Travail dans Vair comprimé (d'après A.-E. Foley
duquel on chasse l'eau par l'air comprimé, pour pouvoir y construire une pile en
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maçonnerie, indiqué par Triger lui-même (fîg. 60), fut appliqué par l'ingénieur anglais Hughes, dans la construction du pont de Rochester sur la Medway, comté de Kent. Puis, le pont de Chepstow, par Brunei, celui de Szegedin (Hongrie) par Cézanne ; un pont à Bordeaux, celui de Kaffre-Azziat sur le Nil, ceux de Kehl (1859), de Londonderry (1861), d'Argenteuil, de l'Adour à Bayonne (1862), du Mississipi (1863), etc., furent établis à l'aide du même audacieux système, devenu aujourd'hui presque vulgaire, non sans avoir traversé l'épreuve de graves accidents.
Fig. 61. — Scaphandie de Cabirol, vu de face.
L'entrée de l'ouvrier a lieu par la chambre E, la sortie par la chambre D. Un système de robinets permet d'équilibrer la pression, soit pour pénétrer dans le tube où l'air est comprimé, soit pour sortir de l'appareil.
De notre temps encore, Siebe (de Londres), Cabirol, Rouquayrol et Denayrouze ont, non point inventé le scaphandre, mais fait d'un engin médiocre un appareil qui permet d'aller au fond de la mer, pêcher les huîtres, le corail, les perles, les
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objets submergés, nettoyer et vérifier les carènes des navires, etc. Le plongeur reçoit de l'air comprimé d'en haut dans un casque qui enveloppe sa tête (fig. 61), ou bien porte avec lui un réservoir régulateur dans lequel l'air comprimé est emmagasiné et d'où il le respire soit par le casque, soit à l'aide d'un tuyau (fig. 62 et 63).
La pression, appliquée aux ouvriers dans les divers modes de travail qui comportent l'emploi de l'air comprimé, dépasse habituellement une atmosphère surajoutée et va parfois au delà de 4 atmosphères. Les ouvriers ne
Fig. G2. — Appareil Rouquuijrol-Denayrouse, sans masque et sans vêtement.
séjournent dans ce milieu que pendant un temps variable de 2 à 5 heures.
Les phénomènes éprouvés pendant la compression n'ont pas été les mêmes pour tous les observateurs; ils diffèrent, d'ailleurs, selon le degré de pression, le temps passé dans les tubes : ceux de la fin ne ressemblent pas à
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ceux du début et, surtout, les accidents de la décompression sont tout à fait caractéristiques en même temps que graves.
A l'arrivée dans les tubes, il y a une sensation de pression désagréable dans les oreiHes, par refoulement de la membrane du tympan; K vners s en débarrassent tout de suite, soit par des mouvements dé dégluti"
Fig. 63. — Appareil Rouquayrol-Dmayrouze avec masque et habit en caoutchouc.
|ion, soit en faisant le mouvement de souffler en se pinçant les narines et a bouche fermée. Les sons acquièrent une intensité métallique étrange. Les sens du goût et de l'odorat, suivant Foley (Argenteuil), sont émoussés ou abolis ; le toucher lui-même est moins délicat. L'acte de parler est dif- Hcile, celui de siffler, impossible.
^ «Les ouvriers, quand ils travaillent dans les tubes, sentent moins la fati- §ue qu'à l'air libre et ne s'essoufflent pas autant, dit le même auteur; la
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faim les prend vite ; ils suent beaucoup et cependant n'ont jamais soif. » Selon Foley, le pouls devient filiforme et même insensible. Pol et Watelle, avec la plupart des observateurs et physiologistes, en ont également constaté la diminution de fréquence; cependant, Bucquoy a vu le contraire, sauf chez son ami Ritter qui, ayant la fièvre en entrant dans le tube, passa de 95 à 75 pulsations. La capacité pulmonaire augmente ; c'est un point sur lequel à peu près tout le monde est d'accord. Les ouvriers tubistes acquièrent la propriété de travailler sans essoufflement dans leur appareil (Foley). La fatigue, l'inertie physique et morale, l'inappétence, apparaissent au contraire, par un séjour prolongé dans les tubes. Le nombre des respirations diminue, et aussi l'amplitude des oscillations respiratoires ; il passe, naturellement, moins d'air à travers le poumon, dans un temps donné, dans l'air comprimé qu'à la pression normale (en volume). Il y a quelquefois des épistaxis pendant la compression. La peau et les muqueuses pâlissent. La couleur du sang de la saignée présente, en revanche, une rutilance extraordinaire (Pol et-Walelle). L'urine augmente de quantité. Des expériences non irréprochables de J. Pravaz (1875) tendent à établir que le chiffre de l'urée rendue s'élève de même. Celles, plus rigoureuses, de P. Bert prouvent dans le même sens.
