‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 81 sur 267 · J . 1/ CL, U C · texte numérisé non relu

J . 1/ CL, U C

Moyenne

Sol à 4"1

,5 d'une fosse

fumier

D'ailleurs, ce serait une erreur de croire que l'ascension verticale de l'eau souterraine lave le sol de ses impuretés. Feichtinger (cité par Pettenkofer) a reconnu que le sable fin entremêlé à du gravier grossier retient des matières organiques en quantité notable, si énergiquement que ni l'eau froide, ni l'eau chaude ne peuvent les lui enlever, et que, après évaporation de l'eau de lavage, il s'en exhale une odeur putride analogue à celle de la colle forte. Selon Harz, à Munich, il y a encore, à une profondeur moyenne de 5m,7 dans le sol, une vie végétale très active. Quand la nappe souterraine plonge, rien n'empêche donc la putréfaction.

On n'attache pas d'importance à la projection sur le sol des débris secs qui résultent des habitudes domestiques ; à Liverpool, où l'on a coutume, ainsi qu'ailleurs, de combler avec ces détritus les trous d'où l'on a extrait de la terre à briques, on trouve çà et là un sol renfermant de 30 à 70 p. 100 de cendres, de 17 à 67 p. 100 d'un mélange pulvérulent, de 2 à 10 p. 100 de diverses matières, os, paille, chiffons, épluchures de pommes de terre, tessons de bouteilles, etc. ; ceux de ces débris qui sont de provenance organique mettent plusieurs années à se décomposer, exhalant une mauvaise odeur et des gaz ammoniacaux. Parkes et Sanderson ont attiré l'attention de la police sanitaire sur ce point. Presque toutes les villes se bâtissent et rebâtissent sur ce sol artificiel de débris qui s'exhausse de siècle en siècle; celui de Berlin (Yirchow) est ainsi constitué jusqu'à l'épaisseur d'un mètre et demi à six mètres. Il faudrait ne point permettre de bâtir avant trois ans sur les excavations comblées avec des débris minéraux et interdire l'amoncellement intra-urbain des balayures des rues.

Vingt-huit expertises du sol de Dresde ont été faites par Fleck et Birch- Hirschfeld (1872-1873), à des profondeurs variant entre 0m,7 et 2 mètres. La perte de poids par dessiccation à 190° (qui représente surtout la matière

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organique) atteignait, pour 100 grammes de terre sèche, entre 0gr,258 et 8gr,265 ; l'azote était compris entre 2 et 218 milligrammes. Il est remarquable que, dans des endroits où la présence de l'urine et de la matière colorante de la bile était évidente, on trouvait peu d'ammoniaque et point d'acide nitrique dans l'eau de lavage du sol examiné, soit que le stade de putréfaction fût encore trop peu avancé, soit que les eaux pluviales eussent rapidement entraîné dans les couches profondes l'ammoniaque et les composés nitreux. Dans tous les cas, le microscope accusait la présence de bactéries vivaces, nombreuses et de diverses variétés, preuve que toutes y trouvaient les éléments de leur existence.

Mais il semble nécessaire de faire d'abord ressortir la gravité du sujet en signalant les conséquences biologiques à redouter de l'infection des milieux par les immondices et par les modifications qu'elles subissent naturellement.

Maladies de malpropreté domestique. — Les développements qui ont

fait l'objet des articles précédents nous permettent de nous bornera rappeler que les principes nuisibles des matériaux d'immondices influencent l'économie, soit par l'intermédiaire de l'air (émanations, corpuscules-germes, poussières organiques), soit à l'aide de la véhicula tion aqueuse (infiltration dans le sol, putridité de l'eau, organismes et microbes).

Sauf les cas où les immondices renferment des poisons tout faits, comme certaines eaux industrielles, et peut-être lorsqu'elles proviennent d'individus atteints de maladies spécifiques, les matières d'excrétion et de déchet sont peu dangereuses à Y état frais; elles le deviennent quand elles sont envahies par ce phénomène que nous avons déjà reconnu redoutable, la fermentation. Non pas, sans doute, que ce phénomène soit nuisible par le fait seul qu'il s'accomplit, ni qu'il le devienne par des résultats définitifs, puisque ceuxci aboutissent à la destruction de la matière organique comme telle et à sa résolution en acide carbonique, en eau et en sels azotés; mais parce que les phases et les produits intermédiaires sont de nature offensive et, surtout, parce que les agents animés de la fermentation putride comptent parmi eux des corpuscules d'une étrange puissance de nociveté, véhicules du poison putride ou poisons eux-mêmes.

Les matières organiques putrides, quelles qu'en soient les propriétés spécifiques, et même sans aucune de celles-ci, offensent évidemment, à la façon de corps étrangers, les voies qui les introduisent et les organes qui les reçoivent; l'arbre aérien et le poumon, quand c'est l'air qui les amène ; l'estomac et tout le tube digestif, quand elles arrivent avec l'eau ou toute autre boisson alimentaire. Léon Colin a pensé que ce pouvait être là le côté le plus positif de Faction des eaux impures, et nous-même avons cherché à étendre cette vue étiologique ; les souillures organiques ne détermineraient pas précisément par elles-mêmes la fièvre, le choléra, le typhus abdominal, mais elles prépareraient merveilleusement l'économie à être le théâtre de ces évolutions pathologiques, en déterminant une pars minons resistentiœ, précisément dans les organes dont le trouble histologique ou fonctionnel a

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l'habitude de caractériser la fièvre typhoïde, la fièvre palustre ou le choléra. Pour deux, au moins, de ces affections, c'est l'intestin qui souffre le plus expressément.

