‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 88 sur 267 · NIVEAU DU SOL · texte numérisé non relu

NIVEAU DU SOL

Fig. 156. — Filtrage en grand.

Wibel a reconnu qu'à Hambourg l'eau de l'Elbe filtrée perd :

Matières totales.

Par la décantation 0,5

— un long repos 13,0

— un vieux filtre à charbon 5,4

— un filtre à charbon neuf 4,1

— le filtrage sur papier,. 28 à 40

— le filtrage sur le sable 34 à 61

Matières organiques.

La figure 156 représente un dispositif de filtrage en grand.

générale.] APPROVISIONNEMENT D'EAU. 6i3

Filtration à domicile. — Si l'eau fournie aux particuliers n'a pas été ou est mal filtrée, ils ne doivent l'admettre comme boisson qu'après avoir pratiqué eux-mêmes cette préparation. Il existe un fort grand nombre d'appareils portatifs appropriés à cet usage: les fontaines-filtres, avec couches alternantes de gravier et de charbon ; celles dans lesquelles le filtre est un vase en pierre poreuse, ou une simple éponge: les bouteilles-filtres, qu'il suffit de plonger vides dans une eau quelconque et qui se remplissent par filtration. L'essentiel est que le filtrage soit réel, c'est-à-dire lent, et qu'on puisse aisément nettoyerl'appareil. Ceux dans lesquelsil entre des matières organiques, éponge, laine tontisse, sont les moins durables, parce que ces substances finissent par se putréfier elles-mêmes. Quelques-uns de ces fillres se nettoient en changeant la direction de l'eau.

On voit, dans la figure 157, un des types de filtres employés dans l'intérieur des habitations; l'eau y passe normalement de bas en haut à travers les couches filtrantes A et B. Lorsqu'on veut nettoyer le filtre, on change la direction du courant, en fermant le robinet F et ouvrant le robinet du tuyau supérieur M. L'eau de nettoyage est extraite du récipient K par l'ouverture de l'orifice D.

Les filtres à charbon, même animal, ne méritent pas la réputation qu'on leur a faite; ils retiennent peu de matières étrangères, et la propriété qu'a

Fig. 157. — Filtre destiné à épurer l'eau à sa sortie d'un réservoir.

le charbon d'absorber les gaz n'est pas entièrement avantageuse, puisque l'air de l'eau est retenu aussi bien que les autres gaz.

La figure 158 représente un filtre à charbon fort simple. C'est un seau au fond duquel un bloc de charbon préparé est surmonté d'un tube de caoutchouc, disposé en siphon. L'eau à filtrer est versée dans le seau. Pour déterminer l'écoulement, il suffit d'aspirer une fois par l'extrémité qui porte un robinet. Le charbon d'os retient les sels métalliques, spécialement ceux de plomb (Chevallier).

DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES

[Hygiène

Les auteurs vantent le filtre de Gustave Bischof, professeur à Glasgow, dont la substance filtrante est l'éponge de fer (Spungy iron), un peu cher il est vrai, mais dont l'action mécanique et chimique surpasse celle du sable. Frankland a constaté qu'il réduit de 0,3-2 milligr. à 0,09 milligr. par litre l'azote organique de l'eau de la Tamise et que l'eau filtrée par ce moyen retarde indéfiniment la putréfaction de la viande. Il est utile de faire passer sur du marbre en poudre l'eau qui a filtré du fer spongieux pour fixer à l'état de carbonate insoluble le fer qui a pu être dissous et entraîné (Wiel et Gnehm).

Fig. 158. — Filtre à charbon (d'après Nowak).

Pour des situations urgentes, l'ingéniosité individuelle arrive à improviser des filtres assez bons que nous croyons devoir mentionner. Le professeur Ghampouillon, dans ses cours, donnait le conseil suivant applicable à une colonne militaire en expédition. On prend quelques fûts vides, de ceux qui ont contenu des boissons alcooliques ; l'un des fonds du tonneau est enlevé, l'autre percé de trous à la vrille ; le fût étant debout, le côté ouvert en haut, on répand sur le fond criblé du gravier, du sable, mêlé aux braises des feux de bivouac, jusqu'à une hauteur de 20 à 25 centimètres; le tonneau est alors introduit dans le ruisseau voisin, dans une mare même, de telle sorte que le bord libre émerge suffisamment hors de l'eau; il ne tarde pas à se remplir par filtration de dehors en dedans, à la façon des bouteilles-filtres. Un aulre médecin militaire a montré à sa troupe, en Algérie, à faire de petites galeries filtrantes à ciel ouvert en creusant dans le sable du bord des rivières africaines des rigoles perpendiculaires au courant; de ces rigoles, les unes communiquent avec le ruisseau; les autres, intermédiaires aux premières, ne s'ouvrent pas sur le courant. L'eau filtre à travers le sable, des rigoles pleines aux rigoles vides. Il est probable que ce médecin avait vu les Arabes recueillir l'eau du sous-sol en creusant, avec un bâton, un trou en entonnoir dans le sable des Oueds, à sec en été ; l'eau

générale.] APPROVISIONNEMENT D'EAU . 645

souterraine, qui n'est pas loin de la surface, ne tarde pas à remplir le fond du trou, en filtrant par le sable du talus.

5° Emmagasinement de l'eau. — C'est le lieu de mentionner les citernes, qui servent essentiellement à collectionner et à conserver l'eau de pluie, dans les localités dépourvues d'autre approvisionnement ou qui n'en ont que de défectueux.

Les villes d'Orient ont toujours pratiqué ce mode de collectionnement de l'eau; Venise leur a peut-être emprunté cette coutume. Constantine possède encore, à sa Kasbah, de vastes citernes, dans lesquelles l'eau a au moins le mérite de la fraîcheur, très apprécié pendant la saison chaude. Ce résultat est obtenu par la profondeur des réservoirs et l'épaisseur des voûtes; celles de Venise ne présentent point, paraît-il, le même avantage. En revanche, l'eau y est pure, attendu qu'elle traverse un filtre de sable pour y pénétrer, ainsi que le montre la figure 159.

