‹ Nouveaux contes du pays d'Ouest, avec un frontispice de Louis Legrand et une couverture illustréeChapitre 6 sur 38 · VI. — LA COIFFE · texte numérisé non relu

VI. — LA COIFFE

Marie Dahut est une sardinière de Douamenez en Bretagne. £lle habite sur la hauteur, au faubourg de Ploaré, tout contre l'église, dont les fenêtres flamboient au soleil couchant, dans leurs cadres de pierres. Du clocher sculpté, à la flèche hardie qui s'élance à plus de cinquante mètres du sol, les heures tombent régulièrement sur la basse chaumine de Marie Dahut, tapie au ras du sol.

C'est bâti en pierres du pays, rejointoyées de plâtre, mais le plâtre est presque parti de partout, sous l'action du temps, du vent qui passe sur la mer, de la pluie qui vient sans cesse, portée vers la terre par les épais nuages gris, en marche dans le ciel comme de lourdes escadres. C'est tout envahi, surtout du côté de l'ouest, par la végétation spontanée qui pousse dans les interstices des pierres ; une moisissure d'abord, puis de la mousse

épaissie d*année en année ; de sorte que chaque morceau de la muraille, granit bleu ou schiste roux, est encadré de velours vert.

Sur le toit de chaume épais, dont le bord, coupé nettement, surplombe la chaumière, paille d'or des blés d'autrefois devenue une matière brune pareille à un composé de terre et de fumier, une forêt minuscule d'herbes et de graminées a poussé. Toutes les saisons s'y voient, le printemps et ses fleurs, l'été avec ses tiges mûries, l'automne aux graines volantes, l'hiver desséché ou humide. Une faune d'insectes innocents ou rapaces, végétariens ou carnassiers, anime cette brousse aussi touffue et mystérieuse que la savane. L'abeille butine son miel et les pucerons paissent la verdure. L'araignée tend ses toiles en rosaces et la fourmi creuse ses caves à provisions. Les mouches tournoient, les limaces rampent.

Marie Dahut dort sous ce fragment de nature plein de sèves, de couleurs, de bruits, de bourdonnements et de cheminements. A l'intérieur, on est aussi tranquille que dans un tombeau, et la sardinière, lorsqu'elle est enfermée dans son lit clos, derrière les panneaux découpés, peut sommeiller aussi paisiblement que les morts sous les pierres tombales de l'église voisine.

On n'y voit guère clair, ni le jour ni la nuit. L'unique fenêtre aux petits carreaux verdâtres et encrassés ne laisse jamais pénétrer dans la salle

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qu'une lueur de veilleuse, qull y ait au dehors For du soleil ou l'argent de la lune. A peine si Ton distingue les luisants des meubles, le rougeoiement du feu dans Tâtre. Lorsque les yeux sont habitués aux choses, au sol de terre battue, au plafond noirci par la fumée sans cesse rabattue par le vent, on aperçoit alors la table et le banc, Tarmoire et le lit, et, sur le manteau de la cbe* minée, le cuivre d'un chandelier, la lueur rousse d'une bouteille.

Dans cette pénombre, il y a une forme noire : c'est celle de Dahut qui va et vient d'un pas lourd. Elle promène avec elle une clarté vive, une blancheur éclatante, un doux éblouissement : la légère coiffe bordée de dentelle, aux brides flottantes, passe, va de la fenêtre à l'armoire, de la cheminée au lit.

Toute la journée, la maison est seule, la chambre est solitaire. La porte n'est fermée qu'au loquet, et personne n'a la tentation d'entrer, puisqu'il n'y a rien à voir que ce qu'il y a partout : une cheminée enfumée, une vieille armoire, un lit clos. On sait que Marie Dahut est à l'usine. Elle a dévalé la pente de Douamenez jusqu'au quai ; elle n'a même pas regardé le spectacle de tous les jours qui change tous les jours, le ciel immense défloyé au-dessus de la mer immense, l'espace bleu, rose ou gris, à travers lequel évoluent les nuages, les vagues et les barques. Elle n'a pas une songerie

ni une curiosité pour Tarrivée ou le départ des Yoiles blanches et brunes qui courent sur les flots, pour la plage de sable nacrée par l'eau, pour les promontoires perdus à l'horizon, pour toute celle splendeur de nature indifférente devant les cœurs indifférents.

Elle est en retard, elle va vile ; ses sabots sonnent sur la pierraille de la route ; elle passe entre les maisons blanchies à la chaux, les logis des pêcheurs, les cabarets ; elle ne dit bonjour à personne et personne ne lui dit bonjour ; elle tourne une ruelle, débouche sur le port, entre par une grande porte, elle est dans l'usine.