En ce qui concerne les affections non spécifiques les plus vulgaires et surtout les maladies constitutionnelles ou diathésiques de dégénérescence, comme la scrofule et la tuberculose, ç'a été constamment l'avis des grands pathologistes français, Pidoux, L. Laveran, Peter, Damaschino, que la malpropreté intérieure est la première de toutes les « misères physiologiques », desquelles procèdent d'ordinaire les affections banales de poitrine, la dégénérescence scrofuleuse, la décadence organique des familles et ce fléau beaucoup plus redoutable que le choléra, la phthisie pulmonaire, avec ses équivalents nosologiques : la tuberculisation péritonéale, méningée, etc. Nous nous garderions d'indiquer un rapport absolu et exclusif entre la présence des immondices dans la maison et le développement de la tuberculose; ce rapport serait forcé et nous croyons fermement que, dans le très vaste complexus étiologique qu'il faut conserver à l'endroit de cette maladie, la simple animalisation de l'air par les produits de la respiration et par l'exhalation cutanée, le confinement atmosphérique, l'aération insuffisante ou nulle, jouent un rôle de premier ordre. Mais qui ne voit que cette action est de même sens et de même nature que la souillure de l'air et des eaux par les immondices? Et celle-ci n'est-elle pas le plus haut degré d'une altération des milieux, identique à la première? Qu'est-ce qui rend l'air des villes, des casernes, des ateliers, si peu vivifiant, si insuffisant, si favorable à l'éclosion tuberculeuse? La vie en commun, sans doute; l'agglomération des individus, des locaux trop remplis, un air auquel trop de poitrines s'alimentent et qui ne se renouvelle pas en proportion des besoins. Mais c'est surtout, évidemment, la présence des immondices, dont le volume croît comme le nombre des individus, dont les récipients sont installés d'une façon lamentable dans presque toutes les habitations collectives et même dans les demeures particulières des quartiers pauvres des grandes villes, vieilles ou modernes. Avec l'odieuse négligence qui règne à cet égard, la matière organique revient aux économies par toutes les voies et tous les modes ; émanations des matières fraîches, particules et germes flottants dès que la fermentation s'en est emparée, infiltrations dans le sol, souillure des eaux, etc.

En Angleterre, où la population urbaine prédomine, les maladies tuberculeuses causèrent 15 p. 100 de tous les décès de 1850 à 1869. A New-York, la proportion est de 20 p. 100, et à Vienne, supérieure encore. Paris, Lille, Bruxelles, ont 10 à 17 décès phthisiques pour 100 décès généraux.

La mortalité phthisique dans les prisons est bien connue; Baly a reconnu que, dans les prisons de Londres, elle était trois à quatre fois plus forte que dans la population libre d'âge correspondant à celui des détenus. Il y a de cela beaucoup de raisons. Mais Parkes, comparant des prisons bien ventilées avec d'autres mal tenues et infectes, constate que la mortalité phthisique n'est que de 7,9 p. 1000 dans les premières, tandis qu'elle atteint 51,4 dans les secondes.

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Toutes les armées de l'Europe paient un lourd tribut à la tuberculose. En Angleterre, la mortalité de cette cause, avant 1854, atteignait 10 p. 1000, alors qu'elle n'était que de 4,5 dans la population civile de 15 à 45 ans. Elle comptait 60 p. 100 de tous les décès militaires. Depuis lors, le gouvernement anglais n'a guère changé que l'atmosphère des casernes, en construisant des locaux spacieux, aérés et tenus propres, et la mortalité tuberculeuse est tombée à 3,4p. 1000 (1867-1871). En France, la mortalité militaire étant aux environs de 10 p. 1000, la léthalité tuberculeuse est de 1,60, c'està-dire environ le sixième de tous les décès; mais il ne faut pas oublier que, chaque année, il y a au moins 2 réformes pour 1000 h., du même fait.

On meurt plus de phthisie à la ville qu'à la campagne; Greenhow a analysé sous ce rapport la mortalité de 105 districts d'Angleterre; les 8 districts les plus favorisés sont à population agricole; ils fournissent par phthisie 2 décès (hommes) et 2,5 (femmes) p. 1000. Les 8 districts les moins favorisés renferment les villes de Liverpool, Bristol, Manchester, Salford, Birmingham, Leeds, Sheffield, Ghorlton; ils ont 8,62 décès phthisiques (hommes) et 7,64 (femmes).

On aura remarqué, dans ces quelques chiffres, que les femmes meurent plus de phthisie à la campagne et moins à la ville; c'est à noter, parce que le fait tient à des circonstances tout à fait étrangères aux fonctions génitales de la femme et qu'on retrouve ailleurs avec la même signification. La femme est plus phthisiqueauxchamps, parce que cen'estpas ellequi laboure, qui moissonne, mais qu'elle reste à la maison et en subit toute la malpropreté; l'homme l'est davantage dans les villes industrielles, parce que c'est lui surtout qui vit dans l'atmosphère impure des ateliers, des galeries de mine, etc.; une existence, dit John Simon, assez analogue à celle des prisonniers. Même dans les villes, lorsque par la nature des industries locales c'est la femme qui abonde aux ateliers, les proportions sont renversées ; ainsi, à Macclesfield, où l'on travaille la soie, les femmes (au-dessus de 20 ans) ont 5,88 décès phthisiques pour 1000 et les hommes seulement 4,17.