Quand on sort des tubes à air comprimé, il se peut que rien de bien fâcheux ne se produise, ni immédiatement, ni plus tard. Mais le plus souvent, quand la compression a été portée au-dessus de 3 atmosphères, l'ouvrier présente le phénomène des « puces », ou démangeaisons atroces à la peau, quelquefois celui des « moutons », ou tuméfactions musculaires, des gonflements synoviaux, des douleurs articulaires, de la faiblesse des membres, surtout des membres inférieurs. D'ordinaire, ces phénomènes inquiétants disparaissent rapidement et sans retour ; d'autrefois, même lorsque l'affaiblissement musculaire a débuté quelque temps après la sortie des tubes, ils sont le début d'une paralysie durable, affectant principalement la forme de paraplégie (membres inférieurs, vessie, rectum). Des morts assez nombreuses ont suivi l'aggravation rapide de tels accidents. t)ans quelques cas, une décompression absolument brusque, due à une rupture d'appareil, a causé la mort immédiate.
Somme toute, le moment dangereux, dans ces pratiques, thérapeutiques ou industrielles, est celui delà décompression.
Physiologiquement, de tous les détails reconnus pendant la compression, celui de l'amplification du poumon est le plus aisément explicable. P. Bert, qui l'a constamment retrouvé dans ses nombreuses expériences, le considère comme le résultat mécanique réel de la pression atmosphérique ; celle-ci refoule les gaz intestinaux, oblige le diaphragme à s'abaisser et, par conséquent, le poumon à se dilater d'autant. Quant â « l'aplatissement » de dehors en dedans de la peau et des vaisseaux périphériques* l'éminent physiologiste constate que la pression artérielle est notablement augmentée par l'action mécanique de la pression; que le thorax est rela^ tivement comprimé parce que l'ouverture trachéale n'est pas suffisamment large; mais que, du reste, la pression intérieure et la pression extérieure
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s'équilibrent toujours très rapidement, à moins de circonstances mécaniques spéciales. Une autre influence est d'ordre chimique et, de même que pour l'air raréfié, dépend de la tension de l'oxygène et de celle de GO2, isolées ou combinées. L'oxygène dissous dans le sang augmente avec la pression, mais bien moins que la pression même, surtout quand on arrive à de très hautes pressions, 10 atmosphères par exemple. L'acide carbonique du sang diminue presque toujours ; comme GO2 dépend de l'oxydation de nos tissus, la quantité qui en est produite ne saurait guères varier ; or, cette même quantité occupera moins de place si la pression est plus forte ; 6 p. 100 de GO2 à la pression normale donnent : 6 X 1 = 6 ; à une pression de 2 atmosphères, le volume est diminué de moitié et l'on a pour valeur de CO2 : 3 X 2 == 6; à 3 atmosphères, 2x3 = 6, ainsi de suite. Mais l'azote augmente, quoique pas aussi vite, à beaucoup près, que le voudrait la loi de Dalton.