Elle y est jusqu'au soir, et jusqu'au soir elle manipule les sardines, l'huile, les boites de ferblanc. Il y en a des centaines d'autres avec elle, des fillettes, des femmes, tous les âges, toutes les allures, toutes les beautés, toutes les laideurs, toutes les gaietés, toutes les tristesses. Les unes parlent, les autres rient ; d'autres chantent, d'autres sont silencieuses. Autrefois Dahut a été une gaie : elle a bavardé, ri et chanté avec les autres. Aujourd'hui, il n'y a plus en elle de vivant, semble-t-il, que ses mains machinales. Elle entend sans les écouter les chansons qui ne mâchent pas les mots, chansons d'usine des sardinières qui ne le cèdent en rien aux chansons de corps de garde et de route des militaires. Elle ne répond pas aux paroles, et les rires ne font pas naître son rire.

Elle n'est pas laide, elle est même plutôt belle, le visage bien formé, le menton net, le nez fin légèrement busqué, les yeux d'un bleu vert de mer. Elle semble fine, elle a de la race, et il a dû y avoir de la malice dans ses yeux où sommeille une eau morne, de la ruse de fille aux coins de cette bouche mince, joliment dessinée, où la lèvre humide maintenant est un peu pendante.

Dahut ne retrouve un peu de vivacité qu'au moment du départ. Elle se lève, remet ses sabots, son châle, sort pêle-mêle avec les autres. La foule des sardinières est noire et blanche sur les dalles du port : sombres robes garnies de velours, coiffes claires aux barbes soulevées par la brise du soir, qui agite aussi les voiles des barques et rebrousse la crête des vagues. La foule se divise, les groupes se forment, s'attendent, s'appellent, Dahut file toute seule par la ruelle, au long des maisons, puis tout a coup disparait.

Elle est entrée au cabaret et elle y reste. Cette forme noire coiffée de blanc que l'on aperçoit à la brune encore transparente ou à la nuit noire, et qui remonte le chemin en zigzagant et en titubant, jusqu'à l'église de Ploaré, jusqu'à la chaumine silencieuse, celte forme c'est elle. Elle n'arrive pas toujours au but, elle disparaît encore : elle est entrée dans un autre cabaret, comme si elle s'effondrait dans une trappe. Des fois, elle ne

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sort pas toute seule du piège où elle s'est prise, il faut la délivrer, la pousser dehors par les épaules, comme une vieille bête qui ne veut pas s'en aller. Souvent elle trébuche et elle tombe, pendant que la porte se referme et que l'on entend des éclats de rire.

En maugréant, elle se relève, retombe, se relève encore, s'en va cognant les murs, les arbres, barbotant dans la boue, arrive enfin chez elle, lorsqu'elle y arrive, qu'elle peut pousser le loquet, aller jusqu'à la cheminée, atteindre de ses mains tremblantes la bouteille rousse où elle boit au goulot. Enfin elle brûle dans le feu de la boisson, elle vacille une dernière fois et s'écroule dans son lit clos ou sur le sol, mais non sans avoir, avec des précautions inouïes, une subtilité de doigts extraordinaire, détaché, désépinglé sa coiffe. Elle la prend comme une chose précieuse, la porte à travers la salle qui tangue et roule comme un navire dans la tempête, jusqu'à l'armoire où elle l'enferme, en appuyant bien sur la porte des deux mains, comme si la chose immaculée et fragile voulait se sauver.

Si on ramasse Dahut sur la route — quelque voisin ou voisine au cœur compatissant, qui la porte et la traîne jusqu'à chez elle — quand elle sort de sa torpeur, son premier mouvement, au matin, est pour sa coiffe, qu'elle prend, qu'elle regarde de ses yeux déchargés de l'ivresse de la

veille. La- coiffe est blanche, pure, indemne de toutes les saletés, de toutes les taches, de toutes les tares qui souillent la malheureuse fille.

Le dimanche matin, de bonne heure, pendant que la musique des cloches de la première messe tombe sur le toit de chaume, Dahut repasse une coiffe qu'elle a lavée et amidonnée la veille ; elle la tient sur sa main, la fait tourner avant de la poser sur ses cheveux en bandeaux, devant le morceau de miroir fixé à Tembrasure de la croisée. Cette coiffe toujours .blanche, immuablement blanche, c'est tout ce qu'elle a gardé de la joie et de la coquetterie de son enfance et de sa jeunesse ; c'est quelque chose de son âme naïve et innocente qui apaise et rafraîchit sa tête brûlante ; c'est le restant de sa dignité, le signe encore visible de sa conscience, parmi les abandons et les horreurs de sa déchéance et de sa décrépitude.

Marie Dahut a quitté l'usine, Douarnenez et Ploaré. Elle est venue à Paris, s'est perdue aux flots mouvants de la foule, chassée de partout, s'abimant dans l'alcool, tombant à la fange des pires marécages. Et puis un soir où des gamins se sont acharnés après la vieille pocharde et ont jeté de l'eau du ruisseau sur sa coiffe, elle a eiTé jusqu'à la nuit, jurant et se lamentant.