Le poison fécal. — Les excréments de tout animal, même sain, sont pour lui un poison. Le fait a été démontré expérimentalement par Stich (1853), àl'aide d'injections, dansles veines, de solutionsfécales, aqueuses et filtrées. Lorsque l'expérimentateur se servait de l'ingestion gastrique, l'influence morbide né se montrait qu'autant qu'il s'agissait de déjections d'un animal malade, de la même espèce ou d'une autre; à hautes doses, le liquide fécal provoquait une inflammation aiguë, quelquefois mortelle, de l'intestin, la tuméfaction du foie, de la rate, des glandes intestinales; à petites doses répétées, il déterminait sur l'intestin des altérations fort voisines des lésions de la fièvre typhoïde. Chose remarquable, l'inhalation pulmonaire des émanations fécales ne parut jamais rien produire.

En envisageant expressément la question de l'éloignement des immondices à Munich, le Dr Emmerich rappelle que l'urine fraîche peut à la rigueur être bue impunément; que le Dr Simon, de Heidelberg, a prouvé que les lotions faites sur

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ÉLOIGNER! ENT DES IMMONDICES

les plaies avec de l'urine fraîche, ne gênent en rien la cicatrisation, et qu'on peut injecter sous la peau d'un chien jusqu'à une livre d'urine fraîche, et 16 grammes à un Homme, sans provoquer d'accidents, tandis que l'urine altérée par une stagnation de quelques jours à l'air, devient rapidement toxique. Lui-même injecte 20 centimètres cubes d'urine ayant stagné quelques jours à un lapin du poids de 1,310 grammes; au bout de 43 heures, le lapin avait succombé à des accidents septicémiques. D'où la conclusion qu'il ne faut pas se rassurer par cela que les égouts ne renferment que les urines en fait de matières excrémentitielles. Quant aux excréments humains, même à l'état frais, c'est un poison. Une injection sous-cutanée d'un extrait aqueux concentré de ces matières tue rapidement un lapin ; une dilution au dix-millième, en injection, se révèle encore par des accidents ; à un vingt-millième, l'extrait est inoffensif pour un lapin à la dose de 60 centimètres cubes. L'eau qui contient des excréments humains dans la proportion de 1 sur 20,000, peut être bue sans inconvénient. En revanche, le liquide qui découle des excréments en stagnation a tué en 16 heures, à la dose de 8 centimètres cubes (en injection), un lapin de 2,000 grammes. Ce liquide contient par litre :

Substances dissoutes 19s',450

Substances perdues par la chaleur rouge 11 ,5G0

Chlore 2 ,343

Les eaux ménagères, les eaux de fabrique et même les eaux de lavage des parquets, si elles ont croupi quelques jours, sont également toxiques, bien qu'inoffensives à l'état frais. Les eaux pluviales, qui entraînent le crottin des rues, tuent en 17 heures, à la dose de 36 centimètres cubes, un lapin de 1 ,220 grammes. Elles contiennent par litre : substances dissoutes 7&r,704 ; matières organiques l&e,975 ; ammoniaque 0,020.

Il n'est pas bon de multiplier les relations étiologiques d'un même agent, et l'esprit se prête mal à voir la vie en commun, X encombrement, la saleté domestique, degrés en ordre ascendant d'une même situation antihygiénique, se montrer uniformément à l'origine de maladies de noms divers. C'est rester dans un vague peu fertile en conclusions pratiques que de mettre au compte de la malpropreté intérieure, tout à la fois : l'anémie, la scrofule, la phthisie, une part des affections thoraciques, la stomatite ulcéreuse, la diphthérie, la diarrhée, la dysenterie, les typhus, etc. Malgré cela, pourtant, et malgré l'Innocuité des inhalations fécales de Stich, nous ne pouvons nous défendre de croire que la respiration habituelle d'un air malpropre déprime l'économie, sans bruit il est vrai, et tout au moins ouvre la porte aux maladies banales, voire aux affections spécifiques, et dispose les individus à les avoir plus graves. D'où viendrait, sans cela, la haute mortalité des hôpitaux des grandes villes, même dans le cadre des affections purement inflammatoires? Ce sont les asiles de la misère et des empoisonnés du poison putride et stercoral.

A l'occasion du typhus d'Algérie (1868), et plus tard dans quelques articles de critique, nous avons cherché à faire ressortir le rôle énorme que jouent, dans la propagation et peut-être la genèse du typhus exantkématique, les déchets putrescibles ou déjà putrides des économies envahies par des ma-

ladies quelconques et, plus ordinairement, par des affections de misère et de faim; les produits des inflammations de type inférieur (pneumonies, pleurésies suppurées, phlegmons diffus, scorbut) et ceux des maladies à évacuations intestinales abondantes (diarrhée, dysenterie) nous paraissaient devoir être particulièrement signalés comme capables de constituer l'étoffe putride typhigène. Si l'observation est bonne, le typhus exanthématique relève d'assez près de la souillure fécale, non spécifique; et ce que l'on appelle encombrement n'est autre chose que le pouvoir que possède une agglomération d'hommes de déterminer l'accumulation sur un point de cette matière putride et de quelques autres à peu près équivalentes, les excrétions cutanées et pulmonaires. La « maladie des prisons » ne retrouvaitelle pas à son origine, d'une façon très frappante, ces foyers de putréfaction dans l'air des détenus, à l'époque où les baquets d'immondices, tout ouverts, passaient la nuit avec les hommes et que le vulgaire avait trouvé cette expression peu métaphorique : « pourrir en prison »? Et pour qui a vu les abords d'un campement occupé pendant quelques jours par une troupe armée, avec ou sans encombrement, il ne saurait être douteux que le « typhus des camps » a des rapports avec l'infection fécale du sol et de l'air des abris improvisés. Dans les épidémies d'Irlande et de Silésie, on a vu des gens affamés, habitant des huttes sans air, entassés; mais aussi, ces malheureux vivent côte à côte avec des animaux, des porcs généralement, et par conséquent dans le fumier.