Fig. 159. — Coupe d'une citerne à eau de pluie, à Venise.

Dans une excavation maçonnée et à parois imperméables, on voit un remplissage de sable dans lequel deux conduits (drains), à droite et à gauche, déversent l'eau delà pluie. Au centre, un puits, à parois imperméables sauf à la partie inférieure, se remplit d'eau filtrée ; on y puise par l'orifice supérieur, ouvert.

Les citernes doivent toujours être profondes (3 à 5 mètres), recouvertes d'une couche épaisse pour rendre la température de l'eau invariable; à parois intérieures recouvertes de ciment pour assurer l'étanchéité et n'offrir

646 DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES. [Hygiène

aucun point d'implantation aux racines des végétaux aquatiques. Si l'eau y arrive filtrée, il est même difficile qu'il s'y développe des conferves. Le dépôt terreux, sur le fond, sera de même insignifiant. Dans le cas contraire, la citerne aura évidemment besoin d'un nettoyage à des intervalles plus ou moins rapprochés.

Les réservoirs et châteaux d'eau sont des appareils de collectionnement absolument intermédiaires entre les tuyaux d'amenée et ceux de distribution ; les eaux y convergent và l'arrivée et en sortent par des canaux divergents. On les place donc à un niveau assez élevé pour que l'eau se répande dans la ville par son propre poids, avec une certaine vitesse et une pression suffisante pour s'élever à tous les étages. Leur construction est soumise aux mêmes règles que celle des citernes.

On ménageait autrefois, sur le réseau des tuyaux de distribution, des tours à eau, avec un réservoir assez élevé où les pompes foulantes montaient l'eau par un tuyau d'ascension et d'où elle repartait par un tuyau de chute ; c'était une sorte de réserve de force, comme le volant des machines à vapeur, destinée à égaliser le mouvement liquide dans le réseau de distribution et à le soustraire aux à-coups que produisent les oscillations brusques et étendues dans la consommation. Un tube extérieur, communiquant, ouvert par en haut et transparent par la paroi antérieure, permettait à chaque instant de contrôler les vicissitudes de la dépense aqueuse et donnait les indications nécessaires pour régler le travail des pompes. Aujourd'hui, l'on se sert de régulateurs à air.

Tous les réservoirs doivent être munis d'appareils de ventilation; il est même utile d'en établir aux regards des conduites, de distance en distance, au long du trajet.

Les réservoirs en maçonnerie, étanches, revêtus de ciment à l'intérieur, sont absolument louables, à la condition quel'on dispose aisément de moyens de nettoyage aux intervalles nécessaires, lorsque le sédiment inévitable déposé par l'eau, la végétation inférieure, auront constitué une menace de putridité. Pourtant, il n'est pas rare que Ton construise de ces réservoirs en métal, particulièrement en zinc ou en plomb étamé, souvent avec des armatures de fer ou de cuivre, en vue de la solidité des récipients. Cette pratique ne donne pas une sécurité parfaite; il est démontré que l'eau attaque lentement les métaux, spécialement le zinc et le plomb, en présence de l'oxygène (comme c'est le cas pour les réservoirs alternativement pleins ou vides), et que la présence des matières organiques azotées et de l'ammoniaque accélère la réaction. X. Rocques a retrouvé, dans deux échantillons de résidus retirés des réservoirs, pour 100 grammes de matières :

lcr échantillon. 2e échantillon.

Oxyde de zinc. 5sr,0 llsr,67

— de plomb 2 ,01 5 ,90

— de cuivre traces. traces notables.

Le mélange est à l'état de silicates et de carbonates. L'attaque finit par s'arrêter lorsque le métal est recouvert d'une couche d'oxyde; mais celle-ci

générale.]

APPROVISIONNEMENT D'EAU

peut être enlevée mécaniquement ou par l'action de l'ammoniaque, qui opère le décapage.

Étant connu le pouvoir toxique des sels de zinc, il faudrait renoncer à de pareils réservoirs. Toutefois, le danger est moindre quand le métal est pur; l'association des métaux active l'oxydation.

Si l'on a des réservoirs métalliques dans la maison, il est tout indiqué de les éloigner des cuisines ou de tout autre lieu pouvant dégager de l'ammoniaque. Malheureusement, c'est précisément à la cuisine et au water-closet qu'on a besoin d'eau.

6° Conduites d'eau. — Nous ne répéterons pas que la distribution d'eau d'une commune doit être d'un seul genre et ne fournir que de l'eau pure; dédoubler le système et distribuer d'une part de l'eau pour la boisson, de l'autre une eau moins pure pour les usages domestiques et industriels est, à tout le moins, une disposition illusoire. Elle est, de plus, fort imprudente, s'il arrive quelquefois que l'eau renferme réellement des germes de maladies infectieuses. Si florissante qu'ait été la doctrine de la véhiculation par l'eau de boisson (Trinkwassertheorie), personne n'a jamais guère contesté que ces germes puissent s'introduire par la voie pulmonaire; quelques-uns, parmi lesquels nous nous sommes inscrit, il y a déjà longtemps, pensent même que c'est le mode le plus habituel. Dans ces conditions, l'on voit qu'il est au moins aussi dangereux de répandre sur le pavé des rues, dans les cours, sur les dalles du rez-de chaussée, une eau suspecte que de la boire : elle s'évapore et dissémine les germes dans l'air; on ne les avale pas, mais on les respire.

Conduites d'amenée et de disbnbution générale. — On amène encore l'eau, comme autrefois les Romains, à l'aide de canaux en maçonnerie et ciment, découverts ou abrités par une voûte sur laquelle on rejette la terre. Lorsque les canaux sont assez profonds, la culture peut continuer à se faire pardessus; si le canal est en relief, on se contente de gazonner la terre qui le recouvre.