A la suite de ses mémorables expériences sur l'action de l'oxygène à forte tension, que les faits démontrèrent être un toxique sûr et terrible, P. Bertfut amené à déterminer à quelle pression se trouvait réalisé le maximum d'oxydation intra -organique. Il lui parut que ce maximum est aux environs de trois atmosphères, vers la tension de 60 d'oxygène. A la pression de 5 atmosphères, qui équivaut à l'inspiration d'oxygène pur (100 p. 100), le sang n'est pas encore saturé d'oxygène; mais déjà, il y a de Poxygène dissous conformément à la loi de Dalton et non plus uniquement combiné ; la présence de ce gaz dissous empêche précisément les tissus de prendre, comme d'ordinaire, leur oxygène à la combinaison oxy-hémoglobique ; les globules sont condamnés à la saturation perpétuelle. Si l'on pousse la compression à un degré plus élevé, l'incapacité vitale devient définitive pour les éléments anatomiques. Donc, bien qu'il soit difficile d'indiquer ici des limites précises, il est probable que l'empoisonnement par l'oxygène commence à se faire sentir chez les ouvriers comprimés entre 3 et 5 atmosphères. Il se traduit par des accidents d'anémie.
Pour ce qui est des accidents de la décompression (puces, moutons, emphysèmes, paraplégie), ils sont absolument d'ordre mécanique et relèvent du fait signalé, à l'occasion de la construction du pont de Kehl, par le professeur Rameau et par Bucquoy : les gaz du sang repassent à l'état libre et provoquent des accidents comparables à ceux d'une injection d'air dans les veines. Seulement, ce ne sont pas les trois gaz qui redeviennent ainsi aériformes, mais l'azote essentiellement, c'est-à-dire celui qui a, de beaucoup, le plus suivi la loi de Dalton. On trouve, en effet, des bulles de gaz dans les capillaires périphériques et pulmonaires et dans les cavités droites du cœur; on en trouve dans les vaisseaux du cerveau et de la moelle, où ces embolies gazeuses déterminent un ramollissement, constaté d'ailleurs aux autopsies d'hommes, victimes de la décompression.
Prophylaxie. — S'il fallait dépasser la pression déjà dangereuse de 5 atmosphères, P. Bert conseille d'employer au refoulement dans les tubes ou scaphandres un air pauvre en oxygène, de manière à maintenir la tension
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[Hygiène
de celui-ci aux environs de 40, et de renouveler l'air des tubes pour prévenir l'accumulation de GO2 ou de GO.
En vue des accidents de la décompression, il faudra décomprimer lentement. Une demi-heure n'est pas trop, entre 2 et 3 atmosphères ; une heure entre 3 et 4. Il sera nécessaire, dans les chambres d'équilibre, de pourvoir l'ouvrier de vêtements secs et chauds, pour lutter contre le refroidissement et la rosée qui sont la conséquence de la dilatation de l'air. Autrefois, quand les accidents de décompression apparaissaient, on recomprimait le patient pour les faire cesser ; P. Bert propose de faire respirer de l'oxygène pur (ce qui équivaut à 5 atmosphères) aux ouvriers sortant des tubes ou des scaphandres, même alors qu'il ne se produirait pas immédiatement de signe suspect.
6. L 'air comprimé en thérapeutique. — Ou doit aux médecins français Junod (1835), Ch. Pravaz (1836), Tabarié (1838), les premiers essais de l'application de l'air comprimé à diverses maladies. De nos jours, il existe de nombreux établissements créés en vue de l'emploi de cette méthode. Vivenot, en Allemagne, de 1860 à 1868, lui consacra de longues recherches et de nombreuses publications. P. Bert, depuis 1872, a éclairé par la physiologie expérimentale cette pratique, dont les ressources ne sont pas contestables.
C'est particulièrement contre Y asthme et Yanémie qu'est dirigée la cure d'air comprimé. Pour l'asthme, c'est l'action mécanique de la pression qui joue le principal rôle ; pour l'anémie, c*est l'action chimique, la saturation plus parfaite de l'hémoglobine, à la condition que l'on ne dépasse pas 3 atmosphères, mais que l'on s'en rapproche, comme le conseille P. Bert, tandis que les aéro-thérapeutistes jusqu'ici semblent craindre d'arriver à d'aussi fortes pressions. A la vérité, quand il ne s'agira que d'anémie, l'on peut apparemment se dispenser de l'élément mécanique et remplacer la pression, soit par l'inspiration d'oxygène pur, soit, mieux encore, par l'usage d'un air à 25, 30. 40 p. 100 d'oxygène, représentant sans pression aucune la même tension d'oxygène qu'une fraction surajoutée d'atmosphère, ou même qu'une atmosphère ou davantage, selon ce que l'on aura désiré. Par ailleurs, l'action mécanique de la pression serait probablement utile pour aider au taxis des hernies, pour combattre certaines tympanites. A de hautes pressions, ce serait peut-être un antiphlogistique à essayer.