Nous ne voulons pas, d'ailleurs, présenter comme exclusif ce rapport étiologique vis-à-vis d'une maladie dont les conditions de développement paraissent être fort complexes.

Les rapports d'Edwin Ghadwick et de John Simon ont présenté autrefois, comme une maladie de malpropreté, la diarrhée qui constitue une sorte d'endémie dans certaines localités d'Angleterre. Ils ont insisté sur ce point que les localités, les maisons, les rues, particulièrement maltraitées, souffraient visiblement de l'amoncellement fécal, de la souillure putride de l'air et de l'eau, tandis que les villages ou villes naturellement drainés par leur position sur une hauteur, ou pourvus d'une canalisation et d'un bon système d'éloignement des immondices, connaissaient à peine ce fléau. La mortalité par diarrhée était nulle ou de 1 p. 1000 hab. dans les maisons et les rues de cette dernière catégorie et atteignait 7,7 p. 1000 dans les autres. Sander ajoute que, dans quelques districts, la santé sous ce rapport s'est améliorée en raison exacte des travaux de canalisation et d'éloignement des matières fécales; Coventry, canalisée vers la fin de 4850, avait eu 121 cas mortels dans les dix années qui précédaient, elle n'en eut que 61 dans les dix qui suivirent. Manchester et Salford, qui ont conservé le vieux système de fosses, ont toujours la diarrhée.

Il va sans dire que l'imprégnation fécale de l'air et des eaux n'est pas l'unique cause de la diarrhée.

Nous arrivons à des rapports plus précis, à savoir ceux sur lesquels repose la doctrine de « l'origine fécale » de la fièvre typhoïde. Ces rapports sont certains, acceptés par tout le monde; c'est, on peut le dire, un des rares

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dogmes étiologiques de notre époque. Seulement, on les entend d'une façon plus ou moins large.

Pour les uns (Chauffard, Léon Colin), la matière fécale humaine, « de toutes les choses sales la plus sale », provoque la fièvre typhoïde, mais de la même façon que toute autre putridité, que l'air usé par la respiration des groupes et même que la putridité interne que l'organisme se fait à luimême à l'occasion de diverses circonstances dépressives de la nutrition.

Murchison a été le grand promoteur de l'origine fécale de la fièvre typhoïde; il a renfermé sa pensée dans un mot : l'origine pythogênique. Pour lui, comme pour les précédents, les matières fécales n'ont pas besoin d'une provenance spécifique (typhoïde), ni d'association avec des selles de typhoïsants.

Son compatriote, W. Budd, a nettement parlé de « germe » typhoïde. L'existence de celui-ci étant un principe, il fallait, pour être spécifiquement offensives, que les matières provinssent de typhoïsants, ou du moins qu'une portion de matières de cette provenance se trouvassent dans la masse fécale. C'est même la condition qui serait la plus favorable, parce que le germe typhoïde a besoin, pour se dégager, de la putréfaction de la gangue qui l'enveloppe, et qu'il ne pullule si bien qu'au sein d'un foyer fécal. Henri et Noël Guéneau de Mussy se sont faits, en France, les apôtres de cette doctrine.

Nous avons, précédemment (page 61), indiqué comment la théorie de la génération alternante (Liebermeister, Pettenkofer) modifie celle de W. Budd, en ayant de commun avec elle l'hypothèse du germe. Pour les Allemands, le poison vient aussi des selles typhoïdes ; mais il n'est pas besoin qu'il tombe dans une masse stercorale, il suffit qu'il gagne un terrain convenable pour sa fructification en germe typhoïde.

En Angleterre, John ïyndall se met à l'aise vis-à-vis de la question d'origine de ces germes en proclamant simplement la panspermie typhoïde. Ch. Bouchard, en France, n'est pas éloigné de se ranger à cet avis.

Au commencement de 1877, Jors de la mémorable discussion suscitée au sein de l'Académie de médecine par la grave épidémie typhoïde que Paris venait de traverser, le professeur Jaccoud se déclara formellement pour Xorigine fécale, tout en réservant qu'on ne saurait accepter cette origine comme unique. Toutefois, ici encore, deux cas se présentent : (1er cas) « Les matières fécales ne deviennent typhogéniques qu'autant qu'elles renferment le poison typhoïde. — Le plus ordinairement, la présence du poison résulte de l'introduction de déjections typhoïdes dans la masse excrémentitielle, auquel cas les matières fécales sont un simple agent de transmission ou de propagation de la maladie » ; (2e cas) « Dans d'autres circonstances (qui sont aux précédentes comme 2 est à 3), le poison typhoïde prend naissance ou est apporté dans la masse excrémentitielle sans introduction préalable de déjections spécifiques; et, dans ce cas, les matières fécales ainsi modifiées sont, pour la maladie, un agent de génération. »

Les récits d'explosions épidémiques typhoïdes d'origine fécale sont aujourd'hui fort nombreux ; nous-même (1875) en avions réuni et critiqué

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un certain nombre que nous allons rappeler. Tantôt l'origine fécale est banale ou de caractère incertain ; tantôt les excrétions typhoïdes ont pu être positivement incriminées. Rarement on s'est préoccupé de la véhiculation, par l'atmosphère, du principe typhoïde ; on a plutôt envisagé un véhicule plus facile à observer, l'eau de boisson, le lait ; cette véhiculation par l'eau et cette pénétration par les voies digestives sont même, pour quelques-uns, devenues une doctrine.

