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EST1YALE

JOri V

Elles ne se rencontrent plus :

Sous la même influence, mais à un autre point de vue, les manifestations de l'intoxication tellurique sont des fièvres tierces ou quotidiennes en Hollande, dans la Bresse, des fièvres rémittentes ou continues en Algérie, continues bilieuses, hématuriques, au Sénégal. Elles n'apparaissent que dans la saison chaude de nos pays tempérés et disparaissent en hiver. Dans les régions de haute thermalité, elles croissent en fréquence et en gravité, sur un même terrain, à mesure que la saison chaude s'avance et se prononce (3e trimestre : Mayotte, moyenne thermique 24°, 8; Sénégal, 26°, 7; Antilles, 27°, 13 ; Guyane, 28°, 3). Bien plus, les accidents les plus graves suivent la saison des chaleurs plus qu'ils ne l'accompagnent; c'est en octobre que l'Algérie a ses fièvres les plus malignes et les cas les plus accentués d'imprégnation malariale; comme si les humains récoltaient en automne les fruits des germes que l'été a fait éclore, fleurir et mûrir.

b. lï altitude pouvant , comme nous le verrons, équivaloir à la latitude sous le rapport des circonstances climatiques qui en dérivent, l'élévation d'un lieu au-dessus du niveau de la mer diminue ses chances d'aptitude à fournir les influences malariales à mesure qu'elle est plus considérable. L'incompatibilité est complète, si l'altitude amène la température moyenne du lieu à être au-dessous de la limite de 4 à 5°, précédemment indiquée ; mais il est évident que, dans la même région, toute altitude moindre ne constituera qu'une inaptitude relative du sol à engendrer la fièvre. D'où il suit que les altitudes auxquelles disparaît la malaria sont plus élevées dans les pays intertropicaux que sous les climats tempérés. En Europe, les marais situés à 800 ou 1,000 mètres, et même au-dessus de 2,000 mètres dans les Pyrénées (Faure), sont encore dangereux ; au Mexique, ils ne cessent pas de l'être à 2,000 mètres ; au Pérou, à 3,600 mètres (Tschudi).

Mais il importe surtout de considérer l'immunité que confère l'habitation des hauteurs dans une zone territoriale infestée de malaria. Quelle que soit la nature du principe morbigène, il est susceptible de transport à distance,

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en hauteur aussi bien qu'horizontalement. Pour que l'altitude relative soit un préservatif, il faut qu'elle soit suffisante (L. Colin). Bien que, d'ordinaire, les étages inférieurs d'une maison soient plus maltraités par la malaria que les étages supérieurs, cependant on a vu des points, situés à près de loO mètres au-dessus du niveau moyen de la plaine environnante, souffrir plus que celle-ci de la fièvre. Autour de Rome, selon Léon Colin, il n'y a guère moins de danger à habiter sur le plateau de Veïes {Isola Fa?mèse), à 200 mètres d'altitude, que dans les autres localités rurales, à 25-50 mètres; Albano, à 381 mètres, Frascati, à 336 mètres, n'ont encore que leur sommet dans Varia buona; tandis que Rocca priora, Rocca di Papa (717-807 mètres), le couvent des moines Passionnistes sur le monte Cave (954 mètres), sont complètement salubres. Il faudrait, en Italie, une altitude relative de 400 à 500 mètres, comme l'indiquait Montfalcon ; dans les Indes, 600 à 800 mètres. Parkes estime que 300 à 400 mètres suffisent à assurer l'immunité, d'une façon générale et pourvu que le sol malarial ne soit pas au fond d'une gorge étroite d'où l'air et les vapeurs s'élèvent à certain moment du jour, par suite de réchauffement inégal de la base et du sommet des collines.

c. Les mouvements atmosphériques décident du transport horizontal du poison malarial. Par les temps calmes, une très faible distance du foyer est une garantie; 200 à 300 mètres en moyenne suffisent à mettre l'homme hors de la portée des effluves. Ainsi, l'équipage des navires ancrés près d'une côte palustre reste indemne (Lind). Toutefois, pour des raisons qui n'ont pas été précisées mais qui paraissent relever de la densité du miasme dans l'air, il arrive que dans les pays chauds, en Ghine et dans les Indes occidentales, la distance de 1,000 mètres ou même d'un mille anglais ne met pas complètement à l'abri. Les marais salés auraient, à cet égard, une puissance de diffusion particulièrement élevée.

Mais lorsqu'il y a des déplacements de la masse d'air qui a plané audessus du sol malarial, la diffusion des miasmes peut se faire sentir au loin. Au Gabon, même sans vent très appréciable, les effluves palustres se font encore sentir à 2,800 mètres (Forné). Les Dombes envoient la fièvre à Lyon ; elle vient aisément du Brouage à Rochefort, quoique la distance soit de 7 à 8 kilomètres (A. Lefèvre).

Par les vents forts, il peut théoriquement y avoir des transports au loin ; mais, en fait, au point de vue de la salubrité des lieux qui environnent un foyer, c'est plutôt le contraire qui s'observe. Les vents médiocres déplacent l'atmosphère tout d'une pièce ; les vents forts, au contraire, éparpillent les masses atmosphériques et diluent le poison malarial à un degré tel qu'il devient inoffensif (Pauly).

d. L'abondance et la distribution saisonnière des précipitations atmosphériques ont une influence de premier ordre sur la production et la prospérité du principe fébrigène malarial, D'une façon absolue, il faut de l'humidité au sol pour qu'il soit capable de devenir le foyer des fermentations malariales ; la pluie apporte d'abord cette humidité nécessaire. Mais si les pluies sont continues, ou très abondantes à un moment donné, l'eau peut

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être en excès, revêtir le sol jusqu'à une certaine hauteur ; et l'expérience a démontré que le principe malarial ne prospère pas sous une couche aqueuse un peu épaisse ; il est comme noyé et ne se trouve pas mieux de la submersion que de la dessiccation. Les circonstances les plus favorables sont des pluies d'hiver généreuses, suivies de sécheresse en été et jusqu'à l'automne : c'est ce qui arrive le plus fréquemment en Algérie. Si les hivers sont secs, l'endémo-épidémie malariale n'est point sévère dans notre colonie. A la suite des sécheresses de 4866 et 1867, qui devaient engendrer la famine et le typhus algérien de 1868, les fièvres d'été et d'automne furent relativement rares et presque toujours bénignes. L'hiver et le printemps de 1868 furent marqués par une grande abondance d'eau météorique ; les fièvres de 1868, en été et en automne, reprirent l'extrême fréquence et la malignité qui avaient frappé les premiers observateurs.

