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V. VËPMORCKEN SC

Fig 18. — Amibe diffluente d'eau douce, remplie de granules, vue sous diverses formes (*).

Fig. ko. — Famille des Vorticelliens (**).

(*) A. B, C, D, successivement présentées pendant un quart d'heure. Grossie 400 fois (Ch. Robin). (**) I. Carchesium epistylis Cl. et L., vivant sur des corps d'origine organique, etc., plongés dans l'eau. — 2. Epistylis invaginata Cl. et L., détaché de son pédicule et libre.

(1) Dans toutes les figures d'animaux microscopiques que contient cet article, les lettres ont la signification indiquée ici : n. le nucléus ; o, la bouche; v, vaisseaux; v.c, la

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la plupart de ces animalcules sont probablement fort inoffensifs en euxmêmes pour les voies digestives et pour toute l'économie; mais leur présence est l'indice presque certain des phénomènes de putridité dans l'eau qui les présente et c'est à ce titre qu'elle doit être repoussée [de la consommation, au moins comme telle.

Fig. 20. — Bursariens et Kolpodéens (*]

C'est à ces décompositions animale et végétale que l'eau des marais doit sa coloration foncée, ses éléments dérivés de l'humus, son ammoniaque, son hydrogène sulfuré (par réduction des sulfates), l'hydrogène carboné (gaz des marais), l'hydrogène phosphoré quelquefois, les acides gras.

Les auteurs américains des Etats de l'Est et du Centre ont des raisons particulières de s'intéresser aux organismes petits ou grands qui prospèrent dans les eaux peu mobiles ; en effet, ces États s'approvisionnent volontiers d'eau aux collections ou étangs artificiels que l'on ménage dans

(*) 1. Bursaria décora Cl. et L. d'eau douce (famille des Bursariens). — 2. Paramecium glaucum (famille des Kolpodéens). — 3. Balentidium entozoon Cl. et L. {Bursaria entozoon Ehr.), dans l'intestin des grenouilles avec les Plagiotoma (famille des Bursariens). — 4. Strombidion sulcatum Cl. et L. d'eau de mer (famille des Haltériens). — 5. Le même, vu de face. — 6 et 7. Halteria grandinella Duj. d'eau douce (famille des Haltériens). — 8 et 9. Halteria pulex Cl. et L. d'eau de mer (Claparède, Infusoires, pl. XIII).

vésicule contractile; w, l'anus. Ces figures sont généralement dessinées d'après un grossissement de 300 à 500 diamètres. Toutes celles qui ne sont pas suivies d'une indication spéciale sont tirées des mémoires de Claparède et de Lachmann. {Étude-! sur les infusoires et les Rhizopodes, Mémoires de l'Institut de Genève, in-4° avec planches. 1858, 1861.)

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des dépressions du sol, sur de larges surfaces. Indépendamriient des grands

Fig. 21. — Paramécies et Kolpodes (*),

végétaux, ces sortes de mares donnent asile à des conferves et à des algues,

Fig. 22. — Rhizopodes (**),

d'aspects divers, qui n'ont pas toutes la même importance. Les grandes

(*) 1, Paramecium inversum Cl. et Lach., d'eau douce. — 2. Kolpoda parvifrons Cl. et L. — 3. Cyclidium elongatum Cl. et L., d'eau douce, à mouvements saccadés, alternant avec des périodes d'immobilité (famille des Kolpodéens). — 4. Huxleya crassa Cl. et L., des eaux de mer et saumàtres (famille des Dystériens). — H. Trichopus dysteria (famille des Trachéliens). — 6. Pleuronema chry salis Perty (Pl. crassa et marina Dujardin). — 7. Halteria volvox Eichwald, d'eau douce (famille des Haltériens).

(**) 1. 2 et 4. Podostoma fdigerina Cl. et L., différents degrés d'expansion (eau douce). — 3. Petalopus diffluens Cl. et L., eau douce.

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algues, très visibles, qui s'attachent aux rochers, qui forment une pellicule verte à la surface de l'eau, ne sont pas dangereuses, parce que le râteau

Fig. 23. — Bursariens (*).

peut les écarter et que les filtres les arrêtent. On en voit des échantillons,

Fig. 24. — Trachélims. (**)..