Mais on ne se sert plus de pareils canaux, d'ailleurs excellents, que pour marcher en ligne droite et avec une pente uniforme. S'il se rencontre une vallée profonde à franchir, un cours d'eau à traverser, là où les anciens eussent élevé ces arches ou ces « ponts » (arches de Jouy-les-Metz, pont du Gard) dont nous admirons encore les ruines gigantesques, les modernes emploient simplement le siphon. Pour exécuter celui-ci, il faut une conduite fragmentée, dont les parties se réunissent en angles, en courbes, selon le besoin. Ces parties sont des tuyaux en fer, en poterie, en pierre, en bois, en plomb.

En règle générale, tous ces tuyaux doivent être imperméables, inattaquables par l'eau, incapables d'y introduire des composés toxiques, et placés à une profondeur suffisante, surtout quand il s'agit de tuyaux métalliques, pour rendre l'eau indifférente aux variations de température; la gelée, particulièrement, est funeste aux tuyaux eux-mêmes aussi bien qu'à leur contenu.

648 DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES. [Hygiène

Les tuyaux de fer forgé et poli à l'intérieur résistent longtemps à la rouille ; il n'en est pas de même des tuyaux de fonte, qui s'oxydent sous l'influence de l'air, des acides et des sels de l'eau; il est difficile de les mettre en contact avec l'eau de mer. Divers sels, en se combinant avec le métal, le rendent désormais inattaquable, en revêtant la paroi intérieure des tuyaux d'une croûte neutre; mais ce fait, avantageux à certain point de vue, entraîne la diminution du calibre des tuyaux de conduite ; cet accident avait réduit de moitié, en 1833, l'apport de l'eau à Grenoble.

Les tuyaux en bois sont d'un usage assez répandu. On se sert de préférence du bois de pin, auquel on a, préalablement, fait faire un séjour dans l'eau. Ces tuyaux sont cerclés de fer à chaque extrémité. Ils ont l'inconvénient de n'être pas inaccessibles à la putréfaction et de devoir être remplacés tous les dix ou quinze ans.

Les tuyaux en poterie vernissée sur les deux faces ou seulement à l'intérieur ont de précieux avantages par leur indifférence vis-à-vis de la plupart des agents chimiques.

Ceux-ci, aussi bien que les conduites en fer, ont besoin d'être recouverts d'une épaisseur assez considérable de terre, en vue de maintenir la fraîcheur de l'eau. Les conduites en bois sont naturellement plus réfractaires à la transmission du calorique. Il est avantageux de protéger toutes les conduites, quelle qu'en soit la matière, par une couche de goudron ou, mieux, d'asphalte.

Un point d'une solution délicate est le mode et le choix des joints; tantôt, les tubes s'emboîtent les uns dans les autres, à l'aide de l'amincissement d'une extrémité ; tantôt, chaque extrémité est terminée en vis et l'on réunit deux tubes par un écrou. Plus communément, aujourd'hui, l'on a recours à des joints perfectionnés, en plomb, en caoutchouc, etc.

Nous allons retrouver la question des conduites en plomb.

Conduites de distribution domestique. — En général, les villes distribuent l'eau municipale jusque sous le trottoir des rues, où elles commencent par prendre elles-mêmes l'eau nécessaire auxfontaines publiques et aux bornesfontaines, et où les particuliers font brancher leur tuyau de distribution privée sur la conduite de rue.

Il est important que les particuliers, dans les pays froids, prennent grand soin de mettre ces tuyaux et leurs dépendances à l'abri de la gelée; ilyva non seulement de la continuité de l'approvisionnement d'eau, mais de la sécurité de la maison. Une fissure a bientôt fait de donner passage à une inondation au moins incommode et compromettante pour les maçonneries.

Gomme il est nécessaire d'avoir recours plus que jamais et inévitablement à des angles et à des courbures, ce sont des tuyaux de métal que l'on emploie surtout dans les distributions domestiques, et, le plus habituellement, des tuyaux en plomb.

Cette coutume, si répandue, soulève immédiatement la question d'hygiène de l'intoxication saturnine possible par l'intermédiaire de l'eau. Nous nous y arrêtons un instant, mais en faisant remarquer tout d'abord que la possibilité de la véhiculation des sels plombiques par l'eau n'est pas ici en

générale.]

APPROVISIONNEMENT D'EAU

cause, non plus que l'authenticité des observations dans lesquelles on a vu l'empoisonnement saturnin résulter de l'usage d'une eau qui avait été en contact avec le plomb, dans des réservoirs ou dans des tuyaux. Le problème à résoudre consiste à savoir dans quelles conditions la vénénosité se produit et si ces conditions ont des chances de se réaliser dans les conduites ordinaires, en plomb, des habitants des villes.