Origine fécale de la fièvre typhoïde par les émanations ou par Veau des boissons. — Nous ne ferons que mentionner l'épidémie de la garnison prussienne de Mayence (1843-1844), attribuée au débordement des fosses d'aisances; l'observation de Flint (cité par Parkes), qui a vu, dans l'état d'Érié, une épidémie naître de l'eau d'unehôtellerie dans laquelle était venu mourir un typhoïsant ; celles de Routh (1 856), de Schmitt, àEttelbrûck (1844), dans lesquelles il s'agit toujours d'eau contaminée par des matières stercorales. Quelques autres incidents méritent plus de détails.

En 1860, une épidémie typhoïde éclate au couvent des soeurs de charité de Munich. Par suite d'une dégradation dans la conduite d'eau, l'on buvait, à cette époque, au couvent, l'eau d'un puits abandonné depuis longtemps et souillée par des infiltrations des fosses voisines, peut-être renfermant des selles typhoïques. Dès que l'on supprima l'usage de cette eau, l'épidémie s'arrêta. Il est vrai que 120 personnes avaient payé leur tribut.

Le docteur W. Roth attache une grande importance à la négligence vis-à-vis des immondices des soldats, parmi les causes de la fièvre typhoïde qui maltraita l'armée saxonne sous Paris (1870-1871).

A l'orphelinat de Halle (Prusse), en 1871, il éclata une épidémie de fièvre typhoïde assez sévère (356 cas). Zuckschwerdt l'attribue à ceci : qu'une des conduites d'eau de l'établissement, croisant un fossé d'évacuation des immondices d'un certain quartier de la ville, s'était affaissée et fissurée précisément au point de croisement. 11 s'était fait là une mare stercorale, et l'eau distribuée aux pensionnaires leur apportait ces matières putrides, mêlées probablement de selles de typhoïsants. Lorsqu'on eut interdit l'usage de l'eau de cette conduite (après, toutefois, les 356 cas), l'épidémie s'évanouit.

L'épidémie du village d'Eggenstett, dans l'Allemagne méridionale, au dire de Jaccoud, apparut à la fin de l'été de 1868, sans autre cause connue que celle-ci : « les émanations des masses excrémentitielles accumulées avaient été portées au maximum » par la chaleur.

En 1869, à Philadelphie, quatre maisons, et pas d'autres, devant lesquelles une fosse avait été vidangée, furent en proie à une épidémie typhoïde.

A l'asile de Donaldson (Edimbourg), en octobre 1869, éclate la fièvre typhoïde, qu'on n'y avait pas vue depuis vingt ans. Par suite du manque d'eau, l'irrigation avait été suspendue dans les canaux excrémentitiels ; comme conséquence, les produits gazeux des matières accumulées dans ces canaux refluaient dans la salle de bains, dans les dortoirs, etc. On ne découvrit rien de plus.

En 1873, la fièvre se montre dans une des ailes de la caserne de Blankenburg ; les latrines de l'ailé envahie étaient infectes, et les matières s'en accumulaient dans les canaux correspondants. On ferme ces latrines ; l'épidémie s'arrête. L'aile opposée, munie de latrines meilleures, non plus que la ville, n'avait pas été touchée.

Le village de Bjornsborgbakken, en Norvège, a été visité en 1868 par une épidémie typhoïde de grande- intensité. On remarqua que quatre des sept fontaines

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de la localité étaient infectées par des matières excrémentitielles et que les maisons abreuvées par les fontaines souillées donnèrent 41,15 p. 100 de tous les malades, tandis que les autres ne fournirent que 3,1 p. 100 (Jaccoud, d'après Daae).

L'épidémie de Lausen, dans le canton de Bille, en 1872, relatée par Hàgler, a été fort remarquable par son origine. A peu de distance du village, dans une ferme qu'arrose un ruisseau, le fermier et sa famille avaient eu la fièvre typhoïde en juin et juillet. Le 7 août, la maladie éclate à Lausen et sévit avec une préférence visible sur les maisons alimentées d'eau par la fontaine publique, tandis qu'elle épargne relativement les habitants qui boivent de leurs puits particuliers. Il fut démontré que les eaux publiques venaient de la nappe souterraine en communication avec le ruisseau de la ferme, dans lequel très probablement avaient été projetées les déjections typhiques.