à un grossissement de 80-100 diamètres, dans la fig. 26 : A, spyrogyra; B,D, zygnema; C,G', xdogonium.

Mais celles qui existent à l'état de filaments, droits ou courbes, dans l'épaisseur de la couche d'eau, ne se trahissant que par l'opalescence ou la coloration jaune-verdâtre qu'elles communiquent au liquide, et récla-

(*) i. Kondylostoma patens Clap et Lach. ex Dujardin. — 4. Leucophrys patula Ehr. (d'eau douce). — 2. MetopuH Sigmoïdes Clap et Lach., des étangs (tous trois de la famille des Bursariens). — 3. Coleps uncinatus, -vu de profil, Claparède, Infusoires pl. XII).

(**) 1. Trachclophyllum pusillum Cl. et L. — 2. Lacrymaria olor Ehr., très répandus. — 3. Loxophyllum meleagris Dujardin.

DU SOL. [Ilygiè

Fig. 25. — Eugléniens (*).

Fig. 26. — Grandes Algues d'eau douce.

(*) 1. Dynobryon Sertularia avec sa vésicule contractile (v.c) démontrant la nature animale et non végétale de ces êtres. Ils ont aussi en avant un point rouge comme les Euglena et la masse de leur corps est contractile. — 2. Bodo viridis Ehr., mangeant des vibrions, infusoires flagellés voisins des Euglena, qui se trouvent avec les Closterium et beaucoup d'autres algues. — 3. Euglena viridis Ehr. ex Schranck. — 4. Euglena acus avec formation des petits bâtonnets à l'intérieur vers l'époque de la production ; u.c., vésicule contractile. — 5. Phacus pleuronectes Dujardin, Nitzsch. — 6. 7. 8. 9. Cryptoglena (eaux stagnantes)

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LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES

mant l'intervention du microscope pour les reconnaître, sont probablement moins inoffensives. Elles ont une extraordinaire puissance de végétation et envahissent de larges surfaces dans les étangs artificiels où l'on rassemble l'eau pour l'approvisionnement des villes. Au moment où elles ont terminé leur phase de croissance, leurs débris morts se putréfient et communiquent à l'air des environs aussi bien qu'à l'eau elle-même une puanteur rebutante. Les espèces de ces algues minuscules sont moins nombreuses que celles des précédentes ; la plus commune dans la Nouvelle-Angleterre paraît être le Clatkrocystù xruginosa (fig. 27, 2, grossisse-

Fig. 27. — Algues microscopiques d'eau douce.

ment 300 diamètres). D'autres végétaux de la famille des Nostochinées, tels que YAnabœna circinalis (fig. 27, 1), s'y rencontrent encore, soit seuls, soit associés aux Clathi^ocystis. Il n'est pas prouvé que ces algues aient par elles-mêmes des propriétés nuisibles ; seulement, à l'époque de leur putréfaction, elles rendent l'eau répugnante, et les animaux eux-mêmes s'en détournent, quoiqu'ils y aient bu avec plaisir au temps où ces végétaux étaient frais. Il y aurait eu, en Australie, des cas de mort chez les ruminants, à la suite de l'usage d'une eau renfermant en grande quantité des algues de l'espèce NoduIa?na, voisine de YAnabœna.

(On trouvera plus loin, aux chapitres Habitation et Boissons, ce qui concerne directement les qualités de l'Eau de boisson, l'analyse, l'appropriation des eaux, Arnould. — Hygiène. 12

DU SOL

[Hygiène

les systèmes de conservation et de distribution. Ici, l'eau n'a pu être considérée que comme partie intégrante du sol.)

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générale.]

LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES

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DU SOL

[Hygiène

Assainissement du sol.