Les accidents éprouvés, à Glaremont, par la famille du roi Louis-Philippe en exil, ont eu un grand retentissement. Guérard (1852) en a parfaitement déterminé la cause ; c'était le nlomb, mais dans des circonstances qui ne se représentent pas, d'habitude, à l'occasion des conduites des villes. On a peut être eu tort de dire à ce propos que des accidents du môme genre se produisent dans le public et que la cause en reste ignorée (G. Bakers). C'est encore, en réalité, au nom de dangers possibles, mais non démontrés, que l'ingénieur de Laval, en 1873, présenta au Conseil municipal de Paris une pétition couverte de plus de 800 signatures, demandant la suppression obligatoire des conduites de plomb. Belgrand constate que l'usage de ces tuyaux remonte, suivant Vairon, à l'an 442 de Rome et qu'il en reste bon nombre dans cette ville, comme dans ce qui représente, à Paris, la capitale de Philippe-Auguste, comme àClermont-Ferrand, Gonstantinople et ailleurs. Dumas avait montré que, si l'eau, même distillée, attaque le plomb, la moindre proportion de sels calcaires neutralise immédiatement l'oxyde produit; or, toutes les eaux de Paris renferment de ces sels (de 1 à 4 décigrammes par litre). C'est encore ce que Belgrand confirma, à l'époque de l'agitation par la pétition de Laval ; aidé de Félix Leblanc, il essaya toutes les eaux de Paris, y compris celles qui viennent de terrains granitiques et même l'eau de pluie. Aucune d'elles n'a d'action sur le plomb du moment qu'elle renferme une trace de sel calcaire appréciable aux réactifs (quelques milligrammes par litre). L'eau de pluie emprunte justement cette quantité aux poussières répandues dans l'atmosphère. Ad. Bobierre, toutefois, à la suite de recherches personnelles, s'exprimait un peu moins largement : « A l'exception des eaux pluviales ou distillées, les eaux potables n'attaquent en général les tuyaux de plomb d'une manière sensible que si la surface métallique est alternativement en contact avec l'air et avec l'eau. » Cette formule est embarrassante, puisque l'eau de distribution contient de l'air. Du reste, l'auteur reconnaît que la plus grande partie de la matière vénéneuse abandonnée à l'eau par le plomb est en suspension, et que la filtration de cette eau sur du calcaire l'assainit complètement.

A l'étranger, Pappenheim (1867) avait démontré que l'eau qui renferme de l'oxygène ou de l'acide carbonique (ou l'un et l'autre) attaque le plomb et donne lieu à la formation d'oxyde, puis de carbonate de plomb, dont une partie reste en dissolution dans l'eau; mais ce carbonate est entièrement précipité si l'eau contient 0gr,12 de carbonate de soude ou 0gr,116 de carbonate de chaux par litre, et il se dépose en enduit à la surface du métal sans se mêler à l'eau. Le sel marin fait le même effet de neutralisation, mais les sulfates et nitrates alcalins ou terreux maintiendraient au sel de plomb la faculté de se dissoudre. En présence du fer métallique,

650 DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES. [Hygiène

l'oxydation du plomb a lieu (Guérard y a vu un phénomène de décomposition électrique); mais l'oxyde de plomb est ensuite réduit par le fer, et il se précipite un oxyde de fer contenant du plomb. Graham, Miller et Hoffmann ont confirmé ces résultats, sauf qu'ils n'ont pas trouvé que l'eau contenant de l'acide carbonique seul agisse sur le plomb ; ils ont, en outre, constaté que les sulfates, qui passent d'ordinaire pour une protection à cet égard, ne possèdent pas toujours ce pouvoir, et que la meilleure garantie est la présence du carbonate de chaux. Frankland, enfin, a reconnu qu'une faible quantité de phosphate de chaux met les consommateurs absolument en sûreté contre l'action de l'eau sur le plomb; l'eau de la rivière Kirnwy possède cet avantage.

Malgré ces témoignages, la chimie n'est pas encore fixée, et Wiel et Gnehm reproduisent cette appréciation du chimiste Bolley : « Il n'y a peutêtre pas, en chimie, de question aussi fertile en contradictions que celle des rapports du plomb avec l'eau. » On a donc bien fait de consulter en ceci la grande expérience qui s'accomplit tous les jours sur les groupes humains. Champouillon a eu recours h ce contrôle. Or, « toutes les casernes, tous les hôpitaux militaires de Paris, sont pourvus d'eaux potables, conduites et distribuées par des tuyaux de plomb; ces eaux proviennent de la Seine, de la Marne, de l'Ourcq, de la Dhuys, et du puits artésien de Grenelle. De 1845 à 1869, sur un effectif de 108,000 militaires malades, reçus dans les hôpitaux du Val-de-Grâce, du Gros-Caillou, de Saint-Martin, il na pas été signalé un seul cas d'intoxication saturnine à un degré quelconque. »

A Lille, les conduites de maison sont en plomb. Il y a beaucoup de saturnins dans les hôpitaux; mais ce sont des cérusiers.

A Nancy, Ritter a fait passer 300 fois les mêmes 5 litres d'eau de la Moselle à travers un tuyau de plomb de 1 centimètre de diamètre et de 1 mètre de longueur. Bien que cette eau soit peu calcaire et peu sulfatée, les traces de plomb retenues par elle sont assez insignifiantes pour que ce chimiste de mérite regarde l'usage des tuyaux de plomb comme sans inconvénient pour la distribution d'eau de Nancy.

Une précaution élémentaire et qui semble indiquée par la nature du phénomène chimique protecteur, la précipitation du carbonate isolant sur le métal, consiste dans tous les cas à ne pas boire les premières portions d'eau qui ont passé par des tuyaux de plomb neufs ou dont le fonctionnement a chômé pendant plusieurs semaines, à la suite de la sécheresse et de l'épuisement des sources. Moizard a cité un cas d'intoxication saturnine imputable à la première de ces deux circonstances; Richard en rapporte d'autres, observés en Algérie, et qui pourraient être attribués à la seconde. A la vérité, l'analyse chimique ne retrouvait pas le plomb dans l'eau, mais dans l'eau-de-vie; il est remarquable que l'auteur attribue au plomb de cette dernière les accidents observés dans la population civile et n'accuse l'eau qu'au sujet de deux gendarmes (!), dont il ne paraît pas que les femmes ni les enfants aient été saturnisés.

L'hygiène n'a pas à s'effrayer outre mesure. Nous avons dit plus d'une

générale.]