D'un pont illuminé, une forme noire est tombée à Teau, pendant qu'un vol blanc d'oiseau léger et rapide, emporté par le vent, s'en allait vers l'ouest.

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VÎI. — FANCHETTE GALLEC

Fanchette Gallec était réputée la meilleure repasseuse de Morlaix.

Elle n'ayait pas sa pareille pour donner le dernier coup de fer aux pièces délicates que lui confiaient les dames et les demoiselles de la ville, de n'importe quel raui|^ social.

Les ouvrières de la manufacture de tabacs, qui font retentir quatre fois par jour, du bruit de leurs sabots, les rues montantes et descendantes, comme les paysannes de Ploiqean qui viennent vendre leur beurre tous les matins, les boutiquières de la Grand'Rue, comme les bourgeoises de la place de Viarmes et du quai de Tréguier, étaient ses clientes. Et elle en avait encore bien d'aulres de tous les environs, par les terres et vers la mer^ dans les châteaux, enfouis au fond des parcs ou dressés sur les collines rocheuses.

Ouvrières et paysannes, boutiquières, bourgeoises et châtelaines ne voulaient qu*eUe pour

donner la forme et Téclat à leurs coifles, à leurs cols, ù leurs poignets, à leurs jupons brodés, à leurs chemises ajourées de dentelles.

Fanchette était une belle et solide Glle de vingt-huit ans, brune et fraîche, les joues rose vif à croire qu'elle y gardait toujours la chaleur de ses fers, les yeux d'un brun de velours. Yétue de noir, un peu de galon au col et aux manches, un rond de dentelle sur les cheveux, à la place de la lourde coiffe morlaisienne, elle se parait le dimanche d'un fichu croisé sur le corsage, d'un tablier de soie, de mitaines et d'un parapluie.

Elle habitait au premier étage d'une de ces vieilles maisons qui semblent se retenir à grand'peine sur le flanc de rocailles et de jardins des collines qui forment l'entonnoir de Morlaix. Le logis de Fanchette était rue Saint-Melaine, contre l'église qui dominait autrefois la ville, et qui est maintenant prosternée au bas de l'immense viaduc dont les arches enjambent la vallée, la rivière, les maisons et les clochers.

Sa maison était une maison de guingois, coiffée de travers d'un toit de tuiles où s'ouvrait une seule lucarne, pareille à un œil de borgne à demi couvert de la taie d'un rideau blanc.

Fanchette n'avait qu'une amie de son âge :

Adèle Riou, blanchisseuse comme Fanchette était repasseuse. Elles étaient amies et collaboratrices, aussi renommées l'une que l'autre, ayant les

mêmes clientes. L'une commençait, Tautre finissait. C'était Adèle Riou, logée rue de Bourette, qui apportait le linge blanchi chez Fanchette Gallec, et c'était Fanchette Gallec qui rapportait le linge repassé chezles clientes.

Active, avenante, empressée, Fanchette ne traînait guère chez les gens. Elle disait, d'un bon visage, et d'une voix cordiale, les choses indispensables, écoutait, d'un air d'intérêt qui Taisait plaisir, tout ce qu'on lui racontait de vieux et de neuf, et prenait congé avec politesse, laissant tout le monde ravi d'elle.

Elle ne s'attardaitun peu que chez M. Le Marois, capitaine au cabotage, habitant une maison qui avait une façade sur la place de l'Hôtel-de-Ville, et d'où l'on voyait, par les fenêtres, à travers les piles du viaduc, l'eau de la mer monter, grossir, puis décroître, dans le lit de la rivière, retirant et rendant le flot chaque jour aux bateaux amarrés au quai.

Ce n*était pas sûrement pour M. Le Marois que Fanchette restait ainsi plus longtemps que chez les autres, dans le logis de la place. M. Le Marois était le plus souvent absent, à son bureau ou en mer. Non plus pour voir les bateaux de la rivière, les barques qui vont pêcher dans la rade, les navires qui font le trajet de Morlaix au Havre. Elle ne |etait guère de ce côté que de rapides et furtifs regards.

Ce qui la retenait ainsi, c'était sûrement rempressement des enfants à Tentourer, à la questionner, à Tembrasser, à lui faire mille mamours. M. Le Marois, resté veuf avec cinq enfonts, laissait ceux-ci, pendant ses absences, sous la garde d*une vieille servante Gdèle comme un caniche et qui aurait pu, à Toccasion, être féroce comme un dogue.