Le besoin d'assainissement du sol comprend aussi les moyens préventifs de la souillure. Il se présente, ou bien de la part du sol qui supporte nos demeures, ou bien de la part de celui auquel l'homme demande l'entretien de son existence ou qu'il traverse accidentellement, dans une phase quelconque de son immense mobilité. De là, deux aspects distincts dans les procédés d'assainissement, selon qu'ils doivent être appliqués à l'un ou à l'autre cas. On peut même, au-dessus de ces deux ordres, placer des considérations générales qui conviennent aux deux alternatives.

A. L'homme ne sait pas, comme les espèces animales, choisir d'instinct le sol qui lui est le plus favorable; il s'installe sur toute espèce de terrain et tente l'exploitation des terres les plus diverses, de concert avec les animaux qu'il s'est assujettis, et qu'il force de subir, comme lui, les influences telluriques naturelles ou provoquées. Encore ceux-ci ont-ils le privilège d'une susceptibilité moindre que celle de notre espèce, puisqu'ils n'ont pas la fièvre malariale. Très souvent, le coin de terre que l'homme a choisi pour y vivre avec sa descendance est d'avance l'ennemi de sa race ; lorsqu'il était inoffensif dès l'abord, la fixité des familles humaines le rend bientôt dangereux.

En écartant les circonstances géologiques ou de constitution minérale, qui peuvent seulement rendre le sol fertile ou au contraire ingrat et qui favorisent ou contrarient le développement des causes réelles d'insalubrité, on a pu reconnaître, d'après les études qui précèdent, que la condition capitale de l'insalubrité du sol, c'est la présence", et la décomposition des matières organiques au sein des couches voisines de la surface. Or, cette décomposition n'a lieu qu'autant que la triple action de l'eau, de l'air et de la chaleur peut s'exercer sur ces matières fermentescibles.

L'homme ne peut pour ainsi dire rien sur la chaleur du sol, qui paraît bien être une conséquence de la température extérieure et, par conséquent, dépend de l'action solaire. L'air est lui-même un agent très mobile, difficile à maîtriser ; on n'a pas songé à lui interdire l'accès du sol, ni même à l'en extraire absolument quand il y a pénétré ; çà et là, au contraire, on le renouvelle, ce qui est une circonstance défavorable à la multiplication et à l'accumulation des agents de la putréfaction. Mais il est possible d'avoir prise sur l'eau, qui est peut-être l'élément le plus indispensable à la décomposition. Nous pouvons, non point l'empêcher de tomber sur le sol ni la lui soustraire entièrement, mais l'éloigner des couches où sa présence opérerait d'une façon dangereuse, ou bien encore la disposer de telle sorte que ce soit, pour les matières organiques, non plus l'humectation, mais la submersion ; ce qui est, aussi bien que la dessiccation, une manière de les rendre inertes et inoffensives. Nous disposons de moyens à l'aide desquels nous abaissons la nappe souterraine et lui fixons des limites d'oscillations, de telle sorte qu'elle ne vienne point alternativement humecter, puis abandonner les couches voisines de la surface, où l'imprégnation organique

générale.]

ASSAINISSEMENT DU SOL

est, naturellement, à son maximum. Ces moyens constituent le drainage, qui s'applique à la ville comme aux champs.

Il faut entendre d'une façon un peu large ce mot drainage. Cette opération ne se pratique pas rien qu'avec des tubes ; les rigoles dans les cultures, les fossés dans les prairies, les canaux d'écoulement et de retrait des eaux sont du drainage. Le sillon tracé par la charrue draine quelque peu la couche tout à fait superficielle. Les arbres à longues racines drainent déjà profondément, sans compter la soustraction d'eau qu'ils opèrent par le phénomène vital de la transpiration. Dans les villes, nombre de canaux construits pour un autre but drainent sans qu'on y ait songé.