Dans nos pays tempérés, quelques jours d'une pluie abondante, en été ou en automne, peuvent couper court à une épidémie de fièvres telluriques ; le sol malarial est noyé pour un temps durable. Dans les pays chauds, il en est tout autrement; les averses d'été n'arrivent point à couvrir un sol déjà profondément sec ; l'eau en est d'ailleurs rapidement évaporée, s'il en reste à la surface. Ces averses ne font, habituellement, que donner un surcroît d'activité aux phénomènes de vie dans la couche superficielle et assurer une plus grande intensité des manifestations malariales. On observe le fait en Algérie. Il est plus frappant encore au Sénégal : Borius, Bérenger-Féraud, remarquent avec insistance que, le sol étant parfaitement sec et les fièvres absentes pendant la saison sèche, les premières pluies de Yhivernage, en juin, qui ne mouillent que la poussière, font apparaître la fièvre après vingt-quatre ou quarante-huit heures ; en plein hivernage, c'està-dire dans la période d'inondation, l'insalubrité des premiers jours se modère ; puis, elle redouble en septembre et octobre, c'est-à-dire quand les pluies s'arrêtent et que les chaleurs terminales de l'hivernage viennent dessécher les marigots créés par l'eau de la pluie.

On retrouve aisément, dans ces circonstances, la raison de la distinction autrefois classique et rappelée par Vallin : des marais couverts, découverts et aller natif s.

e. A côté de ces influences climatiques, mentionnons celle de Yheure du jour. C'est le soir que l'air malarial est le plus offensif; à ce moment, l'atmosphère se refroidit, les vapeurs se condensent et se précipitent ; les miasmes, jusque-là très disséminés dans l'air, se rabattent vers le sol, de telle sorte que les couches aériennes en contact avec lui en contiennent la plus grande somme. On sait la fâcheuse réputation, à Rome, de l'heure de Y Ave Maria (6 heures du soir). Les instants qui suivent immédiatement le lever du soleil présentent des dangers analogues, par l'effet inverse ; réchauffement de l'atmosphère fait appel sur le sol et provoque la réascension des effluves.

f. Les marais recouverts de végétation sont, en général, moins offensifs que les marais nus. Mais nous savons déjà que la forêt vierge, les jongles, les hauts herbages, n'empêchent pas toujours le sol d'être malarial. La

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vaste zone du Teraï, au pied de l'Himalaya, l'une des plus meurtrières aux humains, est précisément recouverte d'arbres, de lianes et de broussailles.

g. Il y a des influences de localité, mal expliquées jusqu'aujourd'hui. Divers points du globe présentent en apparence toutes les conditions nécessaires à la constitution d'un sol malarial ou même de marais véritables, sans que néanmoins l'action funeste des émanations d'un tel sol sur l'homme se fasse sentir. Tel est le plateau des Parécis, à 305 mètres d'altitude, où se fait le partage des eaux de l'Amazone et du Paraguay, avec des pentes si faibles que l'on voit pendant quelque temps le Rio-Alègre (du bassin de l'Amazone) couler à 3 mètres du Rio-Aguapey (appartenant au bassin du Paraguay). Telle est, du reste, presque toute la région pampéenne. Taïti, la Nouvelle-Calédonie, la plupart des îles de la Polynésie, partagent cet heureux privilège. Boudin relevait cette circonstance et tendait à en faire un caractère général aux terres de l'hémisphère sud. Les marais du Brésil et du Pérou, très délétères, prouvent bien qu'il ne s'agit pas ici d'une semblable règle. J. Girard crut pouvoir noter, comme circonstance importante, que les îles à marais inoffensifs, comme Taïti et la Nouvelle-Calédonie, sont entourées de coraux vivants, tandis que les Antilles, très insalubres, le sont de coraux morts. Mais que dire de la plaine des pampas ? Pauly en attribue la salubrité à une ventilation sans obstacle par des courants énergiques. Je ne sais si l'on pourrait appliquer la même théorie à la rareté des fièvres sur divers points de l'Amérique du Nord et de l'Inde, cités par Hirsch (d'après King à Monterey, Head dans le Minnesota, Wortabel en Syrie, Annesley dans la présidence de Madras), et qui ont extérieurement toutes les apparences du sol malarial. Est-ce aussi pour cette raison que les bords des- grands lacs américains, de 43° à 46° de latitude Nord, sont inoffensifs ?

Cette immunité de quelques régions où le sol paraît éminemment propice aux phénomènes habituels de fermentation organique n'est pas un médiocre argument en faveur de l'existence d'un germe spécifique, qui serait le poison malarial. Dans cette hypothèse, en effet, le sol aura beau posséder les aptitudes les plus parfaites, si le germe ne s'y trouve pas ; c'est un terrain merveilleusement préparé, qui a tout ce qu'il faut pour produire, mais reste stérile parce que la semence n'y tombe point. Cette conclusion se trouve corroborée par quelques faits considérables et, d'ailleurs, bien observés. Ainsi, la différence d'intensité des épidémies d'une année à l'autre, ou même des exacerbations de l'endémie, en un même lieu, dans des circonstances climatiques sensiblement identiques pendant une série d'années (L. Volz). Ainsi, encore, les manifestations pandémiques de la malaria, signalées par Hirsch, apparaissant par longues périodes irrégulières, quoique chaque année ramène à peu près les mêmes phénomènes météoriques, et gagnant des zones territoriales qui, habituellement, ne se montrent pas favorables au développement de la maladie. On a même fait remarquer que la Suède et la Norvège ne prennent leur part de l'extension pandémique qu'un an ou deux après l'Europe centrale, comme s'il s'agissait d'un transport réel d'un agent morbigène, à la façon

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dont on voit le choléra venir de l'Asie à l'Europe par étapes successives, et ne pénétrer dans l'Occident qu'un temps notable après la recrudescence dans l'Inde, qui a été son point de départ (vers 1830, cette translation était lente et s'observait aisément).

Répartition géographique du sol malarial à la surface du globe. —

Nous ne pouvons indiquer ici que les contrées reconnues malariales par leurs influences pathologiques. Cet exposé sera le plus bref possible, sauf en ce qui concerne la France,

Asie. Toute l'Asie du nord-ouest est riche de côtes basses, sur la Méditerranée, la mer Noire et la mer Caspienne. Elle possède des lacs salés, qui sont de petites mers intérieures, difficilement alimentés par les fleuves; à l'époque des chaleurs, l'évaporation met à peu près à nu la zone périphérique de la cuvette lacustre. Dans les grandes plaines et les larges vallées, les fleuves hésitent à prendre une direction, et des cours d'eau autrefois célèbres (Scamandre, Jourdain, Phase, etc.) ont disparu ou n'arrivent plus à la mer que par des affluents qui ont pris la place du fleuve principal. L'incurie des habitants laisse l'œuvre puissante de la nature et du temps s'accomplir sans obstacles. D'ailleurs, ces parages s'étaient déjà fait une réputation fâcheuse dès les premiers temps de l'observation médicale ; Hippocrate signale spécialement le Phase comme « le plus stagnant de tous les fleuves ». Et quant aux « champs où fut Troie », l'expérience des marins anglais et français, à l'époque de la guerre de Crimée, les a dénoncés comme une rive très inhospitalière.

En s'éloignant des bords turcs ou persans de la mer Noire et de la mer Caspienne, on gagne le bassin des fleuves qui se dirigent vers le golfe Persique. Or, la région entre le Tigre et l'Euphrate, sillonnée de canaux mal entretenus, est une de celles où le sol possède les propriétés les plus nuisibles. La Mésopotamie n'a rien à envier à l'insalubrité du Khanat de Khiva, des bords des lacs d'Arménie ou de Perse. En Arabie, les environs de Médine et la côte du golfe Persique ont des marais. La malaria règne dans l'Afghanistan, particulièrement dans les défilés de Bolan, de Cojeh, dans le Dadour. à Candahar, dans les vallées de Caboul et de Jelalabad.

