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Rue Ambroise Pare-
Fig. 78. — Hôpital Lariboisière (Paris) (*).
semblable à une cathédrale le comble en arrière. Pour 5 millions, on n'a pas trouvé le moyen d'annexer à cet hôpital un service d'isolement des maladies contagieuses. Admirablement bâti, dallé, parqueté, peint à l'huile sur enduit, muni d'un système de ventilation et de chauffage très louable, cet établissement est loin d'être aussi salubre qu'il pouvait l'être; malgré sa nouveauté (il ne fonctionne que depuis deux ans), de fâcheux indices se
(*) Plan du rez-de-chaussée. — a. Salle des malades. — b. Préau des malades. — c. Bureaux de la direction. — d. Consultations externes. — e. Réfectoire des gens de service, cuisine générale et ses dépendances. — f. Pharmacie, cabinet du pharmacien, dépendance de la pharmacie. — g. Vestiaire des médecins. — h. Malades agités. — i. Cabinet de la sœur. — j. Office. — k. Dépôt de linge sale et lieux d aisances des malades. — n. Communauté. — o. Bains, — p. Chapelle. — q. Buanderie et dépendances. — r. Salle d'opérations, — s. Salle des morts et d'autopsie. — t. Vestiaire, — u. Cour des convois.
Échelle de 0m,0005 pour un mètre = 1/2000.
Arnould. — Hygiène. 26
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sont déjà manifestés et l'on peut prévoir qu'avec le temps il contractera aussi l'infection irrémissible qui s'attache à tous nos hôpitaux massifs.
On n'a pas su non plus se dégager entièrement des errements anciens dans la disposition des pavillons, d'ailleurs hauts de 18 mèt., de l'hôpital Lariboisière (Paris), souvent cité comme modèle. Ainsi que le montre la figure 78, ces pavillons, trop peu écartés les uns des autres (20 mèt.), ne sont libres qu'à une de leurs extrémités. Les locaux administratifs, la chapelle, les couloirs intérieurs d'union, rapprochent encore cet hôpital, que l'on voulait fragmenter, de l'ancien type des bâtisses d'un seul bloc.
Le type un peu bizarre du Boston free Hospital (fi g. 79), inspiré toutefois par un médecin, nous semble bien supérieur. Il réaliserait absolument la dissémination désirable, si ses pavillons n'avaient deux étages sur sous-sol. Les plus grands de ces pavillons n'ont que 38 mèt. de long sur 9m,30 de large ; les salles n'ont que 25 malades et l'ampleur de l'espacement ne laisse rien à désirer. Les galeries couvertes qui protègent le passage de l'un à l'autre ne gênent ni l'insolation ni l'aération des locaux habités. De telles galeries peuvent, du reste, se passer de parois latérales; des colonnettes, supportant la couverture, suffisent.
L'hôpital militaire de Yincennes, dont nous reproduisons le plan du rezde-chaussée (fig. 80), est un exemple du type linéaire, puisque l'hôpital réel est exclusivement dans les pavillons latéraux, b et <?/la bâtisse de façade, «, étant affectée aux divers services accessoires. 11 possède, au-dessus du rezde-chaussée, deux étages, dans lesquels se trouvent les salles de malades, concurremment avec une moitié du rez-de-chaussée. Ces salles sont spacieuses, bien aérées ; les plus grandes n'ont que 32 lits. Des appareils remarquables de chauffage et de ventilation y ont été établis par l'ingénieur Grouvelle. Un point capital, c'est que l'établissement dispose d'un terrain
Fig. 79. — Boston free Hospital (Plan du rez-de-chaussée).
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de 68,822 m. q., dont 18,310 de surface bâtie. Il n'y a, d'ailleurs, pas de
(*) Bâtiment b. — 1. Alelier de réparations. — 2. Lingerie. — 3. Bureaux de la lingerie. — 4. Latrines des lingères. — 5. Magasin au linge sale. — 6. Cuisine. — 7. Laverie. — 8. Boucherie. — 9. Dépense. — 10. Panneterie. — 11. Salle d'opérations. — 12-13. Latrines, Lavabos. — 14. Poste d'infirmier. — 15. Cabjne pour un malade à isoler. — 16. .Salle des malades. — 17. Salle de sous-officiers malades. — Bâtiment a.
— 1. Bureau du comptable principal. — 2. Bureau de la comptabilité. — 3. Magasin. — 4. Vestiaire.
— 5. Cabinet du comptable de garde. — 6. Bureau des entrées. — 7. Cabinet du médecin de garde.