APPROVISIONNEMENT D'EAU

fois qu'elle a autre chose à faire qu'à interdire ou à prescrire, et notre conviction la plus profonde est qu'elle doit éclairer bien plus que légiférer. On se sert de conduites de plomb ; elle ne les conseillera ni ne les approuvera jamais; mais, du moment qu'elles existent, notre devoir est de montrer dans quelles circonstances ces appareils sont inoffensifs, dans quelles circonstances ils sont dangereux. L'expérience a révélé que les conduites de plomb ôtamé, inventées par Hamon, ne sont plus une garantie dès que l'eau renferme une quantité notable de chlorures ; Guérard avait expressément formulé cette loi, qui reparaît aujourd'hui, que l'assemblage de deux métaux, plomb et fer par exemple, favorise les oxydations de ceux-ci. Bornons-nous à mettre ainsi, autour de chaque question sanitaire, les résultats de l'observation et de l'expérimentation ; ne cherchons pas à imposer aux hommes leur manière de vivre, car nos règles d'aujourd'hui seraient, demain, détestables ; montrons simplement les chances que l'on a, avec ce qui se fait, de se Irouver bien ou mal, et comment l'on pourrait, en suivant certaines données scientifiques, se trouver mieux ou certainement moins mal.

Veau à la maison. — La distribution est continue ou intermittente. Le premier mode entraîne incontestablement quelque gaspillage de l'eau ; mais le second ne va pas sans l'installation dans quelque coin de l'habitation de réservoirs où l'on fait provision d'eau pendant que la conduite municipale est ouverte, et, par conséquent, expose aux risques de malpropreté des récipients et de souillure de l'eau. La distribution continue est évidemment préférable, dût-on imposer le compteur à eau à tout propriétaire ou locataire qui serait convaincu de gaspillage. Il va de soi, d'ailleurs, que les tuyaux de distribution à domicile doivent être de petit calibre.

La confection des robinets exige un soin particulier; les meilleurs sont ceux qui ferment par une vis. Chameroy a» inventé un robinet qui porte son nom et qui a l'avantage de régulariser la pression dans les tuyaux, en même temps qu'il assure un écoulement intermittent; quand le robinet a versé un certain nombre de litres, l'écoulement s'arrête et il faut donner un second tour de clef pour qu'il recommence. Les inondations par négligence sont ainsi prévenues.

Il est de toute importance d'avoir des tuyaux — et, quand il y a lieu, des réservoirs, — absolument distincts pour l'eau de boisson et pour celle qui se rend aux water-closets. Le mieux est de rompre la continuité du tuyau qui se rend à la cuvette des latrines et de le munir d'un orifice libre, fermant à robinet, au-dessus d'un réservoir spécial dont le tuyau d'écoulement aboutit à la cuvette. Si, par des variations de pression, les gaz des latrines remontent dans les conduites d'eau, ils ne dépasseront pas le réservoir affecté exclusivement au nettoyage et à l'entraînement des matières excrémentitielles.

Distribution d'eau de la ville de Lille. — Il nous a paru qu'un bon résumé de tous ces détails consisterait à présenter le tableau d'une application en grand des principes modernes relatifs aux approvisionnements d'eau urbains. C'est ce que nous faisons ici, en nous servant de l'exemple qui est sous nos yeux, très remarquable d'ailleurs.

[Hygiène

La distribution d'eau de Lille, établie de 1868 à 1870, par l'ingénieur en chef Masquelez, prend actuellement ses eaux à deux sources situées près du -village d'Emmerin, à 6 kilomètres de la ville. Ces sources ont été captées dans des chambres circulaires à l'intérieur desquelles s'ouvre l'aqueduc qui conduit l'eau à l'aqueduc principal d'amenée. Celui- ci, avec une déclivité uniforme de 0m,0002, la verse dans un vaste réservoir, dit inférieur, où son niveau peut atteindre au maximum la cote de 20 mètres d'altitude, et d'où elle est envoyée, à l'aide de puissantes machines élévatoires, jusqu'à un réservoir supérieur, à 2 kilomètres plus loin, distant lui-même d'un peu plus de 2 kilomètres de l'enceinte de la ville. Là, son altitude moyenne est de 47m,50. Celle de Lille étant de 22 mètres, l'eau arrive aux robinets de consommation avec une pression approchant souvent de 3 atmosphères.

La captation des sources se fait à 2 mètres au minimum au-dessous de leurs points d'émergence naturels. Mais ce qui constitue une particularité très remarquable de l'exécution de ce grand travail, c'est que l'on a su très avantageusement réunir à l'eau de ces sources l'eau de la nappe souterraine en profitant, par des dispositions ingénieuses, des circonstances de terrain qui offraient spontanément cet appoint considérable. Les tranchées opérées pour l'installation des rigoles d'alimentation, de la conduite principale et du réservoir inférieur, ont généralement traversé les couches suivantes : terre végétale et argile, marne argileuse ou siliceuse, craie fendillée, craie compacte ou tun. Or, c'est sur cette dernière couche que repose la nappe souterraine, pénétrant la craie fendillée, ou aquifère. Toutes les fois que le radier de l'aqueduc eut à traverser cette craie aquifère, on ne fil pas de radier, mais l'on revêtit le fond de la tranchée de fragments de silex et de gravier tassé, de façon à laisser entrer dans l'aqueduc l'eau du sous-sol, mais après filtrage. Des dispositions analogues ont même été adoptées pour faire entrer après filtrage l'eau souterraine dans les chambres de captalion et dans le réservoir inférieur; elle pénètre dans celui-ci par le fond, à l'aide de tuyaux verticaux perçant le ciment dont le sol a été revêtu ; à l'aide d'un jeu de soupapes, elle arrive dans le réservoir en raison même de l'épuisement de toute la masse liquide par les pompes. Cet auxiliaire, plus important que les prévisions ne l'avaient fait espérer, compte pour au moins 2,000 mètres cubes dans les 12,000, qui peuvent être fournis par jour à la cité.