Les bouches de l'Indus constituent la région à malaria la plus vaste et la plus mal famée de tout le globe. Ce n'est pas seulement sur le cours inférieur du fleuve, à débordements annuels et déposant de larges alluvions, que dominent les fièvres malignes; le haut pays lui-même, le Pendjaub, Cashmir, en est infesté, bien que le sol y soit sableux et stérile. La partie occidentale de la côte du Sindh, qui n'est plus exposée aux pluies périodiques et qui est également sablonneuse, est seule relativement salubre. L'île de Kutch, la presqu'île de Guzerate, la province de Malwa, sont en proie à la fièvre, bien que le sol y soit volcanique ou recouvert de la végétation échevelée des jungles. La plaine basse à l'est de FIndus se continue avec celle du Gange; toutefois, les pentes occidentales du bassin de ce dernier fleuve, dans son cours supérieur, ne sont pas inondées par lui et, à quelques exceptions près, restent assez salubres. La véritable région malariale de la plaine du Gange commence dans le pays de Bénarès, c'est-à-dire là où les rives déprimées du fleuve sont annuellement submergées ; une partie de cette région appartient encore aux provinces du nord-ouest et à la portion basse de la province de Behar, mais la plus grande de beaucoup se rattache à la présidence du Bengale, depuis les

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pentes du Népaul jusqu'à l'embouchure du Gange. Comme on pense, l'espace le plus marécageux et le plus fiévreux est le Bas-Bengale, sur les deux rives du delta du Gange. Vient ensuite la plaine richement abreuvée, entre le Gange et le Brahmapoutre, en remontant vers le Népaul ; puis la vallée redoutée de Tirhoot et le pays de Mallye, à la limite nord des possessions anglaises. Le bassin du Brahmapoutre, qui arrose encore dans son cours inférieur une partie du Bengale et traverse, plus haut, la province d'Assam, est riche en marais, presque autant que les localités précédentes. La province d'Orissa doit son insalubrité aux jungles ; celle de Madras, aux rizières et aux irrigations voulues. Les jungles et les rizières assurent encore des fièvres à la division sud des Ghates ; dans la présidence de Bombay, il s'y ajoute la culture delà canne à sucre.

Ceylan représente au mieux, par ses fièvres dans des lieux secs et élevés, le sol malarial sans marais et a fourni le type du hill-fever. Les districts de Ghittagong, d'Arracan, dans l'Inde au delà du Gange, ont la fièvre; mais moins que les bords marécageux de l'Iraouaddy et du Maulmain, dans les États de Burmah et de Martaban. Malaccan'a que des fièvres bénignes et Singapore, malgré sa situation en pleins marécages, n'en connaît presque d'aucune sorte.

Les marais de Cochinchine, entretenus par la dépression du sol, les cours d'eau et la culture du riz, rendent le séjour de la contrée très rude aux Européens et entravent à un haut degré la colonisation française.

Les côtes sud et sud-ouest de la Chine sont hantées par des fièvres aussi malignes que celles de la côte occidentale de l'Afrique (Canton, Hong-Kong, Amoy, Chusan, les rives du Yang-Tse-Kiang).

Afrique. — Dans la zone septentrionale, le Maroc, notre Algérie, Tunis et Tripoli, offrent à peu près les mêmes caractères telluriques. Au nord de l'Atlas, à côté de quelques lacs, comme ceux de Miserghin (Oran), Alloulah (Alger), Fezzara (Constantine), et de marais véritables, des rivières à méandres nombreux avec de petits bras secondaires, déplaçant leur lit d'année en année et toujours barrées à leur embouchure, constituent des foyers multiples et des plus actifs (Chéliff, Sebaou, les Yssers, la Seybouse, le Roumel). Souvent même, la dépression du terrain, la présence d'une couche de terre végétale superposée à un sous-sol imperméable, comme dans la plaine de la Mitidja, réalisent un sol malarial sans eaux visibles. Au sud de l'Atlas (ou plutôt entre le grand et le petit), c'est la région des lacs salés et des chotts, marécages typiques et d'une pestilence insigne. Plus au sud encore, dans la bande saharienne des oasis, partout où il y a un cours d'eau livré à luimême, les îlots arrosés par celui-ci et recouverts d'une jungle en miniature sont d'un accès redoutable ; la mise en culture de ces espaces d'aspect attrayant coûte toujours des vies humaines. Les oasis, où la culture est établie et régularisée depuis longtemps, sont très salubres ; toute l'eau qui y pénètre est immédiatement utilisée avec un soin scrupuleux ; en aucun point de ces élégants et riches bosquets, il n'en reste la moindre flaque égarée ou stagnante.

L'Egypte, naturellement très insalubre au Delta du Nil, sur la côte, aux bords du lac Maréotis, doit encore plus haut, aux débordements du fleuve, sa fécondité et l'endémicité malariale la plus sévère. Les bords du Nil sont plus élevés que le niveau du pays environnant; les eaux, d'ailleurs très limoneuses, une fois échappées de son lit ne sauraient y rentrer et ne disparaissent que par évaporation. La Nubie partage avec l'Egypte les effets à la fois fertilisateurs et délétères des débordements du Nil. L'Abyssinie, sur ses hauts plateaux, est généralement salubre ; cependant, ses pentes vers l'Est, la côte déprimée du golfe Arabique et diverses vallées profondes où l'incurie des habitants laisse les cours d'eau s'obstruer de

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végétation palustre, sont en proie aux endémies de la plus mauvaise espèce, ainsi qu'il résulte des observations de Henry Blanc pendant le voyage qui devait aboutir à sa dure captivité chez le roi Théodoros. En remontant vers les sources du Nil, de Khartoum à Gondokoro et au delà, on rencontre l'idéal des marécages ; les récits de Baker nous en ont laissé la description. Sous ces latitudes, toute flaque stagnante, tout sol alternativement mouillé et asséché, toute surface limoneuse, ne tarde pas à devenir un foyer d'émanations malariales d'une extrême énergie.

La côte occidentale d'Afrique, du Sénégal au golfe de Guinée, y compris les îles en regard, et en remontant le long des fleuves de la contrée, est le pays du monde où les fièvres de malaria possèdent l'extension, la généralisation la plus complète et la plus effroyable intensité. Les médecins de notre marine ont décrit tout à la fois les circonstances telluriques et climatiques, et les types redoutables des fièvres de notre colonie sénégalienne ; c'est là qu'on voit des fièvres de malaria à manifestations bilieuses si prononcées qu'on dirait la fièvre jaune, les accidents d'hémorrhagie, la fièvre bilieuse hématurique, qui complètent le rapprochement (Barthélémy-Benoît).