— 8. Salle de visite. — 9. Concierge. — 10. Chapelle. — 11. Sacristie. — 12-13. Salle de conférences.— Bâtiment c. — 1. Magasin de la pharmacie. — 2. Cabinet du pharmacien en chef. — 3. Pharmacie. — 4. Laboratoire. — 5. Préparatoire de la pharmacie. — 6. Tisanerie. — 7. Bains des officiers. — 8. Bains des soldats. — 9. Bains sulfureux. — 10. Réservoir d'eau chaude et douches. — 11. Bains de vapeur. — 12. Poste d'un infirmier de garde. — 13-14. Latrines, La^alos. — 15. Cabinet pour un malade. — 16. Linge sale (dépôt de). — i7. Salles de malades.
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possède »; et cette appréciation est absolument juste. Mais personne ne prétendra qu'il n'eût pas été mieux de fragmenter ces trois longs rectangles, qui forment l'hôpital, et de ne pas superposer trois étages de malades. C'était le temps des splendeurs impériales ; il fallait montrer par une construction énorme la grande sollicitude du souverain pour l'armée. De petits pavillons sans hauteur, disséminés dans la verdure, n'eussent point exprimé avec assez de fracas les sentiments qui remplissaient le cœur des gouvernants. Cette démonstration coûta 2 millions et demi.
Le nouvel hôpital militaire de Bourges, ouvert en 1879, est celui qui réalise le mieux, en France, le principe de la fragmentation et. de la dissémination, dans les habitations collectives, appliqué aux malades. 11 a été construit sur le type préconisé par Tollet, sous la direction du commandant du génie Gripois et du docteur Ch. Sarazin. 11 occupe 50,000 mètres carrés et se compose essentiellement de 12 pavillons, orientés du sud au nord, sur un terrain en pente légère (1 centimèt. par mètre). Ces pavillons, sans étages, à plancher élevé de plus d'un mètre au-dessus du sol, ont 40 mètres de long, 7m,50 de largeur intérieure et 4m,50 de hauteur depuis le sol jusqu'au bord supérieur des murs droits, sans compter la voûte ogivale. De petits jardins de 15 mètres de large les séparent les uns des autres. On les a disposés en deux rangs de six pavillons ; l'intervalle, de 56 mètres de large, qui se trouve entre les deux rangs, est bordé par une galerie en forme d'H, sur laquelle arrivent perpendiculairement tous les pavillons. C'est le mode adopté pour réunir ceux-ci et permettre la circulation à couvert du personnel, et c'est la seule circonstance par laquelle il soit fait une légère infraction au principe de dissémination absolue. Bien que la paroi opposée aux pavillons soit percée de jours nombreux, il serait peut-être préférable de la supprimer et de la remplacer par de simples colonnettes (Ghassagne).
Les municipalités ne tarderont probablement pas à entrer dans cette voie, péniblement ouverte mais pleine d'avenir. Montpellier paraît devoir être la première ville de France qui aura inauguré, pour son hôpital civil, le système des pavillons isolés et sans étages (Tollet). Elle a décidé la construction, dans un terrain de 90,000 mètres carrés, au nord de la Ville, d'un nouvel hôpital Saint-Éloi, de 800 lits, en 18 pavillons pour les maladies communes, une maternité et un hôpital de contagieux tout à fait distincts (Voy.le plan ci-après, fig. 81).
Le soubassement sur lequel repose le plancher des salles a plus de 2 mètres de hauteur ; les pavillons mesurent 51m,60 de longueur sur 8 mètres de largeur intérieure et 7m,50 de hauteur au faîte de la voûte en ogive. Les salles sont destinées à recevoir 28 malades. Il y aura 18 mètres d'intervalle entre deux pavillons. Cet espace sera mis en jardinets et des arbres d'une certaine taille s'élèveront dans l'espace plus grand qui sépare de l'hôpital commun la maternité et les contagieux (E. Bertin). Comme on le voit, l'on se rapproche de plus en plus de la disposition en cottages. Il n'y a guère à reprocher à cet hôpital que le chiffre de la population qu'il a en perspective (800 lits).
générale.]
CONSTRUCTION
Nous terminerons cet article en reproduisant les propositions (Theseri) qui ont été adoptées à Munich, en J875, par les hygiénistes allemands, au sujet des règles à suivre dans l'édification des nouveaux quartiers des villes. Cette série de formules résume assez bien les développements qui
Fig. 81. — Hôpital de Montpellier (système Tollet) (*).
précèdent et contient quelques autres préceptes, qui nous aideront dans les détails qull nous reste encore à parcourir (notre traduction sera nécessairement un peu libre).
