DÉCÈS ANNUELS SUR 100 HABITANTS
PENDANT
APnio
le défrichement
le défrichement
D'où la conclusion qu'il faut joindre à l'héroïsme de la décision première la précaution de. défricher vite et d'une façon continue. Comme dans toutes les industries dangereuses, il serait bien utile ici de pouvoir remplacer la main de l'homme par la machine. On le fait aux États-Unis, en arrachant les arbres à l'aide du Grubber ; les Anglais le font en Guyane, où ils creusent avec des machines fouilleuses très puissantes (Excavator) des canaux de dessèchement sur lesquels des bateaux amènent les machines au bord des pièces à défricher; la charrue, déposée à terre, est mue sur
générale.]
ASSAINISSEMENT DU SOL
tout l'espace compris entre deux fossés par des appareils à vapeur munis de poulies, installés sur les bateaux (E. Vallin).
11 n'est pas inutile d'ajouter, car les colons sont imprévoyants, que l'on choisira pour les travaux la saison la moins chaude de l'année, qu'on évitera le travail aux environs du lever et du coucher du soleil, c'est-à-dire aux heures de brouillards; que l'on fera de longues pauses dans le milieu de la journée et que l'on soutiendra par un régime tonique la force de résistance des travailleurs.
D'ailleurs les influences nocives du sol à mettre en culture seront toujours considérablement atténuées par l'établissement préalable de fossés d'épuisement, de puits absorbants, de canaux de dérivation, d'irrigations de lavage, et autres mesures dont il va être parlé.
Le drainage proprement dit abaisse et fixe le niveau de la nappe souterraine ; il va même jusqu'à en faire une, à laquelle il ouvre une issue, là où il n'existait que l'imbibition superficielle (Tagwasser), décrite page 46.
Il consiste essentiellement à établir, dans la profondeur du sol, une couche perméable, à la place d'un sol compact. Le but peut évidemment être atteint de plusieurs manières et l'a été quelquefois par des procédés très primitifs. Vallin note que, d'après Golumelle, on a depuis longtemps la coutume en quelques pays de placer au fond de petites tranchées des fascines, des fagots d'épines, des blocs de pierre. En Lorraine, il n'est pas rare de rencontrer dans les champs cultivés, à une profondeur un peu plus grande que celle à laquelle atteint le soc de la charrue, des conduits de 25 à 30 centimètres de diamètre, faits de pierres brutes grossièrement assemblées, sans aucune espèce de ciment; ce sont de véritables drains. Parfois, le conduit s'écroule ; mais, en tombant les unes sur les autres, ces pierres inégales ne se touchent que par points et n'empêchent pas l'eau de circuler à travers leurs interstices. En même temps qu'il égoutte le sol, le drainage l'aère par une réelle aspiration.
Une pente légère favorise l'installation d'un système de drains; quand le terrain ne la présente pas, on peut la créer en faisant les tranchées un peu plus profondes à l'extrémité qui aboutit au canal d'écoulement qu'à celle qui commence dans la pièce à drainer.
De notre temps, le drainage se pratique, en agriculture, au moyen de tubes ou de briques en terre cuite, poreuse, ajustés bout à bout et recouverts de terre. Les tuyaux de drainage à peu près exclusivement employés sont en terre cuite ; ils ont de 30 à 40 centimètres de longueur et un diamètre intérieur variable entre 0m,025 et 0m,20, suivant le volume d'eau dont ils doivent assurer l'écoulement ; les premières dimensions sont celles des drains secondaires, les secondes appartiennent aux drains principaux, sortes de collecteurs. Leur épaisseur est de 0m,01 environ. Les extrémités des tuyaux sont engagées dans des colliers, également en terre cuite, de 0m,07 à 0m,10 de longueur et dont le diamètre est tel que le tuyau entre facilement dans le collier (Voy. fig. 28).
Le calibre, la profondeur, la distance réciproque des tubes à drainage, sont déterminés par les ingénieurs. En général, la profondeur est de lm,50
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[Hy giène
à 3 mètres ; la distance entre deux lignes de drains est de 4 à 6 mètres ; on donne à ces lignes une direction oblique. Quand il a été nécessaire de créer une pente factice, on les fait aboutir à des puits absorbants. Pour la profondeur, le mieux est que les drains avoisinent de très près la première couche imperméable. Les drains sont plus rapprochés dans le sol qui doit servir de support aux habitations que dans les terrains de culture ; les habitations se trouvent bien du dessèchement absolu du sol, tandis que les champs ensemencés n'ont à se débarrasser que de l'eau en excès.
Fig. 28. — Drainage agricole (*).
Il est facile de prévoir que le drainage aide au succès de la culture, en tant qu'elle est un moyen d'assainissement, en même temps qu'il lui permet de rendre fertiles des terrains où le séjour prolongé de l'eau dans les rigoles à la fin de l'hiver détruisait la moitié delà récolte.
En France, depuis 4858, une loi a ouvert un crédit de cent millions pour favoriser l'extension du drainage ; il n'y a cependant encore que quelques millions de prêtés et, en 1866, il n'y avait guère plus de 200,000 hectares de terrains drainés. En revanche, cette pratique semble s'être merveilleusement développée en Angleterre et aux États-Unis. Bowditch, qui, dans cette dernière contrée, a ouvert la croisade contre l'humidité du sol, cite des cantons de l'Illinois, de Michigan, de l'Etat de New-York, où le drainage a fait presque entièrement disparaître les fièvres. De volumineux rapports officiels anglais attestent que l'introduction du drainage dans les districts marécageux (fen lands) des comtés de Norfolk, Lincolnshire, Gambridgeshire, a fait baisser tout à la fois la sévérité et la fréquence des fièvres qui les désolaient; le pays est devenu relativement salubre. Buchanan fait, d'ailleurs, ressortir le relèvement de la santé générale par l'assèchement
(*) a, coupe d'une tranchée de drainage; — b, tube à drainage; — c, deux tubes réunis par un collier; — d, jonction d'un drain ordinaire avec un drain principal.
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du sol et la diminution de léthalité par les fléaux ordinaires, tels que la phthisie et la fièvre typhoïde. Le tableau-ci-dessous, qui lui est emprunté par Latham, exprime quelques-uns de ces faits.