Fancliette, quand elle trouvait M. Le Marois au logis, restait moins longtemps que d*habitude, ne trouvait que quelques mots embarrassés pour s'enquérir des voyages du capitaine, lui demander s'il voulait bien qu'elle s'occupât un peu de ses enfants, pour les distraire, les mener promener.

— Mais certainement, Fanchette,sicelanevou8 gêne en rien, et si cela vous fait plaisir, répondait M. Le Marois. Je vous suis très reconnaissant de votre gentillesse.

Les entretiens fmissaient ainsi. Le capitaine était un homme au visage intelligent et soucieux, au grand front blanc au-dessus des joues bâlées qu'illuminaient les yeux bleus des hommes de la mer de Bretagne. Fanchette s'en allait timidement, ne reprenait qu'au dehors son air assuré, sa démiarche vive.

Le dimanche, quand les enfants étaient seuls avec leur bonne, elle venait les chercher. La bonne pouvait tranquillement dire ses patenôtres à Saint- Melaine. Fanchette, avec son amie Adèle, menait

les enfants au long de la rivière, en suivant les verdures de Goëtserho-Nevez, On allaita Pioujean, on marchait sur la route jusqu'à la Croix-Rouge, ou vers Plougasnou et Saint^ean-du-Doigt.

Quand les enfants étaient las, on s'arrêtait pour boire du cidre et manger une beurrée, et pour le retour, la blanchisseuse et la repasseuse portaient les deux plus petits dans leurs bras robuste^'.

Un soir, très tard, Adèle Riou s'en souvint toujours, Fanchette i^Gailec frappa à sa porte, entra de son pas vif, un peu plus brusque ce soir-là que d'habitude.

Elle avait aussi les joues plus roses que les autres jours, comme si elle s'était vraiment bi ûlée avec ses fers.

Ses yeux bruns étaient éclatants d'un feu sombre.

— Je viens le dire adieu, Adèle.

— Comment, Fanchette, me dire adieu ?

— Oui, adieu !... Je m'en vais.

— Tu t'en vas, ma Doué, et où vas-tu ?

— Je m'en vais à Paris.

— A. Paris I... Et pour combien de temps ?

— Pour toujours.

— Pour totyours, ma Doué I... Et pourquoi faire ?

— Je n'en sais rien... Mon métier de repasseuse, puisque je ne sais que celui-là, et que je ne suis bonne qu'à ça.

Adèle restait toujours interdite et tremblante, ne pouvant que répéterles fins de phrases de l'autre en l'interrogeant.

Mais elle eut beau l'interroger, vouloir pénétrer son secret, elle n'en tira jamais que les mêmes paroles, à savoir que Fanchette partait, qu'elle quittait p)our toujours Morlaix, qu'elle prenait le train pour Paris et qu'on ne la reverrait plus.

Adèle crut que son amie était devenue folle, car elle ne pouvait découvrir ou inventer une raison à ce départ si brusque, mais elle vit bien que cette folie était tout à fait sérieuse, lorsque Fanchette Gallec lui dit quelle avait vendu ses meubles, que sa malle contenant ses vêtements et son linge, et une caisse oîi il y avait ses outils de repasseuse, étaient déjà rendues à la gare, et qu'elle-même devait monter en omnibus pour arriver au train de nuit de Brest à Paris, qui passait à Morlaix dans une heure. Sur une nouvelle question, elle répondit cette fois qu'il était inutile d'insister, qu'elle ne pouvait et ne voulait rien dire.

Là-dessus, Fanchette Gallec embrassa Adèle Riou sur les deux joues, tout en gardant cet air absorbé qu'elle avait en entrant, et qu'Adèle ne devait plus jamais oublier. Celle-ci donna aussi deux baisers à son amie, sans pouvoir retenir ses larmes, mais Fanchette Gallec partit sans paraître voir les pleurs de sa camarade, sans lui dire un mot de consolation ou d'explication.

Quelques instants après, Adèle Riou entendit rouler Tomnibus, le regarda passer dans la nuit, et crut voir à une vitre la noire silhouette et le bonnet blanc de Fanchette Gallec. Elle entendit au même instant les coups de sifllet, les halètements de vapeur du bateau du Havre qui quittait Morlaix avec la marée haute.

Le lendemain, Adèle Riou crut entrevoir un peu delà vérité en apprenant que M. Le Marois, à la même heure où Fanchette Gallec partait pour Paris, quittait aussi Morlaix, avec ses cinq enfants et sa vieille bonne, pour se fixer au Havre où il devait contracter un nouveau mariage.

L'un s'en allait vers la mer, pour une condition nouvelle ; l'autre disparaissait dans la foule de Paris, en proie au destin inconnu. Lui, ne sachant pas quelle âme s'était exhalée vers lui, en une muette supplication, sans un mot, sans une plainte. Elle, partie avec sa fierté farouche et sa blessure au cœur. Soir d'espoir et nuit de naufrage.

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