Réunion des hygiénistes allemands à Munich, en 1875.
Dispositions hygiéniques a introduire dans les constructions nouvelles, spécia lement dans les nouveaux quartiers des grandes villes. I. Rôle respectif des architectes et du médecin.
1. Pour donner pleine valeur aux indications de l'hygiène, en ce qui concerne les nouveaux quartiers des villes et les nouvelles habitations, il paraît nécessaire d'adjoindre aux membres administratifs ou techniques des Comités chargés
(*) A. Pavillon de malades. — A'. Pavillon de payants. — A". Pavillon de rechange. — A'". Pavillon à construire en cas d'extension de l'hôpital. — B. Contagieux. — C. Maternité. — C. Infirmerie de la maternité.
— D. Malades à observer. — E. Services généraux. — F. Communauté et lingerie centrale. — G. Chapelle.
— H. Direction. — H'. Économat. — l. Magasin. — J. Remise et écurie. — K. Buanderie et séchoir à air libre. — L. Amphithéâtre.
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^-'examiner les plans et d'en .contrôler l'exécution, un médecin compétent, avec voix délibérative.
IL Prescriptions hygiéniques relatives aux dispositions générales.
2. Pour arriver à satisfaire les vœux de l'hygiène à l'égard des habitations dans les nouveaux quartiers urbains, il est nécessaire qu'un plan d'ensemble soit pré dablement dressé. Les projets de construction, en même temps qu'ils assurefont les voies ordinaires de circulation (rues, voies de fer, routes, canaux), devront se proposer par dessus tout de favoriser l'intégrité et l'assèchement du sol, l'accès de l'air et de la lumière, l'approvisionnement d'eau et l'évacuation des eaux souillées ; le nombre, la largeur, l'orientation des rues et des places, la hauteur des M tisses, le choix des matériaux, devront être réglés en conséquence de ce principe.
3. Dans l'installation des bâtisses, on devra porter une attention particulière sur îe groupement des parties de la ville selon la destination spéciale des constructions (grandes industries, commerce, etc.). Toutefois, on ne rendra obligatoire la concentration de certaines bâtisses industrielles que pour des considérations d'hygiène.
4. Le choix définitif du plan des constructions, lorsqu'il n'est pas imposé par d'autres raisons, devra avoir pour base les propriétés du sol. L'orientation des rues dépendra de la contrée ; la direction la plus recommandable est celle du Sud-Est au Nord- Ouest, ou du Nord-Est au Sud-Ouest. En général, les rues dirigées de l'Est à l'Ouest exigent une largeur plus considérable que celles qui sont du Nord au Sud.
5. Pour donner suffisamment d'air et de lumière aux bâtiments et à chaque habitation, il est nécessaire de mettre dans un juste rapport la largeur de la rue, la hauteur des bâtisses et les conditions de chaque lot de terrain bâti. Comme on ne saurait donner à toutes les rues la plus grande largeur sans en diminuer le nombre et sans arriver à d'énormes massifs de constructions, on devra, dans les plans projetés, distinguer des rues d'importance inégale et de largeurs différentes, ainsi: a. les grandes artères de la circulation; b. des rues parallèles aux précédentes et de dérivation; c. des rues courtes, d'union. Pour les premières, on exigera 30 mètres de large, 20 pour les secondes et 12 pour les dernières.
6. Dans le môme but, il sera utile de ménager quelques rues ou groupes d'habitations dans lesquelles on aura adopté le système de construction ouverte (sans eontiguité avec d'autres maisons) ou précédée d'un jardin.
7. En traçant les rues d'un quartier à bâtir, on ne perdra pas de vue que celles-ci doivent être à un niveau assez peu élevé pour ne pas exposer les maisons aux inondations, qu'elles doivent recevoir dans leur sol les appareils de drainage et d'évacuation des eaux impures, et que toute habitation particulière doit pouvoir être facilement rejointe au système général d'écoulement.
8. En établissant ce système d'évacuation des eaux, on tiendra compte de la possibilité de constructions ultérieures qui demanderaient à être réunies à la conduite commune. On évitera le plus possible la souillure des cours d'eau.
9. On devra se proposer un riche approvisionnement d'eau du quartier en perspective, et le plus possible par de l'eau de source. On fera le moins possible entrer en ligne de compte les puits particuliers.
10. Dans l'agrandissement des villes, on pourvoira à la création de squares et jardins publics.