Les aqueducs sont généralement en bonne maçonnerie, tapissée intérieurement de ciment de Vassy ou de Portland, parfaitement étanche ; la coupe en est ovoïde, sauf les endroits sans radier, où le segment inférieur de l'ellipse est remplacé par une surface plane. Le maximum de section de la conduite principale d'amenée a un diamètre horizontal de lm,54 et un diamètre vertical de 2m,60. Sur quelques points, et surtout là où il faut établir un siphon (sous la Deûle, par exemple), on a remplacé l'aqueduc en maçonnerie par de simples tuyaux de fonte. Ce sont encore des tuyaux de fonte qui constituent le réseau de distribution en ville, sous les chaussées. Des pavillons et tuyaux d'aération, des regards, sont établis de distance en distance sur la longueur des rigoles d'alimentation et de l'aqueduc principal; un déversoir du trop-plein, annexé au réservoir inférieur, pourvoit au cas où, pendant les grandes pluies, l'afflux de l'eau exercerait une pression dangereuse, de dedans en dehors, sur les parois de l'aqueduc; des vannes en amont permettent d'arrêter l'arrivée de l'eau dans le réservoir inférieur. Les compartiments collecteurs, les machines, certains espaces des conduites, tout appareil dont le chômage pour cause d'obstruction ou de réparation interromprait la distribution régulière en ville, ont été construits en double, de façon a se remplacer sans que les consommateurs en souffrent,

générale.]

APPROVISIONNEMENT D'EAU

Les tuyaux de fonte de distribution urbaine sont réunis non par des joints en plomb, mais par des bagues en caoutchouc revêtues d'un collier de fer (système Delperdange), qu'un vernis de brai fondu rend aptes à une durée presque indéfinie. L'hygiène y trouve son compte ; mais surtout, il y a par ce procédé une grande économie d'argent et une garantie pour tout le réseau distributeur contre les conséquences du tassement inégal de la terre au fond des tranchées, de la trépidation imprimée au sol par le passage des voitures chargées.

Les travaux exécutés jusqu'aujourd'hui ont coûté 3 millions. Le projet primitif comporte l'annexion aux conduites actuelles du produit de sources situées aux confins du département et jusque dans le Puà-de-Calais, à plus de 20 kilomètres de Lille. Les travaux qui restent à pratiquer coûteront naturellement moins cher que les premiers, qui sont l'œuvre fondamentale. Quand on les aura faits, on disposera d'une masse liquide suffisante à fournir près de 100 litres par jour et par habitant à une ville de 300,000 âmes. Tous ces travaux, du reste, assainissent le sol environnant, car ils ont abaissé d'un mètre le niveau de la nappe souterraine, et les conduites sont assez profondément situées pour ne pas gêner la culture audessus. Là où la proximité du sol cultivé et fumé pouvait faire craindre des infiltralions organiques, on a soigneusement revêtu de glaise la paroi extérieure des rigoles et de l'aqueduc.

Aujourd'hui, le taux d'approvisionnement est de 80 litres par tête environ. Mais cette moyenne est absolument illusoire, attendu que beaucoup de maisons de l'ancienne ville ne s'alimentent qu'à leurs puits particuliers, d'ailleurs infects, et que, d'autre part, des quantités énormes en sont absorbées par les grands industriels, plus soucieux de la netteté de leurs chaudières que les vieux Lillois ne le sont de leur santé. 11 y a, de cette étrangeté, une autre explication que l'incurie ; la ville fait payer son eau. C'est une pratique heureuse pour les finances de la ville, mais défavorable pour l'hygiène. Le prix de l'eau pour les usines est de 5 à 14 centimes le mètre cube; elle revient aux particuliers à 5fr,25 par an et par personne. Il va sans dire que les fontaines publiques et les bornes-fontaines sont assez rares ; il y en a quelque deux cents, disséminées dans les quartiers pauvres. L'administration fait arroser les rues avec l'eau d'Emmerin, pensant avec raison qu'il n'est point salubre d'y répandre l'eau putride de la Deûle; mais elle a pour cet effet, sous la chaussée, des prises d'eau dont elle garde la clef dans sa poche. L'eau, dit-on, se paie plus cher ailleurs, 7 centimes à Roubaix-Tourcoing, 11 centimes à Bruxelles, 20 centimes à Valenciennes, 25 à Bordeaux, 46 à Cambrai, 60 à Lyon, par mètre cube. Ce n'est là qu'une atténuation ; rien de plus.

Les eaux de la distribution de Lille ont été analysées avant les travaux par J. Girardin. Le type des eaux actuelles est représenté par l'eau du canal de Seclin, dont nous allons reproduire les caractères. A vrai dire, l'aqueduc d'amenée n'a pas- l'intention de puiser à même le canal de Seclin; mais celui-ci ayant absorbé des sources qui existaient autrefois sur ses deux rives, les travaux à venir reprendront cette eau perdue, simplement en faisant passer le radier de l'aqueduc dans la craie aquifère (nappe souterraine), un peu plus bas que le radier du canal.

L'eau du canal de Seclin (J. Girardin) est limpide, sans odeur ni saveur, ramène légèrement au bleu le papier rouge de tournesol, se trouble par l'ébullition ; par l'évaporation, elle laisse un résidu blanc de 0sr,350 par litre, qui dégage de l'acide chlorhydrique par la calcination.

Degré hydrométrique 26°.

Chaque litre d'eau contient :

DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES. [Hygiène

Carbonate de chaux 0,1360

— de magnésie OjOK'O

Sulfate de magnésie .v 0,0801

Chlorures de sodium et de potassium 0,0495

— de magnésium 0,0249

Silice 0,0076

Alumine et phosphate de chaux 0,0051

Oxyde de fer traces.

Matières organiques . 0,0192

Perte 0,0197

Chaque litre a fourni 62 centimètres cubes 84 de gaz ainsi composé :

Acide carbonique 31cc,14

Oxygène 17 ,40

Azote 8 ,30

62cc,84

C'est donc une eau calcaire, où la richesse en acide carbonique supplée l'oxygène, où les matières organiques sont insignifiantes ; en somme, une bonne eau moyenne. D'ailleurs, par le repos pendant trois mois, elle ne se corrompt point, mais elle se dépouille d'une partie de ses carbonates.

