‹ Nouveaux discours sur quelques sujets religieuxChapitre 12 sur 22 · LS TA8E DE PAHFUIIS · texte numérisé non relu

LS TA8E DE PAHFUIIS

être ne peuvent se répandre^ retomber goutte à goutte sar son cœur; il est dans le secret de cette douleur muette; le Sauveur et la pécheresse s^entendent; et il se passe entre eux^ dans le silence^ quelque chose de sublime^ quelque chose d^ineffable^ que vous ne pourrez comprendre que quand vous viendrez vous-mêmes^ transportés de douleur et d'amour^ répandre aussi des parfums sur la tête de Jésus^ verser des larmes sur ses pieds^ et briser vos cMrs devant lui.

Ne dites donc pas à Marie : Â quoi bon cette perte ! Car si sa douloureuse et tendre préoccupation lui permettait de vous '|ntendre^ elle vous dirait : a La douleur qui s*ajoute â^a douleur^ c'est de ne pouvoir perdre davantage. Ah ! que c'est peu de chose que quelques parfums^ et que cet albâtre brisé 1 Que c'est peu pour mon cœur que la création tout entière I^Que ne puis-je^ dans mon transport, fouler aux pieds, devant mon Sauveur, tout ce que le monde admire, tout ce qui flatte les sens, 4oute la pompe et les délices des rois! Mais je ferai ce que je puis, poi# que mon Sauveur connaisse que je Taime; tous les sacrifices que je pourrais lui faire méritent à peine le nom de sacrifices; ce ne sont toujours^ que des image^ puissent du moins ces images exprimer fidèlement ce qui se paSse dans mon cœur! » Cette pensée, mes frères, paraît dans toute la conduite de Marie. Ce n'est point assez pour elle du vase rompu et des parfums dissipés : elle s'empare, avec un amour jaloux, du plus humble des offices, et d'un office qui ne lui appartenait pas dans une maison étrangère, celui de laver les pieds de Jésus; elle y emploie, non de l'eau, mais ce même précieux parfum; elle ne l'essuie pas avec un linge, mais avec ses cheveux; elle épuise en un mot tous les témoignages de l'humilité et de l'adoration, et témoigne sans paroles, comme si toute parole était

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faible pour ce qu'elle éprouve, que Celui qu'elle honore de tant de manières différentes n'est pas un homme seulement, ni le premier des hommes, mais son Sauveur et son Dieu.

, Si les disciples ne voyaient pas dans l'âme de Marie tout qu'y découvrait leur maître, ce qu'ils ne voyaient pas, I pouvaient le supposer; ils pouvaient supposer l'amoui', douleur et la reconnaissance; ils pouvaient supposer le celte Sme tendre, rencontrant, après une longue lente, le Prince de son salut, n'avait pu contenir le preier élan de son cœur, ni délibérer longtemps sur la meiliire forme de l'hommage qu'elle devait à Jésus-Clirist. te serait-ce s'ils avaient connu, et surtout s'ils avaient

■rtagé tous les sentiments qui se pressaient dans l'âme Marie î Ils ne se doutaient pas, eux, que le jour même . Jésus mangeait avec eux â la table de Simon était le rnier de son ministère, si du moins on peut séparer son inislère de sa passion, et si sa passion n'est pas de son iDÎ&tère la partie lu plus importante et le moment le plus lennel. Ils ne prévoyaient pas même que ce chemin de ir maître, de Béthanie à Bethphagé, de Bethphagé à Jé- •alem, était le chemin do la mort, et qu'ils l'accompaitient, à petites journées, au lieu de son supplice. Que i-je? Avaieut-ils voulu le croire quand il leur parlait de mort prochaine, du grain qui devait périr pour renaître mtUtiplier, de cette élévation enfin, de ce trûne mysté-

ibux, d'oti il devait attirer tous les hommes à lui? A Dieu plaise! s'étaient-ils écriés, à Dieu ne plaise! cela ne

(arrivera point. Cette pauvre femme avait-elle cru avec U8 de simphcité? avait-elle mieus comprise avait-elle ioétré plus à fond le mystère de la croix inutilement réilé aux disciples immédiuls du Sauveur^ Écoutez Jésus-

Qbrist dans l'Évangile selon saint Jean : a Elle a gardé ce parfum puur le Jour de ma sépulture, a Pour le jour de

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