Allusion au passage de Tacih\ Annolm. IV, It'i
CADEAU d'enfant 269
goût du peuple. Ne peut rien changer au théâtre. Le princeps a son goût; nous le nôtre. Ita avec modification, sous Louis XIV, pour le peuple qui n'avait de goût presque pour rien, si ce n'est encore pour ses vieilles traditions.
La liberté pourrait reproduire chez nous ce que l'enthousiasme religieux a fait en âges passés. Croisade de liberté. On le verra, j'en suis sûr. Ces idées -là sont actuellement seules puissantes. Que cinq cent mille têtes exaltées à ce ton se lèvent, figurez-vous ce que cela ferait. Ce serait un mouvement religieux.
Comment V objectif de Descartes et des cartésiens est notre subjectif. Voyez Cousin, Fragments cartésiens^ p. 153 et 154. Il en fait la remarque expresse. Voyez aussi pages 154 et suivantes, emploi de ce mot par Retz. ^— Notre objectif est exprimé par l'être en soi, dans ce fragment.
Les sciences mettent bien plus dans les idées du progrès que les lettres et une certaine philosophie. Nos savants y sont en plein, jusqu'à en être niais. M. Dumas, par exemple, sa manie intellectuelle, etc., son discours d'ouverture à l'École de Médecine (1846). Nos lettrés non ainsi, M. Le Clerc, M. Barthélemy-Saint-Hilaire.
Singulière association en songe. M. Duchesne *, mon professeur de rhétorique, s'y est trouvé mêlé et, par suite, je me suis trouvé exactement dans l'état intellectuel où j'étais sous lui ; révolutionnaire, mécontent, etc., tellement qu'en me réveillant, je ne me reconnaissais plus.
:ii.
Je viens de concevoir dans un instant furtif comment il se pouvait que le progrès de la f)eiisée ne fût (jifune sorte de végétation sans but. La pen-
I. I*inirss«'iir à Sainl-Ni« i.Ims. Noir Lettres du SéininairOy I.p. 110, [l'A.
CADEAU d'enfant 271
sée est posée comme fait, et il résulte de ce fait qu'elle s'étend et s'élargit. Ceci serait conséquence, mais non fin.
Je me suis cru transporté en songe cette nuit dans mon passé chrétien, et c'est étonnant comme l'illusion était complète. J'avais toutes les manières de sentir d'alors avec un ensemble et une unité admirables. Ajoutez que ce rêve était plein d'allégories fines et très symboliques, de lumière, père, etc., et j'y donnais le sens. 11 faisait un jour intermittent, et tantôt je n'y voyais pas, au milieu d'une foule de chevaux, etc., en grand émoi. Enfin, je suis entré au cabinet de lecture de la rue de Vaugirard où M. Jules Simon pérorait pour VÉglise carbonariste. (Singulière création d'imagination.)
Voici comme j'entends le commerce des diverses sciences, et comment la linguistique, par exemple, peut servir à l'histoire naturelle. — H y a certains problèmes communs à toutes les sciences.
les parcourant toutes, ou du moins dont Tanalogie se retrouve en toutes. Ainsi la question des espèces et leur unité primitive, etc. — Or il se peut qu'en certaines sciences la solution soit facile, en d'autres, au contraire, très difficile, faute de données. Alors quand le problème a été résolu en une science, il ne faut qu'une attention délicate pour l'appliquer, mutatis mutcmdis^ aux autres.
Chaque chose est fin vis-à-vis d'elle, et moyen vis-à-vis de tout le reste. Or comme elle est bien peu de chose vis-à-vis du reste, la fin s'anéantit presque en elle devant le moyen. Je fais toujours cette réflexion en parcourant les rues de Paris : ce qui fait que telles rues sont plus fréquentées que d'autres n'est pas souvent leur importance intrinsèque, mais l'importance et le nombre des lieux où elles conduisent. Mais, direz-vous, c'est déplacer Timportance, car au moins les lieux où elles conduisent sont fins. Pourquoi la rue en question ne le serait-elle pas aussi? Oui, mais c'est que leur nombre est énorme, relativement à la rue en question. Ainsi dans la théorie générale des êtres. De là la nullité de l'individu dans le tout.
CADEAU d'enfant 273
L'esprit humain a réellement fait sa seconde et sa rhétorique^ par les humanistes du xvi® siècle ; sa logique par Port-Royal et le xvii* siècle, ou plus généralement sa philosophie par Descartes ; ses mathématiques et physique spéciale par le xviii® et les savants de la Révolution et de l'Empire. Mais cela pas successivement, mais à la fois, sur divers points. Ces points de vue sont exacts, pourvu qu'on ne les réduise pas à un concept trop assimilé et trop matériel.
Il faut s'habituer à couper les littératures non par peuples, mais par développements complets. Ainsi la littérature française est un mauvais mot. Il faut dire la littérature classique qui est finie et sur laquelle en France naît une seconde littérature. — Ce qui trompe, c'est que chez les anciens, cela n'a pas eu lieu; il n'y a eu pour chacun qu'une littérature. Mais les peuples modernes sont bien plus féconds. Ils peuvent fournir deux oii trois vies. Au fait, vous avez aussi chez les anciens : littérature des Pères de F Église. Voilà un
développement tout en dehors du temps et de la nation. — De même, chez nous, le classique se prolonge encore. Et puis éviter les coupes dures ; tout cela est un mélange nuancé par dégradation insensible à toute époque. Ainsi maintenant la physionomie est une et pourtant il y a classique et l'autre.
39 bis.
Les Orientaux ne connaissent j>as la différenciation fine des caractères. Job par exemple ; il n'y a pas de caractères. Nous, nous voyons la différence des hommes. Et encore est-ce surtout en notre siècle. Poussons même à l'excès en nos œuvres d'art, on voit partout l'affocUition d'agencer les caractères.
11 est évident que ce dixième chapitre de la Genèse n'est qu'un thème généalogique dans le goût ancien : les trois quarts, sinon tous les noms qui y sont compris sont des noms de nations, qui ont été métamorphosés en éponymes, et rattachés à un stemma fictif. — Par exemple ]V est évidemment le nom des Ioniens. — Mais c'est bien fictivement qu'on l'a rattaché à Japhet. Car les Grecs, dont le stemma peut avoir ici plus d'autorité, le font frère de Dorra et d'^Eolus, tous fils d'Hellen. Le stemma est lui-même évidemment éponyme et signifie tout simplement que la race hellène se divisait en trois branches, comme on disait : izaiZtç 'EXXVjvwv, on a dû dire iraTSe;
*'EXXt,voç. L'hébreu ne veut donc dire autre chose, quant au fond de la pensée, si ce n'est que, obligé de rattacher les Grecs à une de ses trois branches noémiques, il les a rattachés à Japhet. Pourquoi a-t-il désigné les Grecs par cette locution partielle? Rien de plus simple, et c'est là un fait très général de la géographie ancienne : Cf.* DTi^, •c?'»c?")n^ etc. — on alK)rde à Cittiunn; comment s'appellent les habitants? Cittiens, on applique le nom à toute Tîle. — De même les Orientaux en rapport avec les Grecs ne connurent pro . bablement que les Ioniens. De là on appelle tous les Grecs lavan. Fait important et très général : partialité des dénominations géographiques.
Pourquoi l'espace a-t-il trois dimensions et m» concevons-nous pas la possilâlité d'une quatrième, en sorto que. le mouvement du point engendrant la ligne, le mouvement de la ligne la surface, h» mouvement de la surface le solide, le mouvement