Bibliographie. — Junod : Recherches sur les effets physiologiques et thérapeutiques de la compression et de la raréfaction de l'air, tant sur le corps que sur les membres isolés (Archiv. gén. de Méd., 1835). — Pravaz : Mém. sur l'emploi du bain d'air comprimé, etc. (Acad. de méd., 183.7). — Triger : Mémoire sur un appareil à air comprimé, pour le percement des puits de mines et autres travaux sous les eaux et dans les sables submergés (Compt. rend. Acad. des scienc, 1841). — Blavier : Rapport sur le procédé suivi à Douchy pour traverser des nappes d'eau considérables (Ann. des Mines, 1840). — Pol et Watelle : Mém. sur les effets de la compression de Vair appliquée au creusement des puits à houille (Annales d'Hygiène publ., 1854). — François : Des effets de Vair comprimé sur les ouvriers travaillant dans les caissons servant de bases aux piles du pont du grand Rhin (Ibid., 1860). — Bucquoy : De l'air comprimé (Thèse de Strasbourg, 18G1).— Foley : Du travail dans Vair comprimé. Paris, 1863. — Malézieux : Travaux publics des États-Unis d'Amérique en 1870. Paris, 1873. — Du même : Fondations a l'air comprimé (Annales des Ponts
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et Chaussées, 1874). — Bert (Paul) : La pression barométrique. Paris, 1878. — Rousseaux : De V aérothérapie (Thèse de Paris, 1868).— Freud : On the Effects of compressée! Air on the organism in gênerai and especially upon diseased or g ans of respiration (New- York, Med. Gazette, 1871). — Liebig (Georg von) : Die Wirkung der erhohten Luftdrucks derpneuma* tischen Kammern auf den Menschen (Deut. Klinik, 1872). — Féréol : Applications thérapeutiques de l'air comprimé (Gazette méd., 1873). — Voy. Bibliographie générale.
lies climats. — Les propriétés physiques de l'atmosphère, qui viennent d'être étudiées, sont constantes à un degré et sous une forme quelconque; leur modalité seule varie et varie dans de très grandes limites. C'est l'état particulier et la modalité spéciale de ces propriétés, pour un point donné du globe, qui en constitue le climat. Les modifications physiologiques ou morbides des humains, ou plutôt des êtres vivants en général, n'en font pas partie ; mais elles en sont fréquemment l'expression. Il y a là, comme en d'autres occasions, un rapport qu'il appartient à l'hygiène de préciser et d'interpréter.
Le sens du mot climat a été entendu plus largement qu'on ne le fait ici par Hippocrate, Montesquieu, Boudin, Yirey, Foissac, de Humboldt ; l'influence du sol et des eaux rentrait plus ou moins dans la conception du climat, selon les anciens. Il est préférable de le limiter, avec Fonssagrives, à la considération des propriétés physiques de l'atmosphère, facteurs bien distincts, indépendants des précédents, encore qu'il y ait nécessairement, en maintes circonstances, une action réciproque entre l'air, d'une part, le sol et les eaux, de l'autre.
Tout en donnant au climat cette large compréhension, la plupart des classifications de climats sont établies sur la considération d'un facteur unique, qui est une propriété de l'atmosphère, à savoir la température. Or, ce facteur est assurément d'une grande importance et pèse sur la modalité des autres ; mais il ne suffit pas à constituer la physionomie d'un climat et lui-même est quelquefois subordonné à la prédominance de telle ou telle modalité de quelqu'un des autres. Il est absolument nécessaire de se pénétrer de l'idée qu'en hygiène, climats chauds, climats froids, climats tempérés, sont des expressions adoptées pour la commodité du langage et les besoins didactiques ; consacrant un trait de premier ordre, dominant si l'on veut, du caractère météorologique d'une région donnée, mais ne répondant point à la réalité de l'élément physiologique ou étiologique climat, qui est très complexe, où l'équilibre est sollicité en divers sens, par des facteurs physiques divers et dont l'influence décisive est habituellement une résultante, beaucoup plus que le triomphe d'une force unique ou prépondérante.
