‹ Nouveaux aperçus sur les causes et les effets des glairesChapitre 8 sur 27 · CINQUIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUIÈME FAIT

Le chagrin qii occasionne V amour non satisfait donne lieuàlaformation des glaires.

Maigreur parvenue jusqu’au marasme.

Si la perte de parens ou d’amis qui nous sont chers peuvent, comme on vient de le voir, causer des chagrins bien vifs , qui , en affectant fortement le moral , troublent l’ordre des sécrétions, dérangent les fonctions de la peau , celles de l’estomac , et donnent lieu à la formation des glaires ; assez* souvent aussi des effets non moins funestes résultent des peines que cause un amour non satisfait, surtout lorsqu’on craint de ne jamais posséder l’objet qui occupe toute notre pensée.

Heureux lorsqu’on trouve à se consoler dans le sein de l’amiiié, parce qu’alors le désordre est moins grand ; mais combien n’est pas à plaindre le sort de l’être timide forcé de faire taire un sentiment qu’il n’a que trop écouté , sans oser confier ses peines à personne : son cœur , continuellement serré , réagit avec une faiblesse toujours croissante sur le sang qui ne cesse de lui arriver, et qui, par conséquent, n’est pas poussé avec assez

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de vitesse dans les vaisseaux les plus déliés pour entretenir la vie spr tous les points de l’économie animale ; de là , la nécessité où se trouve l'humeur transpirable de suspendre sa marche sur la périférie, et de se fixer sur ceux des viscères qui , par la délicatesse de leur structure, leur offre le moins de résistance ; aussi n’est-il pas étonnant de voir des personnes trop sensibles et malheureuses en amour , avoir l’estomac dérangé et plein de glaires , les intestins très-paresseux , les nerfs, continuellement irrités, la peau trèssèche , et tomber dans une maigreur dont

l’objet chéri peut seul arrêter les progrès.

Une demoiselle , âgée de 18 ans-, d’un physique aussi agréable qu’elle était bonne et confiante , comme on l’est naturellement à cet âge , reçoit plusieurs mois de suite la cour d’un homme de 3o ans , dont le langage la séduit et l’attache chaque jour de plus en plus : elle croit fortement que , fidèle à sa promesse, il deviendra son époux ; et malgré ce qu’elle entend dire , elle le juge incapable delà tromper; mais à des soupçons auxquels sa conduite l’oblige enfin à se livrer, succède la certitude d’avoir été abusée , et bientôt elle éprouve

un chagrin dont la vivacité n’échappe à aucune des personnes qpi l’entourent, sans qu’on puisse en deviner le motif ; son visage se décolore, ses yeux se ternissent, elle se plaint de maux d’estomac , et pour peu qu’elle mange , elle vomit presqu’aussitôt beaucoup de glaires ; sa peau est desséchée et sa maigreur approehe du marasme , lorsque son médecin, qui jusque-là avait fait de vains efforts pour découvrir la cause de son mal , apprend qu’on ne voit plus venir à sa maison un j tune homme avec lequel elle espérait de s’unir ; profitant de la leçondonnée par Érasistrate, le docteur ne conseille plus pour remède que de faire cesser l’éloignement du jeune homme etde hâter le plus possible son mariage avec elle. Get.avis est adopté par ses parens, disposés à faire les plus grands sacrifices pour que leur fille se rétablisse et soit au comble de ses désirs j on l’en instruit avec les précautions indiquées par la grande faiblesse où elle est , et depuis ce temps elle va de mieux en mieux ; son estoiïiac se trouve chaque jour plus en état de digérer , les glaires disparaissent tout à fait , ainsi que la sécheresse de sa peau ; elle reprend son embonpoint, et sou teint sa fraîcheur ordinaire.

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11 me serait aisé de rapporter d'autres exemples pour convaincre de tout le mal que peut occasionner le chagrin , quelle qu’en soit la cause , en donnant lieu à la formation de l’humeur glaireuse ; mais je dois me borner à. ceux qu’on vient de lire , et qui paraîtront sûrement assez nombreux , pour parler actuellement des suites bien graves qu’ont souvent une trop grande application à l’étude et la vie sédentaire.

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