L'épidémie de Croydon, en 1875, qui a servi surtout de texte à Fargumentation des doctrinaires de l'origine fécale, aurait été due à la communication fortuite des canaux d'égouts avec la conduite des eaux publiques. Carpenter l'avait annoncée d'avance et l'on a paru en faire une objection aux grands travaux de canalisation souterraine et d'assainissement des villes. Nous-même avons étudié attentivement cette épidémie d'après les renseignements fournis par Buchanan dans les « Public health reports of the médical officer ofthe privy council ». Il nous a semblé que les communications françaises n'avaient pas été assez complètes et qu'on avait notablement exagéré la précision des rapports entre le typhus abdominal et les souillures excrémentitielles des eaux, dans la localité mise en cause. Croydon n'est pas une petite ville où il soit si facile de prendre sur le fait les circonstances qui président à la genèse d'une épidémie ; c'est un centre de 80,000 habitants. La maladie ne régna pas uniquement dans les quartiers où la contamination des eaux par l'égout se laissa constater, ni même dans Croydon seule ; des « villages » de 12,000 à 18,000 habitants, contigus à la « paroisse » de Croydon, eurent aussi la fièvre typhoïde dans le même temps. La distribution d'eau n'est pas la même pour toutes ces localités et Croydon seule en a trois différentes. Quant à la prophétie de Carpenter, il n'y a pas lieu de récuser la perspicacité de ce médecin vis-à-vis des lacunes que pouvaient présenter la canalisation et l'aménagement des conduites d'eaux de ces villes ; ces lacunes ont pu être très réelles. Mais on peut remarquer, dans le récit, que les diarrhées augmentaient de fréquence, d'année en année, pendant les dernières années qui précédèrent l'épidémie ; il se montrait même, à l'époque favorable, quelques cas de typhoïde véritable. A ces avant-coureurs, on peut soupçonner l'imminence d'une grande explosion épidémique, et ce n'est être ni très habile ni très téméraire que de la prédire.

Ce n'est point, d'ailleurs, une sage application de la théorie de l'origine fécale que d'incriminer les égouts. Si la théorie est vraie, les égouts sont précisément une protection contre l'envahissement des matières excrémentitielles et contre la répétition des épidémies typhoïdes. Il n'est pas interdit de signaler les perfectionnements dont ils sont susceptibles ; mais ne touchons pas au principe. Une enquête sérieuse, en ce qui concerne l'épidémie parisienne de 1870, a bien réduit le rôle funeste que l'on prêtait aux égouts ; il y avait des exagérations fâcheuses et des suppositions très gratuites (on dirait presque des calomnies) dans les accusations portées contre eux. Léon Colin raconte avoir cherché en vain, dans la cour delà caserne du Château-d'Eau, les bouches d'égout que quelques-uns dénonçaient avec insistance, en 1876, et d'où avait dû sortir l'épidémie qu'éprouva la garnison à cette époque.

La ville de Lille qui, en raison de la routine et de préoccupations agricoles peu

Arnould. — Hygiène.

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[Hygiène

éclairées, est en proie à la matière fécale, ne souffre pas plus que d'autres et souffre même moins de la fièvre typhoïde. Deux circonstances, peut-être, expliquent cette immunité relative : l°la ville jouit, depuis une dixaine d'années, d'une conduite d'eau irréprochable ; 2° bien qu'elle ait conservé partout les fosses fixes et que la canalisation souterraine soit incomplète et imparfaite, la vidange fréquente est une manie chez les habitants, sollicitée d'ailleurs par les cultivateurs ; enlevées deux ou trois fois l'an, les matières n'ont pas le temps de se putréfier autant qu'elles le pourraient et n'emplissent jamais entièrement les fosses. Ajoutons qu'en général celles-ci sont bien construites et aussi étanches que possible. 11 en résulte tout d'abord que les canaux à ciel ouvert et la Deûle, qui sillonnent la cité et sont odieusement impurs, sont cependant plutôt souillés par les résidus industriels que par les déjections ou les infiltrations fécales.

En France, sauf les insinuations un peu aventurées dont les égouts de Paris ont été l'objet, les étiologistes ne mettent guère en vue l'origine fécale de la fièvre typhoïde. Dans l'étude si importante que Léon Colin a consacrée à cette affection dans l'armée, on ne trouve les souillures de cet ordre particulièrement signalées que par un petit nombre de médecins militaires: à Issoudun (1875), par Fournier ; à Lyon (1874), par Marmy et Alix ; à Salins, 1875 (Blin) ; à Brest (Aron) ; à Orléans, 1876 (Carayon) ; à Courbevoie, 1873 (Régnier) ; à Montauban, 1874 (Cotte) ; à Nancy, 1874 et 1875 (Daga) ; à Vincennes (1874), parPerréon, Lepelletier, Delon; à Aubervilliers, 1875-1876 (Dantin) ; à Amiens, 1870 (Sorel) ; à Beaulieu, 1875 (Ricque) ; à Givet (Libermann) ; à Caen, 1874-1875 (Ricque) ; au camp de Châlons, 1S76 (Antony) ; au Mans (1875-1876) par Combier ; au château de Montbéliard, par Jeanmaire ; à Lons-le-Saunier, à Tarascon (1874). Encore, dans quelques-unes des dernières observations, la souillure fécale n'est-elle présentée que comme un élément étiologique associé. Notre expérience personnelle nous porte à croire que cette association pourrait être mise en cause dans l'immense majorité des épidémies typhoïdes militaires. Hors les nouvelles casernes, assez rares, bâties selon le type Tollet, tous nos logements collectifs militaires sont encore affligés des horribles latrines à la turque, desquelles il n'y a pas à attendre la propreté et qui ne diffèrent d'une caserne à l'autre, que par le degré de malpropreté. Malheureusement, c'est d'ordinaire vers le maximum qu'incline ce degré, en raison de la vétusté des bâtiments et de leur situation, déterminée d'après des considérations auxquelles l'hygiène est restée absolument étrangère. Quand il y a une épidémie typhoïde quelque part dans l'armée, il est facile de saisir plusieurs raisons étiologiques, dont quelques-unes peuvent varier ; une seule ne fait guère défaut, c'est l'infection fécale de l'atmosphère de la caserne. C'est peut-être en raison de sa banalité que les médecins militaires la notent si rarement.