Du cap Lopez et de Saint-Paul de Loando jusqu'à Benguela, la côte est boisée, sans marais et saine. Madère, Bourbon, Maurice, Sainte-Hélène, le Cap, sont salubres. Probablement aussi la partie orientale de la pointe du continent africain, grâce à un sol sablonneux, relevé, sans marécages ni grandes forêts.

Il n'en est plus de même de la côte à partir de la baie de Delagoa jusqu'à la côte de Mozambique et de Zanguebar, où les fièvres ont jusqu'aujourd'hui repoussé la colonisation européenne. Les Comores et la côte N.-O. de Madagascar participent au même fâcheux privilège.

Il semble bien, d'après les rapports des voyageurs, plus occupés de géographie et d'ethnologie que d'hygiène, que l'intérieur de l'Afrique ne jouit pas d'une suffisante salubrité, au moins au voisinage des grands lacs N'Gami, Nyanza,Tanganiyka, Tschad, et sur les rives des affluents du Nil ou du Congo. Divers accidents pathologiques éprouvés par Livingstone, Speke, madame Baker, le lieutenant Mage et d'autres, paraissent devoir être rapportés aux influences malariales. Les marécages sont, à coup sûr, nombreux dans ces vastes domaines habités par des peuplades farouches ou asservies à des despotes stupides, toutes circonstances peu faites pour favoriser la mise en culture régulière et l'assainissement du sol. Et, s'il y a des marécages, il serait étonnant que la température de cette zone centrale n'en fît pas sortir des effluves d'une haute nociveté.

Amérique. — La Nouvelle-Angleterre, le Bas-Canada, les rives delà baie d'Hudson, le Groenland et l'Amérique russe, sont à peu près exempts de fièvres, malgré la présence de marécages, grâce à leur latitude et à leur isothermie. Les bords des grands lacs sont préservés pour la même raison, sauf ceux des lacs Huron, Sainte- Claire, Erié, Ontario. Pourtant, les sols marécageux du versant ouest des montagnes Rocheuses ne laissent pas que de provoquer des manifestations malariales épidémiques, même jusqu'à la latitude de New-Archangel, 57°, 3'. Les marécages de l'embouchure de la Colombia (fort Vancouver, lat. 45°, 40 ') sont très actifs. Sur le versant atlantique, les fièvres ne dépassent pas Kingston, à 44°,8' lat. N. et, sur la côte, Halifax. Tous les fleuves de la côte atlantique, la Susquehanna, le Delaware, ont des bords palustres, surtout à leur embouchure. La plaine de sable qui forme ie littoral de la Caroline du Nord est un des marais les plus fertiles en fièvres. La Pensylvanie, New-Jersey, la Virginie, ont des accidents de malaria, même en des points élevés et secs. La prairie, des bords du Missouri jusqu'au pied des monts Alleghany, à travers les États de Missouri, Iowa, Minesota, Wisconsin, Michigan, Illinois, Indiana et Ohio, est une des plus vastes régions malariales du Nord-

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Amérique : la partie ouest du Kentucky est, de même, couverte de forêts marécageuses. On peut admettre, avec H. Rey, que l'énergie et l'ingéniosité du libre citoyen de l'Union Américaine aient puissamment corrigé la nature sur ces divers points ; ici, la température ne se ligue pas avec le sol contre l'homme. 11 sera toujours autrement difficile d'assainir les bords du golfe du Mexique (Floride, Géorgie, Alabama, Louisiane, bords du Mississipi, du Rio-Colorado, du Rio-del-Norte). L'insalubrité insigne de cette côte dépasse de beaucoup le territoire du Texas ; elle s'étend à tout le littoral atlantique mexicain et à celui des républiques de Centre- Amérique. Sur le Pacifique, les rives du San-Joaquin et du Sacramento entretiennent en Californie des marécages redoutables. La côte mexicaine, d'ailleurs, sur le grand Océan, est à peu près aussi insalubre que celle de l'Atlantique : bien plus, notre malencontreuse expédition de 1864 a rencontré des marais et des fièvres malariales sérieuses jusque sur le plateau 'de l'Anahuac. La construction du chemin de fer de Panama a coûté la vie à quelques centaines d'ouvriers; ce sera l'un des obstacles au creusement du canal interocéanique.

L'Amérique du Sud renferme de nombreux et vastes marais; personne ne l'a jamais contesté. Que ces marais soient aussi régulièrement inoffensifs qu'on l'a prétendu (Wilson, Boudin), c'est ce qui est douteux et souvent controuvé. Cependant, il est certain, d'une part, que des régions, en apparence constituées pour engendrer la fièvre, en sont exemptes, et, d'autre part, que les marais cessent d'être offensifs, au sud, à des latitudes moins élevées que dans l'hémisphère Nord.

Les Antilles, que l'on peut rattacher à l'une ou à l'autre moitié du continent américain, sont affligées d'un littoral marécageux jusque très avant dans les terres et traitent rudement les Européens (Jamaïque, Haïti, la Martinique, la Guadeloupe).

Les Guyanes sont un sol malaria! de la plus sinistre renommée. Sur la côte, des dépôts alluviens; plus avant dans les terres, un sol formé par l'usure des roches feldspath iques, imbibé d'eau et la conservant dans ses dépressions (pinotières, savanes noyées ou prispris, savanes tremblantes), tout se réunit pour assurer à cette région, sous une température élevée, les influences telluriques les plus funestes. Le Brésil, traversé par l'immense fleuve des Amazones, dont les affluents de gauche confondent presque leurs sources avec celles des affluents de l'Orénoque et dont ceux de droite ont hésité à prendre la direction du Rio de la Plata, présente largement la réunion des circonstances qui font le sol malarial et, sous un climat aussi ardent, devraient le rendre éminemment meurtrier. Sans parler de la largeur de l'Amazone, quelques-uns de ses affluents, comme le Rio-Negro, la Madeira, sont eux-mêmes des cours d'eau près desquels nos fleuves d'Europe ne sont que des filets liquides. Ces masses énormes cheminent avec une lenteur inouïe, se divisant incessamment et fournissant des bras où la pente est si incertaine que, selon les crues du fleuve principal, l'eau y coule tantôt dans un sens, tantôt dans la direction inverse. Souvent la rivière traverse la forêt vierge et il est impossible de prendre pied sur ses bords, autrement que la hache à la main; ou encore, des canaux de dérivation naturels vont à quelque distance entretenir des lacs et procurer une humidité permanente aux prairies et aux forêts, dont quelques-unes sont debout dans la tourbe. Les Indiens du pays vivent essentiellement de poisson et les surfaces alternativement submergées, puis découvertes, sont des plus communes. Cependant, lors de son voyage de huit mois le long de l'Amazone, en 1865, Agassiz n'éprouva, non plus que ses compagnons, aucune indisposition attribuable au climat et il ne rencontra point chez les habitants autant de cas de fièvre intermittente que l'on en voit infailliblement lorsqu'on navigue sur les

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grandes rivières de l'ouest aux États-Unis. Il est bon de remarquer qu'à Rio de Janeiro l'on croit les rives de l'Amazone effroyablement insalubres et qu'on avait recommandé aux voyageurs de se munir d'une bonne provision de quinine.

