‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 7 sur 267 · GROUPES DES FORMATIONS ARCHAÏQUES · texte numérisé non relu

GROUPES DES FORMATIONS ARCHAÏQUES

Huronien ou formation des schistes cristallins (avec le Gambrien). Laurentien, ou formation des gneiss primitifs.

Le sol primitif, avec le granité, termine naturellement la série de ces étages.

Chacun de ces terrains vient affleurer à la surface, en tel ou tel point du globe ; c'est même ainsi que l'on a pu les étudier. C'est là qu'ils prennent quelque intérêt pour l'hygiène, en raison de leur structure, de leur disposition, ou de quelque autre propriété intrinsèque moins évidente. Il est probable qu'en général un terrain quelconque, depuis le granité jusqu'à l'alluvion, ne possède pas de vertu qui lui soit conférée par son âge géologique ; on peut d'ordinaire décomposer la raison de sa salubrité ou de son insalubrité et reconnaître qu'il les tient de la nature de ses éléments, de leur mode de groupement, de la disposition de ses assises, etc.

Salubrité relative des terrains anciens et des terrains modernes. — On a, du reste, rarement opposé les terrains anciens, comme tels, aux terrains de formation plus récente, au point de vue de leur influence sanitaire respective. Fourcault l'a tenté, en ce qui concerne l'immunité vis-à-vis du choléra, et Magne, sur la question du développement des épidémies de fièvre typhoïde. Encore est-il apparent que l'idée de l'influence de l'humidité se

Arnould. — Hygiène. 2

Zechstein.

Rothliegende.

Houiller.

Millstone grit.

Gulm et calcaire carbonifère .

DU SOL

[Hygiène

joignait chez le premier à la conception d'une propriété purement géologique. Quoi qu'il en soit, Fourcault fait remarquer que le choléra s'est particulièrement développé dans les trois grands bassins tertiaires de la France : en 1832 dans ceux de Paris et de la Gironde ; en 1834 et 1835 dans le delta du Rhône, après avoir longé le littoral de la Méditerranée. On sait qu'il est entré chez nous, tantôt par nos ports de l'ouest, tantôt par Marseille; or, lorsqu'il arrivait par le Midi, ii s'arrêtait au pied des montagnes volcaniques et cristallines de l'Auvergne et du Gantai; quand il débarquait sur le littoral breton, il ravageait la côte, mais ne gravissait pas le massif granitique de la presqu'île. Bien plus, les roches anciennes circonscrivant des terrains plus jeunes ou leur servant de frontière ont paru protéger ceux-ci contre le fléau ; les Vosges ont semblé empêcher, à cette époque, son passage au bassin tertiaire de l'Alsace ; les terrains de transition des Ardennes, de la Bourgogne, de la Normandie, ont joué ce même rôle de barrière sanitaire, abritant contre lui, selon le sens de ses progrès, les terrains tertiaires et carbonifères (Loire) situés derrière eux, tandis que le choléra sévissait avec la plus grande intensité sur les bassins carbonifères de l'Angleterre, de la Belgique et du nord de la France, qui ne sont point protégés ou isolés par de semblables roches. Yial et Dechambre ont confirmé généralement ces observations par leurs remarques sur des épidémies cholériques ultérieures, bien qu'en reconnaissant çà et là quelques exceptions à la règle. On sait aussi que ce sont des faits analogues, et principalement l'immunité proverbiale des quartiers de Lyon établis en sol granitique, qui ont servi de base à Nérée Boubée et à Pettenkofer pour établir les théories qui mettent en rapport avec l'immunité cholérique, non pas précisément l'ancienneté des roches, mais l'absolue imperméabilité de la surface du sol, propriété normale du granité non altéré, du calcaire compact, etc.

Une telle loi s'est trouvée en défaut sur divers points. Mais celle de Magne l'est plus visiblement encore, puisqu'il s'agit de la fièvre typhoïde, dont les épidémies sont d'observation incessante en France. Cet auteur affirmait la fréquence infiniment plus considérable de la fièvre typhoïde sur les terrains modernes ; en particulier sur les terrains de formation postérieure aux terrains houillers, notamment ceux qui appartiennent au trias et à la formation oolithique. Or, la prolongation forcée des observations a démontré que cet heureux privilège des terrains anciens est une illusion : u Je ne crois pas, dit Léon Colin, qu'il existe en France une garnison ou une ville qu'on puisse déclarer inaccessible à la fièvre typhoïde; elle apparaît à toute altitude, sur des sols de toute formation, sur ceux-là même qu'on a considérés comme réfractaires par leur constitution. »

Du reste, l'idée qui est derrière ces formules se décèle facilement ; la question se réduit, en somme, à la réceptivité du sol pour l'eau et les matières organiques. Maïs il est bien clair qu'il faut entrer dès lors dans l'analyse des propriétés du sol. Si le granité accepte malaisément l'eau et les détritus putrescibles, c'est moins parce qu'il est granité que parce qu'il est imperméable. Le granité désagrégé cesse d'être réfractaire aux

générale.]

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