IV» 36,4 36,4 X
portion ^ — — — x = — ^y— — = 4CC, 16 d oxygène dissous dans 1 litre
d'eau.
« Il reste une petite correction relative à l'hydrosulfite nécessaire pour décolorer le bleu employé. Mais cette dose peut se déterminer très approximativement une fois pour toutes. »
Les trois procédés d'expertise : observation des grands végétaux, examen microscopique des algues, dosage de l'oxygène, ont toujours été en concordance.
Les observations de Gérardin ont porté sur les eaux de la Seine, souillées par les égouts de Paris; sur les eaux du Croult, du Bouillon, de la Mollette, du ru de Montfort, qui traversent ou avoisinent Saint-Denis et sont l'aboutissant des eaux industrielles de la région, féculeries, boyauderies, cartonneries, sucreries, blanchisseries, teintureries, véritables égouts à ciel ouvert; sur la rivière de Vesle, de Reims à Braisne, réceptacle des égouts de Reims; enfin, sur différents cours d'eau du département de Seine-et-Oise.
La conclusion définitive est que l'oxygénation de Feau est essentiellement le remède à sa corruption. Cette oxygénation se fait au mieux par le mouvement et par la dispersion de l'eau sur de larges surfaces. Le système d'irrigation par l'eau d'égout se justifie dès lors par ce fait considérable; l'irrigation assainit l'eau par effet chimique, plus encore que mécaniquement.
Le tableau ci-dessous exprime bien les effets immédiats du mouvement sur l'oxygénation de l'eau.
générale.]
LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES
Variations de la quantité d'oxygène dissous dans 1 litre d'eau avant et après sa chute (expériences faites en 1872).
Bois de Boulogne.
ce.
Canal, au-dessus de la grande cascade 9,66
Grande cascade, au rocher sur lequel l'eau se brise... 10,70
Chantillv \ ^n amont du déversoir du grand lac 8,96
y j En aval du déversoir. , 10,20
Gonesse $ Puits artésien, à la sortie du tube 2,40
t — après une chute d'un mètre 4,10
. v .... ( Puits foré de M. Maricot, à la sortie 3,
Aubervilhers ] * . „ •
( — — a la surface do 1 eau 3,25
On peut rapporter toutes les eaux communes, dit A. Gérardin, à deux types fondamentaux, représentés à Paris par la Vanne et la Seine. Le premier type est caractérisé par sa couleur bleue. L'eau bleue brille d'un éclat particulier, laisse passer la lumière sans la réfléchir à sa surface ; coule sur un fond ferme. Evaporée dans le vide à une basse température, elle laisse un résidu dans lequel le microscope ne révèle que quelques rares diatomées. Elle peut se conserver sans altération pendant longtemps (eau de la Dhuys). Les matières ténues y demeurent en suspension indéfiniment, animées du mouvement brownien ; les matières albuminoïdes y donnent des mousses et des écumes abondantes. L'eau bleue est très précieuse pour l'alimentation et, au contraire, est défavorable aux usages industriels. — Le second type est marqué par la couleur verte. Cette eau est terne et sans éclat, manque de transparence et réfléchit la lumière ; elle coule sur un fond mou. Son évaporation laisse un résidu abondant d'algues unicellulaires microscopiques. Elle s'altère et se corrompt facilement. Son titre hydrotimétrique diminue par la conservation en bouteilles. Elle dépose rapidement les corps en suspension, ne donne ni mousse ni écume avec les matières albuminoïdes. Elle doit être rejetée de l'alimentation, mais convient parfaitement aux usages industriels.
Alors qu'il n'existe pas de moyen connu de ramener l'eau verte à l'état d'eau bleue, il y a mille manières de transformer l'eau bleue en eau verte. Les matières organiques en décomposition sont un des agents les plus actifs de cette transformation. La Seine, bleue à Corbeil, est verte depuis Paris jusqu'à Caudebec. De jour en jour, les égouts imprudemment déversés dans les rivières, réduisent la quantité des eaux bleues de France. A Paris, les particuliers laissent gâter dans leurs réservoirs les eaux admirables de la Vanne et de la Dhuys. En mer, les équipages souffrent de ce que l'eau embarquée est mal choisie ou mal conservée (A. Gérardin).
Rappelons, au sujet de la souillure des fleuves, que les grands cours d'eau ont parfois servi de sépulture aux cadavres d'hommes et d'animaux, après les grandes batailles ou dans les calamités publiques, comme le Rhône pendant la peste noire (1348) qui, béni au préalable par le pape Clément VI, reçut par milliers les morts d'Avignon. Aujourd'hui encore, le Gange reste pour les Indiens un fleuve sacré ; on s'y baigne par dévotion et l'on confie à ses flots, comme à un Dieu, les dernières dépouilles des parents morts.