Absolument et profondément convaincu de la nociveté générale du séjour des matières excrémentitielles dans l'habitation ou à son voisinage ; non moins convaincu de l'aptitude de cette influence à favoriser l'éclosion de la fièvre typhoïde et sa propagation épidémique, nous ne nous sommes pas prêté jusqu'ici \ l'édification d'une doctrine étroite et exclusive, suivant laquelle le typhus abdominal ne viendrait que de là et surtout en viendrait essentiellement par le transport mécanique d'un germe dans le fluide qui véhicule le plus habituellement les substances chimiques dangereuses, l'eau de boisson. A nos yeux, ce dernier cas peut se présenter, mais c'est probablement le plus rare. Sans doute, l'hypothèse du germe, de son évolution dans un milieu putride, à la rigueur dans un terrain convenablement pré-

générale.]

ÉLOIGNEMENT DES IMMONDICES

paré pour la fermentation, sa véhiculation par l'eau et sa pénétration par la voie gastrique, sont une filiation de faits merveilleusement conforme aux constatations modernes relatives au rôle des micro-germes et à celui du sol en tant que milieu naturel de leur conservation et de leur multiplication. Cependant, médecin autant qu'hygiéniste, nous ne pouvons immoler à des théories, d'ailleurs très scientifiques, qui remportent chaque jour un nouveau triomphe, ce résultat énorme de l'observation : la multiplicité évidente des causes de la fièvre typhoïde. Qu'on nous oblige, par la démonstration victorieuse de la présence d'un germe, isolable et cultivable à volonté, à réduire en une formule simple cette multiplicité étiologique qui nous écrase, et nous ne demandons qu'à nous ranger dans le camp de la spécificité rigoureuse, du parasitisme pour mieux dire. Jusqu'aujourd'hui, la pathologie animée n'a guère fait, pour le commun des observateurs, que des hypothèses brillantes et hardies. Ce n'est pas assez.

La souillure fécale de l'air et de l'eau a une importance énorme vis-à-vis de l'éclosion de la fièvre typhoïde et de son extension épidémique. Mais elle n'absorbe pas toute l'étiologie de cette affection.

Origine fécale de la fièvre typhoïde par l'intermédiaire du lait. — Le mérite d'avoir fait, le premier, cet acte d'observation sagace de surprendre le lait en flagrant délit de colportage de la fièvre typhoïde appartient au docteur Edward Ballard. C'est à Islington, en 1870, que l'on remarqua pour la première fois cette haute trahison de la part du plus précieux de tous les liquides nourriciers. Depuis lors, les observations se sont multipliées, en Angleterre surtout. En 1873, le Report de John Simon en renfermait trois ; la ville de Leeds, le quartier londinien de Marylebone, et d'autres localités, ont été successivement victimes de ce mode de propagation. Il semble qu'aujourd'hui le calme se fasse à cet égard, quoique les laitiers n'aient pas sensiblement modifié leur manière de traiter leur marchandise. En effet, à part les illusions de quelques croyants qui, comme le docteur Gameron, ont admis la chute dans le pot au lait de germes typhoïdes flottants, ou même qui ont pensé que les vaches pouvaient donner un lait typhoïgène pour s'être désaltérées à une mare de purin, ce n'est pas le lait qui donnait la fièvre, dans les cas qui ont fait tant de bruit — trop de bruit, eu égard à la rigueur de l'observation, dit Bouchardat, et nous l'avions dit aussi; — mais l'eau encore, l'eau souillée de mélanges excrémentitiels et incorporée quand même au lait vendu ; car la tentation de fraude sur cette denrée est irrésistible, il faut qu'on y ajoute de l'eau ; celle-ci, on ne la choisit pas, ou plutôt on l'emprunte de préférence, mystérieusement, à des puits secrets, auxquels personne ne s'abreuve, tant ils sont corrompus par les infiltrations, mais qui suffisent pour faire trois litres de lait avec deux, ou deux avec un, en économisant la meilleure part du beurre.

Nous avons discuté ailleurs ces récits, qui n'ont pas tous la précision dont ils se targuent dès l'abord, et dans quelques-uns desquels on semble même croire que l'eau est arrivée par mégarde dans le pot au lait ; ce qui ne prouve pas précisément la perspicacité de l'historien. Évidemment il y a souvent de l'eau dans le lait ; évidemment, cette eau est quelquefois malpropre, souillée d'infiltrations fécales, voire de selles typhoïdiques. Évidemment encore, c'est un breuvage fâcheux, très capable d'indisposer le consommateur, de provoquer la diarrhée. Spécifiquement souillée ou non, cette eau ingérée avec le lait donnera-t-elle la

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fièvre typhoïde ? C'est possible, mais cela ne nous paraît pas jusqu'à présent suffisamment démontré.

Bibliographie relative à l'origine fécale de la fièvre typhoïde. — Murchison : A Treatise on ihe Continued fevers of great Britain. London, 1862. — Ballakd (Edward) : On a localisée! Outbi:eak of typhoid fever in Islington during ihe months of July and August 1870 (Médical Times and Gazette, 1870). — ■ Wolfsteiner, Pettenkofer (Max v.), Gietl (von), etc. : Ueber die /Etiologie des Typhus. Vortrdge gehalten in dem ârztlich. Verein in Mùnchen (D. Vierteljahrsschrift f. ôffentliche Gesundheitspflege, IV, 1872). — Budd (William) : Typhoid fever. London, 1873. — Zuckschvverdt : Die Typhusepidemie im Waisenhause zu Halle a. S. im Jahre 1871 (Analyse in 0. Vierteljahrsschrift f. ôfï. Gesundheitspflg., V, 1873).