Bien qu'il y ait controverse à l'égard de la salubrité de la plaine des Pampas et des rives de laPlata, il paraît probable qu'il se réalise là un phénomène analogue au précédent et plus accentué dans le sens favorable, puisque la thermalité atmosphérique y est moindre qu'à la latitude du fleuve des Amazones. Pauly, qui a d'ailleurs scrupuleusement examiné des documents nombreux sur la région pampéenne, ne s'est donc pas fait illusion en croyant à un degré de salubrité de ces vastes territoires, que l'on n'aurait pas attendu d'abord d'un sol déprimé, sans culture, à hauts herbages et traversé de puissants cours d'eau à pente médiocre.

La Bolivie, la république de l'Equateur, ont des marais actifs. Le Pérou en a qui ont encore fourni aux discussions sur l'innocuité du sol malarial dans l'hémisphère sud du globe, thèse si aventurée et d'une portée si médiocre. De ces marais péruviens, Tschudi a innocenté les uns et incriminé, sur preuves, les autres. Le fait est que les deux circonstances se présentent et qu'il faut renoncer à trouver, dans la situation à l'hémisphère sud, la raison de l'immunité de certains sols, constitués physiquement pour engendrer la malaria. Cette raison ne saurait être aussi mystérieuse; elle est probablement dans un fait plus accessible à l'analyse.

Le Chili, malgré quelques marais, est remarquablement salubre, surtout dans la bande territoriale comprise entre les Andes et le Pacifique.

Océanie. — Les grandes îles asiatiques, Sumatra, Java, Bornéo, les Célèbes, les Philippines, ont des côtes basses, des embouchures de fleuves avec des barres et des atterrissements, des jungles et des palétuviers; elles reflètent la haute insalubrité de l'Inde et de l'Indo-Chine. On a surnommé Batavia le cimetière des Hollandais.

Tout autre est l'influence du sol dans les îles situées plus au sud, quoique avec des conditions identiques de deltas marécageux, de côtes fangeuses, de terres vierges, de végétation spontanée. On a déjà cité Taïti, la Nouvelle-Calédonie ; ajoutons-y la Tasmanie, les Sandwich. La partie sud de l'Australie est baignée de grands lacs et de rivières qui les alimentent, sans empêcher leurs bords de se dessécher tous les ans. Ce territoire est bien moins fréquenté que la côte orientale ; on ne l'entend pas accuser d'être insalubre. William Ford assure que les marécages australiens sont inoffensifs.

Europe. — Il suffit de jeter le regard sur une carte pour reconnaître la grande place qu'occupent les lacs sur le littoral et à l'intérieur de la Scandinavie, du Danemark, de la Russie et de la Pologne. La Russie est extraordinairement plate et il ne serait pas très difficile de faire communiquer la mer Baltique avec la mer Noire ou la Caspienne par un canal qui traverserait le vaste empire. On y a songé. Elle a ses steppes immenses, la « prairie » européenne; les marais de Minsk et du Pripet, les bords du Don et du Volga; la mer d'Azoff, bien appelée parles anciens Palus-Méotides ; la mer Caspienne, dont les affluents ne compensent pas l'évaporation. Dans de telles conditions, il y a des manifestations malariales, nombreuses et graves, surtout au sud du pays. Heureusement, la partie continentale de l'Europe (Est), à latitude égale,, est plus froide que la zone maritime (Ouest); les fièvres s'arrêtent vers le soixantième degré en Scandinavie, et Saint-Péterbourg en est la limite extrême vers la Finlande. Plus au sud, elles existent; mais la température moyenne et les brusques alternances saisonnières les empêchent d'avoir la fréquence et la gravité que l'aspect du sol pourrait faire craindre.

Presque toute la côte prussienne ou allemande de la Baltique, allemande, hol-

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landaise, belge et même française, de la mer du Nord, jusqu'à Calais, est le théâtre d'un perpétuel conflit entre la terre et l'eau. Les fleuves et la mer font ou défont le continent, et le travail de l'homme ne parvient pas à fixer définitivement celui-ci, non plus qu'à endiguer les autres. Les principaux fleuves de la région, la Vistule, l'Oder, l'Elbe, le Wéser, l'Ems, de même qu'en Hollande le Rhin, la Meuse et l'Escaut, ont la dernière partie de leur cours en des terrains plats, à peine élevés audessus du niveau de la mer; ils se divisent en bras qui varient d'importance avec le temps, se déplacent selon l'effort des marées et débouchent par de larges estuaires que le flot borde de longues flèches dans des directions variables. Les affluents eux-mêmes traversent et entretiennent des lacs et des marécages : ainsi, la Warthe, tributaire de l'Oder; la Sprée même, de Kottbus à Lùbben, bien au-dessus de Berlin, où elle traverse un pays singulièrement semblable à la Frise (Spreewald). Le sol, jusque bien avant dans les terres, est de formation marine relativement récente, salin ou tourbeux, çà et là imbibé d'eau, tremblant sous les pas de l'homme, spongieux. Le delta de la Vistule est garni de polders; on en retrouve une vaste étendue entre l'Elbe et la Wéser et de celle-ci à l'Ems qui, en se jetant dans le golfe du Dollart, réunit la Frise allemande à la Frise néerlandaise. Pour ce qui est de l'intérieur des terres, « en se retirant, la mer a laissé dans toutes les dépressions du sol des lacs et des étangs, qui tendent à disparaître pendant la période géologique actuelle, par l'effet des alluvions qui les comblent en amont et des rivières qui les vident en aval. Cependant la grande plaine prussienne est si faiblement inclinée dans son ensemble, que ce travail d'assèchement s'accomplit avec une extrême lenteur, et c'est encore par centaines et par milliers que l'on peut compter les nappes d'eau de toute grandeur qui parsèment le nord de l'Allemagne, les unes assez étendues pour rappeler les baies de la Baltique, les autres emplissant à peine une vasque entre deux blocs de granit » (El. Reclus). Le Salzige See des environs d'Eisleben est encore salé ainsi que le sol environnant. Sur le versant méridional des hautes terres du Mecklembourg, les lacs sont fort nombreux. Ils le sont particulièrement sur le plateau des Masures, au sud-ouest de Danzig et d'Elbing, au sud des collines de Poméranie. Une grande tourbière « das lange Trôdel » se trouve à l'ouest de Bromberg. Des savants affirment que le sens du mot Berlin est celui de « bac, lieu de passage » ; d'autres « vasière, eau lente à fond de boue », ce qui ne contredit pas absolument l'étymologie proposée par Ebel « champ des oies » (E. Reclus).

