I. Avec tant de pn'cision
charlatan raconte une anecdote très circonstanciée de guérison; dès lors, c'est fini, ils sont vaincus. J'ai vu cela dans des simples et des enfants. Contez-leur une histoire merveilleuse, ils feront effort d'abord pour ne pas croire. « Oui, mais ce n'est pas vrai cela », tout en écoutant à grands yeux, et ayant bien envie de croire. Au bout de quelque temps, le penchant l'emporte : car un effort d'époque chez les simples est ce qu'il y a de plus pénible, plus encore qu'un effort d'attention. Us se raidissent dabord contre la merveille, puis lâchent. Et si ce n'est pas trop merveilleux, ils croiront bien vite.
Majestati naturœ par ingeniuœ. C'est faux. La nature n'est pas seulement d'une majesté calme, urbaine et poudrée comme Buffon; elle est aussi sauvage, fantastique, hardie, et belle : par là Goethe me la représente mieux que Buffon. Voyez les montagnes, la mer, cela ressemble- 1- il à Buffon? Le Jardin des Plantes n'est pas la nature. Or Buffon n'est qu'un jardin.
lor;.
Pourquoi dans nos sociétés modernes n'avonsnous plus le type du philosophe ancien, qui n'écrit plus, mais remplit une fonction sociale, Socrate, Stilpon, Antisthène, Pyrrhon, etc.. Ils parlaient et tenaient école, voilà tout. — C'est (]ue P christianisme; iP les litres tuent V école. (Voir alibi quœ notaviy et quœ Sacrâtes iu Phœflro (lescripsit.)
C'est un procédé commode d'attribuer au christianisme tout ce qui est en temps modernes et n'était pas en temps anciens. En effet, voici comme on raisonne : voici un avantage que nous avons sur les anciens. Donc sa cause doit être quelque chose qui est chez nous et n'était pas chez les anciens. Or parmi ces choses, ce qui crève le plus les yeux, c'est le christianisme. •Nous avons des lois, des républiques. Donc, c'est christianisme cause de tout cela. Avec une si grossière méthode, il faudrait aussi dire que tout le mal qui est chez nous et n'était pas chez les
anciens vient du christianisme, ce qui serait très faux. Cf. Guizot, Histoire de la civilisatioîi en France, où il blâme cet exclusivisme, et reconnaît trois ou quatre causes de nos institutions : les institutions romaines, le christianisme, les institutions barbares, etc. L'autre système ressemble à ces vieilles hypothèses qui voulaient en psychologie et physique tout faire porter sur un point. La bonne méthode (écossaise) est de rétablir la pluralité des causes quand on ne peut scientifiquement tout réduire à une. Id mon développement. Scis.
L'épicuréisme n'aura jamais faveur auprès du peuple. Dites à un pauvre : amusez- vous, il vous tournera le dos. C'est bon pour les riches. Pour le peuple il faut une doctrine triste, qui pleure avec lui, le christianisme, par exemple. Cela prouve que l'épicuréisme n'est pas le vrai, car le vrai est pour tout le monde. Donc, dira l'orthodoxie, le christianisme seul est vrai, et non ta philosophie, qui n'est pas non plus pour tous. Mais ce n'est qu'une différence de forme, mêmes idées morales, et cela suffît; car c'est par là
seulement qu'il faut communiquer avec le vulgaire.
Singulier mot que Dieu. Sans article, nom propre? nom commun? Jéhova, nom propre.
(Voir alibij not. ad, class, explicat.)
Il n'est presque rien qu'on ne puisse trouver admirable et profond. Mais cela n'est pas perm9\s de tout. Les classiques sont ceux sur qui on est invité à faire ce facile eflort. Là, cherchez des beautés, on ne vous dira rien ; mais dans loi moderne, vous serez ridicule. En vérité, le lerlonr fait les trois quarts de ces beautés. Ah 1 vive la
science !