— HjEgler : Beitràge zur Entstehungsgeschichte des Typhus und zur Trinkwasserlehre (Deut. Archiv f. klin. Medicin, XI, 1873). — Vogt (Adolph) : Trinkwasser oder Bodengase. Basel, 1874. — Spiess (Alexand.) : Typhus und Trinkwasser (D. Vierteljahrsschr. f. ôff. Gesundheitspflg., VI, 1874). — Arnould (Jules) : L'eau de boissoîi considérée comme véhicule des miasmes et des virus, etc. (Gazette médicale de Paris, 1874, n°» 5 et suiv.).

— Du même : Étiologie de la fièvre typhoïde (ibid., 1875). — Du même '. Origine et prophylaxie de la fièvre typhoïde. Putridité ; matières fécales; canalisation et conduites d'eau des villes (ibid., 1877, n08 3 5 et suiv.). — Guéneau de Mussy (Noël) : Becherches historiques et critiques sur ï étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Paris, 1877. — Guéneau de Mussy (Henri) : Aperçu de la théorie du germe contage, etc. Paris, 1877. — Lissauer : Ueber die Thâtigkeit des englischen Gesundheitsamtes seit dem Jahre 1873. Nach den Public Health Beports of the Privy Council and Local Government Board; New Séries, I-VII (Deut. Vierteljahrs. f. off. Gesundheitspflg., IX, 1877). — Guéneau de Mussy (Noël), Bouley, Jaccoud, Bouchardat, Chauffard (Ém.), Guérin (Jules), Woillez, etc. : Etiologie de la fièvre typhoïde (Bull, de l'Acad. de médecine, 1877, passim). — Colin (Léon) : De la fièvre typhoïde dans l'armée. Paris, 1878. — Cameron (C. A.) : Épidémie de fièvre typhoïde propagée par le lait, à Dublin (Revue d'hygiène, 1879, n° 7). — Oglesry (R. P.) : Typhoid Fever and Milk (British Medic. Journal, 1880). — Ballard (Edward) : Observations on some of the ways in wich drinking-water moy become yolluted with the contagium of enteric fever (British Medic. Journal, 1880. Anal, in Revue d'hygiène, 1880, n° 4).

Bien que ce soit pour ainsi dire une règle, malheureuse et à détruire, que les habitations collectives soient affligées de quelque foyer de fermentation fécale, il en est cependant quelques-unes qui échappent asse2 bien à cette influence et n'en ont pas moins de temps à autre la fièvre typhoïde. Tel a été le cas de la caserne de Neustift, citée par Buxbaum, qui n'a ni égout ni puits absorbant, et dont les excréments tombent directement dans un ruisseau qui les emporte immédiatement. Toute la caserne s'abreuve au même puits. Cependant, en 1865, la fièvre typhoïde éclata et sévit exclusivement dans l'aile de la caserne qui est de vieille construction ; en 1868, l'autre aile, de construction récente, fut atteinte et resta seule frappée.

Donc, il n'y a pas lieu de s'attacher à l'idée exclusive de l'origine fécale de la fièvre typhoïde ; il convient seulement de reconnaître que les dangers les plus ordinaires et les plus graves sont de ce côté. L'amélioration survenue à cet égard dans quelques villes depuis la création ou l'extension de la canalisation souterraine, prouve le même fait d'une manière différente.

Buchanan, relevant neuf des rapports de John Simon, constate que, sur vingt et une villes anglaises, depuis l'installation de la canalisation et des conduites d'eau, la mortalité typhoïde est tombée, dans neuf villes, de 52 à 75 p. 100 ; dans dix, de 33 à 48 p. 100.

A Munich, les travaux d'assainissement ne furent commencés qu'en 1856; on peut admettre que les conséquences n'en ont été sensibles qu'à partir de 1860. Or, dans la période 1852-1859, la mortalité typhoïde était de

générale.]

ÉL01GNEMENT DES IMMONDICES

%Â:i p. IOOO habitants, tandis que dans la période 1860-1867, elle descendit à 1,66. D'après Majer, elle ne fut même plus que de 1,33 p. 1000 de 186S à 1873. A Hambourg, le rapport de la mortalité typhoïque avant la canalisation (1838-1844), était de 48,5 sur 1000 décès généraux; après la canalisation (1845-1853), elle tomba à 39,5, puis à 29,0 de 1854 à 1861, et même à 22 de 1862 à 1869, à mesure que les travaux se complétaient. Dans la période 1872-1874, la mortalité typhoïque pour 1000 vivants est :

.Dans les quartiers parfaitement canalisés

— — presque entièrement canalisés.

— — non canalisés

Partisan très convaincu, mais très sage, de la vidange immédiate à î'égout et de l'enlèvement des matières par eau (SchvemmsieUystem), le docteur Varrentrapp (de Francfort-a.-M.), ne prétend pas que l'éloignement immédiat des matières fécales fraîches par canalisation souterraine soit une garantie absolue de la diminution de la mortalité typhoïde ; mais il montre par une longue et sévère statistique, que la gravité de la maladie n'a au moins pas augmenté, à Francfort, depuis que le système des water-closets s'y est généralisé.

Mortalité typhoïde à Francfort- s. -M. (Varrentrapp).

ANNEES

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