Les fleuves ne servent pas seulement à fournir aux villes tout ou partie de leur eau d'alimentation, celle qui est destinée au nettoyage des objets et des vêtements à l'intérieur des habitations et enfin l'eau de lavage de la
DU SOL
[Hygiène;
voie publique. Ils remplissent encore, en outre, quelque autre office que celui de recueillir et de charrier à distance les excrétions des hommes et des animaux, les déchets et les impuretés de toute sorte. Ils ont une action sur les qualités de l'atmosphère qui se trouve à leur contact plus ou moins immédiat. D'une part, les fleuves à cours rapide entraînent avec eux les colonnes d'air dont la base est à la surface de leurs eaux ; ce sont des ventilateurs énergiques, assurant la salubrité des habitations élevées sur leurs rives, autant que des « bras morts » la compromettraient. D'autre part, ils humectent et rafraîchissent l'air par l'évaporation, que le mouvement du flot favorise encore. Cette humectation arrive facilement à être excessive et nos villes de Lyon (Marmy et Quesnoy), de Bordeaux, Paris même, lui doivent la fréquence de leurs brouillards.
Les fleuves sont des « chemins qui marchent » pour les relations nationales et internationales. L'industrie humaine crée même des cours d'eau artificiels, d'une direction plus simple, d'un tirant d'eau plus régulier, les canaux, pour appliquer le plus largement possible ce mode de transport, le moins coûteux de tous. Au point de vue de la qualité des eaux, les canaux devraient infiniment ressembler aux fleuves, desquels ils s'alimentent; quelques-uns ne sont même que des rivières « canalisées ». Malheureusement, la faible pente des canaux, si favorable à la navigation, la grande fréquentation de ces voies commerciales, leurs rapports intentionnels avec les grandes usines, avec les cités manufacturières, les exposent particulièrement aux divers genres de pollution. Quelques-uns de ces canaux, comme à Lille, pénètrent au cœur de la cité, soit pour les facilités du commerce, soit avec l'intention de servir au drainage des rues et au collectionnement des immondices de la voie publique. De tels canaux sont voués à une infection rapide et fatale, lors même que le maintien de la pratique arriérée des fosses fixes, comme en Flandre, les préserverait du déversement systématique des matières de latrines. S'ils sont à ciel ouvert, et quelques-uns ne peuvent être autrement, ils souillent l'atmosphère de leurs émanations ; couverts ou non, ils assurent au sol des infiltrations putrides et entretiennent dans un haut degré d'insalubrité l'eau des puits dans leur voisinage.
Les fleuves n'assainissent plus l'air ni le sol quand au lieu de rouler des flots puissants et rapides dans un lit bien encaissé, ils hésitent dans leur direction, s'étalent, se divisent en bras multiples, changeant même de lit de siècle en siècle. Au lieu d'aider au drainage du sol, ils y entretiennent le marécage et infectent l'air d'émanations putrides. Peut-être que l'insalubrité de la Mésopotamie et des rives de la mer Caspienne, foyer actuel de la peste; que celle de l'Inde, berceau du choléra, sont dues à des circonstances semblables dans le régime et les allures des fleuves de ces contrées.
Des faits identiques se reproduisent aux deltas de beaucoup de grands fleuves. Mais ici, le mal porte avec lui son correctif pourvu que l'homme sache et veuille l'appliquer. La plupart de ces fleuves qui s'obstruent euxmêmes, qui se barrent à leur embouchure, le Rhône, le Pô, le Danube, sont des « fleuves travailleurs ». Leurs troubles, les sables, les matières
générale.]
LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES
minérales, qu'ils apportent avec leurs eaux et qui se déposent au moment où l'arrivée à la mer ralentit leur cours, sont du continent nouveau que les fleuves gagnent sur le bassin maritime en le comblant à l'aide des fragments arrachés à la montagne. Il y ajustement là le moyen d'annuler par le lavage et le colmatage les dangereux marais qui se forment dès que se réalise le conflit des eaux douces et des eaux salines. Le procédé sera expliqué plus loin (p. 189).