L'eau d'Emmerin donne un résidu de 0&r,44 par litre, marque 25° à l'hydrotimètre et renferme 80 centimètres cubes de gaz par litre (CO2 48,7; — Az 22 ; — O 9,3). Elle a, d'ailleurs, la môme constitution que la précédente.

Conformément aux prévisions formulées dès le début par J. Girardin et V. Meurein, ces eaux gagnent en aération et se dépouillent d'une part des sels terreux par le simple fait de leur cheminement dans les canaux et grâce aux chambres et tuyaux de ventilation. L'usage, à Lille, en est tout à fait salubre.

Au sortir des robinets, l'eau est souvent blanche, presque opaque ; il est facile de s'assurer que cet aspect est dû à la présence d'une infinité de petites bulles d'air qui reprennent leur liberté dès que la pression diminue. Cette teinte laiteuse disparaît spontanément dès que l'eau est exposée à l'air sous la pression normale.

En ville, les conduites particulières sont branchées sur l'artère de la rue, passant au bord du trottoir. La Ville a la clef de chaque artère de troisième ordre, et le propriétaire lui-même en a une, différente, pour sa conduite privée. Celle-ci, ainsi que ses rameaux pour chaque étage, est en plomb et terminée par des robinets de cuivre. En raison de la pression considérable qu'exerce la colonne liquide, ces robinets sont d'un entretien un peu difficile ; mais on peut avoir de l'eau jusqu'aux étages supérieurs. Les conduites de la ville sont assez profondément situées dans le sol pour n'être pas atteintes par les gelées, môme les plus fortes ; il est rare également que le branchement principal des conduites particulières soit compromis; mais il faut interrompre soigneusement l'arrivée de l'eau dans ses divisions, en hiver, dès que l'on -cesse de maintenir l'écoulement à courts intervalles, sous peine de voir les tuyaux de plomb éclater sous l'effort de la veine liquide gelée et, au dégel, inonder les locaux sur leur passage.

Ce magnifique travail, un des plus beaux dans le genre, fait grand honneur à la municipalité lilloise et au savant ingénieur qui l'a conçu et mené à bonne fin.

générale.]

APPROVISIONNEMENT D'EAU

BBibliographie. — Guérard : Du choix et de la distribution des eaux dons une ville. Paris, 1852. — Grimaud (de Gaux) : Introduction de Veau dans les maisons, comme condition de salubrité générale (Ann. d'hygiène publiq., 2e série, XVI, J 862). — Stoeber et Tour. des : Hydrologie médicale de Strasbourg et du département du Bas-Rhin. Strasbourg, 1862. — Schmidt : Die Wasserversorgung Dorpats. Dorpat, 1863. — New-York Board of Water Commissionners : The Brooklyn Water-Works and Sewers. New-York, 1867. — Burkli (A.) : Anlage und Organisation stadtischer Wasserversorgungen. Zurich, 1867. — Do même : Wasserversorgung der Stadt Zurich. 1872. — Hagen : Handbuch der Wasserbaukunst. 3. Auflag. Berlin, 1869. — Kirkwood (J. P.) : Report on the Fixation of River Waters for the Supply of Cities, as practised. in Europe. New-York, 1869. — Veitmeyer (L. A.) : Vorarbeiten zu einer zukïmftigen W usserversorgung der Stadt Berlin. Berlin, 1871. — Prestel : Das R^genwasser als Trinkwasser der Marschbewohner und die Sterblichkeit. Emdem, 1871. — Letheby : Water Supply and sanitary improvement (Journal of gas lighting, 1871). — Salbach : Das Wasserwerk der Stadt Halle. Halle. -a. -S. 1871. — Schnitzer : Zur Hydrographie der Stadt Erlangen. Erlangen, 1872. — Pettenkofer (Max v.) : Ueber die Wasserversorgung der Stadt Salzburg, 1872. — Lefort (Jules) : Traité de chimie hydrologique, 2e éd. Paris,, 1873. — Ville de Paris : Bull, de statistique municipale, 1873 et années suiv. — Kubel und Tiemann : Anleitung zur Untersuchung von Wasser. 2. Auflage, Braunschweig, 1874. — Chevallier (A.) : De l'eau. Des moyens de la purifier pour la rendre potable (Ann. d'hyg., 2e série, XLII, 1874). — Spon (Ernest) : The présent Practice of Sinking and Roring Wells. London, 1875. — Goppelsrôder : Einige Angabenùber die Minerai bestandtheile des Bas 1er Trinkwassers. Basel, 1875. — Reichardt: Grundlagen zur Beurtheilung des Trinkwassers. Iena, 1875. — Griuner und Thiem : Vorproject zu einer Wasserversorgung von Strassburg. Strassburg, 1875. — Belgrand : Les travaux souterrains de Paris. — Études préliminaires. La Seine, etc., lre partie : Les eaux. Paris, 1875-1878. — Salbach (B.) : Die Wasserversorgung der Stadt Mùnchen (III, Nachtrag zu dem Bericht von). Mùnchen, 1876. — Baumeister : Die Verunreinigung der Elusse und amerikanische Beohachtungen darùber (D. Vierteljahrschr. f. ôft. Gesundheitspflg. VIII, 1876). — Wanklyn (J. A.) and Giiapman (E. T.) : Water Analysis : a practical Treatise on the Examination of the Potable Water. 4th Ed. London, 1876. — Salbach : Das Wasserwerk der Stadt Dr esde?i. Halle a. S. 1876. — Volffhugel : Ueber die neue Wasserversorgung der Stadt Mùnchen. Mùnchen, 1876. — Massachusetts Board of Health : Seveîith Annual Report. Boston, 1876. — Grahn, Sander, Warrentrapp, etc. : Die berechtigten Ansprùche an stâdtische Wasserversorgungen vom hygienisclien und tedmischen Standpunkte aus (Bericht d. Ausschusses ùber die 4te Versammlung des D. Vereins f. ôff. Gesundheitspflege zu Dùsseldorf, 1876). — Schorer (Th.) : Lùbeck's Trinkwasser. Lùbeck, 1877. — Humber (William) : A comprehensive Treatise on the Water-Supply of Cities and Towns. London, 1877. — Fanning (J. T.) : A practical Treatise on Water-Supply Engineering, etc. New-York, 1877. — Bischof (Gustave) : On putrescent organic matter in potable Water (Proceedings of the Boyal Society, n° 180, 1877). — Grahn (E.) und Meyer (F. Andr.) : Reisebericht einer von Hamburg nach Paris und London ausgesandten Kommission ùber kùnsttiche centrale Sand filtration zur Wasserversorgung von Stâdten und ùber Filtration im kleinem Massalabe. Hamburg, 1877. — Du Mesnil (O.) : L'exposition et le Congrès d'hygiène et de sauvetage de Bruxelles en 1876 (Anna'es d'hygiène, 2e série, XLVII, 1877). — Grahn : Die stâdtische Wasserversorgung . Mùnchen, 1878. — Koenio und Poppe : Anlage und Ausfuhrung von Wasserleilungen und Wasserwerken, Leipzig, 1878. — Falk (Fried.) : Zur Trinkwasseruntersuchung (D. Vierteljahrsschrift f. ôff. Gesundheitspflg., X, 1878. — Kratschmer : Ueber organische Substanzen in Trinkwasser (Wien. medic. Wochenschrift., XXVIII, 1878). — Lewin : Untersuchung ùber den Eisenschwamm und die Thierkohle als Reinigungsmittel fur Wasser (Zeitschr. f. Biologie, XIV, 1878). — Fischer (F.) : Die chemische Technologie des Wassers. Braunschweig, 1878. — Ritter (E.) : Les eaux de Nancy au point de vue hygiénique. Nancy, 1879. — Nichols (W. Ripley) ; On the Filtration of the potable Water. New-York, '1879. — Lossen (K. A.) : Reinigung und Entwâsserung Rerlins. 13. (Schluss) Heft. Berlin, 1879. — Denton (J. Bailey) : House sanitation, Water supply, and domestic Filtration. Some remarks on the internai Watersupply for dwellings, an the best means to be adopted for the removal of the Contaminations which results from ils storage in Tanks and Cisterns. London, 1879. — Masquelez : Établissement de la distribution d'eau de la ville de Lille. 2e éd. Paris, 1879. — Bischof (G.) : Untersuchungen ùber den Eisenschwamm und die Thierkohle als Reinigungsmittel fur Wasser (Zeitschr. f. Biologie, XV, 1878).