Rappelons encore les marécages de Brook (Hambourg) , la lande de Lunebourg (Lùneburger Haide), et surtout les marécages du Hanovre [Bourtanger Moor), qui se rattachent à ceux de la Hollande. C'est là qu'en 1818 l'ingénieur hollandais Karstens découvrit une partie des ponts en planches, pontes longii sur lesquels Germanicus et ses légions passaient pour se rendre dans le territoire des Bataves et dont on a reconnu depuis un prolongement de loO kilomèt. vers l'Allemagne. Les habitants ne marchent qu'avec des raquettes aux pieds sur ce sol tremblant. A l'orient de l'Ems, il y a des tourbières aussi grandes que des principautés, le Saterland, le pays d'Arenberg; en maints endroits, le sol y flotte encore au-dessus des eaux. Naguère, le paysan préparait le sol à la culture en mettant le feu à la tourbière et semait dans les cendres : aujourd'hui, l'on assainit par les canaux, l'on enlève la terre végétale et l'on cultive le sol inférieur. Des bouches de l'Elbe à celles de l'Ems, la plage est soutenue par un rempart continu de digues, sans lequel le pays serait inhabitable ; et qui, cependant, ne l'abrite pas dans les tempêtes exceptionnelles qui arrivent environ une fois par siècle.

L'industrie humaine et la culture ont bien assaini toutes ces régions, où le sol se

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montre si disposé à l'entretien de la malaria. La lutte contre les éléments a plutôt bénéficié à la race, qui a toujours besoin d'énergie morale et à qui la plaine rend, en substances alimentaires, ce que l'on ne saurait même demander à la montagne. 11 convient d'ajouter que la température de l'Allemagne du Nord n'a rien qui puisse rendre absolument malignes les fièvres nées du sol.

Les lacs de la Haute-Bavière ont des bords marécageux. Au nord môme de Munich, des tourbières ou Môser se développent en longues traînées, parallèles au cours de Tlsar et de l'Amper. Sur les bords du Danube, principalement sur la rive droite (Donau-Moos), d'Ulm à Ingolstadt, existent des marais que les efforts des cultivateurs comblent peu à peu.

De même les ingénieurs ont rendu inoffensifs les méandres et les bras morts du Danube aux environs des grandes villes austro-hongroises qu'il arrose. Mais il n'a pas été possible (souvent on s'y est mal pris) d'assainir de même la région où le fleuve reçoit ses grands affluents, la Tisza, la Save, la Drave, la Morawa; « la zone d'inondation de la Save, dans la seule Croatie, est évaluée à plus de 412,000 hectares. » (El. Reclus.) La population de ses bords est en proie à la cachexie malariale et diminue. La Hongrie renferme, en outre, le lac Balaton, dont la rive méridionale est marécageuse et le lac de Neusiedl, qui n'a de l'eau que par intermittences. Enfin, lapZame de Hongrie est encore en partie une steppe, fort analogue de tous points à nos landes françaises. En Bohême, le cours supérieur de la Moldau traverse des tourbières (filze), entremêlées d'étangs et de deux ou trois cents petits lacs ; les habitants y pratiquent la pisciculture.

La Hollande serait le pays le plus malarial du monde, si elle n'était, selon l'expression justement admirative de Montfalcon, la plus belle conquête du génie humain sur les eaux de la mer. A l'est, elle continue les tourbières de la Frise allemande, la prairie tremblante (Peel), traversée aussi par les pontes longi de Germanicus ; la terre frémit sous les pas : het land leeft « la terre vit », dit le proverbe, et sur les lacs de la Frise flottent des îles voyageuses (drijftillen, rietzoden), portant quelquefois des animaux; les paysans s'emparent de ces fragments mobiles du sol, les découpent et en comblent les mares de leurs propriétés. Dans la basse Hollande, le sol a gardé l'horizontalité d'une nappe liquide et les fleuves qui le traversent pourraient s'écouler dans tous les sens, s'ils n'étaient maintenus par de fortes levées. La plaine leur a naguères appartenu, et de temps à autre, sortant de leur lit artificiel, ils réoccupent leur domaine alluvial. Le flux et le reflux agissent, du reste, incessamment sur les branches d'embouchure du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, et déterminent la forme des îles Zélandaises, Walcheren, Beveland, Schouwen, Geedereede, Overflakkee. « L'Océan est tour à tour le protecteur et l'ennemi de la Hollande, — protector et hostis », et l'histoire du pays raconte alternativement les empiétements de l'homme sur les boues du littoral et les invasions de la mer, qui l'érode tous les jours et de temps à autre le submerge, quelquefois définitivement pour une certaine portion, comme cela est arrivé du Zuiderzée, au treizième siècle. Peut-être même tout l'ensemble du sol s'affaisse-t-il lentement. Heureusement, les dunes de Hollande, dont le sable est toujours humecté, ne sont point mobiles comme celles de nos landes et, loin de menacer l'intérieur, le protègent contre l'envahissement du flot. En tous cas, telle qu'elle serait naturellement, la basse Hollande, formée de tourbières, de marais, d'îles flottantes, de plages vaseuses et d'immenses forêts, eût été inhabitable, si l'homme ne l'eût assainie, défendue contre les eaux, reconquise sur les fleuves et la mer. C'est là que se trouvent, sur le littoral, les plus vastes polders et les lacs desséchés (lac de Harlem). D'ailleurs, on n'oublie pas que les landes de la Drenthe et de l'Over- Ijssel continuent le Bourtanger-Moor du Hanovre et nous dirons que la Campine Arnould. — Hygiène. 9

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belge se prolonge dans la province hollandaise du Brabant septentrional. On estime que l'ensemble de l'espace dont les cultivateurs ont repris possession est égal à 380,000 hectares : actuellement, la surface du sol hollandais s'accroît de 3 hectares par jour (Staring). Cependant, le polder (depoel, marais ou mare) n'est qu'une sorte de compromis avec le marais ; il fait surgir un îlot de terrain en l'entourant de canaux profonds, mais il n'exhausse pas en définitive le sol néerlandais, qui, peut-être abaissé par tassement, à la suite de son état spongieux, est de 4 à 5 mètres au-dessous du niveau de la mer moyenne dans la plupart des polders. Quelquefois, ceux-ci sont entièrement couverts d'eau pendant les mois de février et de mars ; il faut attendre que le fleuve décroisse pour les vider. Il y a,

2° 10' E.dcParis 2° 30'

D'après la Carte de l'Etat -Major (/.'avépai L.ùv.\i

Echelle : 2Uûû00

Fig. 6. — Lac de Haarlem.

au centre du grand polder (voy. fig. 6), qui fut le lac de Harlem avant \ 840, un village florissant, bientôt une ville ; cependant, le sol encore humide n'est pas complètement assaini et le fond de l'ancien lac reste l'une des régions les plus insalubres de la Hollande. Il en sera de même des détroits du Biebosch, que l'on est en train de fermer avec les vases molles (Wadden) émergées à marée basse, et du Zuiderzée, quand son dessèchement aujourd'hui en projet sera accompli.

La population de la Hollande n'est pas moins très dense, surtout si l'on réfléchit que plus du tiers du territoire est recouvert par l'eau ou occupé par les tourbières et ïa prairie tremblante. Chose plus remarquable, elle est surtout très

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ÉTAT DE LA SURFACE DU SOL

dense dans les provinces d'Utrecht, de Nord-Hollande et Sud-Hollande, c'est-àdire dans les plus basses et les plus insalubres (plus de 200 habitants par kilomètre carré) ; il est vrai que la population y est surtout urbaine. Dans la Drenthe, aux landes rases, le peuple est clairsemé, mais vit plus longtemps. « La malaria fait beaucoup plus de victimes en Néerlande que dans les Flandres belges . Il est vrai que la chaleur de l'été est rarement assez forte pour causer des épidémies, ou pour développer la fièvre sous une forme pernicieuse ; mais les fièvres intermittentes affaiblissent les constitutions et les exposent à de nombreuses chances de mort. Or, ces fièvres sont endémiques dans toutes les parties de la Hollande où un sous-sol glaiseux ne laisse pas filtrer les eaux. » (Elisée Reclus.)

