CRÉMATION
traitant a déclaré de la façon la plus expresse que la cause de la mort est une maladie naturelle et qu'elle exclut absolument la possibilité que la mort soit la conséquence d'un crime quelconque. Il faut, en outre, l'autorisation du préfet, celle de l'officier de l'état civil, celle de l'autorité judiciaire. Un exemple récent a prouvé que ces précautions, que l'on n'eût point prises sans la crémation, étaient parfaitement aptes à mettre la justice sur la piste des faits qui la regardent et qui lui eussent échappé dans les procédés ordinaires.
La crémation ne pourra devenir le mode général qu'avec de pareilles garanties. Les traces de violence, les poisons végétaux, disparaissent forcément par l'incinération ; certains poisons minéraux pourraient être décomposés et méconnaissables. Nous croyons que, par la simultanéité de fonctionnement des maisons mortuaires et de la crémation, ces deux institutions excellentes se rendraient mutuellement des services considérables.
Lltalie (Keller, Polli, Brunetti) a l'honneur d'être aujourd'hui en tête des nations européennes, au point de vue de ce progrès. Mais la crémation compte de nombreux adhérents en Allemagne : Fieck, Kiïchenmeister, à Dresde ; Reclam, à Leipzig; Schuchardt, à Gotha,, etc. ; en Suisse : Kopp, à Zurich; et en France, où l'administration se croit plus liée qu'elle ne l'est probablement par le décret de prairial an XII, mais où il vient de se fonder une société pour favoriser la crémation. Le moins qu'on puisse accorder, c'est la permission de se faire incinérer aux personnes qui ne préfèrent pas pourrir, et la perspective du recours à la crémation dans les cas de grandes épidémies qui accumulent les cadavres et pénètrent de contagion l'air et le sol.
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