Conduites de plomb. — Pappenheim : Die bleieren Utcnsilien fur das Hausgebrauchswasser. Berlin, 18G7. — PERsor«NE (J.) : Emploi des tuyaux de plomb pour la conduite des eaux potables (Gazette hebdomad. de méd. et de chir. 1873 et 1874). — Bobikrre (Adolphe) :

DU VÊTEMENT ET DE LA PROPRETÉ CORPORELLE

[Hygiène

Compte rend. Acad. des scienc, 1er décembre 1873. — Champouillon : Sur l'usage des tuyaux de plomb pour Veau potable (Compt. rend. Acad. des scienc, 1873). — Belgrand : De l'action de l'eau sur les conduites en plomb (Ibid. 1873). — Gaultier de Cl4ubry : Des soins à prendre dans l'étude des causes d'altération d'eaux potables ou ménagères, etc. (Annales d'hygiène, 2e série, XXXIX, 1873). — Boudet : Sur l'emploi des tuyaux de plomb dans les conduites d'eaux de Paris (Bull, de l'Acad. de méd., 1874, 3 mars). — Reichardt (G.) : Die Verwendung von Bleirohren zu Wasserleitungen (Corresp. Blatt. des Niederhein. Vereins f. ôff. Gesundheitspflg., V, 1876). — Hubler : Ueber die Unzulâssigkeit von bleiernen Leitunqsrohren fur Wasserleitungen (Jahresbericht der Gesellschaft f. Naturund Heilkunde in Dresden, 1876-77). — Muller-Reninga : Bleivergiftungen durch Trinkwasser (Eulenberg's Vierteljahrsschr., XXVII, 1877). — Lent : Zur Frage von der Flussverunreinigung in Deutschland (Gorr. Blatt des niederrhein. Vereins f. off. Gesundheitspflg. VI, 187 7). — Emmerich (R.) : Die Einwirkung verunreinigten Wassers auf die Gesundlieit (Zeitschr. f. Biologie, XIV, 1878). — Moizard : De l'intoxication saturnine par les conduites d'eau récemment installées (Revue d'hygiène, 1879, n° 6). — Ritter : Les tuyaux en plomb pour la conduite des eaux potables (Rapport sur les travaux des Conseils d'hygiène de Meurthe-et-Moselle, 1878-1879). — Richard (E.) : Empoisonnements saturnins en Algérie, etc. (Ann. d'hyg. publiq., sept. 1880). — Rocques (X.) : De la perforation, par l'air, des réservoirs en zinc et de l'attaque des tuyaux de plomb (Revue d'hygiène, II, août 1880).

Voy. en outre : la Bibliographie du « Sachregister » de la Deutsche Vierteljahrsschrift /. ôffentliche Gesundheitspflege depuis 1872 (Wasserversorgung). — Se reporter égalemen à l'article : Eaux superficielles et, pour les détails particuliers, lire le travail cité de Du Mesnil (0.).

Page 1