement le seul mode légal en France, est aussi le plus ancien dans l'histoire de l'humanité. Les peuples autochthones de notre Europe le pratiquaient, ainsi que leurs premiers visiteurs sémites (Phéniciens, Juifs, Arabes, Egyptiens), lorsque les Indogermaniques leur apportèrent la crémation. Il est à remarquer que les nomades ont généralement adopté celle-ci, qui leur permet d'emporter avec eux les cendres de leurs ancêtres, tandis que les peuples sédentaires prolongent leurs relations avec les morts en les enterrant autour ou au milieu du groupe d'habitations.

Les Grecs et les Romains, qui avaient reçu des premiers ce procédé, incinéraient leurs morts sur un bûcher, à ciel ouvert, dans des conditions

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