L'Angleterre compte quelques terrains à bruyères ou marais dans sa partie méridionale : les bruyères de Beaulieu, au sud de Southampton ; les Romney- Marsh en dehors de la côte rocheuse du Weald et qui se termine à la pointe de Dungeness ; les bords marécageux de la Tamise en aval de Londres ; la région des « Fens » ou Tourbes, dans le comté de Lincoln, qui est la Néerlande anglaise et porte d'ailleurs le nom de Holland, sillonnée de canaux et de digues comme la Hollande continentale. Les bords du Humber étaient autrefois marécageux et insalubres ; mais l'on a exhaussé le sol du marais en y déversant les troubles du Trent. Le versant maritime des coteaux de Lincoln a été assaini de la même manière ; les campagnes du littoral s'appellent toujours « marshes », mais le sol y est parfaitement ferme et en pleine culture. Les terres basses situées entre l'estuaire de la Mersey et celui de la Ribble sont sillonnées de canaux.

En Écosse, il y a des lacs et des marais dans les coupures profondes des montagnes ; les mots « loch » et « moor » reviennent souvent dans les appellations de localités. Les terres incultes sont encore fréquentes dans le Lowland et les rives des estuaires sont formées d'un côté ou de l'autre de terrain alluvial ; ainsi, la côte au sud de l'embouchure du Tey. Mais déjà le climat devient un préservatif contre les influences du sol marécageux.

L'Irlande est le pays du monde le plus riche en lacs, en tourbières et en terrains incultes. Elle a des « lacs d'hiver » dont l'eau disparaît en été et dont le fond se couvre d'herbes ; d'immenses tourbières ou « bogs », quelques-unes à sol tremblant et parfois se rompant pour laisser les eaux se répandre aux environs.

En Belgique, le littoral des Flandres continue assez exactement la Hollande, avec ses digues, ses vases submergées ; seulement, l'état marécageux s'étend moins avant dans les terres. Au nord-est, ce sont les landes de la « Campine », où il y a encore des dunes, comme si le sol venait d'être abandonné par la mer. Au sud-est, les vallées profondes des Ardennes, les « Fagnes », constituent des marécages partiels ou tout au moins des espaces où le sol est encore abandonné à sa spontanéité. La Campine est pauvre et peu peuplée. Les Flandres sont très riches et d'une haute densité de population ; la culture intensive y fait la salubrité d'un sol dangereux par lui-même; toutefois, la race n'y est point belle, le petit peuple n'y est pas heureux et la famine de 1847 le trouva désarmé sur une terre que le génie humain rend singulièrement productive.

L'Europe méridionale, qui a des formations lacustres récentes et où les fleuves continuent, comme au nord, à étendre le littoral, possède de nombreux terrains à malaria ; et comme les populations, au moins à l'orient, n'ont pas l'activité agricole et l'industrie des peuples du Nord, comme la chaleur moyenne de l'année surtout et celle des étés y sont bien supérieures aux mêmes circonstances météoriques dans les latitudes septentrionales, la puissance pathogénique du sol et du climat agissant dans le même sens s'y révèle d'une façon autrement régulière, fatale et bruyante, que sur les rives de la mer du Nord ou de la Baltique. C'est

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[Hygiène

ici, déjà, que bien souvent il faut chercher le marais et que le sol est malarial simplement parce qu'il a été longtemps livré à sa spontanéité propre.

Dans le bassin de la mer Noire, toute la rive gauche du Danube, depuis Routschouk jusqu'à la bifurcation du fleuve, est à l'état de marécages ou de steppe (steppes de Baragan), sur une vaste profondeur. Le Delta du Danube lui-même est un terrain d'alluvion, où les bras du fleuve s'obstruent eux-mêmes et se déplacent, augmentant sans cesse par l'apport boueux de ce grand cours d'eau et comblant insensiblement la mer Noire. La Dobrudsha, bien que très élevée sur les bords du Danube, est déprimée et marécageuse sur la côte ; on se rappelle ce que son insalubrité coûta à l'armée française en août 1854. La Bulgarie et l'Albanie, malgré la nature montagneuse du pays, ont des lacs aux bords dangereux ; ainsi, le lac de Janina, en Épire, d'où s'échappent par des canaux souterrains et par l'intermédiaire de petits lacs secondaires le Cocyte et l'Achéron, « rivières infernales » de la mythologie. La côte très basse du canal de Corfou, jusqu'à l'étang de Butrinto, est découpée par des étangs en communication avec la mer, par des vallées fermées où séjournent les eaux de pluie, des lits de torrents fleuris de lauriers-roses, et pendant les chaleurs de l'été répand des miasmes dangereux dans les villages des alentours (Él. Reclus).

La Grèce continentale et péninsulaire (Morée) est encore la terre, dangereuse en bien des points, sur laquelle Hippocrate a pu décrire d'après nature les fièvres malariales des pays chauds. Les médecins français de l'expédition de 1828 les y ont retrouvées telles qu'elles étaient, il y a 2000 ans. Les parages les plus insalubres sont les bords du lac Pelagos (ancien Trichonis), la grande lagune au bord de laquelle s'élève Missolonghi, la rive droite de l'Achéloûs, la plage qui s'étend entre les Thermopyles et le golfe de Lamia (golfe Maliaque), terrain formé dans les temps modernes par le Sperchius et qui a puissamment élargi l'étroit passage autrefois défendu par Léonidas ; le lac Copaïs, que les anciens Grecs avaient tenté d'assainir en déversant ses eaux dans l'Hylice, d'un niveau plus bas de 40 mètres, et devant lequel l'industrie moderne est encore indécise. Dans le Péloponèse, d'ailleurs pays de plateaux et de montagnes, les lacs, comme le Pheneos et le Stymphale, se déversent dans le sol même par des entonnoirs (Katavothres) qui en conduisent l'eau souterrainement à un niveau plus bas, où elle reparaît sous forme de source limpide et jaillissante (Kephalaria) ; les anciens Grecs maintenaient la salubrité par un nettoyage assidu de ces entonnoirs ; pendant les longs siècles de barbarie qu'a dû subir la Grèce depuis lors, beaucoup de Katavothres se sont obstrués et l'eau s'est accumulée et étendue en maints endroits aux dépens de la salubrité du pays. Les lacs de Mantinée et d'Orchomène, les bords du Pénée et de l'Alphée, ne sont inofTensifs qu'à l'aide d'un entretien continu des canaux de déversement. La plaine d'Argos, à sol très perméable et très aride, mais à sous-sol imperméable sur lequel coulent les eaux d'averse pendant que le lit des torrents apparaît desséché, est une de ces terres qui peuvent être malariales sans marais, comme nombre de points de notre Algérie.

