‹ Nouveaux chants du soldatChapitre 48 sur 52 · L'ÉBAUCHE · texte numérisé non relu

L'ÉBAUCHE

Ah! muilre! (lu'clle était terrible cette ébauche! Et je souffrais. Pourtant ce que je voyais là, C'étaient les Francs de Gaule et les Huns d'Attila! Je voyais bien, luttant sous ta main créatrice. Cette horde en furie et ce peuple au supplice; Je voyais les efforts de ces fiers insensés Qui, sûrs de bien mourir, pensent que c'est assez-, Je voyais les forfaits dont le vainqueur se souille, Les blessés qu'il achève et les morts qu'il dépouille; Je voyais tout ce sang versé pour tout ce vol, La peste dans les airs et la faim sur le sol, La vengeance et le mai, la haine et la ruine. Tout ce que l'on comprend, tout ce que l'on devine. Je l'ai vu, j'ai vu même, admirant ton effort, Ton attaque à la guerre et ta guerre à la mort ;

Mais je ne voyais pas, non, que le ciel m'écrase! Je n'ai pas vu, malgré l'éclair de ton extase, Que ce que tu peignais c'était, — rêve inouï ! — Nous, les Français d'hier, eux, les Huns d'aujourd'hui.

CHANSON

Page 1