B. Gomme premier moyen préventif, il serait aisé et il semblerait rationnel de conseiller aux groupes humains de ne point ajouter d'immondices aux détritus organiques que la vie et la mort des êtres divers déposent indéfiniment sur le sol. Mais, outre que ce dernier mode n'en existerait pas moins malgré les précautions prises par l'homme, il n'est pas possible, dans les conditions actuelles de la civilisation, d'éviter la production abondante d'immondices de provenance humaine non plus que la permanence de cette production sur des espaces restreints. Les peuples nomades, comme les fauves, se déplacent et peuvent, en abandonnant pour de longues années le sol souillé par le séjour de la tribu, lui assurer la purification naturelle que les éléments finiront par accomplir. Mais les peuples civilisés superposent les générations dans les mêmes enceintes ; il n'y a pas à résister à la production d'immondices, il faut seulement les empêcher de s'étaler, les diriger et les rendre inoffensives lorsqu'elles ont, malgré tout, gagné l'épaisseur du sol.

Un [seul des modes de souillure du sol des lieux habités peut être évité relativement ou même absolument supprimé, si les sociétés humaines le veulent; c'est celui qui résulte de l'inhumation des cadavres. Les lois modernes ont déjà reporté les cimetières hors des villes ; des tentatives ont été faites pour les éloigner davantage encore ; lorsque la pratique de la crémation aura pénétré dans les mœurs, tout danger de ce côté sera écarté, et la question résolue pour ce qui regarde cet aspect de l'hygiène.

Par ailleurs, il convient que, dans les grandes villes, les autorités municipales fassent tout pour protéger la rue, les places et même la maison de chacun, autant qu'il est possible de le faire sans amoindrir le respect de la liberté individuelle. Il y a quelques moyens de « blinder a le sol, si l'on nous permet cette expression. Quantauxdangers quel'on ne peut supprimer, il est possible de les localiser ; l'ennemi est moins redoutable, quand on sait où le prendre. Pour concréter cette pensée : toute ville, qui a prévu et installé des latrines et des urinoirs publics, est moins sale que celle qui n'en a pas, attendu que dans cette dernière la dispersion des urines et même des matières fécales est partout, insaisissable et irrésistible.

Mais le progrès moderne a inspiré les grandes tentatives et les travaux magnifiques d'assainissement du sol des villes; l'hygiène n'a point désespéré d'être à la hauteur des nécessités formidables que créent le besoin d'évacuation des immondices de groupes composés d'un ou de plusieurs mil-

DU SOL

[Hygiène

lions d'hommes et les déchets de toute nature des industries qui opèrent sur des matières organiques et manient des agents minéraux menaçants. Les détails que comporte' cette réalisation spéciale des conceptions de l'hygiène trouveront naturellement leur place, pour une part, à l'article : Habitations ; le reste appartient à I'Hygiène des villes.

G. Nous sommes donc ramené à n'envisager l'assainissement du sol qu'au point de vue de ses influences propres et en quelque sorte spontanées. Il va sans dire que c'est surtout du sol malarial qu'il s'agira.

1. Culture et drainage. — Ces deux procédés sont tout d'abord applicables à toutes les espèces de sol, comme moyens préventifs, puis au sol malarial sans marais visible, comme procédés d'assainissement. Combinés à d'autres, ils deviendront aussi la raison définitive de la transformation radicale des marais avérés.

Il semblerait que, sur bien des points, le premier ennemi de l'homme fût justement le sol qui le supporte, et que la durabilité de l'espèce soit au prix d'une lutte acharnée et sans relâche entre la terre et l'homme, armé du fer de la charrue. C'est peut-être cette vérité que l'écrivain du livre de la Genèse enfermait sous la formule sévère : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front », qui a d'ailleurs le tort de présenter le travail comme un châtiment.

On a vu précédemment (pages 84 et suiv.) de quelle façon agit la culture vis-à-vis de l'assainissement du sol et de l'entretien de sa salubrité. Mais c'est une entreprise hardie et périlleuse que de porter pour la première fois l'instrument aratoire sur le sol vierge, de propriétés inconnues, ou sur une terre notoirement malariale ; c'est « comme la première tranchée qu'on va ouvrir sous le feu de l'ennemi », selon l'énergique image employée par Vallin, et les rangs des travailleurs sont tout d'abord rudement décimés par les effluves dont on vient détruire le foyer. Quesnoy, comparant la mortalité dans la Mitijda pendant dix années de défrichement avec la mortalité de dix années postérieures, obtenait les chiffres suivants :

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