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Voici comment une école arrive à traiter des questions toutes différentes de celles qui l'occupaient d'abord, par exemple les Platoniciens du souverain bien, etc. Plalon n'en a pas parlé,
mais la question est ensuite soulevée par d'autres écoles ; on sent le besoin de la résoudre soimême, et on répond dans les principes du maître, comme il eût fait lui-même, ou du moins comme on suppose. Ainsi se font les modifications des écoles. (Voy. Cicéron, De Legibns, 1. I, ch. xx.)
Corneille, type du génie sans goût, produisant beaucoup, beau et mauvais, et ne sachant pas faire Téliminalion, choix, prenant tout. Rappelez ma théorie. Goût, ciseaux triant dans le syncrétisme.
Toutes les fois qu'un homme dit à un autre :
C'est un sens que vous n'avez pas, et que je ne puis ni VOUS' définir ni vous prouver, ils doivent s'arrêter et clore la dispute. Car l'un se retranchera en son doute méthodique, doîiec probetur. Et l'autre aura droit d'exiger qu'il ne se moque pas, car l'aveugle aussi. Ainsi prouver à quelqu'un la poésie, le beau, Tidéal, la vertu, et, prétendent les orthodoxes, la foi, c'est impossible.
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i42 NOUVEAUX CAHIERS DE JEUNESSE
Les orthodoxes n'ont pas tort en cela, et on ne peut les évincer, qu'en prouvant positivement qu'ils ont tort. Mais leur incapacité de prouver ne prouverait rien, si elle était seule: car avec cela, ils pourraient avoir raison. Et ce serait cercle vicieux de les attaquer. Ils ne prouvent pas, direz- vous ; mais s'ils ont raison, ils ne doivent pas prouver. Or, s'ils ont raison, est la question. Prouvez donc qu'ils n'ont pas raison. Un éristique eût inventé sur cette roulette un joli sophisme.
Voir en a Ernest »^ à l'épisode Nollm, coinmencemeiÊi d*une lettre semblctble ^
Il y a une manière originale de puiser son inspiration dans les livres de ses devanciers littéraires. Car enfin, si l'inspiration prise occasionnellement aux beautés de la nature ne détruit pas l'originalité, ix)urquoi les beautés intellectuelles ne seraient-elles pas causes occasion ne? les de création du beau? Mais il faut qu'elles ne soient que causes occasionnelles et non thème à copier, ou imiter ou extraire. On s'enflamme par
1. Nolliri était un ramîira(h» d'Ernest I<<nan ;\ Saint-Nirolas. V. fjcUres du SèminairCy Paris, in-S°, lîHKJ, pp. r>7, 72, 78 et suiv. Allusion k un j)roji*t dr roman (inédit), où le héros ^^e nomme Ernest, et où ce Nollin joue un ri»le secondaire.
leur contact, mais on ne prend pas leur Oamme, flambeau qui s'allume à un flambeau.
Singulière idée de notre siècle de ne regarder comme vraiment sérieuse que la politique et encore en action. On se préoccupe que l'humanité nous pèse sur les bras à chacun, et qu'il s'agit de mettre la main à la pâte. Sur tout le reste, on rit.
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Demi-cauchemar fort remarquable. Je voyais des choses horribles, mais, comme les circonstances physiologiques n'étaient pas assez décidées pour les faire apparaître comme réelles, j'imaginais que c'était un spectacle où j'assistais et où je voyais tout cela représenté. Ce tour est fort remarquable. Il m'a fait saisir une vue rapide de la manière dont se forment les songes. Une image vague et sans aucune liaison, fournie par l'association des idées, mais tout cela ne formerait qu'un non-sens complet. L'induction agit sur ce chaos, complète, coordonne, elle supplée le néces-
saire que ne donnait pas l'association des idées. Ici par exemple l'idée de voir tout cela en spectacle ne pouvait venir de cette association; mais c'était une conséquence tirée, une espèce de cheville ajoutée pour mettre toute cette incohérence en édifice. J'ai souvent observé des efforts d'arrangement analogues venant d'une faculté combinante dans les songes, facuUé qui agit ainsi : cela ne peut être ni ainsi, ni ainsi, ni ainsi... Donc il faut que ce soit ainsi. Et quand même ce dernier vff\i{)\um serait fort invraisemblable, la faculté l'adopte, car elle n'est pas difficile en rêve, par la faiblesse de l'attention.
Toutes les religions suivent la loi de la (légmilafiim riidinfnitdiir. Par exemple, offrandes de légumes, fruits, etc., essenliolles on anciens cultes; en christianisme, ont à peine un rôle : offrande d'épis, etc., mais presque rien, et à peine consacré par un rite reçu et consacré.
.\(.i^. 11 y a dans cette tentative de Fleurs aniniresy une
grande vérité philosophique supposée, c'est Tiden-
tité foncière de toute forme, facilité à transformer une forme de fleur en une forme humaine, un même type caché, ou plutôt une même idée représentée par telle fleur et tel genre de beauté. Cet Allemand * qui faisait série à transition insensible de la face humaine à la grenouille. — Cet autre qui en deux ou trois traits de crayon changeait l'une en l'autre. Où ai -je vu cela? N'est-ce pas en madame de Staôl? Là est la philosophie du dessin.
Voir surtout l'œillet.
Le siècle où la critique est le plus avancée n'est pas toujours celui où la production littéraire Test le plus. Ainsi assurément nos critiques sont plus avancés que ceux du xvii® siècle; ils aperçoivent de magnifiques théories, ils sont fins ; les Allemands ont, à mon sens, découvert de nouvelles régions dans le pays du beau ; mais elles n'ont été qu'aperçues, non encore explorées. Voir une veine de beautés n'est pas la traiter. La haute théorie romantique, comme je l'entends, du beau