L'Italie est, en Europe, la terre classique du méphitisme malarial sous tous ses aspects. La Lombardie et le Piémont, presque seuls en Europe, possèdent la culture semi-tropicale du riz, qui entraîne la submersion presque constante du sol; cependant, malgré la haute température moyenne et l'humidité constante de la région, celle-ci est relativement sauvegardée contre la malaria par la culture même, par le soin avec lequel sont entretenus les canaux d'irrigation et par l'action incessante de l'homme sur le sol. Le peuple y est misérable, non par la terre, mais parce que la terre qu'il cultive ne lui appartient pas. Le Pô et l'Adige, ainsi que leurs affluents, dont les lacs modèrent pourtant les crûes, sont les ennemis

générale.]

ÉTAT DE LA. SURFACE DU SOL

incessants de la plaine lombarde ; presque tous sont endigués sur les deux bords, mais de temps à autre rompent le rempart qui les maintenait et s'épanchent sur les villes et les campagnes, portant au loin la ruine immédiate et assurant pour quelques années l'insalubrité du sol. Le delta du Pô présente tout ce qu'il faut pour constituer un vaste territoire malarial (valli, chiari, lidi) ; cependant les lagunes de l'Adriatique ne sont généralement pas insalubres, pourvu que les graus de communication avec la mer soient libres et que l'eau douce ne vienne point se mêler à l'eau des lacs salés ou la remplacer ; les bords de la grande lagune de Comacchio, Venise, n'ont pas la fièvre, tandis qu'elle sévit dans les palus de Ravenne et de Cervia, au sud du Reno, aux environs de Ferrare et de Malalbergo, à l'origine du delta Padan.

C'est encore l'accès des eaux saumâtres jusqu'aux eaux douces de l'intérieur qui faisait des deux rives de l'Arno, du Serchio et du lac de Bientina, un pays infesté de malaria, avant que l'ingénieur Zendrini (1750) eût établi, aux issues de tous les canaux d'écoulement, des écluses de séparation entre les eaux douces et le flot marin.

L'éminent géographe à qui nous empruntons la plupart de ces détails, Elisée Reclus, décrit admirablement cette partie de la basse Toscane, située principalement dans la province de Grosseto, entre Piombino et Ortebello, qui porte le nom sinistre de Maremme. A vrai dire, elle se prolonge jusqu'à Civita-Vecchia, et si l'on voulait y joindre la rive romaine, qui le mérite à tous égards, on pourrait en reculer les limites jusqu'à Terracine. Dans la Maremme, l'air est méphitique non seulement sur le littoral marécageux, mais môme au-dessus, à une altitude de 300 mètres (Sovana) et dans des régions fort éloignées de tout marais. D'après Salvagnoli Marchetti, « la malaria monte sur les collines dont le sol argileux est pénétré de substances empyreumatiques ; elle empoisonne aussi les contrées où jaillissent en abondance les sources salines, et plus encore celles où se trouvent des gisements d'alun. » Le sirocco ne contribue pas peu à porter les miasmes et l'insalubrité dans l'intérieur ; les villes qui ne reçoivent que l'air marin, comme Piombino et Orbetello eux-mêmes, sont parfaitement salubres. On n'est pas encore parvenu à assainir la Maremme ; du reste, on s'y est mal pris.

La campagne de Rome, plus de 200,000 hectares, autrefois pays riche et cultivé, est aujourd'hui le domaine de la malaria. VAgro Romano, comme le démontre Elisée Reclus après Léon Colin, est le plus grand et le plus triste exemple de ce que peut pour l'insalubrité du sol l'abandon de la culture. Au sud du Tibre, la zone des terres incultes et insalubres se continue le long de la mer. A la base des monts Lepini, entre Porto d'Anzio et Terracine, se trouve la plaine dite des « marais Contins » dont la sombre réputation est suffisamment établie et toujours justifiée. Les marais Pontins ont des eaux souterraines et des cuvettes marécageuses persistantes ; mais, pendant la plus grande partie de l'année, leur aspect est celui d'une plaine couverte d'herbes et de fleurs, preuve de la réelle fécondité de ce sol, qui a été celui des antiques cités Volsques et qu'un travail intelligent et énergique pourrait rendre à la prospérité.

La Pouille, la Basilicate, les Calabres, sont dévorées par la malaria. De longs siècles d'incurie ont laissé les marécages s'étendre sur ces rives attrayantes où s'élevaient autrefois la luxueuse Sybaris et Baïa, la ville recherchée des voluptueux Romains.

Sur le versant de l'Adriatique, des lagunes insalubres bordent tout le littoral sur un espace de plus de 50 kilomètres, entre Manfredonia et la bouche de l'Ofanto. C'est une autre Maremme.

En Sicile, des marécages entourent du côté de la terre ce qui reste de Syracuse.

[Hygiène

Les étangs et les marécages des côtes entourent l'île de Sardaigne presque tout entière ; les vallées fluviales et les eaux d'inondation répandent les exhalaisons malariales dans l'intérieur jusque sur les points élevés. Le sirocco y complète leur œuvre. « L'intempérie » règne sur un quart environ de la superficie de l'île. Disons tout de suite que la côte orientale de la Corse ressemble infiniment à la Sardaigne sous ce rapport et souffre de la môme « intempérie ».

Pour terminer, avant d'arriver à la France, ce qui concerne les terres malariales de l'Europe, citons en Espagne les marismas ou maremmes, aux bouches du Guadalquivir ; les steppes de Castille et d'Andalousie, aux lagunes saumâtres et salées ; les environs de Huelva, aux bouches du Guadalete ; les alentours de Gibraltar ;la côte de Valence, où les eaux douces se mélangent à l'eau salée dans les lagunes (albuferas), et qui est renommée pour le mauvais air. Et, pour le Portugal, de la bouche du Minho au cap Carvoeiro, sur un développement d'environ 300 kilomètres, la plage ressemble à celle des Landes françaises entre l'estuaire de la Garonne ef la base des Pyrénées.

On n'oubliera pas que, pour le climat, sinon géographiquement, « l'Afrique commence aux Pyrénées » et que, sur cette terre Ibérique qui n'est pas absolument antipathique à la fièvre jaune, les influences malariales sont naturellement aidées de ce qui donne habituellement à leurs manifestations un caractère de haute intensité et de gravité.

France. — On n'a pas le chiffre exact de l'étendue totale des marais non assainis en France et l'on conçoit qu'il soit fort difficile de le préciser. Les raisons sur lesquelles Vallin base son estimation, portant la superficie des marais actuels à plus de 500,000 hectares (la surface d'un département), semblent pouvoir être aisément acceptées. A peine un tiers de ces marais se trouve à l'intérieur du territoire ; le reste est sur le littoral ou s'y rattache géographiquement.

A l'exemple de Duboué (de Pau), nous répartissons dans le tableau cidessous les départements français en trois séries : mal partagés, mieux partagés, bien partagés.

Ir« SÉRIE. — De 19,414 hectares de marais à 1,256.

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