Enfin, les fleuves sont sujets aux crues et deviennent les agents d'inondations, quelquefois fertilisantes quoique peu salubres, comme celles du Nil ; plus souvent désastreuses et coûtant des vies humaines tout d'abord en même temps qu'elles assurent d'une façon durable la ruine de populations nombreuses. En France, le Rhône, la Loire, la Garonne, ont sous ce rapport leurs fastes funèbres. C'est un fléau contre lequel les riverains sont presque toujours désarmés. Les ingénieurs, en ce moment même, en étudient d'une façon active et bien opportune les causes et les remèdes. Il paraît dès maintenant établi que le déboisement des montagnes et la destruction de toute végétation herbeuse (Surell) sur les hauteurs y jouent un rôle considérable et des plus funestes. La végétation, si faible qu'elle soit, retarde la fonte et le glissement des neiges, conduit et retient une portion des eaux dans le sol par le chevelu des racines, en évapore une autre par les parties de la plante à la lumière. C'est donc de ce côté que doit d'abord se porter l'attention des gouvernants, des administrations forestières, des autorités locales. En fait, des améliorations sérieuses sont commencées (voy. p. 84).
Eau des lacs, étangs et marais. — Une serait pas absolument sans intérêt pour l'hygiène de remonter à l'étude des circonstances géologiques auxquelles sont dues la plupart de ces collections aqueuses. Mais cet objet n'est pas encore passé dans les habitudes et nous devons nous borner à le signaler.
L'eau des lacs de montagnes est très pure, en général; soit que les précipitations atmosphériques jouent un grand rôle dans l'entretien de la masse aqueuse, soit que le défaut de déplacement limite l'activité dissolvante de cette eau, elle est bien moins riche en sels que l'eau des fleuves. Knapp a reconnu de 0gr,0o à 0gr,l4 dans les lacs dont il a étudié les eaux ; mais Braconnot a trouvé l'eau du lac de Gérardmer, dans les Vosges, tout à fait privée de matières minérales. La plupart de ces grandes collections possèdent, vis-à-vis des fleuves, la supériorité de ne pas être sujettes aux « troubles . Elles peuvent donc être utilisées pour la boisson si, d'autre part, il ne s'y jette pas de cours d'eau mal noté ou charriant des immondices.
Les eaux d'étang ne sont pas mauvaises d'une façon absolue ; un étangbien encaissé et bien entretenu peut n'être qu'un lac en miniature. Mais, d'ordinaire, les étangs ressemblent davantage aux marais, dont les eaux ne sont jamais louables. C'est dans celles-ci qu'à la faveur de l'immobilité, du peu de profondeur et du facile échauffement de la couche liquide, les vers, les insectes, les infusoires, les algues, pullulent, vivent et meurent,
170 DU SOL. [Hygiène
entretenant un foyer actif de décomposition et de putréfaction. Les figures 12 et 13 reproduisent l'aspect de deux animalcules assez communs dans
naturelle ; A, le même très grossi. Brehm, la Vie des animaux.
les eaux marécageuses : le Daphnia pulex ; et le Cyclops quadricornis, tous deux visibles à l'œil nu.
Fig. 14. — Famille des Oxijtrichie?is (*).
L'on rencontre de même assez aisément YFuplotes charon (fig. 14) et YOxytricha gibba (fig. 15). Ajoutons-y les spores, les monades (fig. 16), les vibrions, les bactéries, les actinophryens (fig. 17), les amibes (fig. 18), les vorticelles (fig. 19), les paramécies (fig. 20, 21, 23), les rhizopodes (fig. 22),
(*) 1. Euplotes Chkron Ehr. — 2. Aspidisca turrita Cl. et L. ex Ehr., vu de face. — 3. Le même, vu de profil. — 4. Aspidisca cicada Cl. et L., vu de face. — 5. Le même, vu de dos. — 6. Le même, vu de profil.
générale.] LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES. 171
les trachéliens (fig. 24), les euglènes (fig. 25), les rotifères, les anguillules,
Fig. 15. — Infusoires de la famille des Oxytrichiens (*).
Fig. 16. — Monas lens, Ehr. (♦*). "**
Fig. 17.
Actinophryens (***).
(*) 1. Oxytriclta caudata Ehr. — 2. Oxytrieha gibba Ehr., Cl. et L. — 3. Stylonichia mytilus Ehr. (**) A, B, C, corps sphérique et ovoïde.
(***) Plag iophrys cylindrica (Actinophryen d'eau douce). — 2. Actinnphrys tenuipes, Cl. et L. (Actinophryen d'eau douce). — 3. Arcella patens, Cl . et L. (Rhizopode amibien, d'eau douce).
172 DU SOL. [Hygiène
les œufs d'ascarides, de distôme , de cestoïdes, etc. (I). A vrai dire,