Cette habitude de classer les climats d'après la température a donné le change aux esprits incomplètement renseignés et entraîné la tendance à confondre les limites des climats avec les degrés de latitude, voire avec les lignes isothermes, et à envisager le climat comme une zone géographique. Quoique l'isothermie soit une base légitime à la distinction des climats (J. Rochard Ta adoptée), il faut pourtant renoncer à appliquer uniformément l'épithète de climat froid, ou chaud, ou tempéré, à de vastes surfaces sur lesquelles, en divers points, des conditions locales créeront des excep-
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tions et des contradictions aux lois météorologiques ou physiologiques formulées pour le type. En réalité, il n'y a guères de climats de zones, pas beaucoup plus de climats de régions ; il y a surtout des climats de localités.
Division des climats. — Fonssagrives propose une classification dont l'esprit se rapproche de celui de la méthode naturelle, adoptée en botanique et en zoologie, et qui observe la subordination des caractères. Celui qui est pris pour dominant est la thermalité. "Voici des exemples des désignations qui résulteraient de cette méthode :
i° Climat hyperthermique, à chaleur constante, très humide, à humidité variable, venteux, très clair, hyperozonique, à pression modérée.
2° Climat hypothermique constant, sec, calme, brumeux, à pression considérable, hypozonique.
3° Climat mésothermiqne variable, humide, clair, venteux.
Cette façon d'exprimer les espèces climatiques est très rationnelle ; il est probable, cependant, que l'on ne s'en servira pas. Pour les médecins, les rapports d'ordre sanitaire avec les diverses espèces, qu'on pourrait ainsi créer, resteront toujours trop vagues pour qu'on s'astreigne à tenir compte de divergences, attachées quelquefois à une nuance insignifiante. Ce n'est pas tant le complexus climat, ou le type qu'il constitue, qui a de l'importance en hygiène et en étiologie, que les éléments météorologiques dont il est composé. En y ajoutant la modalité de chacun de ces éléments, circonstance souvent capitale, on a tout ce qui peut entrer dans un rapport démontrable. La médecine d'aujourd'hui ne se contente plus de ces vues très larges, mais très vagues, qui s'adaptaient aux vieux systèmes de l'humorisme, de l'asthénie ou de l'irritation ; elle s'habitue à mettre en regard d'un fait physique précis, comme cause, un effet physiologique (ou morbide, ce qui revient au même) également déterminé. Fuster a dépensé en pure perte beaucoup de talent pour réduire toute la pathologie sous la loi des influences climatiques.
La classification des climats par J. Rochard, basée sur la notion des températures moyennes, répond au besoin que l'on a de rapporter les influences climatiques à un agent physique parfaitement net ; on a choisi le plus important, la température. Celle de Lombard vise un caractère plus abstrait mais dont le rôle en étiologie n'est pas moins évident et considérable : la modalité des éléments météorologiques. Pour un pays en particulier, comme la France, on a fait des climats régionaux, marqués chacun d'une note dominante sur un fond commun ; il est clair qu'en pareil cas on ne saurait trouver de très grandes divergences dans l'expression ni les allures d'aucun des éléments du climat ; cependant, des incidents particuliers, d'une portée plus ou moins large, donnent assurément une nuance distincte à la physionomie climatique et sanitaire de chaque zone d'un grand pays.
En prenant pour base la température, les climats sont : chauds, tempérés ou froids; ce qui donne cinq zones climato-thermiques à la surface du
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globe, puisque la zone tempérée et la zone froide se répètent l'une et l'autre au nord et au sud. J. Rochard a dédoublé la zone chaude et la zone froide ; d'où neuf zones climatiques et cinq espèces de climats :
A. Climats torrides (une seule zone), entre l'équateur thermique et les isothermes de 25°.
B. Cl. chauds, nord et sud, de 25 à 15 degrés.